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CHAPITRE Vif

Harmonies du système nerveux.

C’est pour les harmonies du système nerveux , ces opérations d’action et de liaison organique qui constituent ies actes vitaux réguliers, qu’on doit réserver son admiration. Le mécanisme fonctionnel animal est en effet le plus beau fait de la création; c’est par son étude qu’on peut parvenir à se rendre un compte circonstancié de l’état normal, et des maladies qui affectent l’organisation.

Ces harmonies ont donné lieu à bien des hypothèses pour en expliquer le mode d’action; les uns les ont rattachées à un phénomène surnaturel , les autres à un état, naturel, dont la condition d’existence est le système nerveux; il n’est permis au médecin qui avant tout doit être physiologiste , que d’adopter cette dernière marche.

Dans l’étude des théories du système nerveux , considéré dans ses rapports avec l’ensemble de l’individu, on peut diviser les physiologistes en localisateurs et en unitaires.

Les premiers s’attachent à décomposer les actes de la vie, à les analyser afin de mieux comprendre les rouages de ce mécanisme si compliqué, et à saisir l’enchaînement qui les assujétit les u ns aux autres.

Les autres ne s’appliquent qu’à généraliser et à concentrer ces actes, en les faisant dépendre d’un principe unique, suprême , primordial, tenant tout sous sa dépendance. Les animistes appartiennent à cette dernière classe; mais comme ils font abstraction des organes , et que pour eux , le principe vital ou l’âme, peut agir sans corps , il n’en sera pas question. Un autre ordre de physiologistes appartient à cette classe : ce sont les physiologistes spiritualistes, qui tiennent compte des instruments, et font dériver les différentes modifications vitales de leur composition , de leur forme - etc. Tout en refusant d’admettre que ces instruments puissent , par eux-mêmes , engendrer le principe vital, C’est de ces derniers qu’il doit être question ici.

Les phrénologistes et la plupart des vivisecteurs appartiennent à la classe des localisateurs; cependant, parmi les derniers, il

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huit placer à part M. Flourens qui doit être rangé dans la classe ties unitaires. Ce physiologiste, dans son ouvrage de Recherches expérimentales , a même consacré à la démonstration de l’un té du système nerveux, un chapitre spécial dans lequel il pose en principe que, « malgré la diversité d’action de chacune des parti ties constitutives du système nerveux, ce système n’en forme « pas moins un système unique (1); qu’indépendamment de » V action propre de chaque partie, chaque partie à une action commune sur toutes les autres, comme les autres en ont une sur elle (2). »

Cette action commune se réduit à la force innervatrice (5, et à l’évaluation expérimentale du rapport selon lequel chaque partie distincte de ce système concourt à l’énergie commune (4). M. Flourens veut sans doute exprimer par là, que toutes les fonctions organiques constituent respectivement, en quelque sorte , une vie spéciale pour chaque organe nerveux , et que la somme de toutes ces vies partielles forme la vie générale ou complète.

M. Serres doit être classé aussi parmi les unitaires, car il dit (5) : ((Il y a unité d’action et diversité de parties qui con- « courent à la produire; telle est la proposition la plus générale a et la plus vraie qui me paraisse ressortir des faits et des expé- « riences , et il ajoutait (6) : toutes les excitations isolées, dis- » tinctes sont réunies, confondues, simultanées dans l’action ; a ce sont les instruments divers, par lesquels l’âme opère ses a manifestations. »

C’est en effet dans le concours général de toutes les parties du système nerveux, la dépendance mutuelle, le consentement unanime, la liaison de tous les actes spéciaux que consiste la vie. En d’autres termes, la vie consiste dans l’exercice simultané de toutes les fonctions organiques régies par le système nerveux.

(1) Dans ce système unique, toutes les parties concourent , conspirent, consentent. Ce qui les distingue, c’est une manière d’agir propre et déterminée, ce qui les unit; c’est une action réciproque sur leur énergie commune. Rech. Exp. , p. 55.

(2) Ibib. , p. 240.

(5) La suppression des lobes cérébraux diminue l’énergie du cervelet, la suppression du cervelet diminue l’énergie de la moelle épinière; celle de la moelle épinière, l’énergie des nerfs. Ouv. cité, p. 55.

(A) Ib. , 237 .

(5) Anat. du Cebv. , etc. , t. 2., p. 716.

(6) Ib, , 718.

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Les fonctions organiques ou les fonctions d’appareils d’organes sont le résultat du concours de plusieurs nerfs ou parties du système nerveux, dont l’harmonie d’action tend à un but déterminé. Dans quelques cas, des nerfs ou des parties du système, entrent en action simultanément avec un organe éloigné ou étranger à l’acte fonctionnel auquel il est destiné. On doit donc distinguer des harmonies nerveuses fonctionnelles, et des harmonies sympathiques. 11 y a concours simultané ou association de plusieurs fonctions. Ces fonctions réunies , ces fonctions considérées avec les sympathies qui leur coirespondent, ou toutes les fonctions et les sympathies agissant ensemble, doivent être considérées comme des harmonies consensuelles ou générales.

PREMIÈRE SECTION

Harmonies fonctionnelles .

Jusqu'ici, nous ne nous sommes pour ainsi dire occupés que des compartiment de la vie; nous allons procéder à leur assemblage.

Pour arriver à la compréhension de cette unité proclamée par MM. Flourens et Serres , comme le but et le complément de toutes les actions isolées du système nerveux , il faut passer par diverses phases d’assemblage.

Nous devons nous occuper d’abord des harmonies fonctionnelles; elles se divisent naturellement en sensoriales, sensibles et motrices; ces dernières se subdivisent en volontaires et involontaires.

Avant de décrire les harmonies dans lesquelles sont intéressés les cordons nerveux et leurs expansions, je crois utile de commencer par les harmonies centrales, parce qu’en définitive, ce sont elles qui forment, en quelque sorte, l’existence consensuelle de toutes les harmonies partielles; c’est-à-dire, que sans ces harmonies centrales, les partielles seraient stériles, et P unité , pour parler le langage de MM. Flourens et Serres, ne saurait avoir lieu.

On a vu, à l’article des fonctions des lobes cérébraux , que toutes les sensations, tant internes ( moins l’olfaction et la vue) qu’externes, aboutissent au lobe sus-spinal ou du Ae ventricule;

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que c’est là aussi que se concentrent toutes les impressions sensibles.

Toutes les impressions sensoriales ou sensibles perçues par le lobe sus-spinal , peuvent être coordonnées entre elles ou transi mises immédiatement à la partie motrice de la moelle spinale , pour faire exécuter des mouvements sans la participation de la volonté, sans direction, etc. La partie de la moelle spinale , réceptacle de la sensibilité, peut même, soit en totalité , soit dans un segment séparé, transmettre à sa partie motrice l’impression qu’elle reçoit, et cette partie motrice, répondre par des mouvements à cet appel, sans qu’il y ait participation d’aucun lobe cérébral ; c’est ce qui a lieu dans toutes les convulsions avec perte de conscience dans les apoplexies, les décapitations, etc... Le fait seul des harmonies respiratoires conservées dans les appoplexies et la soustraction des lobes hémisphériques cérébraux, cérébelleux, et même des tubercules quadri-jumeaux, prouve que les harmonies du bulbe sus-spinal suffisent par ellesmêmes à l’entretien de la respiration : la destruction finit toujours , il est vrai , par arriver , par défaut d’harmonie consensuelle; mais la vie est entretenue pendant un certain temps. Quant aux harmonies nerveuses qui concourent à la digestion , celles qui ont lieu dans la partie inférieure de l’œsophage et les organes gastro-intestinaux, restent intactes; mais les mouvements de préhension, de déglutition, etc. , nécessitant le concours de direction et de volition , sont abolis par l’ablation du cervelet et des hémisphères cérébraux. Ainsi donc, les harmonies qui se passent du concours des organes régis par la volonté, peuvent s’effectuer par le fait seul de l’existence normale du lobe sus-spinal. L’expérience a néanmoins montré que si les tubercules quadri-jumeaux étaient conservés, les harmonies des fonctions de conservation , comme dit M. Flourens, existent plus long-temps que si le lobe sus-spinal est conservé seu 1 (1).

