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y avoir que simple continuité des rameaux nerveux libres , par rapport aux rameaux médullaires spinaux , pour aller en droite ligne au cerveau ; on doit donc plutôt considérer la moelle spinale, comme une agglomération compacte de rameaux, dont la mise en rapport, semblable à celle du plexus et des ganglions, mais beaucoup plus générale et plus concentrique, a pour objet, d’barmonier les fonctions vitales , de déterminer spécialement leur jeu , de fournir la portion d’innervation necessaire à cet effet, et de les mettre en rapport avec les centres de conscience et de yolition , ou, en d’autres termes , avec les lobes cérébraux, chargés de percevoir et de diriger les actes vitaux
Cette partie centrale médullaire, ainsi définie, nous conviendrons de l’appeler appareil médullaire, cérébro-spinal , au lieu de moelle épinière et de base du cerceau , et nous la considérerons dans son étendue primitive, c’esl-à-dire depuis l’extrémité caudale, jusqu’à la terminaison des pédoncules cérébraux qui sont véritablement l’extrémité céphalique des cordons cérébro-spinaux, (Voyez formation , chap. 2, p. 12)
C’est, en effet, dans toute cette étendue , que viennent aboutir tous les cordons nerveux, excepté les rameaux olfactifs, qui vont se rendre à un pédicule lobulé, chez les animaux parfaits (1), dépendant des Si émisp hères.
Il esL rationnel de penser que là où les nerfs aboutissent dans la substance médullaire , doit se trouver le champ d’excitation de ces nerfs; néanmoins, il a fallu toujours en référer à la voie expérimentale; car, dans certains cas, il est difficile de s’assurer du lieu positif de l’insertion, comme quand des couches médullaires cfilorescentes, que j’appelle de troisième formation , sont venues couvrir le champ d’insertion, ainsi que cela a lieu chez l’homme, pour les 3e, 4e, 5e et Ge paires de nerfs cérébraux qui, au premier aspect, sembleraient s’insérer au plan de fibres qui constitue le pont de Va rôle (2), tandis qifen réalité, ces nerfs ne font que le traverser pour aller aboutir aux libres que forment dans l’intérieur du mésocéphale , la continuation de la moelle cérébro-spinale. Dans d’autres cas, des faisceaux d’un même nerf se rendant à des parties très-différentes, ainsi que cela a lieu pour le nerf optique (3), il était embarrassant de décider la part d’excitation ou même le genre d’excitation que
(1) PI. II!, lig. \.
(2) PI. ni, lig. 2; pl. VI, fig. II.
3) pi. ni, fig. 1.
SPINALE
chacune de ces diverses parties avait à exercer sur le même nerf; c’était donc à l’expérimentation que le physiologiste devait avoir recours , pour éclairer les prévisions de l’anatomiste , et iixer ses incertitudes / quoi qu’en dise M. Ch. Bell, dans ses doléances et ses admonestations contre les expérimentateurs.
En donnant le nom de moelle spinale ou mieux cérébrospinale à la partie primordiale du système nerveux des vertébr *és , je suis évidemment l’ordre naturel avec plus d’exactitude que ne le font les anatomistes qui , se fondant sur les dispositions osseuses, ont donné le nom exclusif de moelle spinale à cette partie du système nerveux , renfermée seulement dans le canal vertébral , et celui de cerveau , à tout ce qui est renfermé dans le crâne, ou ceux qui bornent cette moelle au mésocéphale (protubérance annulaire) , ou même qui y comprennent cette partie. Toutes ces délimitations sont fondées sur des distinctions anatomiques de formes, sans valeur physiologique (1) ; mais surtout sur l’idée qu’on s’était faite, d’après Gall , que le cerveau était une production de la moelle , et que celle-ci ne devait être considérée comme organe primordial , qu’à partir de l'extrémité caudale du rachis , jusqu’à la protubérance annulaire (2) ; on a vu, au chapitre de la formation du système nerveux, qu’il n’en est pas ainsi, et que les couches nerveuses primitives, destinées à devenir les faisceaux médullaires cérébrospinaux, sont précisément celles qui reçoivent, lors de /embranchement général, tous les nerfs non sensoriaux, qui émanentde toutes les parties du corps animal. Non-seulement c’est sur ces faisceaux cérébro-spinaux que viennent s’implanter tous les nerfs du corps; mais c’est aussi sur leur extrémité céphalique que viennent se poser, par seconde formation, les lobes cérébraux, auxquels vont aboutir les nerfs sensoriaux. Ces faisceaux sont donc certainement la base du système nerveux , et doivent être considérés comme contenant les radicales de tous les rameaux qui viennent y porter les impressions , y puiser les déterminations et la puissance innovatrice. Ces mêmes faisceaux sont par conséquent le véhicule, le moyen central de communication des nerfs, la partie chargée de les mettre tous en rapport les uns
(1) Ceci ne concerne pas les physiologistes qui, ayant égard au \ fonctions spinales et à celles des lobes cérébraux , prennent pour point intermédiaire le méso-lobe, autrement dit la protubérance annulaire (Voyez ce qui suit).
(2i M. Serres, parmi les modernes, est de cette opinion (Voyez Anat. au c eh veau, etc.)
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avec les autres, pour établir les harmonies fonctionnelles : ik sont aussi chargés d’établir le rapport de ces rameaux , avec les lobes cérébraux où résident les perceptions et les voûtions.
La moelle cérébro-spinale offre des dispositions différentes , selon les espèces de vertébrés où on la considère ; et l’on peut voir par les recherches de Tiedemann , de Carus , de M. Serres, etc. (1) , que ce centre nerveux, dans les différentes espèces, depuis les poissons jusqu’à l’homme, présente une succession de développement qui caractérise la perfection, ou la complication fonctionnelle; ainsi, chez les poissons où la moelle spinale occupe en général toute la longueur du canal vertébral, sans offrir de renflement cervical ni lombaire (2), il ne se rencontre ordinairement que des nerfs pré-spinaux. Le corps de ces animaux étant couvert d’écaille, et le sens du loucher y étant très- obtus, c’est déjà une présomption pour croire la face postérieure de la moelle, destinée à la sensibilité, au moins tactile. C’est dans les poissons que la continuité de la moelle cérébrospinale est le plus manifeste; car dans cette classe, les organes de 2e et 5e formation se sont le moins développés ; en effet, le lobe sus-spinal qui constitue la matière grise du 4e ventricule, au lieu de s’étendre par efflorescence, en poussant ce long axe central dans toute la longueur de la moelle vertébrale chez les mammifères, s’arrête au çalamus scriptorius chez les poissons „ Le peu de développement des hémisphères cérébraux et du cervelet, donne de la prépondérance aux lobes optiques ou bijumeaux, dont l’importance ne souffre aucune réduction dans nulle espèce; et quant aux organes de 5e formation, ils sont, dans cette classe d’animaux vertébrés, presque nuis (5); aussi, le pont
(1 ) Voyez les traités d’anatomie comparée du cerveau, de ces auteurs.
