‹ Traité du Saint-EspritChapitre 66 sur 106 · YOUS · texte numérisé non relu

YOUS

Si nous entendons cette voix, et qui pourrait ne pas l'entendre? Tamour du Saint-Esprit coulera de notre cœur, comme le ruisseau de la source. En le manifestant, l'action de grâces, Tinvocalion, l'adoration, les confidences intimes, la prière sous toutes les formes, deviendront, entre le monde et le Saint-Esprit, le lien d'un commerce habituel et dont tout le bénéfice sera pour nous.

Dans nos doutes, dans nos perplexités, dans nos maladies de l'âme et du corps, à qui nous adresser avec plus de chance de succès? Surtout, quel défenseur invoquer, à la pensée des catastrophes dont nous menace le rapide envahisssement de l'Esprit du mal ? Seul l'Esprit du bien peut en arrêter les progrès. C'est redire que la dévotion au Saint-Esprit doit être la dévotion favorite des chrétiens modernes, et que les inimitables prières, inspirées par la foi de nos aïeux, doivent s'exhaler de notre cœur, presque aussi fréquemment que la respiration sort de nos lèvres : Vem^ creator Spiritus ; Veni, sancte Spiritus^ etc.

Ici, se présente une question : Quand on a besoin de lumières, pourquoi s'adresser au Saint-Esprit et non pas au Fils, qui est la lumière du monde : Ego lux mundi? Cette pratique n'est-elle pas une opposition avec l'usage

reçu d'attribuer au Père la puissance, au Fils la sagesse et au Saint-Esprit la charité?

Il est facile de répondre que la lumière est un don de Dieu, et que le don étantun acted'amour^' il est naturel de I9 demander au Saint-Esprit, qui est l'amour par essence, et par conséquent le principe de tous les dons. On peut ajouter qu'étant Dieu, le Saint-Esprit est lumière, comme le Fils lui-même ; et que Tamour, principal attribut du Saint-Esprit, est la vraie lunriière, dont l'esprit et le cœur sont également éclairés^ D'où il résulte que le meilleur conseiller, le plus sûr xasuiste, c'est l'amour de Dieu et du prochain, 4ont le Saint- Esprit est la source.

D'ailleursen suivant cettepratiqueséculaire, l'Église ne fait que se conformer aux intentions de Notre- Seigneur. N'est-ce pas lui-même qui nous a enseigné à regarder le Saint-Esprit comme le foyer de la lumière et l'oracle de la vérité ? Dans la personne des apôtres, il a dit à son épouse, une fois pour toutes : « Lorsque l'Esprit que je vous enverrai sera venu, c'est lui qui vous enseignera toute vérité (1). » Ainsi rien A'a changé ; ni le rôle d'infériorité que le Verbe fait chair prend à l'égard du Saint-Esprit, ni la mission spéciale du Saint-Esprit. Lumière des prophètes dans l' Ancien Testament, locutus perprophetas, il continue, dans le Nouveau, d'être l'inspirateur de l'Église et de tous les enfents de l'Église.

Cependant les adorations et lesiprières ne suffisent pas pour constituer le véritable culte du Saint-Esprit. Tout culte a pour but de rapprocher l'adorateur de l'être adoré. Ce rapprochement cousiste essentiellement dans l'imitation. Imiter le Saint-Esprit est donc la partie fon-

{{)Joan,,i\i, <3.

damentale de son culte. Or, la pureté et la charité sont les attributs distinctifs du Saint-Esprit. Il s'ensuit que les imiter forme l'essence de son culte.

La pureté des affections, c'est-à-dire le dégagement du cœur de toute attache déréglée, est tellement voulu du Saint-Esprit, que l'ombre seule d'une pareille imperfection l'aurait empêché de descendre dans le cœur des apôtres. S'il en est ainsi, prétendre qu'il choisira pour demeure une âme esclave de la chair, serait une grossière illusion. Sanctifier nos affections et nos pensées est donc le premier pas à faire dans l'imitation et dans le culte du Saint-Esprit. , ' ,

L'autre attributde la troisième personnêde laTrinité, c'est la charité. D'une part, la charité tend à l'union, et l'union fait la force; d'autre pari, la charité se manifeste par des œuvres. Celte seconde pratique du culte du Saint-Esprit n'est pas moins nécessaire que la première. De là, dans les siècles chrétiens, les Ordres militaires du Saint-Esprit^ et les nombreuses associations de charité spirituelle et corporelle, connues sous le nom de Confréries du Saint-Esprit. Un mot sur ces institutions, dont l'existence seule caractérise l'Esprit qui régnait sur la vieille Europe.