Les tubercules quadri-jumeaux accueillant toutes les perceptions, les disséminent en les adressant à toutes les parties qui doivent en connaître : on pourrait les comparer à des c[énonciateurs des actes de la vie animale , comme le veut Bichat , qui font retentir partout l’impression perçue; ce qui n’a pas lieu pour les actes qui, selon le même auteur, appartiennent à la vie

a wr

(1) Résultat de mes propres expériences.

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organique. En effet , tout ce qui doit être soustrait à la volonté,, comme les actions circulatoires , sécrétoires , les harmonies respiratoires, celles des mouvements intestinaux , les fonctions nutritives d’assimilation et de désassimilation , la conception, la gestation et en général tous les phénomènes soustraits à la conscience et à la volonté, semblent rester inaperçus par les tubercules quadri- jumeaux , et ne sont adressés par eux, ni au siège de la conscience et du jugement , ni aux voûtions , ni peut-être aux mêmes centres de directions que les mouvements volontaires , ceuK dits de la vie animale. Le lobe des tubercules quadri-jumeaux serait- il exclusivement affecté aux transmissions de conscience et de volonté, tandis que la coordination des actes non volontaires , ceux que M. Flourens appelle de conservation , seraient coordonnés comme le prétend ce physiologiste , par la moelle alongée? Peut-être la physiologie expérimentale finira-telle par saisir ces distinctions. Toujours est-il que les perceptions distinctes et les mouvements que la volonté régit, sont adressés à toutes les parties du système nerveux , pour y être mis en rapport avec leurs fonctions propres , selon les voûtions , et que le lobe des tubercules quadri-jumeaux est le centre de ces opérations de coordination.

Les hémisphères, en recevant part des impressions reçues au foyer sus-spinal, consultent sur ces impressions les instincts et les facultés intellectuelles, dont ils sont le siège; alors se forment les jugements , et immédiatement après les voûtions. On pourrait comparer les hémisphères à un comité consultatif et ordonnateur, auquel toutes les directions sont soumises , excepté celles de conservation , comme dit M. Flourens , ou de la vie organique, comme les appelle Bichat.

Toutes les impressions recueillies, appréciées et jugées dans la conscience, transformées en voûtions, sont reprises par les tubercules quadri-jumeaux et transmises aux centres de direction, qui sont : le cervelet pour tous les mouvements en avant et en élévation , les corps striés pour les mouvements rétrogrades , avec cette distinction probable que les couches optiques interviennent dans les mouvements du thorax et des membres scapulaires , et que les corps striés sont plus spécialement affectés aux mouvements des membres pelviens.

Les voûtions et les directions transmises parle lobe des tubercules quadri-jumeaux à la moelle spinale, et de celle-ci aux nerfs moteurs, les exécutions s’effectuent en conséquence de ces voûtions et de ces directions, et lorsque les mouvements s’accom-

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plissent, le lobe sus-spinal en reçoit encore l’avis par la sensibilité et les sensations; il transmet de nouveau ces perceptions au lobe des tubercules quadri-jumeaux qui les reporte aux hémisphères , de conscience.

Après nous être formé l’idée des opérations harmoniques des centres cérébraux - spinaux , nous allons étudier les harmonies dans lesquelles les cordons nerveux et leurs expansions interviennent

J’ai signalé, dans divers endroits , l’intention de la nature de grouper les fonctions du système nerveux (1); ainsi je rappelle qu’en examinant toute l’échelle animale , on aperçoit chez les animaux les plus parfaits, comme chez les plus imparfaits, ces grandes divisions d’actes fonctionnels : 1° sensations externes pour percevoir les impressions du monde extérieur; 2° sensations internes pour les besoins individuels; 3° et mouvements pour exécuter. Ces actes s’accomplissent par des groupes de rameaux nerveux chargés d’en recueillir les impressions sensoriales ou sensibles, pour les transmettre aux appareils centraux, et faire exécuter les mouvements que ces appareils centraux ont ordonnés. Ces groupes sont formés, dans toute l’étendue du règne animal; 1° de celui de l’olfaction , qui n'existe pas chez toutes les espèces, qui est très-développé |chez les unes et très-borné chez les autres; 2°, de celui de la vision, cpii n’existe pas non plus chez toutes les espèces, mais qu’on remarque cependant bien plus généralement que l’olfaction; 5° des autres sensations venant de l’extérieur tel que le tact , l’audition, l’odorat le goût (2), à quoi il faut joindre la sensibilité, surtout celle de la face, l’expression, qui est un sentiment mixte de sensation et de mouvement (3); 4° des mouvements

(1) Voyez 5e, 8* paires de nerfs cérébraux, nerfs spinaux, appareil ganglionnaire.

(2) Toutes ces sensations sont développées à différents degrés selon les espèces. Chez les mohisques surtout , les limaçons que j’ai bien attentivement observés , les deux premiers groupes de rameaux manquent entièrement , et le 3e qui , chez les espèces perfectionnées , se compose des 5e et 7e paires , ne comprend chez eux que quelques rameaux pour la sensibilité du train antérieur, surtout les tubercules pour le tact et le goût. En tout cas, on peut assurer que les limaçons sont sour !s et aveugles: je crois que M. Gaspard a aussi fait des observations semblables.

(3) Bien entendu que cette expression n’est qu’en raison de la perfection des espèces; elle n’existe déjà plus dans les classes inférieures des vertébrés. (V. 5e et 7e paires. )

HARMONIES

sous l’obédience des besoins, ou sensations organiques. Ici nous sommes conduits à placer un ordre de mouvements mixtes, c’est-à-dire soumis en partie à la volonté, et en partie involontaires, dépendants des sensations tant externes qu’internes : l’expression faciale, la parole, le cri , la mastication, la déglutition; tous actes qui (sauf l’expression faciale qui peut n’obéir qu’aux sensations externes) ont forcément besoin du concours des actes respiratoires ou digestifs.

5° Des sensations internes de la faim et de la satiété, auxquelles il faut rallier les actes digestifs du besoin de respirer, lequel régit aussi tous les actes de la respiration.

6° Enfin, de la sensibilité générale et des mouvents volontaires (locomoteurs) et involontaires (ceux de la circulation du mouvement viscéral, des sécrétions, de la nutrition).

Le premier groupe se forme des seuls nerfs olfactifs, et se rallie au lobe de l’olfaction.

Le 2e comprend les 2e 3e 4® portions de la 5e et la 6e paires de nerfs dits cérébraux. Il a pour foyer de perception, les tubercuquadri-jumeaux.

Les 3e 4e et 5e groupes, formés par les 5e Ie 8e et 9e paires, et plusieurs nerfs post et pré-spinaux (ceux qui servent à la respiration, aux exonérations), ont pour foyer le lobe susspinal.

Le 6e se compose de tous les nerfs cérébro-spinaux postérieurs et antérieurs, autres que les nerfs sensoriaux , sensibles faciaux et moteurs, respiratoires ou digestifs. Ils se rallient à toute la longueur de la moelle.