(2) Les renflements qu’on rencontre à la moelle vertébrale des poissons, sont beaucoup moins considérables que ceux qui sont placés à l’insertion des nerfs brachiaux ou cruraux, des animaux à membres, surtout à membres tactiles. Les renflements qui correspondent aux nageoires, sont peu considérables; le renflement caudal, correspondant au gouvernail, l’est davantage ; comme la tactilité est, pour ainsi dire, étrangère aux poissons, on peut établir les considérations suivantes : chez le* poissons, le volume de la moelle vertébrale est en raison du volume des parties du corps auxquelles il correspond; ainsi, plus le col est développé, plus le segmentée la moelle cervicale l’est aussi; il en est de même pour la région dorsale et la queue.
Les anguilles, les lamproies, dont le corps est si grêle, oi t aussi une moelle vertébrale très-exiguë; la même chose se remarque pour les reptiles, les couleuvres, l’or vert, etc.
1^5) PL II, fig. 12.
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de Varole, les éminences olivaires et pyramidales, le large développement du corps calleux et des hémisphères n’existant pas, laissent parfaitement apercevoir la continuité des cordons primitifs cérébro-spinaux, dont les fibres longitudinales sont partout immédiatement à découvert (1), et les lobes cérébraux, organes de seconde formation, paraissent bien évidemment sur-ajoutés, et sont à un état d’exiguité notable.
Ce qui vient d’etre dit de la moelle vertébrale des poissons, doit s’appliquer à celle des reptiles sans membres; les serpents n’ont aussi, la plupart, que des nerfs pré-spinaux, ceux qui ont une peau très-coriace (2); les organes de seconde formation acquièrent, chez les reptiles, plusdedéveloppement, par troisième formation, que chez les poissons: c’est là la principale différence qu’on remarque entre eux.
De temps immémorial, mais surtout, depuis Legallois, on a considéré la moelle vertébrale comme le principe de tout mouvement, de toute sensibilité. On a vu au chapitre de l’appareil ganglionnaire, ce qu’il faut penser de l’influence de la moelle sur les mouvements du cœur et de tout le système artériel; quant aux mouvements volontaires ou involontaires ( à part le mouvement se rattachant à la circulation ), les expériences de toutes espèces, faites par des auteurs de toutes les nations, ne laissent aucun doute que la moelle spinale n’en soit l’agent propre. Desmoulins pense que son calibre, chez les animaux qui n’ont qu’une sensibilité obtuse, doit être rapportée à l’énergie des forces musculaires (voyez Anat. des syst. nerv . , t. 2, p. 539 , 560).
Mais, surtout, il croit que chez les animaux qui ont la sensibilité tactile développée, c’est à cette dernière qu’il faut rapporter la somme de la masse spinale et principalement son développement de surface (5).
(1) M. Serres, surtout, a fait voir que l’état adulle des poissons, correspondait à l’état embryonnaire des classes supérieures des vertébrés.
(2) Dans nulle partie du corps , chez ces animaux, excepté, peut-être, à la langue, il n’y a d’organe spécial du toucher. Dans les tortues , un double bouclier osseux et écailleux exclut le moindre toucher ; il en est de même du derme corné des nattes ; il n’y a que la tête qui en offrirait quelque vestige ; aussi toute la moelle vertébrale a-t-elle, chez ces animaux, une grande exiguité.
(5) Ibid., t. 2, p. 539-560. La quantité de matière nerveuse, nécessaire à la moindre des fonctions sensitives, surpasse toujours la quantité de cette même matière nécessaire à l’excitation des muscles, dans un rapport qui»
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Il a remarqué que, chez les oiseaux (1) , même chez ceux du genre falco, qui font une si prodigieuse dépense d’innervation dans les mouvements de leurs ailes, c’est cependant le renflement correspondant aux nerfs des membres postérieurs , où la lactilité réside, qui a le plus gros calibre, tandis que celui qui répond aux nerfs des ailes est le plus exigu (2).
Dans les mammifères, la moelle spinale augmente de longueur et de calibre avec la susceptibilité tactile de la peau sur une grande surface, et diminue avec la disparition de cette susceptibilité, la faculté du mouvement restant d’ailleurs la même dans tous les cas de ces variations. Il est à remarquer que chez les kanguroos, dont la queue très-grosse est, pour la progression, un troisième lévier à ressort, la moelle n’est pas plus prolongée, ni plus grosse à l’extrémité caudale que chez les chiens, tandis que chez les alouates et autres singes à queue prenante et tactile à son extrémité, la moelle se prolonge jusqu’aux vertèbres sacrées, avec un volume peu inférieur à celui qui correspond aux nerfs des mains postérieures.
La destination des nerfs coccygiens, pour un toucher spécial , détermine donc un accroissement de calibre et de prolongement, à l’extrémité caudale de la moelle spinale.
Dans le hérisson, toute la surface du corps est étrangère au toucher, et le tact y est fort obscur; l’armure des épines est tout entière sous la dépendance des nerfs du mouvement. 45 paires de nerfs pré-spinaux se destribuent au muscle peaussier; ce qui suppose, dans cet organe, une grande énergie musculaire : et en efl'et, Desmoulins a vu les fibres dece muscle, se contracter sousla pointe du scalpel plus de deux heures après que les autres muscles ne répondaient plus à celte excitation. Ëh bien! dans cette disposition tout en faveur de 1 énergie musculaire, la moelle spinale se termine chez le hérisson à la hauteur de la 7 e vertèbre dorsale, c’est-à-dire à un peu moins de la moitié de ia longueur du canal vertébral. Chez l’homme, ouïes mains jouissent d’une sensibilité
peut être tel que si l’on exprime la différence des qualités de matière nerveuse, par la différence des surfaces de terminaison, une surface sensitive reçoit jusqu’à 7 ou 800 fois plus de nerfs qu’une égale surface musculaire qui en reçoit le plus.
(1) Les oiseaux à cou long et effilé ont la moelle cervicale très-effilée.
(2) M. Serres prétend, au contraire, que les oiseaux grands voiliers ont le renflement antérieur , plus volumineux que le postérieur (Voyez Anat. du Giipv., etc. , î . t. p. 28).
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tactile infiniment supérieure à celle des pieds, c’est aussi le renflement supérieur qui est le plus considérable.
Ainsi donc, en considérant la moelle spinale comme organe du mouvement, on peut conclure, en général, qu’elle augmente, et diminue de calibre et de longueur, selon les quantités d’action à produire; mais dans des proportions beaucoup moindres que pour les variations des phénomènes de la sensibilité.
