SYAI PATI J IQU ES
de la peau. Tou Les ces sécrétions , dont les matériaux sont fournis par le sang, devaient être opérées par les mêmes ne fs présidant à J’ harmonie des mouvements circulatoires; par la même raison , toutes les absorptions tant chyleuses que veineuses, devaient s’effectuer par les nerfs ganglionnaires; et * pour que cette harmonie organique fût complète, il fallait encore que l’assimilation et la désassimilation s’exerçassent par les nerfs ganglionnaires. Aussi la nutrition et l’élimination des mofécules nuisibles par les appareils excrémentitiels , ont-elles, de même, lieu par le moyen des nerfs ganglionnaires; la formation de l’urine, la sueur, etc. , sont dans ce cas (4).
La nature est tellement conséquente dans ses harmonies fonctionnelles, que non-seulement toutes les opérations qui se rattachent à la vie organique proprement dite (dont la base est la circulation des molécules chances dans le sang) , s’effectuent et sont coordonnées par un même appareil nerveux; mais qu’encore la formation fœtale appelée conception et gestation a lieu sous les auspices du même appareil (2) , et indépendamment des centres nerveux cérébraux.
Les harmonies ganglionnaires étant entièrement soustraites à la conscience et à la volonté, devaient en effet pouvoir s’effectuer sans la participation du cerveau. Cependant, on verra à l’article des harmonies consensuelles, qu’au moins l’intégrité du lobe sus-spinal et des nerfs qui s’y insèrent est nécessaire pour que la vie puisse continuer quelque temps; car il ne suffit pas de l’appareil nerveux purement organique, pour que les organes des animaux parfaits puissent exister par eux-mêmes; il faut encore le concours au moins des nerfs cérébraux , non Soumis à l’influence de la volonté.
DEUXIÈME SECTION
Harmonies symp a tkiques .
Dans l’état normal, l’état de santé, il n’existe pour ainsi dire que des harmonies fonctionnelles; les sympathies se réduisent à
(1) Voyez Brachct, Recherches sur ce système n.eryeüx ganglionnaire; sécrétions.
(2) Voyez Appareil nerveux ganglionnaire.
HARMONIES
u n petit nombre, et ne sont, en quelque sorte, que des actes» fonctionnels. Ainsi, l’olfaction chez les animaux , en donnant connaissance de la proie par le mécanisme qui a été exposé , réagit sur le goût en influençant la 5e paire, et sur l’estomac, en y provoquant l’appétit par l’influence de la 8e paire, etc. S’il s’agit de lai connaissance de la femme-lie, e’est sur les organes génitaux que la réaction s’opère. La vision est dans le même cas. Les mêmes sens , en donnant connaissance du danger ou du châtiment, peuvent développer la colère ou la terreur, lesquelles émotions peuvent à leur tour occasioner des convulsions , la syncope, le frisson, la diarrhée, la lièvre ou tel autre état pathologique, résultant d’un ébranlement subit de plus ou moins de parties nerveuses. Les sympathies peuvent donc être considérées comme l’échelon qui mène de l’état normal à l’état anormal (1). L’audition, quoique moins impressionnable que l’olfaction et la vue chez ceux auquels les autres sens manqueraient peuvent déterminer les mêmes sympathies , mais sans énumérer les actes sympathiques purement fonctionnels, lesquels doivent être considérés comme faisant partie des harmonies fonctionnelles, et ne sont presque jamais de nature à provoquer l'attention du médecin; je dois m’attacher à indiquer les sympathies qui développent le plus habituellement des phénomènes conduisant à l’état morbide, au moins celles qui sont les plus communes.
C’est vraiment chez l’homme devenant malade, que le médecin peut étudier cette conspiration unique de toute l’économie vivante; car chez l’homme sain , les harmonies fonctionnelles opèrent avec une si parfaite régularité, le consensus , la liaison intime de toutes les fonctions marche si bien, £}u’il semble que le tout ensemble ne soit qu’une même pièce, tant cette stratégie organique a de précision, tant l’enchaînement est complet! c’est môme dans cette étroite et parfaite liaison que consiste l’état de santé; dans cet état, les rouages spéciaux du grand ensemble fonctionnel qu’on nomme la vie, ne sont pas aperçus à cause du consensus , lui-même. L’ensemble se détraque-t-il , quelque fonction manque-t-elle à sa mission, la désharmonie,, autrement dit l'état pathologique a lieu, et dès lors on se rend bien compte du rouage qui manque au mécanisme entier.
(1) Les sympathies tout-à-fait morbides seront exposées dans leurs détails, à la pathologie.
SYMPATHIQUES. 281
Les sympathies morbides, ou au moins les fonctions nerveuses accidentelles, surtout celles qui constituent ces passions, sortent de l’état normal ou au moins de la condition parfaitement sanitaire. J’ai mentionné les convulsions, la syncope, la diarrhée, le frisson , la fièvre comme pouvant avoir lieu par des impressions faites sur les hémisphères cérébraux, au moyen de l’olfaction, delà vue, de l’audition et du toucher.
Sans tenir compte de bien d’autres sympathies qui peuvent avoir lieu par l’impression des hémisphères, au moyen des sens, et qui rentreraient plutôt dans le domaine de la psychologie , je me bornerai à ce qu’il y a de physique dans ces actes , et en commençant par la vue, je ferai remarquer qu’une lumière trop vive venant à frapper ia rétine, peut déterminer une douleur intense sur les rameaux sensibles de la 5e paire, et occasioner ainsi l’état qu’on a appelé céphalalgie ou réagir par la même paire, sur l’appareil respiratoire, et provoquer l’éternuement ; acte qui résulte de la convulsion instantanée des muscles nasaux et labiaux par la 7e paire, des muscles de la glotte et des bronches par la 8e paire, au diaphragme, des côtes et des muscles chargés de les faire mouvoir, ainsi que des muscles abdominaux par tous leurs nerfs respectifs. Ce qui forme un assemblage de phénomènes qui doit être classé parmi les harmonies consensuelles.