1° Les harmonies de V olfaction (1) sont faciles à concevoir. Les lobes olfactifs sont des organes de perception. Les nerfs qui s’y insèrent et se ramifient dans les fosses nasales, y recueillent les impressions olfactives qui sont en raison de la multiplication des surfaces intro-nasales, par les replis éthmoïdaux et des cornets. Ces impressions olfactives sont perçues ou sont transmises immédiatement aux hémisphères cérébraux avec lesquels les lobes olfactifs sont en connexion directe, ou sont, comme toutes les autres sensations, communiquées d’abord au lobe des tubercules quadri-jumeaux , pour être mis en rapport avec toutes les parties du système nerveux. Peut-être chez certains animaux , comme chez le congre où l’une des racines du lobe olfactif com¬

f1) Voyez l’exposition des Ire et 5* paires de nerfs cérébraux.

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mimique directement avec les cordons cérébro-spinaux , y a-til transmission directe des perceptions olfactives aux organes du mouvement, afin que les déterminations s’exécutent immédiatement $ mais il est toujours rationnel dépenser qu’aucune détermination ne peut avoir lieu sans le concours des voûtions, à moins qu’on n’admette, avec quelques physiologistes (voyez nerfs de la 4re paire) , que les lobes olfactifs peuvent, chez certains animaux , remplacer les hémisphères. Toujours est-il que chez les chiens de chasse, les renards, les loups, et tous les animaux qui acquièrent la plupart de leurs connaissances au moyen de l’olfaction, les mouvements sont déterminés en conséquence du flairer, soit parla transmission directe des lobes olfactifs aux faisceaux antérieurs de la moelle spinale et aux nerfs qui s’y insèrent, soit par les hémisphères qui , après avoir mis l’impression en rapport avec les motifs déterminants instructifs ou intellectuels, jugent et veulent les mouvements propres à satifaire aux exigences de ces motifs. Les tubercules quadri-jumeaux , dans ce cas, recueillent les voûtions , puis après avoir consulté le cervelet et lescorps striés s’ils existent (4), tracent, pour ainsi dire, l’itinéraire des directions, et transmettent les unes et les autres aux organes d’exécution (la moelle et les nerfs moteurs). Alors les mouvements ordonnés, dirigés, s’accomplissent, et en dernière analyse, les hémisphères reçoivent par les sens et la sensibilité , l’avis de l’accomplissement.

2° Les harmonies de la vision s’exécutent par un mécanisme plus compliqué. D’abord, les rayons visuels, après avoir traversé les milieux diaphanes qui entrent dans la composition du globe de l’œil (2), vont frapper la rétine qui, sentant la lumière, détermine l’iris à ne laisser passer que le nombre de ces rayons qu’elle doit admettre pour que l’impression soit distincte. Cet acte s’opère au moyen de l’avis donné par le nerf optique aux tubercules quadri-jumeaux, et transmis par ces

(!) Les corps striés manquent chez les poissons. 11 est remarquable que ces animaux ne nagent en arrière qu’avec leurs nageoires pectorales , aussi ne manquent ils pas de couches optiques.

(2) Avant que l'impression soit reçue par la rétine, d’autres harmonies nerveuses sont nécessaires ; il faut l’intégrité fonctionnelle, 1° du rameau delà 5e paire qui préside à la nutrition de la conjonctive. (Voyez 5e paire), 2o des nerfs ganglionnaires ou de la 5e paire qui président à

HARMONIES

tubercules à la 5e paire de nerfs cérébraux qui, par les filets traversant le ganglion orbitaire, agit sur la contractilité de l’iris (voyez 2e et 5e paires.)

D’autre part, la rétine détermine aussi , par le moyeu du nerf optique et des tubercules quadri-jumeaux, ces nerfs moteurs du globe oculaire à diriger ce globe de façon que 1© paralellisme de la rétine s’établisse avec la pupille (1), pour le passage des rayons venant du point fixé (voyez 2e, 3e, 4e, paires.)

L’impression admise parla rétine , e,st toujours transmise par le nerf optique au tubercule quadri-jumeau opposé, mise en rapport par la masse de support de ces tubercules avec les hémisphères, d’une part, pour que la conscience consultée, le jugement s’exécute et la volition se détermine, et d’autre part avec le cervelet, les corps striés et les couches optiques, afin que les directions soient imposées, et d’autre part encore avec les organes d’exécution (la moelle et les nerfs), afin que les voûtions et les directions aient leur plein effet sur les mouvements.

Ainsi, dans ce mécanisme compliqué qui constitue les harmonies de la vision, nous distinguons plusieurs harmonies fonctionnelles, nerveuses partielles, qui concourrent à l’harmonie d’ensemble; ce sont : 1° la rétine avertie par l’impression des rayons lumineux, agissant, comme il a été exposé à la. 5e paire, par le nerf optique, les tubercules quadri-jumeaux, la 3e paire et le ganglion orbitaire sur l’iris; 2° la rétine agissant de même par le nerf optique, les tubercules quadri-jumeaux, et les rameaux musculaires de la 5e paire, ceux de la 4e et de la 6e, tous nerfs moteurs du globe oculaire, pour lui faire exécuter les directions voulues par les hémisphères (2); 3° cette même rétine agissant par le nerf optique, les tubercules quadri-jumeaux sur les hémismisphères cérébraux, le cervelet, la moelle spinale, etc., pour

la sécrétion des humeurs aqueuses vitrée et cristalline , etc. ; sans quoi les milieux diaphanes ne pourraient être traversés parles rayons lumineux, ni la rétine être impressionnée.

(1) Les expériences de M. Magendie ont prouvé que les pédoncules cérébelleux influençaient aussi les mouvements oculaires; il n’y a encore rien d’arrêté à ce sujet.

(2) Voyez pour les harmonies des mouvements de l’œil , pour leur antagonisme ou leur simultanéité d'action, l’exposition particulière de ees mt fs .

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provoquer les voûtions, la direction des mouvements voulus et leur mise à exécution, soit les mouvements de direction du globe oculaire pour bien recevoir l’impression, soit ceux des membres pour approcher ou fuir l’objet aperçu , pour le prendre , le repousser, etc.

5°. Après les harmonies de la vision, celles des autres sensations deviennent plus compliquées encore; non pas que le goût et l’odorat n’offrent des harmonies fort simples, car les impressions recueillies sur la langue et dans les fosses nasales, par les rameaux sensoriaux de la 5e paire, ou de ses analogues (1), sont transmises au lobe sus-spinal, delà au lobe des tubercules quadrijumeaux, qui les met en rapport avec toutes les parties du système nerveux , comme on l’a vu dans l’olfaction et la vision; mais comme les sens du goût et de l’odorat, non-seu lement agissent pour leur propre compte, mais, sont encore quelquefois sous la dépendance d’autres fonctions, celles de la digestion et de la respiration, il en résulte que le mécanisme harmonique est plus compliqué quand ces sens n’agissent que comme auxiliaires.

4° Les harmonies auditives résultentde l’impression faite par le son, sur le nerf auditif et à laquelle la portion intra-îy mpanique du nerf facial , les rameaux vidien et corde du tympan de la 5e paire et de l’appareil ganglionnaire ont contribué (2) ; laquelle impression, transmise comme celle des sens ci-dessus, au lobe sus-spinal, de là aux tubercules quadri-jumeaux, aux hémisphères, au ceverlet, etc., suit la même marche.