11 nous reste à déterminer à quelles parties de cette moelle se rattachent les phénomènes du mouvement et ceux de la sensibilité. Voyons d’abord quels sont à cet égard les découvertes de Legallois. Ce physiologiste célèbre a constaté qu’une section simple de tout le calibre de la moelle, pratiquée entre l’occipital et l’atlas, sur de très-jeunes mammifères, ne détruisait pas instantanément la sensibilité ni les mouvements; mais qu’ils s’éteignaient au bout d’un quart-d’heure, sons l’inflence de la non excitation de la matière nerveuse par le sang devenü noir; et que, si on rétablissait l’hématose par l’introduction de l’air dans le poumon, la sensibilité et les mouvements renaissaient (!). Le principe du mouvement et de la sensibilité, n’est donc pas communiqué par le cerveau, comme on le croyait avant Legallois, puisqu’il y a solution de continuité entre le cerveau et la moelle vertébrale, par la section pratiquée entre l’atlas et l’occipila! ; et il réside véritablement dans cette moelle, puisque, pourvu que l’oxigénation du sang puisse se faire, la source de sensibilité et de mouvement se ranime; d’autre part, nous avons vu, à l’exposition de l’appareil ganglionnaire, que les nerfsde cet appareil puisaient leur force innervatrice dans la moelle, nonobstant sa séparation du centre cérébral ; conséquemment, tant que le sang est oxigène, le système circulatoire conserve son énergie, et la moelle vertébrale peut se passer du cerveau, en tant, comme nous le verrons, qu’elle n’a pas besoin de direction. Les mouvements et la sensibilité pourraient donc être entretenus ainsi pendant un temps considérable; ce qui n’a plus lieu dès qu’on détruit la substance de la moelle, depuis l’endroit de la section jusqu’à l’extrémité caudale (2); dès-lors, les mouvements et la sensibilité de tout le corps sont à l’instant abolis; les battements du cœur et des artères, ainsi qu’on a pu s’en convaincre au chapitre du système nerveux ganglionnaire , sont tout-à-fait anéantis (5). L’insufla-
(1) Legallois, exp.
,2) Rrachet, Reçu, sur le svsr. nerv. gang., p. 84.
(3) Il faut, pour qu’il y ait anéantissement total, que toute la moelle soit
DE LA MOELLE
tion ou tout autre moyen tendant à ranimer la circulation est absolument inutile. ,
Par la destruction immédiate de la substance de la moelle cervicale, le col devient flasque, et les pattes de devant perdent leur sensibilité; mais elle se conserve dans tout le reste du corps ; les battements du cœur sont faibles (Voyez appareil nerv. ganglionnaire). Si l’insuflalion est commencée à trois minutes, la sensibilité peut durer jusqu’à onze. Malgré la destruction immédiate de la moelle de la région dorsale, la tête, le cou et le train de devant demeurent vivants ( c’est-à-dire qu’ils produisent des mouvements réguliers, lorsqu’on pique ou que l’on pince quelques parties); mais le milieu du corps devient insensible et ne se meut plus. Les mouvements respiratoires ne se font plus pie par le diaphragme; à la quinzième minute, l’animal continue encore de vivre et de respirer.
Parla destruction de toute la moelle lombaire, le train de derrière meurt, mais le reste du corps vit. Vers la 15e minute, l’animal porte encore bien sa tête-, et se soutient sur ses pattes de devant.
Jusqu’au 10e jour, les lapins survivent à la destruction des parties lombaires et dorsales de la moelle; après le 1er jour ils ne survivent pas à celle de la région cervicale ; cette dernière est donc plus importante à l’entretien de la vie : nous en avons vu les raisons à l’article des nerfs pré- vertébraux; elles se rapportent aux fonctions respiratoires et circulatoires.
Par des sections de vaisseaux et par des ligatures convenables pour empêcher l’hémorrhagie, et en conservant les connexions du cœur et des poumons, avec le seul tronçon dorsal et cervial d’un lapin de trente jours, décapité, Legallois est parvenu à entretenir, durant plus de trois quarts d’heures, les mouvements et la sensibilité des pattes de devant, et les petits mouvements de torsion que fait le thorax quand on pince la peau.
En piquant, en pinçant un point quelconque de la peau sur un tronçon de l’animal, on détermine les mouvements de tous les muscles de ce tronçon; l’impression de la piqûre a donc été ressentie par le segment de moelle correspondant, et cette sensation a excité les mouvements; le principe des mouvements et delà sensibilité d’un tronçon quelconque du corps d’un animal
détruite , si elle ne l’est pas par fragments, la portion existante peut encore
suppléer à la portion manquante (Voyez Flourcns, ouvrage cité, p. 190 — 1,91, et Legallois.
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vertébré, résulte doue dans le segment de moelle, auquel aboutissent les nerfs de ce tronçon; cette conclusion est de Legallois lui -même.
Si l’on coupe la moelle en travers, entre la dernière vertèbre dorsale et la première lombaire , chaque train a séparément le sentiment et les mouvements volontaires; la section semble avoir établi deux centres de mouvement , et si quinze ou vingt minutes après la section , l’animal étant bien vivant, on détruit le segment lombaire de la moelle au moyen d’une verge de fer, le train de derrière meurt après de fortes convulsions, durant lesquelles le train de devant reste immobile; ce qui n’empêche pas que la vie ne s’éteigne dans celui-ci après environ trois minutes, l’harmonie consensuelle étant rompue.
Cette dernière expérience, encore plus que les précédentes, prouve que la moelle spinale a son principe d’action, soit pour le sentiment, soit pour le mouvement en elle-même, et que chacune de ses régions n’est pas essentiellement dépendante des autres régions, au moins en ce qui ne concerne pas la force d’innervation ou l’harmonie consensuelle.
