‹ Traité du Saint-EspritChapitre 6 sur 106 · C. IX · texte numérisé non relu

C. IX

tinopie. Jamais accord plus parfait, jamais unanimité plus grande , jamais condamnation plus solennelle et plus irrévocable.

Frappé de ce coup de foudre, Satan fut de longs siècles sans oser relever la tète et attaquer directement la divinité du Saint-Esprit. Enfin , le retour de son règne arriva. Avec la renaissance , on voit reparaître toutes les erreurs et toutes les hérésies qu'on croyait à jamais éteintes; elles reparaissent même plus subtiles, plus audacieuses et plus complètes que dans l'antiquité. Ainsi les sociniens renouvellent, en la développant, l'hérésie de Macédonius. Les auteurs de cette secte furent les deux Socin, oncle et neveu.

Le premier naquit à Sienne en 1525. Malgré les anathèmes du concile de Latran, le rationalisme, alimenté par l'étude fanatique des auteurs païens , envahissait l'Europe. Socin fut nourri dans cette atmosphère empoisonnée. A peine sorti du collège, il assista, en 15&6, au fameux conciliabule de Vicence , où la destruction du christianisme fut résolue. Fidèle aux engagements qu'il y contracta et aux principes de son éducation, le jeune libre penseur employa toute sa vie à renouveler î'arianisme et le macédonianisme, afin de saper le christianisme par sa base.

Né à Sienne, en 1^39, le second hérita de l'esprit anticatholique de son oncle et fut un des plus ardents promoteurs de ses hérésies. 11 avait moins de vingt ans, que déjà la crainte de l'inquisition lui fit quit-^ ter l'Italie. Il passa en France, de là en Suisse, oîiil publia ses impiétés. Bientôt l'inquiétude de son esprit, jointe au désir de dogmatiser partent , le conduisit en Pologne. Les lettrés l'accueillirent avec faveur; un grand nombre se déclarèrent ses partisans. C'est au

54 TRAITÉ bu SAINT-ESPRIT.

milieu de cette troupe d'athées qu'il mourut, en 1604, Dignes de leur maître, ses disciples voulurent tirer les conséquences pratiques de ses doctrines. De grands excès furent commis ; lé peuple indigné les chassa. En haine de l'hérésie , de l'hérésiarque et de .sa suite, les cendres de Socin furent déterrées, menées sur les frontières de la Petite**Tartarie et mises dans un canon qui les envoya au pays des infidèles.

Nous avons dit que dans leurs impiétés contre le Saint-Esprit, lés sociniens avaient dépassé les macédoniens. Suivant saint Augustin, ces derniers ne niaient pas l'existence personnelle du Saint-Esprit, dais sa divinité. Ils étaient d'ailleurs orthodoxes sur les deux autres personnes de la sainte Trinité (1). Pour les sociniens,, le Saint-Esprit n'est pas même une créature : c'est un souffle, une. force, une simple influence de Dieu sur l'homme et sur le monde. La Trinité ellemême, un assemblage de mots sans idées; le péché originel, la grâce, les sacrements, le christianisme tout entier, autant de chimères. C'est 1^ négation païenne, la négation de Sextus Empiricùs, élevée à sa dernière formule et continuée par nos rationalistes modernes*

A cette n^ation éhontée dans son expression , absurde dans son principe, funeste dans ses conséquences, il suffit d'opposer et les témoignages de la tradition que nous avons cités , et Tàffirmatioa solennelle âe tous les dogmes. attaqués, faite par le côndle de Trente, au commencement de ses immortels travaux. « Nos prédéces- I • ^ ' ' • "■ .• . ■ .

(!) MacedoniAnt âunl a Macedonio quos et pneumatomachos GrsBci dicunt, ^ qjOLoà dé Spiritu sancto îitigent. Nam de Pâtre et Filio recte sentiuQt^quod unius siûtejusdemquesubstantiœ vel essentise : bed de Spirita sâocto hoc volant credere/ creaturam eum ésse di- ^é&ti». Lt6. de lueresib., c* lu.

sears, disent les Pères, inauguraient leurs sessions par la profession de la foi catholique et lopposaient comme un bouclier impénétrable à toutes les hérésies. A leur exemple, il nous paraît bon de professer solennellement le symbole dont se sert la sainte Église romaine, fondement unique et inébranlable de la foi , contre lequel les portes de l'enfer ne prévaudront jamais : Je crois en Dieu le PèrjB tout-puissant^ créateur du ciel et de la terre et en un Seigneur Jésus-Christ^ fils unique de Dieu et au Saint-Esprit, Seigneur et vivificateur; qui procède du Père et du Fils; qui^ avec le Père et le Fils^ est adoré et conglorifié: qui a parlé par les prophètes (1). »

Ce symbole catholique, immuable comme la yérité même,> expression précise de la foi des nations civilisées, revêtu de la signature sanglante de douze millions de martyrs, est la preuve éternellement triomphante de la divinité du Saint-Esprit, le refuge assuré de tout esprit poursuivi paît le doute, le roc in^xpugnable du haut duquel le chrétien défie Satan et ses suppôts, avec tous leurs sophismes et toutes leurs négations.

Le myacédomanisme^t le socinianisme : telles sont lejs deux grandes hérésies qui, à, douze siècles de distance, ont attaqué, mais en vain, la divinité du Saint-Esprit. Dans rintervalle, une troisième s'est fait jour. En apparence, moiçs fondamentale que les deux autres, elle a eu des conséquences plus désastreuses. On voit qu'il s'agit de l'hérésie des Grecs sur la Procession du Saint- Esprit. Mur de division, encore debout, entre l'Église latine et l'Église grecque, il faut aujourd'hui, plus que jamais, la faire con^^ttre et la réfuter.

Page 1