Au quatorzième siècle, malgré la décadence des mœurs, le Saint-Esprit était encore assez populaire, même dans les hautes classes delà société, pour permettre aux rois de le, faire honorer d'un culte éclatant, par la fleui:ide leur noblesse. Le jourde la Pentecôte, 1352, Louis de Tarente, ayant été couronné roi de Jérus^em et de Sicile, institua, en l'honneur du Saint-Es.prit, à qui il se tenait pour redevable de cette insigne faveur, Tordre militaire du Saint-Esprit au Droit-Désir.

Lui-même en rédigeales statuts , qui commencent ainsi :

« Ce sont les chapitres faits et trouvés par le très-excellent prince Monseigneur le royLoys, par la grâce de Dieu, roy de Jérusalem et de Sicile, aile bonneur du Saint-Esprit, trouveuret fondeur de la très-noble compagnie du Saint-Esprit au Droit-Désir, commencée le jour de la Penthecoste de Tan de grâce MCGCLII.

« Nous, Loys, par la grâce de Dieu, roy de Jérusalem et de Sicile, aile honneur du Saint-Esprit, lequd jour, par sagrâce, nous fusmes couronnez de nos royaumes, en essaucement et accroissement d'honneur, avons ordonné de faire une Compagnie de chevaliers, qui seront appelez les chevaliers du Saint-Esprit au Droit- Désir, et lesdits chevaliers seront au nombre de trois cents ; desquels Nous, comme trouveur et fondeur de cette Compagnie, serons princeps : et aussi doivent être tous nos successeurs roys de Jérusalem et de Sicile (1). »

Donner aide et secours au roi, à la guerre et dans toute occasion, constituait le grand devoir des chevaliers. Cette disposition constante au sacrifice était symbolisée par un nœud ou lac d'amour, en étofife de couleur, placé sur leur poitrine. Au-dessus du nœud on lisait : Se Dieuplaist. Tant qu'il n'avait pas plu à Dieu que le chevalier signalât son dévouement, par quelque action éclatante, le nœud restait lié.

Si, dans un combat contre un ennemi supérieur en nombre, le chevalier avait reçu des blessures honorables, ou remporté un notable avantage, il portait, dès cejou^ là, son nœud délié, jusqu'à ce qu'il fût allé au Saint- Sépulcre, faire à Notre-Seigneur hommage de sa victoire. Au retour, le nœud était relié, avec ces paroles : Ilapk à Dieu. Elles étaient accompagnées d'un rayon ardent

(I) Voir Giustiniani, ht. di tutti gli ordin. milit., et Hélyot., Hist, des ordres religieux. T. VIII, p. 319, edit. in-4.

représentant une langue de feu, souvenir du symbole sous lequel le Saint-Esprit descendit sur les apôtres.

Ces guerriers, vraiment chrétiens, jeûnaient tous les vendredis de Tannée et donnaient ce jour-là à manger à trois pauvres en Thonneur du Saint-Esprit. Tous les ans, ils se trouvaient à Naples le jour de la Pentecôte. La célébration de la fête se terminait par un repas, que le roi présidait en personne. Au centre de la vaste salle était une table appelée la Table désirée^ oti mangeaient les chevaliers qui pendant Tannée avaient délié le nœud. Celui qui portait son nœud relié avec une flamme recevait une couronne de laurier.