Le tact, soit des lèvres , soit du globe de l’œil (3) des paupières ou d’une autre partie de la face, est aussi perçu par des rameaux de la 5e paire transmis au lobe sus-spinal, aux tubercules et aux autres lobes cérébraux; mais il se lie étroitement à la sensibilité (4), et la sensibilité a des connexions étroites avec le mouve-

(1) Le nerf gustatif, d<jms certaines espèces, paraît se rallier à la 8e paire,. (Voyez 5e paire. )

(2) Voyez 7e paire dq nerfs cérébraaux (portion molle. )

(3) Des physiologiste^ ont pensé que le clignottement qui se manifeste toujours au contact ou blême à l’approche d’un corps de la conjonctive ou des paupières était dû à l’action seule de la l'e paire ; mais cela tient à une harmonie entre les 5e et 7e paires. (Voyez ces nerfs. )

(4) La sensibilité de l’œil, des cavités nasale et buccale, des sinus , des dents , dépend partout de la 5? paire , et les harmonies de ces partie? ont lieu comme dessus.

ment, de telle sorte, qu’au moyen de fréquentes anastomoses, les 5e et 7e paires opèrent avec un tel accord qu’il est très-difficile de distinguer la part que l’une et l’autre paire de ces nerfs, ont dans cette action consensuelle (1). C’est de cette harmonie réciproque que résulte l’expression faciale; cette expression est reflétée, comme toutes les sensations, moins la vue et l’olfaction, dans le lobe sus-spinal, de là auxautres lobes cérébraux, qui agissent selon leur destination propre, et réagissent sur ces mêmes nerfs de la 5e et de la 7e paires, et sur les muscles oculaires, en har maniant , ou liant leur action pour produire les aspects physionomiques qui constituent l’expression; ces organes agissent en en même temps sur les nerfs pré-spinaux , par le faisceau moteur de la moelle spinale, pour produire les gestes qui doivent accompagner l’expression faciale, et en quelque sorte la compléter, afin de lier ensemble tous ces centres d<5 volition et de direction.

La sensibilité et le mouvement de la face ont une liaison étroite, comme on peut bien le concevoir par la fréquence des anastomoses des nerfs de la 5e et de la 7e paire (2). 11 y a en effet une harmonie parfaite entre les mouvements et la sensibilité de la face, d’où il suit que, sans cesse, Tune sert à rectifier l’autre; c’est ce dont on se convaincra dans les harmonies générales du mouvement et de la sensibilité.

5° Les harmonies des mouvements de mastication de déglutition, de la parole et de la voix se rallient elles-mêmes aux fonctions de la digestion et de la respiration. Celles de mastication sont, d’une part, sous la dépendance des voûtions, et d’autre part, obéissent à la sensation de la faim. Dans ce dernier cas, les hémisphères, après avoir reçu avis de la sensation gastrique, l’avoir appréciée et jugée, envoient par l’intermédiaire du lobe des tubercules quadri-jumeaux à la portion musculaire de la 6e paire qui, probablement, s’insère sur le faisceau cérébrospinal antérieur, l’ordre de fonctionner, et l’harmonie entre

(1; Voyez 5e et 7« paires.

(2) M. Magendie a découvert que, lorsque le tronc de la 5e paire est coupé , la sensibilité n’est plus apportée dans le faisceau de la 7® paire , par les anastomoses ; cette expérience réduit complètement au silence ces physiologistes superficiels qui, ayant trouvé de la sensibilité dans le nerf facial, en concluent que c’est un nerf du mouvement et du sentiment tout-à-lafois. (Leçon sur les phénomènes physiques de u vie, 1857, t. 2,

FONCTIONNELLES

Faction des muscles temporo-maxillaire , masseter, plérygoïdiens, etc. , s’établit. Celles de déglutation ont lieu par le concours des nerfs hypoglosse et glosso-pharyngien qui, après avoir, d’une part, reçu l’ordre des hémisphères, et d’autre part, obéissant comme les nerfs masticateurs à l’influence gastrique, fait opérer l’accord de contraction entre les muscles linguaux , souslinguaux et pharyngiens, pour la descente du bol alimentaire, après que la mastication, s’il y a lieu, a été opérée, et que les harmonies ganglionnaires d’insalivation se sont probablement effectuées. Si la sensibilité de l’intérieur de la bouche jusqu’au voile du palais et du nez, jusqu’au pharynx, dépend de la 5e paire, celle de l’arrière-bouche, de tout le pharynx jusqu’à la glotte d’une part et le commencement de l’œsophage de l’autre , dépend du glosso-pharyngien, qui, après avoir recuilli l’impression, la transporte au lobe sus-spinal, etc... Les harmonies de la parole consistent dans l’accord des mouvements de la langue, des lèvres, du voile du palais au moyen des nerfs hypoglosse, facial et glosso-pharyngien, fonctionnant sous l’obédience des hémisphères cérébraux , mais avec le concours de la voix. Celle-ci dépend principalement de l’action des nerfs laryngé-supérieur, pour ouvrir la glotte, laryngé inférieur pour faire vibrer les cordes vocales, ou plutôt les muscles arythénoïdiens (1) , et de tous les muscles chargés d’expulser l’air de la poitrine.

6° Les harmonies des sensations internes s’effectuent sous la direction de la 8* paire. Ce sont celles que M. Flourens a nommées fonctions de conservation, régies par nos besoins organiques; elles sont en grande partie soustraites à l’empire de la volonté. Ce sont principalement la digestion et la respiration.

Les harmonies digestives sont très-complexes; elles résultent * 1° de la faim ou appétit, besoin organique ou sentiment impérieux ressenti dans l’estomac, par les expansions du nerf pneumo-gastrique qui ne se tait que lorsqu’il est remplacé par une autre sensation ( la satiété ) , laquelle n’a lieu que lorsque le besoin a été satisfait.

(1 ) On se rappelle que le seul nerf laryngé-inférieur se distribue à la muqueuse pharyngienne et laryngienne , ou muscle constricteur inférieur, aux arythénoïdiens et au corps thyroïde, et qu’il s'anastomose avec le le laryngé-supérieur, les cardiaques, les nerfs trachéaux et bronchiques : à lui seul il forme donc une disposition naturelle harmonique étendue. (M. Blondin rapporte un des filets arythénoïdiens au rameau récurrent. )

HARMONIES

Ce besoin si impérieux qu'il faut que les sens, les instincts, les facultés intellectuelles et les déterminations lui obéissent ( à moins de grands efforts de volition en sens contraire), transmet par la 8e paire au lobe sus-spinal l’impression gastrique, qui, communiquée aux tubercules quadri-jumeaux (distributeur général de tous les avis), est transmise aux hémisphères, lesquels acquièrent la conscience des exigences gastriques, consultent les sens, les instincts et l’intelligence : le jugement étant porté, les voûtions sont instantanément mises en action ; les tubercules , en recevant cette nouvelle communication, la destribuent aux centres de direction , lesquels commandent et indiquent les mouvements, que les tubercules transmettent encore aux organes d’exécution. En conséquence, la préhension s’effectue; 20 les aliments sont introduits dans la bouche, leur présence est constatée par la 5e paire, cette impression transmise au lobe susspinal, puis aux tubercules, et de là aux hémisphères, excite de nouvelles voûtions pour opérer la mastication par le moyen des rameaux musculaires de la 5e paire, comme il a été dit, puis l’insalivation par les harmonies ganglionnaires, et enfin, la déglutition par les harmonies de mouvement de l’hypoglosse, du glosso- pharyngien et des rameaux œsophagiens du pneumo-gastrique; 5° le bol alimentaire étant introduit dans l’estomac le sentiment du bien-être causé par la faim appaisée, ou celui de la satiété, est transmis au cerveau par le même mécanisme que toutes les sensations (1), pendant que les harmonies ganglionnaires pour l’imprégnation des sucs gastriques et intestinaux pour l’absorption chyleuse, etc., l’action motrice des rameaux gastro-intestinaux de la 8e paire pour, effectuer le mouvement péristaltique de la partie supérieure du tube alimentaire , et l’action motrice des nerfs pré-spinaux dorso-lombaires et sacrés, pour le mouvement péristaltique de la partie inférieure du tube, et pour opérer la défécation par la contraction sont dues aux rameaux musculaires abdominaux et périnéaux (2).

(i) Je n’ai pas cru devoir traiter ici des harmonies dépendantes de la sensibilité gastrique qui se développe , surtout , dans les affections pathologiques; j'en dirai un mot aux harmonies ganglionnares. Au reste, toute sensibilité perçue par le cerveau , ne peut l’être qu’à l’aide du nert prieumo-gastrique et du lobe sus-spinal ; il en est de même dans toute la longueur de l’œsophage.