Les dispositions anatomiques, la distribution des nerfs cérébro > spinaux nous donnent lieu dépenser que, chez l’espèce humaine spécialement, la vision, et tout ce qui s’y rapporte, dépend de la portion de moelle cérébro-spinale que surmonte les tubercules quadri-jumeaux; que le mouvement et la sensibilité de la face, ainsi que f excitabilité sensoriale résident dans le segment de moelle qui constitue la base intérieure du quatrième ventricule, principalement dans toute l’étendue du champ où s’insère la 5e paire. (Voyez nerfs de la 5e paire cérébrale). Enfin le besoin de respirer et les perceptions viscérales gastriques résident dans la partie qui constitue la base postérieure de ce quatrième ventricule, principalement dans toute l’étendue du champ où s’insère la 8e paire (Voyez cette paire de nerfs); que toute la portion de moelle postérieure, ou quatrième ventricule, en s’étendant jusqu’à la 5e ou 6e vertèbre cervicale, possède une influence spéciale sur les muscles inspirateurs (1), et de plus, agit au moyen de l’appareil ganglionnaire sur le centre circulatoire et les
(1) M. Serres dit que la région cervicale est excitateur des agees mécaniques de la respiration, et plus spécialement du diaphragme (Anat. du cep.v . , t. 2, p. 116). Voyez Fiourens, ouvrage cité, p. 176, 177, 178,
1) K LA MOELLK
fondions nutritives du col et de la tête (1); que de la 6e à la 9 e oü 10e vertèbre, l’influence concerne la sensibilité et le mouvement des membres thorachiques (2); que de la 9e ou lre dorsale jusqu’à la 20e ou 42e dorsale, l’influence s’exerce, et sur la sensibilité et les mouvements volontaires du tronc (3) , et sur les muscles expirateurs (4) et exonérateurs ou compresseurs de l’abdomen (5)j sur la circulation abdominale (6), et la nutrition par l’appareil ganglionnaire, et sur le plexus musculaire de la portion inférieure de l’intestin grêle, (l’iléon, le cæcum . le colon), et du gros intestin. D’après les expérience directes de Al. Brachet, de Lyon (7)* la même influence s’exerce sur le plan musculaire de la vessie (8). La sensation du plaisir, dans l’acte génital (9) et la force éjaculatoire, Idépendentde la moelle lombaire (10); la conception et la gestation ne sont pas, chez les femelles, sous l’influence directe de la moelle lombaire; mais cependant, lorsqu’on détruit cette moelle, ces opérations dépendantes de l’appareil ganglionnaire sont arrêtées (11). Cela doit être, puisque cet appareil entretient son innervation par la partie correspondante de la moelle spinale avec laquelle elle communique (voyez cet appareil). Enfin, la parturition est un acte dans lequel tous les muscles exonérateurs ou expulseurs, doivent entrer en action, par conséquent, il dépend du segment de la moelle qui s’étend depuis la dixième vertèbre dorsale jusqu’à son extrémité caudale (12).
En somme, d après les expériences de Al. Legallois > d’après celles de AL Brachet, de Lyon, et de tous les expérimentateurs modernes, la moelle spinale, par une^simple section qui la di-
(1) Voyez exp. de Legallois.
(2) Tous les physiologistes sont d’accord , de temps immémorial, sur ce point.
(3) Legallois, Desmoulins, Ch. Bell , Alagendie , Serres, FJourens, ouv. cité, p. 173.
(4) AL Serres dit que depuis le milieu de ta région dorsale, en remontant vers l’occiput , la moelle influe sur la respiration , d’autant plus qu’on s’élève plus haut (Voyez Anat. bu cerv., t. 2, p. 224).
(5) Brachet de Lyon, voyez App. gang., parturition.
(6) Legallois.
(7) Voyez Exp. sur le syst. gang.,p. 230 — 241.
(8) Ibid., p. 233 — 245.
(9) Ibid., p. 248.
(10) Ibid. , Segoias, Beuet , Jours. de Al. Alagendie, Serre», Anat.- du cerv . , t. 2, p. 716.
(11) Syst. nerv. gang., Brachet, p. 251, 260.
(12) Ibid., p. 266.
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vise , cesse de recevoir , dans son tronçon caudal, l’influence du cerveau (voyez les actes fonctionnels des lobes cérébraux), c està-dire, les influences de directions, et cesse de transmettre les perceptions au cerveau (1); néanmoins elle conserve son influence directe sur la sensibilité et la contractilité; elle conserve en outre, ainsi qu’on l’a vu à l’exposition de l’appareil ganglionnaire, la puissance d’innervation que cet appareil puise, pour entretenir la circulation (2), la nutrition, et tous les actes moteurs et sensibles organiques qui s’y rattachent.
Toutes ces influences se perdent au contraire, ainsi que la sensibilité et le mouvement général de toutes les parties du corps, par la destruction complète de la sensibilité de la moelle cérébro-spinale; les abolitions ont lieu partiellement, lorsque les destructions elles-même sont partielles.
Quelque claires et satisfaisantes que soient les inductions, elles ne localisent pas encore assez les phénomènes de la sensisibilité et de la contraction; voyons si d’autres tentatives ont amené de plus heureux résultats :
J’ai introduit une tige métallique , mince de tout le long de l’axe de la moelle vertébrale, avec la précaution de ne détruire que le centre de celte moelle et sans toucher aux surfaces (5). Je n’ai que diminué la force d’innervation; j’ai bien affaibli V énergie de l’animal, soit dans ses mouvements volontaires, soit dans ceux delà circulation; mais je n’ai altéré notablement, ni la sensibilité, ni les mouvements dans leur éiendue. Il résulte de cette expérience que, non-seulement le centre médullaire détruit, mais encore les parties voisines froissées et contuses dans l’opération, n’ont exercé que peu ou point d’influence sur ces fonctions vitales; ce ne peut donc être qu’aux surfaces que se trouvent les organes qui les mettent er. jeu (4). Déjà on pouvait tirer celle induction des remarques faites par Desmoulins (5), et même
(1) M. Flourens prétend que les contractions dépendent de la circulation de l’innervation de la partie nerveuse, excitée aux rameaux périphériques , et que la perception sensoriale ou sensitive dépend de cette circulation de la partie excitée au cerveau.
(2) Flourens, ouvrage cité, page 196 — 198, et les autres expérimentateurs.
(3) Expériences faites à l’hôpital Montaigu, en 1815 et 181 fl.
(4) Les affections pathologiques des surfaces, servent de contre épreuve à cette expérience.
(5) ÂSATOWIE I>r.S SYST. NEPV. , t. 2, p. 559 — • 560.
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on aurait pu signaler la face postérieure de la moelle comme organe de la sensibilité, et la face antérieure comme organe du mouvement, d’après les observations qu’il a présentées sur la disposition des nerfs vertébraux chez les poissons et les serpents (1); mais c’était à M. Ch. Bell que cette gloire était réservée. Ce célèbre physiologiste a démontré que tous les nerfs en connexion avec la face postérieure de la moelle vertébrale, étaient des nerfs delà sensibilité; il en a conclu que tout le faisceau post-spinal présidait à cette fonction; et ses expériences (2), ainsi que celles de M. Magendie (5) et les cas pathologiques, ont pleinement justifié cette opinion; il a , de même, trouvé que tous les nerfs du mouvent étaient en connexion avec la face antérieure, et il a conclu aussi que le faisceau médullaire pré-spinal appartenait aux mouvements.
il n’a pas aussi bien réussi à convaincre qu’il existait un faisceau médullaire destiné aux actes respiratoires. Il place ce faisceau aux parties latérales de la moelle, et prétend que tous les nerfs de la respiration y aboutissent; il dit que ce faisceau ne s’étend pas jusque dans le cerveau, comme les faisceaux antérieur et postérieur, mais qu’il s’arrête à la moelle alongée. Du reste, rien de semblable n’a été prouvé, et la plupart des inductions de M. Ch. Bell, à cet égard* me paraissent forcées.