A la mort d'un chevalier, le roi faisait faire un office solennel pour le repos de son âme. Tous les chevaliers présents y assistaient, et le plus proche parent ou un ami du défunt prenait son épéepar la pointe et Toffrait sur Tautel, suivi du roi et des autres chevaliers qui accompagnaient cette épée jusqu'à Tautel. Ils se metaient ensuite à genoux, priant pour Tâme du chevalier, et après le service, on attachait cette épée àla muraille dé la chapelle. Reçue de Dieu, employée au service de Dieu , elle retournait à Dieu. Si le chevalier avait porté la flamme sur le nœud, on gravait, sur sa tombe, une flamme d où sortaient ces paroles : // acheva sa partie du Droit' Désir, et chaque chevalier était obligé de faire dire sept messes pour le repos de son âme (1).

Deux siècles plus tard, la France aussi eut son ordre du Saint-Esprit. Le jour delà Pentecôte, 1573, Henri III fut élu voï de Pologne, et le même jour de Tannée suivante, 1574, appelé au trône de France. Afin d'immortaliser sa reconnaissance envers le Saint-Esprit, ce

(1) Helyot, ubi suprà.

prince donna, en 1578, ses lettres patentes pour Finstitution de l'ordre militaire du Saint-Esprit, devenu si glorieux dans Thistoire de l'Europe. Elles expriment des sentiments qu'on est d'autant plus heureux de trouver dans la bouche d'un roi, qu'on y est mains habitué.

« Ayant mis, dit le monarque, toute notre confiance dans la bonté de Dieu, dont Nous reconnaissons^ avoir et tenir tout le bonheur de cette vie, il est raisonnable que Nous nous ressouvenions, que Nous nous efforcions de lui rendre des grâces immortelles, et que Nous témoignions à toute la postérité les grands bienfaits que Nous en avons reçu, particulièrement en ce qu'au milieu de tant de différentes opinions au sujet de la religion, qui avaient partagé la France, il l'a conservée en la connaissance de son saint nom, dans la profession d'une seule foi catholique et en Tunion d'une seule Église a^postolique et romaine.

« De cequ'illuiaplu par l'inspiration du Saint-Esprit, le jour delà Pentecôte, réunir tous les cœurs et les volontés de la noblesse polonaise, et porter tous les États de ce royaume et du duché de Lithuanie à Nous élire pour roi, et depuis à pareil jour Nous appeler au gouvernement dû royaume de France ; au moyen de quoi, tant pour conserver la mémoire de toutes ces choses, que pour fortifier et maintenir davantage la religion catholique, et pour décorer et honorer la noblesse de notre royaume. Nous instituons Tordre militaire du Saint-Esprit.... lequel ordre créons et instituons en cestuy royaume, afin que le Saint-Esprit Nou3 fasse la grâce que Nous voyions bientôt tous nos sujets réunis en la foi et religion cathohque, et vivre à l'avenir en bonne amitié et concorde les uns avec les autres..., qui est le but auquel tendent nos pensées et actions, comme au

comble de notre plus grand heur et félicité (1). » Satan est Tesprit de division. Le Saint-Esprit est l'esprit de charité. S'il existait un moyen de ramener lunion dans un royaume , cruellement divisé par les guerres de religion et parles discordes civiles, qui en sont la suite inévitable, c'était à coup sûr de rétablir le règne du Saint- Jlsprit* Riendqnc n'était plus juste que la pensée du prince ; rien de plus désirable que le but de son institution. Par le iseul fait de son existence, elle était un immense service. E|i montrant la plus haute noblesse enrôlée sous la bannière du Saint*-Esprit, elle le mettait en relief comme élément social, et retardait Tépoque de funeste oubli dans lequel est tombée, aux yeux des gouvernements modernes, la troisième personne de Tadorable Trinité.

Les statuts de Tordre étaient très-propres à réaliser les vœux du monarque. Comme grand maître, le roi de France, au jour de son sacre, prêtait serment sur TÉvangile : « De vivre et mourir en la sainte foy et religion catholique, apostolique et romaine, et plustost mourir que d'y faillir; de maintenir à jamais Tordre du Saint- Esprit ; de ne pouvoir dispenser jamaislescommandeurs et officiers reçus en Tordre de communier et recevoir le précieux corps da Notre-Seigneur Jésus-Christ, aux jours ordonnés, qui sont le premier jour de Tan et le jour de la Pentecoste. »

L'ordre ayant été institué pour la propagation de la foi catholique,, et pour Textirpation des hérésies, le même serment de fidélité à Dieu, à l'Église, au Saint- Esprit, au roi était prêté par les chevaliers, le^ jour de leur réception . Les chevaliers étaient au nombre de cent ,

(1) Helyot.j t. Vlir, p. 406 et suiv.

tous issus des plus nobles familles, et de bonne vie et mœurs. Autant qu'ils le pouvaient, ils assistaient tous les jours à la messe, et les jours de fête à la célébration publique de l'office divin.