*2) L’action des muscles abdominaux et périnéaux n’est pas bornée à la contraction sur le paquet intestinal , pour opérer la défécation ; elle a encore lieu sur la vessie pour l'expulsion des urines, sur l’utérus, pour

FONCTIONNELLES

On voit combien sont compliquées les harmonies sensoriales et celles des mouvements qui s’y rattachent à mesure qu’elles passent des sens externes aux sens internes. Il s’en faut que la digestion soit un acte tout simple comme l’avaient considéré les anciens, et comme Spallanzani même, cherchait à le prouver en n’y voyant qu’une opération de dissolution alimentaire dans le suc gastrique, puisque cette grande fonction, pour s’accomplir, a besoin de toutes les harmonies fonctionnelles que j’ai énumérées, et d’autres encore s’y rattachent d’une manière médiate, telles que celles de nutrition, de circulation , etc.

Les harmonies de la respiration sont loin aussi de consister en un simple mécanisme de soufflet. D’abord, le besoin de l’air dans les poumons se fait ressentir, et est transmis au lobe susspinal par la portion pneumatique, ou pulmonaire de la 8e paire, La perception, suivant la marche harmonique ordinaire, est transmise aux tubercules quadri-jumeaux; mais ici il est à remarquer que les hémisphères ne reçoivent avis de la sensation que lorsqu’il y a gêne pour l’accomplissement, et que le besoin est poussé à l’extrême, comme quand il y a dyspnée, soit par défaut d’air respirable, soit par affection organique ; et les décapitations, ou les sections pratiquées au-dessus du lobe sus-spinal ont prouvé que ce lobe pouvait coordonner les fonctions harmoniques de la respiration sans la participation des autres lobes cérébraux : ainsi, le besoin perçu peutêtre immédiatement transmis pour accomplir les actes respiratoires à la moelle spinale qui donne d’abord aux rameaux laryngés du pneumo gastrique , l’ordre de dilater la glotte au nerf respirateur du cou et des épaules (nerf spinal ou accessoire de la 8e paire), au respirateur supérieur externe du thorax, au respirateur inférieur externe (1), aux nerfs inter-costaux l’ordre de dilater le thorax pour l’inspiration, et au nerf diaphragmatique, à ceux des muscles abdominaux l’ordre de comprimer les viscères pour l'expiration (2). D’autres rameaux de la 8e paire entrent en jeu pour l’expulsion des mucosités bronchiques, pour effectuer l’hématose et la calorification , en

celle du produit de la conception. Je dirai, à l’occasion des influences motrices spinales dans les harmonies consensuelles , comment tous les muscles du tronc et des membres entrent en action dans l’acte de la défécation et la parturition.

(1) Voyez nerfs respiratoir *s.

(2) On verra à l’article des harmonies consensuelles , que les membres participent aussi à la respiration.

HARMONIES

concurrence avec des nerfs de l’appareil ganglionnaire forment des harmonies mixtes à la fois ganglionnaires et cérébro-spinales (1); ensuite la circulation est étroitement liée à la respiration, mais déjà ces doubles fonctions harmoniques rentrent dans le domaine des harmonies consensuelles. Il y a aussi dans le» organes respiratoires à l'occasion de la toux et des irritations pulmonaires, des harmonies de sensibilité; ilensera parlé à l’occasion des harmonies ganglionnaires; toujours est-il que toute impression sensible qui est perçue au larynx, ou au-dessous, se transmet au lobe sus-spinal par le pneumo-gastrique et de là est portée aux autres lobes cérébraux, comme il a été dit cidessus.

Quelques harmonies dans lesquelles interviennent forcément les lobes cérébraux s’ajoutent encore à la respiration, telles sont celles qui font dilater les narines ou la bouche par le nerf facial , qu’à cause de cela M. Ch. Bell avait improprement nommé nerf respiratoire de la face, celles qui obligent l’hypoglosse et le glossopharyngien de disposer l’isthme du gosier de manière à ce que la colonne d’air puisse aisément le franchir (2), ce qui aurait dû valoir à ces nerfs de la part du physiologiste anglais, le nom de respiratoire de la bouche.

7° Les harmonies de la sensibilité générale du mouvement du tronc et des membres, se trouvent pour ainsi dire aux ordres de toutes les sensations, tant internes qu'externes, elles en sont en quelque sorte les ministres, toujours prêts à obéir à la moindre de leurs exigences, sanctionnées et appréciées par les lobes cérébraux, ainsi qu’il a été dit. Les mouvements sont en définitive les moyens dont se servent les voûtions pour accomplir les exigences sensoriales, instinctives et intellectuelles; et la sensibilité se lie d’une part aux mouvements pour leur servir de guide et en assurer la précision, et d’autre part reporte à ces mêmes lobes, c’est-à-dire à la conscience, concuremment avec les sens, l’avis de l’exécution accomplie (5).

(1) Voyez ces différents nerfs.

(2) Il est probable que c’est pour faciliter ces harmonies de la langue et de l’odorat que l’hypoglosse a une branche horizontale et une branche descendante.

(5) Les racines antérieures, organes du mouvement, sont toujours à quelques lignes de l’insertion mises en contact avec les racines postérieures, organes du sentiment, afin d’établir le rapport intime entre la sensibilité et le mouvement des parties dans les harmonies, voyez plus loin. ( Voyez aussi pl. Ire, fig. 4 de l’ouvrage de M. Ch. Bell).

FONCTIONNELLES

Il a déjà élé fait mention des harmonies de sensibilité de la face, des cavités orbitaire, nasale, buccale et auriculaire, par le moyen de la 5e paire de nerfs cérébraux , du pharynx par le glosso-pharyngien et du larynx, avec toutes les cavités placées au-dessous et tapissées par les membranes muqueuses au moyen de la 8e paire (1).

Je dois dire maintenant que la sensibilité du sommet et de la face postérieure de la tête, celle de la partie postérieure de la conque de l’oreille (l’auricule), celle de la nuque et delà presque totalité du cou, dépend des quatre premiers nerfs post-spinaux, mais surtout du second ( grand nerf occipital ) qu’on peut regarder comme l’accessoire de la 5e paire, L’expression à laquelle concourt le muscle occipito-frontal, dépend aussi de ce nerf; il est probable que la rougeur qui, en même-temps qu’elle monte au visage, dans la honte ou la pudeur, colore quelque fois le cou , est due à l’appel subit du sang dans le tissu souscutané, par l’action simultanée de la 5e paire et du 2e nerf postspinal.

On a vu, à l’exposition du plexus cervical ou trachélien, [que ce plexus reçoit non-seulement des nerfs moteurs, mais aussi des nerfs de la sensibilité des anastonoses des 5e et 7e paires, et du 5e nerf post-spinal se rendant en effet à ce plexus, en se rassemblant principalement sur l’apophyse mastoïde; de même, des filets nerveux provenant des parties latérale et postérieure de la tête, descendant les uns, le long de la région pré-auriculaire, lesautres, de la post-auriculaire, d’autres venant du muscle peaussier, de la nuque, du moignon de l’épaule et de la partie externe et supérieure du bras, d’autres encore des téguments des mamelles, du thorax de la peau et des muscles superficiels supérieurs du dos, tous rameaux sensibles, vont se rendre au plexus trachélien qui, lui- même s’anastomose avec les quatre premiers nerfs post-spinaux, ou plutôt avec les 2e, 5e, et 4e. Tous ces nerfs portent les impressions recueillies dans ces parties, au lobe sus-spinal qui les communique aux tubercules quadri-jumeaux et aux autres lobes cérébraux. La sensibilité palmaire et dorsale de la main, de la peau et des muscles du bras, des régions axillaires claviculaires et scapulaires, est rapportée au plexus trachélo-huméral ou brachial, par des rameaux contenus dans tous les faisceaux

(1) Les harmonies de sensibilité des muqueuses abdominales inférieures sont dues aux nerfs post-spinaux dorso lombaires.

