‹ Traité du Saint-EspritChapitre 50 sur 106 · LES BÉATITUDES · texte numérisé non relu

LES BÉATITUDES

Résumé de Tétude sur les dons du Saint-Esprit. — Ils sont des principes actifs. —Ce qu'ils produisent. — Ce que sont ies Béatitudes. — D où ^ieot leur nom. — Quel en est le nombre. — Elles s'adaptent aux différents àgei de la 7ie. — Quels sont leurs rapports avec le bonheur de chaque homine. — Comment elles procurent le bonheur des sociétés. — Quelle est leur sopériorité sur les vertus . ~ Quel est leur ordre hiérarchique. — Rapport de chaque Béatitude avec sa récompense. — Gradation dans la récompense.

Notre étude des doDs du Saint-Esprit peut se résumer dans les vérités suivantes : les dons du Saint-Esprit sont les principes déificateurs de Thomme et de la société; le monde leur doit tout ce qu'il a de vraiment beau et de vraiment bon. Au don de Crainte de Dieu, il doit ses vrais grands hommes; au don de Piété, ses innombrables asiles pour toutes les misères ; au don de Science, ses affirmations certaines et ses savants de bon aloi ; au don de Conseil, ses peuples de vierges et tous ses services gratuits de charité; au don d'Intelligence, sa supériorité intellectuelle sur les nations qui ne sont pas chrétiennes ou qui cessent de Fêtre ; au don de Sagesse, ces fous sublimes qu'on appelle les saints : lumière, gloire et salut de l'humanité (I).

Aux dons du Saint-Esprit sont opposés les sept péchés

(\) Nos slulli propter Christum. I Cor., iv, 10. — Placuit Deo pcr stuUiliam prsedicationis salvos facere credeates. /<£., i, 23.

capitaux, principes corrupteurs derhommeet du monde, ces dons sataniques produisent des effets en rapport avec leur nisiture; à eux il faut attribuer toutes les hontes et tous les crimes de Thumanité.

L'homme et le monde, vivant sous Tinfluence de l'Esprit du bien ou de TEsprit du mal, il en résulte que, depuis sa chute, le genre humain obéit à une impulsion septiforme. Cette impulsion est septiforme> et elle doit l'être. D'une part, le Saint-Esprit est inséparable de ses dons, comme Satan est inséparable des siens. D'autre part, cette impulsion doit atteindre toutes les facultés de^ l'homme et déterminer, comme de fait elle détermine, toutes leurs opérations bonnes ou mau- Taises. Tel est le double principe moteur de l'humanité. Dirigé par le souffle du Saint-Esprit, le monde est un vaisseau qui cingle vers le port; poussé par le souffle du mauvais Esprit, c'est un vaisseau qui marche à la dérive et qui finit infailliblement par se perdre. Si donc on veut prédire l'avenir d'un règne ou d'une époque, il suffit de voir à quelle impulsion ils obéissent.

Cependant la déification de l'homme, commencée par le Verbe et continuée par le Saint-Esprit, n'a pas encore atteint sa perfection. Les sept dons divins ne sont pas, en nous, des forces dormantes; ils sont autant de principes actifs qui doivent se manifester par des opérations, en rapport avec la nature et l'objet de chacun. C'est ainsi que l'arbre, dont la sève est mise en mouvement par la chaleur du soleil, doit produire des feuilles, des fleurs et des fruits, suivant son espèce. La comparaison évangéliquè, qui déjà nous a rendu sensible la différence des vertus et des dons, va encore nous faire .comprendre la différence des dons et des béatitudes.

Que faut-il entendre par. les béatitudes? D'où vient

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