Ils étaient obligés à dire chaque jour un chapelet d'une dizaine, qu'ils devaient porter sur eux ; puis, l'office du Saint-Esprit avec les hymnes et oraisons, ou bien les sept psaumes de la pénitence, et , s'ils y manquaient, à donner une aumône aux pauvres. Les jours de communion, commandés par les statuts, ils devaient, en quelque lieu qu'ils se trouvassent, porter le collier de l'ordre pendant la messe et h la communion.

Le lendemain de leur réception, ils allaient entendre la messe revêtus de leurs habits de cérémonie, et le roi, à l'offertoire, présentait un cierge, piqué d'autant d'écus d'or qu'il avait d'années. Après la messe ils dînaient avec Sa Majesté, et l'après-midi assistaient aux vêpres des morts. Le troisième jour, ils assistaient au service qu'on faisait pour les chevaliers décédés. A l'oflFertoire, le roi et les chevaliers offraient chacun un cierge d'une livre. En outre, deux messes étaient célébrées chaque jour, au couvent des Augustins, de Paris, l'une pour la prospérité de l'ordre et les chevaliers vivants, l'autre pour les chevaliers défunts (1).

Entre ces ordres militaires du vieux temps, et les ordres modernes, quelle différence !

Pendant que la haute noblesse pratiquait avec tant d'éclat et de raison le culte du Saint-Esprit, le peuple, plus fidèle encore aux traditions du passé, le conservait dans sa naïve, mais touchante et énergique simplicité. Une partie de l'Europe était couverte d'associations ou

(1) Helyot,, ubi suprà.

Confréries du Saint-Esprit. La sanctification de leurs membres par l'union fraternelle et par la charité, était l'âme de ces institutions précieuses, dont l'origine se perd dans la nuit des temps de barbarie : c'était le Saint- Esprit en action. Elles existaient notamment dans la plupart des paroisses de Savoie. Jusqu'à nos jours, le diocèse privilégié de Saint-Jean de Maurienne est assez heureux pour en conserver d'assez beaux vestiges.

Les repas publics, auxquels prenaient part tous les confrères (1), donnent lieu de penser que les associations du Saint-Esprit tirent leur origine des agapes. Ces repas avaient lieu, sur la pelouse, en pleins champs. On tuait un bœuf pour le festin. Naguères encore, en abattant un énorme noyer, on trouva, dans les flancs de Tarbre séculaire, le croc en fer dont on se servait pour dépecer Tanimal. Les grandes chaudières, où se faisait la soupe ^r«^^^ pour le jour des agapes, existent encore dans plusieurs paroisses. Les temps ayant changé, les repas publics furent convertis en aumônes générales, tant pour conserver la mémoire de l'ancienne discipline, quepour soulager plus efficacement les pauvres honteux.

Les riches, qui, en qualité de confrères, avaient part aux aumônes ou distributions, les recevaient comme les pauvres. Ainsi faisait le grand, l'aimable saint de la Savoie. On sait que François de Sales rapportait religieusement, dans les plis de sa soutane, les noix que les petits enfants lui donnaient en venant se confesser. Il les faisait servir sur sa table et disait, en les mangeant : C'est le travail de mes mains, je suis heureux d'en manger : Labores manuum tuarum quia manducabis, beatus es et bene tibierit.

(1) Les confrères étaient tous ou presque tous les habitants de la paroisse.

Mais en dédommagement de ce qu'ils recevaient, et pour rendre toujours plus fortes les portions des pauvres, les riches avaient soin d'augooentèr, soit par donation, soit par testament, le fond des confrérie. Grâce à leur libéralité, il y eut, dan^s quelques paroisses, jusqu'à cinq aumônes générales par année.