HARMONIES

nerveux qui viennônldu membre scapulaire. Les 5e, 6e, 7e, 8e, et 9e nerfs post-pinaux, vont se rendre à ce plexus et proviennent en grande partie de la peau et des muscles postérieurs du dos.

Des parois thoraciques dans la région des côtes jusqu’à la partie antérieure , et delà partie dorsale correspondante, proviennent des nerfs sensibles qui vont former les rameaux 10e, 11e, 12e, 15e, 14e, 15e, et 16e post-spinaux, lesquels s’accolent, comme il a été dit plus haut, avec les nerfs pré-spinaux, avant de s’insérer à la moelle, pour combiner la sensibilité de ces parties avec le mouvement.

Des parois abdominales jusqu’à la ligne blanche, de toute la région des lombes et de la partie inférieure du dos, proviennent les nerfs sensibles qui forment les rameaux du 17e au 20e post-spinaux, lesquels se combinent également avec les nerfs correspondants pré-spinaux , pour les opérations sensibles et motrices des muscles larges abdominaux.

Enfin , de toute la région iliaque, latérale et sacrée, des fesses ( partie superficielle), et de la région anale et coccygienne , proviennent les nerfs sensibles qui forment les derniers rameaux post-spinaux, lombaires et sacrés.

Tous ces nerfs post-spinaux portent par la bandelette postérieure de la moelle, les impressions de sensibilité au lobe susspinal, lesquelles sont transmises aux tubercules quadri-jumeaux , pour être mis en rapport avec tous les organes qui doivent en connaître (1).

La sensibilité des membres pelviens est recueillie depuis la plante des pieds, la région dorsale, tout le long de la partie antérieure et interne de la jambe, de la cuisse jusque et y compris les organes génitaux , et tout le long de leur partie pos-

(1) ïl est des physiologistes qui, trompés par la promptitude avec laquelle la contractilité est excitée, lorsqu'on excite un nerf post-spinal ou le faisceau médullaire postérieur de la moelle épinière , ont cru que ce faisceau, et que ces nerfs de la sensibilité présidaient aussi au mouvement (M. Flourens).

Ils n’ont pas réfléchi à l’étroite liaison de la sensibilité et du mouvement , ni à l’instantanéité de transmission. En effet, piquez un membre et à l’instant même il se retire , et partoutoù vous excitez la sensibilité, la contraction se manifeste. Mais excitez au moyen de l’éiectro-puncture, un filet purement moteur, irritez sans toucher à aucune anastomose, le faisceau antérieur de la moelle spinale, c’est-à-dire quand tous les filets post-spinaux sont coupés, 1 alors vous vous assurez qu’il existe des nerfs exclusivement moteurs, donc i il doit en exister d’exclusivement sensibles ; dès lors on conçoit que ce n’est que par les harmonies de la sensibilité et du mouvement qu’on peut expliquer les phénomènes qui lient l’une de ces fonctions vitales à l’autre.

FONCTIONNELLES

lérieure et externe jusqu’à la région fessière et anale, par les rameaux nerveux qui vont se rendre au plexus sciatique, formé par le gros faisceau de nerfs désigné par les anatomistes sous le nom de nerf sciatique , et toutes les autres branches venant de la portion supérieure du membre et du bassin.

La sensibilité de la région fessière profonde, de la région inguinale, et de l’intérieur du bassin provient des nerfs qui vont se rendre aux plexus lombo-iliaque ou lombaire.

Les plexus formés non-seulement par les nerfs moteurs de la portion lombaire et sacrée de la moelle spinale, et même de la tin de sa portion dorsale (1), mais aussi de rameaux post-spinaux, de même que les plexus trachélien et trachélo-huméral , reçoivent donc les impressions sensibles des membres et de tout le train de derrière des animaux à membres pelviens, comme ces plexus trachélien et trachélo-huméral reçoivent les impressions sensibles du cou et des membres scapulaires.

Les impressions sensibles de tout le tronc et des membres, sont ainsi transmises, non par des cordons nerveux directs, comme ceux de la sensibilité de la face et les sensations des cavités faciales, au lobe sus-spinal, mais par le moyen du faisceau médullaire-postérieur qui longe la moelle spinale, et reçoit toutes les insertions des nerfs de la sensibilité du tronc et des membres. Après que ces nerfs ont été mis en rapport avec ceux du mouvement à la hauteur de leur ganglion post-spinal (Voyez à cet effet la planche II de l’ouvrage de M. Ch. Bell, représentant tous les nerfs spinaux), on sait comment ces impressions perçues par le lobe sus-spinal sont communiquées aux tubercules quadri-jumeaux et de là, transmises à tous les organes nerveux.

Les harmonies du mouvement se divisent en harmonies du mouvement volontaire et involontaire; les unes et les autres sont dues aux nerfs pré-spinaux.

Le mouvement de la tête sur le cou pour la flexion, l’extension et les mouvements latéraux sont dus au 1er nerf pré-spinal qui semble en outre, fournir des anastomoses propres à lier la respiration ou la déglutation à ces mouvements de la tête, et peut-être aussi la circulation.

(1) On a vu dans les expériences de M. Brachet, de Lyon, que les contractions de l’utérus ne s’effectuaient complètement qu’à l’aide des nerfs préspinaux dorsaux. (Voyez Parturition. Lxp. sur te syst. nerv. etc.)

HARMONIES

Les mouvements du cou et de l’épaule sont liés par le plexus trachélien, formé plus spécialement par les 2e, oe et 4“ nerfs pré-spinaux, et d’autres qui en font un rendez-vous d’impressions et de mouvements.

L’action de tous les muscles fléchisseurs et extenseurs dé la main, du bras, des régions scapulaire, sus et sous-claviculaire est due à différents faisceaux contenant aussi des rameaux sensibles, se rendant au plexus trachélo-huméral , lequel communique avec la moelle, au moyen des nerfs 5e, 6, 7e, 8e et 9e préspinaux, et avec le plexus trachélien par plusieurs anastomoses.

Ainsi , tous les mouvements de la main et du bras sont liés pour les opérations d’ensemble, par le plexus dit brachial , et comme ce plexus est lié au plexus trachélien par les harmonies respiratoires, ainsi qu’il sera exposé plus loin, on peut dire que, dans certaines harmonies plus ou moins consensuelles, ces deux plexus n’en forment qu’un.

11 est certain que les mouvements de la colonne vertébrale ne servent pas à la respiration, quoique dans certains cas ils puissent en être les auxiliaires ; or Ja colonne vertébrale reçoit son mouvement pour toutes les inflexions du tronc, des muscles sacrolombaire et long dorsal, que les anatomistes allemands ont nommés multijide du dos . Les insertions de ces muscles, à chaque apophyse transverse ou aux côtes, en même temps qu’aux apophyses épineuses , indiquent que chacune d’elles reçoit des filets moteurs particuliers. Les muscles transversaires épineux, complexus, scalènes, grand droit et long du cou, sont dans le même cas ; ces nerfs moteurs ne peuvent émaner que de la partie correspondante du faisceau pré-spinal. Si donc les muscles droit et long du cou, les scalènes, les complexus et les transversaires reçoivent leurs nerfs des neuf premiers pré-spinaux. Tout le reste des muscles post-vertébraux doit recevoir les siens dans les parties locomotrices respectives de tous les autres pré-spinaux ; tous ces nerfs s’anastomosent ensemble pour l’harmonie générale des mouvements du tronc, et de plus, avons-nous dit, les rameaux pré - spinaux s’accolent avec les post-spinaux correspondant à la hauteur du ganglion pour les harmonies de sensibilité et celles du mouvement réunis.