Les remarques de MM. Ch. Bell et Magendie, sur les propriétés des faces postérieure et antérieure de la moelle vertébrale, ont réveillé l’attention des anatomistes et des physiologistes, sur la configuration que la moelle acquiert à sa surface , par 5e formation. Ainsi les pyramides antérieures, qui n’offrent de saillie que dans la moelle alongée, les faisceaux olivaires, les cordons rectiformeset les pyramides postérieures sont supposés être des organes distincts , ayant leurs propriétés spéciales, et devant nécessairement se prolonger depuis le bulbe sus-spinal, où ils sont réellement apparents, jusqu’à l’extrémité caudale, où on ne peut les voir qu’avec les yeux de la foi (4).
(1) Voyez pl. IV, et pl. I.
(2) Exp. du syst. des nèp.fs, trad . , p. i 71 et suiv.
(3) M. Magendie réclame sur le physiologiste anglais, la prioriété de cette distinction. (Voyez Jour, de phys. exp.
(4) Les pyramides antérieures présentent, chez les poissons cartilagineux, 2 cordons rectilignes très-déliés, chez la lamproie, très-évasés, chez les raies, plus marqués, chez les poissons osseux; ces cordons sont si exigus chez les reptiles qu’ils ne font aucune saillie. La moelle alongée est parfaitement lisse,
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En conséquence, les ex périmenta leurs ont cherché à a l tri huer au faisceau des pyramides antérieures, ia propriété de présidera la contraction ; et au faisceau des pyramides postérieures, celle de présider à la sensibilité. M. Ch. Bell a voulu investir les faisceaux vecti formes de la propriété de présider aux mouvements respiratoires; d’autres se sont efforcés de trouver des fonctions spéciales aux cordons olivaires (1) ; mais l’expérience n’a pas su fli sa lib¬
ellez les oiseaux, mêmes chez ceux à mouvements très-énergiques, comme les aigles , le milan; ce qui prouve que ce n’est pas dans le relief pyramidal que consiste la puissance motrice. Les embryons des mammifères , sont comme les reptiles, sans renflements pyramidaux. Ils ne se développent que par la 5e formation; mais chez les adultes, la prééminence des pyramides est beaucoup plus forte chez les rongeurs, les ruminants , les carnassiers, et les cétacés, que chez l’homme. Ce qui prouve que les hémisphères cérébraux ne sont pas formés par les pyramides, comme le croyait iïall, c’est que les lobes cérébraux sont si volumineux chez l’homme, et cependantles pyramides y sont bien moins prononcées que dans les espèces ci-dessus désignées; d’ailleurs, les pyramides, plus prononcées chez les poissons que chez les reptiles, correspondent, néanmoins à des lobes cérébraux plus petits.
Les tubercules olivaires, qu’on voit chez l'homme, placés à la pointe antérieure de la moelle alongée , sur les faisceaux qui en ont pris le nom, et qui se trouvent en dehors des pyramides, décroissent de plus en plus chez le phoque, l’ours, le lion, la martre, le chameau, le porc-épic, ia taupe, le hérisson; 'chez les oiseaux, ies reptiles et les poissons, il n’y a pas d’olives ; les faisceaux dits olivaires sont applatis. M. Serres dit que des fibres externes de ces faisceaux aboutissent aux tubercules quadri-jumeaux (ouv. cité, t. 2, p. 198) et que les autres vont au lobe central (hémisphérique) ; quelques-unes dans l’éminence maxillaire.
Le faisceau rectiforme qui constitue la partie externe de la face postérieure de la moelle alongée, occupe la portion la plus considérable de celle face postérieure; il augmente d’une manière progressive de l’homme aux singes , aux ruminants , aux carnassieis et aux rongeurs; il conserve chez les oiseaux une partie de cette prééminence, qu’il perd tout-à-coup, dit M. Serres, chez les reptiles , pour la reprendre de nouveau chez les poissons.
M. Rolando a nommé pyramide postérieure , le faisceau postérieur le plus interne de la moelle alongée, celui qui borde le 4e ventricule et concourt aformer, par le rapprochement avec le faisceau opposé inférieurement, le cal amas scripiorius. Celte pyramide postérieure suit une progression croissante de l’homme, aux singes, aux cétacés, aux ruminants, aux carnassiers et aux rongeurs; elle est beaucoup plus prononcée chez les oiseaux que chez les mammifères ; elle est très-grèle chez les reptites ; et chez les poissons, elle est presqu’aussi prononcée que chez les oiseaux. La science ne peut donc, jusqu’ici, tirer aucune conclusion de ces volumes respectifs.
(1) M. Serres attribue aux olives une influence spéciale sur les mouvements du cœur; au faisceau rectiforme, une influence spéciale sur le poumon; à l’espace qui sépare ces deux faisceaux, une influence spéciale sur l’estomac;
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ment réalisé ces attributions, et tout physiologiste doit se tenir en garde contre ces configurations anatomiques, dont les actes ne justifient prs toujours les délimitations.
Quoiqu’il en soit, cette puissance motrice et cette sensibilité ont leur foyer aux surfaces pré et post-spinales : les travaux de MM. Ch. Bell, Magendie, et d’autres physiologistes modernes, ainsi que l’anatomie pathologique, n’ont laissé aucun doute à cet égard; mais cela n’autorise pas à conclure, dans l’étal actuel de la science, que le cordon pyramidal antérieur soit plutôt le siège précis du mouvement, et le cordon pyramidal postérieur celui de la sensibilité (1) , à l’exclusion des faisceaux olivaire et rectiforme, Ce qu’il y a de certain, c’est que ces puissances s’élendent à la moelle alongée, et même y offrent une bien plus grande intensité, à tel point que, depuis les expériences de Lorry (2), on a regardé cette région comme un des centres les plus énergiques de tout le système nerveux. Nous devons à M. Serres d’importantes considérations sur les altérations de cette partie, dans beaucoup d’affections nerveuses. J’y reviendrai en son lieu. D’ailleurs, ce médecin a très-bien démontré que la moelle alongée était, tant chez les embryons que chez les adultes, la continuité de la moelle vertébrale (3). J’ai, de mon côté, démontré que la matière grise qui constitue les parois du 4e ventricule, appartenait aux organes de 2e formation, et n’était autre, primitivement, que le lobe sus-spinal , qui apparaît chez l’embryon' en même temps que les lobes optiques ou bi-jumeaux, et la substance corticale des hémisphères cérébraux (4) ; que ce lobe, en s’interposant dans l’écartement céphalique des cordons primitifs cérébro-spinaux, et occupant la partie postérieure de la série des lobes cérébraux, finit par être englobé entre ces cordons, par suite de l’évolution de 3e formation. Ce qu’on appelle la moelle alongée, doit donc être considéré comme composé de deux organes distincts : l’un, formé de toute la matière blanche du lobe sus-spinal, n’est que la continuation des cordons médullaires spinaux; l’autre, la matière grise, qui constitue les parois
cfc physiologiste dit aussi que la région sous-olivaire influe sur l’articulation de la parole (Anat. du cerv., t. 2, p. 230-233 et 717).