Par les époques où elles avaient lieu, ainsi que par la nature des objets distribués, on voit que les aumônes avaient pour but de procurer aux confrères ou^ quelques joies innocentes, si douces aux déshérités du monde ^ ou des secours matériels nécessaires è Faccomplissement des lois disciplinaires de rÉglise. . Ainsiy la distribution d'huile de noix se faisait au commeticemçnt du carême, parce qu'alors on ne pouvait accommoder les aliments avec dû beurre. La distribution du lard avait lieu le samedi saint, afin que les fidèles pussent, préparer au gras leur nourriture, pendant le temps pascal.

Mais è Tépoque où toute l'Église est dans la joie et où les solitaires les plus rigides relâchaient de leurs austérités, n'avoir que de pauvres aliment? accommodés au gras, c'était peu. Aussi, le lundi de Pâques se faisait une distribution de pain et de vin. Quand arrivait l'Ascension, alors que le bétail commençait à gravir sur les montagnes, venait une distribution de sel. Enfin, le lundi ou le mardi de la Pentecôte, fête patronale de la confrérie, avait lieu une distribution de potage, de vin et de lard, qui permettait aiuc plus pauyres d'oublier un instant leurs privations habituelles. Aujourd'hui, les distributions ou aumônes se réduisent à celles du commencement du carême et du samedi saint.

Ce n'est là que le côté matériel de la confrérie . Toutes les œuvres de charité spirituelle en sont le côté moral. Au premier rang figure le soin des âmes du purgatoire.

Pour elles sont offertes des messes nombreuses et des œuvres pies de différent genre. En faisant tomber sur les piorts la rosée du rafraîchissement et de la paix, ces témoignages d'intelligente charjité procurent aux vivants de puissantes intercessions auprès de Dieu et immortalisent les liens de la confrérie. Où trouver quelque chose de mieux entend u ?

Pourquoi r^^nV moderne est-il venu persécuter ou détruire ces admirables associations? Nous le savons ; mais qui empêche de les l'établir où elles existaient, de les créer, où elles n'ont pas encore existé? Nous ne le savons pas. Pour cela, que faut-il? Le vouloir.

Le vouloir avec sagesse, en tenant compte des circonstances de temps et de lieux (1). Le vouloir avec persévérance, en ne s'effrayant point des obstacles, attendu que ce qui est nécessaire se fait toujours. Chaque jour voit s'établir de nouvelles confréries. Il est peu de paroisses qui n'aient quelque association ou conférence en l'honneur de la sainte Vierge, de sainte Anne et des différents saints du paradis. La troisième personne de l'auguste Trinité, celle à qui nous devons tout, même la sainte Vierge, sera- 1- elle seule et toujours oubliée? Quelle excuse, surtout aujourd'hui, à notre indifférence?

Satan ne se contente pas de commander à la grande armée du mal. Avec une activité sans exemple il forme, sous nos yeux, ses nombreux adeptes en mille confréries d'iniquités. Il sait que pour détuire, comme pour édifier, l'union fait la force : son calcul n'est pas faux. Comme le champ excavé par les taupes, le sol de l'Europe est miné par les noirs pionniers du satanisme.

Sous peine de périr, notre devoir est de faire la con-

(i) Qui empêcherait, par exemple, de profiter de Tépoque de la confirmatioD, pour réaliser ce projet?

Ire-mine. Soyons membres, et membres dévoués de la grande armée duSaint-Espril^TÉglise catholique; mais ne nous en tenons pas là. Formons-nous en groupes offensifs et défensifs; opposons sociétés à sociétés. Aux confréries de Satan ^ opposons les confréries du Saint- Eprit : Tunion fait la force. Seul l'Esprit du bien peut vaincre TEsprit du mal. C'est dire assez, ce nous semble, que tout ce qui peut favoriser le règne du Saint-Esprit est maintenant, plus que jamais, à f ordre du jour.

En faveur de ce culte salutaire, il reste une dernière considération : elle sera l'objet du chapitre suivant.

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