Tous Jes mouvements harmoniques des muscles abdominaux pour exercer la pression sur les vicères , soit dans l’acte de défé- 11 cation, soit dans l’expulsion des urines, dans la parturition, 1 dans le vomissement ou l’expiration, sont dus aux nerfs pré-spinaux, depuis le 16e jusqu’au 26e.

FONCTIONNELLES

Les harmonies qui lient les actions du bassin et des membres pelviens aux fonctions viscérales abdominales, me semblent se rattacher plus spécialement au plexus lombo-iliaque ou lombaire* qui correspond à la moelle par les 21e, 22e, 25e, 24e et 25e nerfs spinaux, ceux qu’on a appelés lombaires.

Et quant aux harmonies des mouvements de flexion, d’extension, d’adduction et d’abduction des membres pelviens, ainsi que des organes externes de la génération, elles dépendent évidemment du plexus sacro-ischiatique ; mais elles se rallient aussi au plexus lombo-iliaque, avec lequel le sacro-schiatique a d’étroites connexions anastomotiques, en vertu de cette liaison consensuelle entre ces membres et les viscères dont j’ai fait mention ci-dessus.

Toutes les harmonies du mouvement volontaire sont déterminées en vertu des volilions qui émanent des hémisphères cérébraux , lesquels, par l’intermédiaire des tubercules quadri-jumeaux, qui ontaussi reçu avisdes directions parle cervelet et les corps striés ou couches optiques , agissent sur le faisceau antérieur de la molle spinale qui lie tous les mouvements et les excite, qui transmet à chaque nerf pré-spinal les ordres cérébraux. Les coordinations partielles ont lieu par les plexus et toutes les anastomoses ; chaque nerf obéissant à l’impulsion donnée, fonctionne selon sa destination ; ainsi s’accomplit cet admirable ensemble d’harmonies sous l’influenee des voûtions , de telle sorte que, quand il y a intégrité parfaite de tous ces instruments, les nerfs qui fonctionnent soit lléchisseurs, soit extenseurs, etc. , se trouvent en même temps modérés par leurs antagonistes propres, afin qu’il y ait précision et que toutes les nuances du mouvement puissent être observées ; il suffit pour se rendre compte d’une telle harmonie , de suivre des yeux avec quelque attention la merveilleuse précision, la lenteur compassée des mouvements d’une Taglioni , ou l’équilibre résulte du jeu simultané des muscles d’un danseur de corde sans balancier, ou d’un écuyer des chevaux de Franconi.

On peut aussi se rendre compte de la nécessité de ces harmonies dans les paralysies où certains muscles incapables de fonctionner, refusant nécessairement de concourir au mouvement d’ensemble ordonné, font manquer ce concours et la précision nécessaire pour que l’opération locomotrice ait lieu , ou au moins pour qu’elle ait lieu régulièrement. C’est ainsi que certaines paralysies partielles en détruisant fharmonie fonctionnelle, dénature les directions et l’équilibre; j’ai vu souvent, dans

fi AK MO MES

de tal! es paralysies, les médecins croire ,

d’après M. Flou rens , â

une lésion du cervelet, parce qu’ils remarquaient que l’équilibre était rompu ou que les mouvements n'étaient pas convenablement balancés , on aurait pu croire aussi dans ces cas, en voyant l’individu manœuvrer autrement qu’il ne le voulait , que l’organe des directions était lésé; mais en observant mieux, il ne reste aucune incertitude à ce sujet; on s’aperçoit que les directions sont appréciées, voulues et indiquées, mais que l’indication n’est nullement suivie, non par ineptie, mais par défaut d’ensemble des instruments d’exécution, dont les uns sont plus ou moins faibles ou manquent totalement à leur mission , et dont les autres , manquant d'antagonisme, ne sont pas pondérés ; de là, ces mouvements bruques , saccadés ou trop énergiques, sans mesure ni précision , qui lancent les paralytiques incomplets dans des directions qu’ils n’ont pas résolues, par la désharmonie d’action , le non concours régulier, la non coordination entre les instruments d’exécution , dont les uns répondent mal, ou même ne répondent pas aux directions imprévues, et dont les autres, n’étant pas pondérés par leurs antagonismes, agissent trop vivement ; il y a donc bien là non coordination * mais non pas à la manière dont l'entend M. Flourens, qui place à tort ia faculté coordinauice dans le cervelet, au lieu de la direction des mouvements en avant. Il est évident que dans le cas dont je parle, Ses directions ne sont pas lésées, puisque bien que coordonnant mal ensemble les mouvements, l’individu n’en suit pas moins la direction qu’il veut suivre, en l’effectuant toutefois d une manière mal assurée et irrégulière On doit concevoir que la coordination des fonctions locomotrices, comme toutes les autres fonctions, résulte, ainsi, que je l’ai dit, de l’intégrité des organes propres à la remplir, et de plus, consiste dans l’harmonie de toutes les opérations fonctionnelles concourant à un même but. Il n’y a, pour ces harmonies, aucun organe spécial; elles résultent de l’accomplissement de chaque fonction, les parties opérant avec intégrité selon leur destination ou leur manière d’être normale.

Les mêmes organes qui font exécuter le mouvement volontaire peuvent le produire involontairement , je veux dire que la moelle spinale, au lieu de recevoir l’iniluenee des lobes cérébraux qui lui font transmettre, par les tubercules quadri-jumeaux, les voûtions et les directions, retient en elle l’impression reçue, et soit que dans le bulbe sus-spinal , la sensation perçue se communique au faisceau médullaire moteur, et aux

FONCTIONNELLES

nerfs qui en émanent , soit que directement la communication ait lieu dans toute l'étendue spinale du faisceau sensible au faisceau moteur, des convulsions peuvent se manifester sans conscience et sans direction. C’est ce qu’on remarque souvent dans les maladies. Alors, il y a bien coordination entre la sensibilité et les contractions; mais il y a désharmonie dans les mouvements qui ont lieu sans but déterminé de volonté et de direction ; la même chose a lieu dans le sommeil ou l’état de fœtus; la simple fatigue d’une position peut provoquer le mouvement pour en prendre une autre, sans que le cerveau soit intervenu.

La liaison entre la sensibilité et le mouvement est étroite, et de va t dépendre de parties différentes d’un même organe central avec lesquelles devaient correspondre des conducteurs distincts de l’une et de l’autre propriété qui émanassent des mêmes organes sensibles et contractiles, et qui le plus souvent réunis dans un même faisceau, s’influençassent réciproquement. De même l’organe centrai où tous ces faisceaux aboutissent, devait pouvoir établir des rapports immédiats entre la partie centrale, sensitive et la partie centrale motrice pour que les jeux harmoniques immédiats eussent leur plein effet. Voilà pourquoi il est rare qu’on ne rencontre des filets moteurs et des filets sensitifs dans le même faisceau nerveux, pourquoi les plexus sont si multipliés , et pourquoi le centre moteur correspond si étroitement avec celui de la sensibilité : pour peu que l’on se représente les cas où la sensibilité est étroitement liée à la contractilité et ceux où ces propriétés se présentent, que ces fonctions fussent distinctes, et que, néanmoins, elles pussent réagir immédiatement l’une sur l’autre. J’ai déjà dit que la sensibilité était en quelque sorte le guide du mouvement; c’est en effet elle qui le précise, le sent , lui trace ses limites. Sans elle, et à défaut des sens, comment aurait-on la conscience qu’on a saisi l’objet qu’on veut atteindre, qu’on pose sur le sol, qu’on se blesse, qu’on monte, qu’on descend, qu’on attire ou qu’on repousse un objet qu’on soulève ou qu’on déprime quelque chose, comment s’assurerait- on de la température, de la densité, de la résistance, du poids des corps et de mille appréciations où elle est le principal agent ? D’un autre côté, sans le mouvement, comment s’éloignerait- on des objets dont la sensibilité a à souffrir, et s’approcherait-on de ceux qui lui donnent du bien-être? Le mouvement et la sensibilité, la sensibilité et le tact sont donc dans une dépendance étroite l’un de l’aulre, se rectifient et ils se guident mutuellement.