(î) La sensibilité et la contraction ne sont pas exclusivement, mais plus spécialement dépendante, Tune du faisceau médullaire post-spinal, l’autre du faisceau pré-spinal (J. Magend,, t. 2, p. 566).
(2) Voyez 3e vol. des mémoires savans étrangers.
(3) Ouv. cité, t. 2, p. 180.
(4) Voyez chap. le* Formation*
SP î IV AL Et
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-lu 4e ventricule, et pénètre au centre de la moelle vertébrale* par le calamus scriptorius, est un véritable lobé cérébral. Ces deux organes ont probablement des fonctions distinctes.
Les anatomistes ont beaucoup insisté sur les fibres croisées en forme de tresse, qu’on rencontre entre les deux faisceaux opposés des pyramides antérieures (1). En effet , on trouve ce croisement constant chez les mammifères et les oiseaux, mais on ne le voit ni chez les reptiles, ni chez les poissons; il n’existe pas non pins, dans les premiers temps de la formation, des embryons des classes supérieures et ce n’est qu’a près la septièmesemaine qu’on commence à l’apercevoir chez l’homme, ainsi que l’ont constaté Tiedemann et M. Serres (2). Les anatomistes ont prétendu expliquer paria, l’observation si générale des médecins, qui existait depuis Hippocrate, que la paralysie se manifestait du côté opposé des blessures faites, soit à la moelle alongée, soit aux lobes cérébraux, et que la convulsion avait toujours lieu du môme côté lésé ; Lorry semble avoir assis cette opinion sur des expériences positives. Voyons quelle peut être la valeur de ce fameux croisement de fibres et ce qu’est la continuité dans toute la longueur des faisceaux médullaires cérébro-spinaux (5). L’irritation de la moitié latérale droite du renflement médullaire lombaire, a constamment produit des convulsions dans le membre abdominal droit, et l’irritation de la moitié gauche* celle du membre abdominal gauche^ les cas pathologiques et les expériences physiologiques (4) sont d’accord en ce point.
Les irritations du milieu pré-spinal du renflement, déterminent plus spécialement les convulsions de la région caudale (5).
L’irritation de la moitié latérale droite du renflement cervical produit la convulsion du membre thoracique droit , et visce versa (6).
(1) Les fibres musculaires internes des pyramides antérieures, chez les mammifères et les oiseaux, sont seules entre-croisées; le reste de ces titres, ainsi que toutes celles des autres faisceaux de la moelle, sont directes dans les quatre classes d’animaux vertébrés. G’est cette remarque, à propos des faisceaux postérieurs, qui avait fait croire que l’action du cervelet sur la moe'.le, devait être directe (voyez cervelet)
(2) Ouv. cité, t. 2, p. J 90, 191.
(3) J’ai maintes fois constaté dans les vivisections, que la section de ces fibres entre-croisées n’influait en rien sur le froissement des excitations, soit des nerfs contractiles, soit des nerfs sensibles.
(4) F'ourens, Rech . eyp. sur le svst. jn'erv.. p. 112.
{5/ Ibh).
(6) lum.
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Quand l’irritation a lieu sur le trajet médullaire qui existé dans l’intervalle des renflements, soit à droite, soit à gauche, les convulsions se manifestent toujours du même côté, bien entendu, dans les parties où vont se rendre les nerfs pré-spinaux correspondant au point irrité; mais il s’y joint ce phénomène particulier, les convulsions se manifestent également au membre abdominal et au thoracique, si l’irritation est produite à une égale distance des deux rendements, tandis qu’elles ont lieu dans le membre le plus voisin dit point irrité, s’il n’est pas à une égale distance (1)».
Le même phénomène d’action directe a lieu pour les irritations de la moelle cervicale, de chaque côté la portion centrale pré-spinale réagit sur la ligne médiane.
Les irritations de la moelle alongée (substance blanche ou continuation de la moelle vertébrale dans la région basilaire intracrânienne, continuité des cordons médullaires cérébro-spinaux) produisent à droite, des convulsions du même côté et visce versa (2), exactement comme clans le reste le reste de la moelle spinale.
La destruction de chacune de ces parties produit l’abolition du mouvement du même côté, comme l’irritation a occasioné la convulsion.
Mais la moelle alongée, ou plutôt le bulbe sus-spinal, ai-je dit, se compose de deux organes distincts: la continuation des cordons cérébro-spinaux (matière blanche), et le lobe du 4e ventricule su s- spinal (matière grise).
Il sera question de ce dernier à l’exposition des lobes cérébraux; ce n’est que de la continuation des cordons cérébro-spinaux dont j’ai dû m’occuper dans ce chapitre.
La masse du support des tubercules qUadri-jumeaux ou bi-jumeaux, ou des lobes optiques (protubérance annulaire) se compose également de deux organes distincts ou, mieux, de trois organes, qui sont les lobes optiques proprement dits, ou tubercules bi-jumeaux, ou quadri-jumeaux, qui occupent la partie supérieure de la protubérance annulaire, la continuation des cordons cérébro-spinaux (faisceau olivaire et pyramide antérieure) qui en occupent le centre, et le pont de Varole, ou Commissure du cervelet qui en forme la partie inférieure.
Il ne doit être non plus ici question que de la portion centrale de la protubérance, celle qui constitue la continuation des fibres
(1) Flourens, Reçu. exp. sur i.e syst. jnery., p. 112-ila.
(2) Ibid., 115.
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médullaires cérébro-spinales , et qui renferme aussi les faisceaux qui proviennent du cervelet (Broussais, cerebeüi ad testes) et toutes les libres qui vont constituer les pédoncules cérébraux (1).
Le point central de cette protubérance, semble être le lieu de mise en rapport de toutes les fonctions spinales avec les fonctions cérébrales , et bien que les physiologistes localisateurs se soient efforcés de ridiculiser ceux qui admettent un point central de direction dans le cerveau, on est tout au moins obligé d’avouer qu’il existe un centre de communication, de mise en rapport, des perceptions et des déterminations.
