II
grâces qu'il doit au Père et au Fils, il les doit au Saint-
L'homme n'est pas un être isolé, mais un être social. A ce titre il est tenu de rendre à Dieu un eulle public. Dieu, ayant fait les familles, les peuples et la société, comme il a fait les individus, a droit aux hommages de l'être collectif, comme il a droit aux hommages de l'être individuel. Personnes publiques, les êtres collectifs ne peuvent payera Dieu leur tribut que par des adorations colleclives. Un peuple sans eulle public serait un peuple alhée ; et comme un peuple athée n'exista jamais, delà, depuis l'origine du monde et sur tous les points du globe, un culte public.
Ajoutons que ce culte est tout à lavantage des nations : elles en ont besoin pour vjivre. Un simple raisonnement suffit pour le prouver : point de société sans religion; point de religion sans culte intérieur; point de culte intérieur sans culte extérieur. Toutes ces propositions sont autant d'axiomes de géométrie morale et autant de lois sociales et politiques, dont aucune époque, aucune nation ne se dispense impunément.
Non moins nécessaire qu-. le culte public, le eulle privé doit se manifester par le souvenir du Saint-Esprit, par la prière, par rimilalion, par la crainte de l'offenser.
Le souvenir est le pouls de l'amitié. Tant qu'il baf. l'amitié existe. De quelle force, et avec quelle fréquence ne doit pas battre notre cœur pour le Saint-Esprit? Amour consubstantiel du Père et du Fils, amour éternellement actif , source de tous les biens de la natureel de la grâce dont nous jouissons ici-bas, il est encore le roi du siècle futur, oti il béatifiera les élus par l'effusion, sans limites et sans fin, des voluptés divines.
En attendant, par combien de moyens il sollicite notre amour! L*air que nous respirons, Tétoile qui brille au firmament, les arbres chargés de fruits, les riches moissons, les fleurs si odorantes, si variées et si belles, toutes les créatures, qui ne semblent respirer que pour nous rendre service, nous crient d'une voix infatigable : Aimez TEsprit d'amour qui nous a faites comme vous, et qui ne nous a faites que pour