HARMONIES

Le mouvement coordonné, non soumis à Lin fluence de la volonté, se subdivise en mouvement musculaire externe, et en mouvement des plans musculeux viscéraux.

Le mouvement musculaire externe , coordonné et non soumis à la volonté, appartient en grande partie à la respiration; cependant il sert aussi aux expulsions, soit du résidu alimentaire et des boissons, soit du produit de la conception, ou à l’éjection séminale; j’ai énuméré, à l’occasion des harmonies des sensations internes, les mouvements externes qui se rattachent à ces sensations et leur obéissent. Ce sont, pour effectuer la respiration, les mouvements d’ouverture de la bouche, ou des narines par le nerf facial , ceux de dilatation de l’isthme du gosier par le glosso-pharyngien et l’hypoglosse , l’écartement des muscles de la glotte par le pneumo-gastrique , la fixation de la tête sur la colonne vertébrale, parles 1ers nerfs pré-spinaux, la fixation et l’élévation des omoplates et du thorax par le nerf accessoire à la 8e paire, l’élévation et le rapprochement des côtés par les nerfs pré-spinaux, respirateurs externes du thorax et par les intercostaux , la contraction du diaphragme et celle des paîois abdominales pour l’expulsion de l’air après qu’il a été inspiré par le nerf diaphragmatique , et tous les nerfs pré-spinaux qui se rendent aux muscles abdominaux. Il est curieux de voir dans les expériences sur les animaux, la destruction en quelque sorte, la démolition successive des harmonies des mouvements respiratoires à mesure qu on pratique la section partielle de ces différents nerfs, ou qu’on détruit le segment de moelle auquel ils s’insèrent. Mais toute l’harmonie de ces divers mouvements se trouve abolie à la fois, si l’on vient à détruire le champ d’insertion de la 8e paire au lobe sus-spinal, comme si l’on avait détruit le point culminant, le centre d’excitation de tous ces mouvements harmoniques.

Pour les expulsions du résidu alimentaire et des boissons, pour celles du produit de conception , ce sont les seuls nerfs préspinaux de la région lombaire et inférieure dorsale qui agissent concurremment avec les mouvements viscéraux , provoqués par la sensation du besoin d’exonérer ces divers produits (1).

Pour l’expulsion séminale et urinaire dans le canal de l’urètre, ce sont les nerfs sacrés qui se rendent aux muscles constricteurs des organes génitaux externes, et de la région périnéo-anale qui sont chargés de l’opérer sous l’obédience de la sensation qui constitue l’organisme vénérien.

(I) Voyez mouvements viscéraux.

FONCTIONNELLES

Le mouvement des plans musculeux viscéraux est dû, pour l’expulsion des mucosités bronchiques (1) , à l’action du nerf pneumo -gastrique , provoquée ordinairement par l’harmonie consensuelle qui constitue la toux.

Le mouvement anti-péristaltique des plans musculeux gastrique et œsophagien agissant dans le vomissement, a lieu aussi par le nerf pneumo-gastrique.

Celui d’expulsion du résidu de la digestion provoqué par la sensation du besoin d’exonérer ce résidu est dû aux nerfs spinaux antérieurs et postérieurs des régions dorso-lombaire et sacrée. 11 en est de même pour les urines et le produit de la corn eeption (2). ,

Il reste maintenant à faire mention du mouvement non. sou* mis à la volonté par excellence, celui tout-à-fait interne et sans aucun concours d’autres actions : c’est d’une part le mouvement circulatoire, et d’autre part, le mouvement sécrétoire et nutritif; ils sont l’un et l’autre dépendants de l’appareil nerveux ganglionnaire.

On sait que c’est le ganglion cardiaque qui détermine les contractions du cœur. La plupart des médecins et plusieurs physiologistes sont persuadés que les pulsations artérielles sont dues aux contractions du cœur. Sans m’attacher à combattre cette opinion par des objections de physique hydraulique qu’il me serait facile de trouver (5) , je me contenterai de faire observer, que si l’on extrait le cœur d’un animai vertébré du bas de l’échelle (où toute l’harmonie circulatoire est moins liée que chez les espèces parfaites), une grenouille , par exemple, on voit ses vaisseaux continuer à battre, quoique sans cœur pour les régir, il y a circulation chez les mol risques, les vers, les insectes, et cependant ces animaux ne possèdent pas de cœur, le cœur n’est donc pas l’agent exclusif d’impulsion de la circulation.

(1) L’expulsion des mucosités nasales est due dans l’action du moucher à tous les muscles expirateurs.

(2) Voyez harmonies consensuelles.

(3) U suffit de faire une expérience toute simple qui n’est jamais cependant venue à l’esprit des physiciens qui font dépendre tout le mécanisme de la circulation de la force impulsive du cœur. C’est que si l’on dissèque sur un cadavre aussi nettement que possible, l’arbre artériel depuis le cœur jusqu’aux parties les plus éloignées, et qu’on injecte à coup de piston des ondées de liquide , comme le fait le cœur pendant la vie, il est impossible, quelque force qu’on imprime aux secousses, de produire rien de semblables aux abattements artériels.

HARMONIES

Chaque vaisseau artériel est doué de la faculté de se contracter, se resserrer sur le liquide qu’il contient, et de le pousser ainsi de proche en proche. M. Poiseuiîle et M. Magendie ont mis par leurs expériences, ce fait hors de doute (4). L’action de toutes les artères réunies et du cœur qui n’est que la pièce centrale du mécanisme circulatoire, le rouage principal, cette action, dis-je, résulte de l’influence du système nerveux ganglionnaire dans toute son étendue; car si l’on coupe les branches de communication de l’appareil ganglionnaire avec la moelle spinale (où il puise son innervation), dans une certaine étendue, comme dans les régions cervicale, dorsale ou lombaire , la circulation s’arrête dans les organes correspondants, le cœur continuant à se contracter. La même chose arrive si l’on détruit la portion de moelle correspondante, ainsi que l’a pratiqué Legallois; mais si l’on détruit tous les rameaux de communication, ou la moelle spinale dans toute son étendue, les contractions du cœur et celles de toutes les artères du corps sont bientôt anéanties. L’harmonie circulatoire dépend donc du concours de tout le système ganglionnaire (2), et ce système, grand et immense réseau composé de ganglions, de plexus ganglionnaires et de rameaux de communication, est le coordinateur, le régulateur harmonique de ce mouvement absolument soustrait à la volonté et la conscience, qui a lieu si instantanément dans toutes les ramifications de l’arbre artériel.

C’est de ce mouvement général de contraction du cœur et des parois artérielles que résulte le phénomène hydraulique de la circulation, et toutes les sécrétions qui en sont la conséquence.

Non-seulement les sécrétions de toutes les membranes muqueuses ont lieu par les harmonies du système nerveux ganglionnaire, soit celles des bronches, soit les gastriques , les génito-urinaires, etc.; mais aussi les diverses sécrétions glandulaires devant concourir à la digestion, etc. , comme la salive, les sucs biliaires et pancréatiques , à quoiil faut joindre la sécrétion spermatique, celle des autres glandes , des cryptes et follicules des différentes parties du corps; il convient d’y joindre encore les exhalations des membranes séreuses, des synoviales,

(1) Voyez Joù rival DE PHYSIOLOGIE.

(2) Il sera dit à l’article des harmonies consensuelles, comment le système cérébro-spinal et. l’appareil ganglionnaire produisent, par leur concours, f hématose.

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