Or, ce centre doit occuper le milieu de la protubérance annulaire, et voici sur quoi se fonde cette opinion :
1° Toute la portion des cordons cérébro-spinaux de la protubérance postérieure, à son centre, est affectée à la direction des mouvements en avant ; la moitié droite jouit d’une force impulsive, de droite à gauche, et la moitié de gauche, d’une force impulsive, en avant de gauche adroite, tandis que la portion de ces cordons qui, du centre de la protubérance, se porte en avant pour former les pédoncules cérébraux , est affectée à la direction des mouvements en arrière, à la force de recul qui se propage dans le pédoncule; mais en s’affaiblissant à mesure qu’elle s’éloigne du centre , celte force de recul s’exerce de droite à gauche, dans le côté droit, et de gauche à droite , dans le côté gauche; de telle sorte que si l’on pratique la section du cordon cérébro-spinal droit postérieur, au point central de la protubérance, l’impulsion en avant de droite à gauche, venant à être abolie, et 1 impulsion opposée jouissant de toute sa force, il y aura rotation invincible de l’animal, de gauche à droite en avant (2); si la section est faite au côté postérieur gauche, la rotation en
(1) Par développementde 3e formation, les fibres médullaires des pyramides antérieures divergent, et de nouvelles couches de fibres, se sur-ajoutent pour constituer les pédoncules cérébraux. C’est aussi par un développement de 3e formation queies pédoncules cérébraux s’organisent et se rallient ainsi aux faisceaux primitifs cérébro-spinaux ( résultat de mes expériences propres) .
(2) Desmoulins dit, Axât, des stst. nerv., t. 2, p. 593. « Lablessure du lobe optique, surtout à sa basse, entraîne irrésistiblement l'animal dans une course ou dans un vol circulaire, ou de manège , sur le côté où on a blessé le lobe, » il ajoute : « Le phénomène est inverse chez les grenouilles elles serpents; ils tournent sur le côté opposé au lobe blessé; je me suis assuré que ce mouvement, circulaire en sens opposé chez les mammifères et les oiseaux d’une part, et chez les reptiles d'autre part, dépendait d’une
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avant aura lieu de droite à gauche; si elle a lieu au pédoncule cérébral droit, la rotation s’effectuera en arrière de gauche à droite, et dans la direction inverse, si elle a lieu au pédoncule opposé. Si l’on coupe les deux cordons postérieurs, les deux forces impulsives , en avant de droite et gauche , venant à être abolies, il n’y a plus mouvement de rotation, mais mouvement de recul direct par l’exercice de la force impulsive d’avant en arrière de chaque côté, comme il y a mouvement direct en avant par la section des deux pédoncules cérébraux , les cordons postéîieurs exerçant une force qui ne peut être balancée (1).
2° C/est dans cette protubérance annulaire que semblent se terminer toutes les influences spinales, d’une part, et toutes les influences cérébrales de l’autre; c'est à cette protubérance que la plupart des physiologistes modernes s’accordent à placer la terminaison de la moelle alongée, ou la prolongation de la moelle spinale (MM. Flourens, Serres (2). C’est dans cette protubérance que M. Serres place l’équilibration des mouvements (voyez la note de la page 649, t. 2, Anal, du cerveau ). Tandis que M. Flourens la croit dans le cervelet.
On doit conclure de tout ce qui a été exposé dans ce chapitre, que les organes nerveux cérébraux de première formation, c’està-dire la moelle cérébro-spinale, depuis son extrémité caudale, jusqu’à l’extrémité des pédoncules cérébraux, qui est sa termi-: naison céphalique, a une action directe sur les parties avec lesquelles elle est en rapport; c’est-à-dire que toutes les impressions ou actions qui ont lieu dans le côté droit du corps, correspondent au même côté à une hauteur déterminée dans la moelle cérébrospinale, et visa versa. Ce lieu déterminé est celui où aboutissent les nerfs conducteurs de ces impressions ou actions; mais les impressions sensibles sont reçues à la face post-spinale, et les actions ou phénomènes de contraction, sont du domaine de la face pré-spinale.
force directe et nécessaire ; car, après la destruction successive des deux yeux, l’anirnal continue de tourner du même côté qu’auparavant.
M. Flourens a fait la même remarque sur la rotation occasionée par les blessures de la base du lobe optique.
(1) Ces puissances impulsives s'affaiblissent à mesure qu’elles se rapprochent des corps striés, ou du cervelet.
(2) M. Serres dit que les tubercules quadri-jumeaux (leur masse de support) sontie renflement de terminaison delà moelle épinière dans le crâne et que leur masse est toujours développée eu raison de celte moelle, Anat.
ceov.
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Les rapports de sensibilité et de contractilité sont exercés par cette moelle dans toute son étendue.
Cette moelle est le réservoir principal d’innervation; aucun ner f ne conserve sa faculté ou propriété, soit sensible, soit motrice, qu’autant qu’il est en connexion avec la moelle cérébro-spinale.
Tous les nerfs dits cérébro-spinaux, communiquent et reçoivent une influence rapide, entière et distincte de la moelle cérébro-spinale, et des lobes cérébraux avec lesquels elle est elle-même, directement en rapport pour que les opérations harmoniques fonctionnelles, sympathiques ou consensuelles qui constituent la vie, puissent s’effectuer. Mais celte influence s'exerce plus ou moins complètement selon la nature des nerfs conducteurs; ainsi, les nerfs de la sensibilité sont inhabiles pour les mouvements; les nerfs moteurs sont insensibles ; certains d’entre eux obéissent aux directions qu’impriment les lobes cérébraux; d’autres sont indépendants de leur influence; il en est môme des nerfs sensoriaux, dont je ne fais ici mention que pour mémoire, dont la conductibilité est toute spéciale, comme on a pu le voir à l’exposition des nerfs cérébraux, et qui, cependant, communiquent avec les lobes cérébraux, ainsi qu’il sera démontré pl us loin. Enfin, ilestdes nerfs dits ganglionnaires splanchniques, qui ne reçoivent aucune influence cérébrale dans l’état normal, et qui ne puisent, dans la moelle cérébro-spinale, que leur force d’innervation , et c’est en vertu de cette condition que la moelle influence la circulation, les sécrétions , et ce que certains physiologistes ont appelé les actes de conservation (MM, Flourens et Serres); néanmoins, la moelle peut communiquer à ces nerfs, la sensibilité dans certains cas (voyez appareil nerveux ganglionnaire), et peut-être même l’influence motrice volontaire (voyez pathologie.)
La moelle cérébro-spinale est réellement, la base, l’appareil, fondamental du sytème nerveux, avec l’intégrité de toutes ses parties, et malgré la destruction des lobes cérébraux , la vie peut se conserver, ainsi qu’il sera prouvé plus loin.
Cependant, il faut reconnaître que pour la conserver longtemps, il est indispensable que le lobe sus-spinal, qui occupe le centre de la moelle alongée et la masse des tubercules bi-ju meaux ou quadri-jumeux, autrement dit, les lobes optiques soient également intacts (1); et nous verrons tout-à-l’heure pourquoi.
(I) M. Flourens dit avoir vu des oiseaux survivre jusqu’à trois jours, à la perte de leurs lobes optiques. Ouv. cité, p. 171 —172, 492,
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Toujours esl-il vrai que les seuls acéphales, qui ont conservé ces parties intactes, ont pu continuer de vivre, ce à quoi n’a jamais pu parvenir un acéphale manquant de moelle vertébrale, de moelle alongée, ou seulement de protubérance annulaire. Il est inutile de dire ici qu’il ne s’est jamais rencontré d’individus naissant avec quelque lobe cérébral; mais sans moelle épinière; car les organes de seconde formation n’apparaissant qu’après ceux de première, il est clair que ceux-ci ne s’étant pas formés, les seconds n’ont pu apparaître.
La moelle cérébro-spinale est d’une telle importance dans la vie que ses moindres lésions sont toujours très-graves; non-seulement les destructions de sa substance, mais les déchirures de sa surface, les simples piqûres, ou même une compression, sans entamer en aucune manière son tissu , peuvent devenir mortelles, surtout dans la région occipito-cervicale. On a vu de simples épan chements sanguins très-circonscnts occasioner la mort. Au reste, toutes ces lésions sont d'autant plus formidables qu’elles ont lieu plus brusquement; car des médecins disent avoir vu chez l’bomme tout le cordon médullaire détruit dans toute son épaisseur, et dans la longueur de six à sept pouces, sans que, non-seulement la vie fût compromise, mais sans que le mouvement et la sensibilité fussent anéantis; cela peut être, car on a vu que la sensibilité et le mouvement dépendent proprement de la moelle spinale, * que les sections ne les anéantissent pas ni ne tarissent pas la source d’innervation. Il se pourrait, dès-lors, que des fragments peu considérables, détruits, n’empêchassent pas le mouvement et la sensibilité d’exister, tandis que des destructions considérables seraient, dans tous les cas. mortels ;il n en est pas dè même de la volonté, ni des actes dépendant des lobes cérébraux; toute transmission de la moelle au cerveau, ou du cerveau à la moelle, doit être, par ce fait, nécessairement anéantie. C’est ici le cas d’examiner l’opinion de M. Flourens, qui a avançé que la sensibilité et la contraction dépendent des mêmes parties, soit dans les nerfs, soit dans la moelle spinale que ces phénomènes ont lieu seulement en sens opposé. Il a pris pour exemple le tronc nerveux sciatique: une irritation produite dans un des points de ce tronc détermine, selon cet auteur , une sensation en allant de ce point vers le cerveau , et une contraction en allant de ce point vers les muscles de la périphérie (1). Il a fait la même remar-
(î) Il est de toute évidence qu’il existe des nerfs propres de la sensibilité et d’autres du mouvement; les mêmes rameaux ne peuvent exercer les deux
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que pour la moelle spinale ; sensation au-dessus du point irrité, et contraction dans les parties correspondantes au-dessous. Ce physiologiste distingué en a conclu que la sensation ni la contraction proprement dites, ne résident ni dans les nerfs, ni dans la moelle; qu'il n’y a, dans ce cas, qu excitation (1); mais il ne connaissait pas encore les résultats qu’ont obtenus MM. Ch. Bell et Magendie, et il ne fit pas réflexion que le tronc du nerf sciatique est un faisceau complexe (2), ainsi que la moelle. S il avait seulement connu la différence qu’il y a entre la 5e et la 7e paires cérébrales par rapport aux fonctions de la face, il ne se serait pas hâté de tirer de semblables conclusions (5). Le fait est qu’il y a dans un rameau nerveux, souvent en apparence simple, des filets de différente nature ( voyez fondions des nerfs latéraux ) dont les uns perçoivent et conduisent les impressions sensibles, les autres font exécuter les mouvements; cela n’empêche pas que la proposition de M. Fiourens n’ait toute sa valeur, c’est-à-dire, que les impressions ne soient transmises du lieu où elles sont faites au cerveau , et que les contractions ne s’opèrent dans les muscles; seulement le transport n’a pas lieu par les mêmes filets. Ceci s’applique à la moelle spinale. Il est une autre observation qu’il convient de faire par rapport à cette moelle : la face préspinale, que nous avons reconnu exciter les mouvements, est cependant sensible, quoiqu’à un degré bien moindre que la face post-spinale (4); ces deux sensibilités sont-elles de natures diffé-
fonctions, à moins qu’ils ne soient formés de filets "complexes ; l’électropuncture et le galvanisme sur les filets séparés, ne laissent aucun doute à cet égard; voyez pl. V. le faisceau sciatique, la 8e paire, les plexus trachélohuméral , et lombo-iliaque , rendent complètement raison de celte complexité.
(1) Il y aaussi conductibilité, et dès-lors, présence réelle de l’impression au moment de sa circulation et dans le trajet qu’elle parcourt.
(2) Voyez pl. V, fig. il.
(3) Il arrive souvent qu’une impression recueillie par un nerf, ne soit transmise qu’à la moelle spinale, ou même à un plexus (voyez harmonies) alors le cerveau n’en a pas la conscience; mais des contractions n’en ont pas moins pu résulter de l’impression reçue ; et alors, c’est par le plexus ou la moelle, et non par le cerveau que la transmission a eu lieu, et que la mise en rapport s’est opérée : c’est ce qui arrive dans les sections de la moelle; les opérations vitales de sensation et de contraction , se transmettent sans le concours du cerveau.
(4) Cela tient aux anastomoses qui font communiquer la face pré-spinale avec les nerf- post-spinaux; quelques anatomistes ont confondu les anastomoses avec des nerfs propres allant delà moelle aux ganglions.
DW CERVEAU
renies, ne proviennent-elles des parlies distinctes? la science ne s’est pas encore expliquée à cet égard.
Je dois aussi mentionner, pour ne pas laisser incomplet ce qui regarde la physiologie de la moelle spinale, les expériences de M. Belinghièri , concernant l’influence des faisceaux antérieurs et extérieurs de la moelle sur les mouvements d’extention et de flexion; je n’ai jamais rien observé qui pût me conduire à un résultat semblable; les expériences de M. Serres et les cas pathologiques qu’il a observés, l’ont conduit à la même conclusion que moi (1).
Quelques anatomistes italiens (Martini) avaient cru pouvoir conclure que le faisceau antérieur de la moelle, allant se continuer avec les lobes cérébraux, sont les intermédiaires du cerveau aux organes; tandis que le faisceau postérieur qui, selon eux , ne communique pas avec ces lobes , ne peut être destiné qu’à la sensibilité et aux mouvements. M. Ch. Bell, qui pense aussi que le faisceau antérieur communique seul avec les hémisphères , est néanmoins forcé de conclure par expérience que les mouvements volontaires dépendent du faisceau antérieur. Cela prouve que l’anatomie doit s’éclairer du flambeau delà physiologie, quoiqu'en dise M. Bell , pour pouvoir rendre compte de l’organisation.