Celte même lumière trop vive, un corps étranger, une vapeur piquante ou un air trop froid, en stimulant le rameau de la 5e paire qui entretient la sensibilité à la conjonctive, peut réagir sur la glande lacrymale, et provoquer une abondante sécrétion de larmes; la même chose peut avoir lieu par la piqûre ou la dilacération des nerfs faciaux de la 5e paire; des céphalalgies et d’autres phénomènes peuvent résulter des lésions du tympan ou de l’oreille externe, comme cela a lieu dans l’otite. Les rameaux dentaires de la 5e paire peuvent produire des névralgies faciales ou des convulsions, comme cela a lieu par des dents cariées chez les adultes, ou lors de la dentition des enfants, ou réagir sur l’appareil ganglionnaire et produire des fluxions soit des gencives, soit des parois de la joue.
L’odorat, la vue et l’audition peuvent devenir assez impressionnables pour être incommodés de tout dans divers états névropathiques. La vue et l’audition peuvent momentanément se perdre dans divers états morbides où les hémisphères cérébraux sont affectés, aussi sympathiquement.
L’odorat peut-être affecté par des odeurs repoussantes, fortes
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ou mêmes suaves. On sait que très-soin eut des fleurs enfermées, la nuit, dans une chambre à coucher, ont occasions des vertiges ; j’ai vu la duchesse de Bellune être prise de convulsions , pour avoir senti de la fleur d'oranger. Le tabac l’ellébore, in troduits dans le nez, enivrent certaines personnes; les vapeurs délétères occasionent des céphalalgies, des migraines et des. syncopes ou des nausées. Les premières ont lieu , comme il a déjà été dit, par la réaction, sur les nerfs sensibles de la 5'paire; les secondes par réaction sur les rameaux des 5e et 8e paires, les oe, sur les nerfs cardiaques, et les 4e, sur les rameaux sensoriaux de la 8e paire.
La sensibilité des fosses nasales peut-être aussi augmentée à l’occasion d’un réfroidissement à la peau, et réagir sur les nerfs ganglionnaires de ces fosses, en produisant le coryza ou le catarrhe nasal, l’éternuement peut s’en suivre. Quelquefois il y a sécheresse des fosses nasales au début des affections cérébrales. Dans tous ces cas, il y a perversion ou abolition de l’odorat. La stimulation des fosses nasales par des substances âcres, détermine souvent l’éternuement, phénomène consensuel respiratoire.
Le bâillement est un autre phénomène respiratoire qui est toujours sympathique, quoique devant être rangé dans les harmonies consensuelles; il a lieu souvent ou par une impression pénible de faim ou de plénitude incommode, qu’éprouve l’estomac ou même par l’ennui , la langueur de l’esprit, bans cet acte sympathique , les muscles sous-maxillaires entrent en contraction permanente pour abaisser la mâchoire inférieure , et contribuer à une longue respiration forcée , dans laquelle les muscles inspirateurs sont mis en jeu, ainsi que ceux des membres qui s’étendent; quelquefois tout le corps qui se raidit.
Le rire forcé, soit occasioné par une forte impression de l’esprit, soit par le chatouillement, soit sous l’influence d’un accès hystérique, résulte d’une réaction sympathique dans laquelle les hémisphères interviennent et agissent toujours sur les nerfs de la 7e paire, ceux de la 8e et tous les nerfs respiratoires du thorax et de l’abdomen; mais principalement sur le diaphragmatique.
Le sanglot résultant d une impression réfléchie des hémis- i phères sur les muscles respiratoires, est dû, comme le rire, à une i affection pénible et qui provoque simultanément les larmes. Les soupirs sont aussi excités ou par la peine ou par des désirs non accomplis, qui occasionent de temps à autre des inspirations ,
SVMPATIItQLÊS 28:1
très- prolongées, comme si l'on ressentait le besoin de dilater fortement par l’air, jusqu’aux dernières cellules bronchiques.
Quelques mammifères, dans les espèces perfectionnées, sont sujets au bâillement, aux soupirs et même aux pleurs comme le chien; mais il n’y a que l’homme qui éprouve le rire et le sanglot.
La respiration slertoreuse résulte de V inhabileté des rameaux de la 8e paire, destinés au mouvement du plan musculaire sousmuqueux bronchique, et quelquefois des muscles de la glotte , qui, ne répondant pas à l’appel du besoin de respirer, laissent distendre forcément par l’en liée de l’air, les tissus qu’ils sont chargés de mettre en action, et occasionent ainsi un bruissement par 1 e frôlement de l’air contre les parois ; ce phénomène est bien marqué dans l’asthme. Le râle provient de cetle inhabileté portée jusqu’à la paralysie , laquelle occasione raccumuialion du mucus dans les bronches, sa non expulsion et le bruissement de l’air dans les efforts qu’il fait pour traverser les masses de mucus accumulé ; la non coordination des nerfs qui s’insèrent au lobe sus-spinal, par l’affaiblissement d’érnergie de tout le cerveau dans les derniers temps de l’existence, est souvent cause de la production du râle qui a aussi lieu dans les affections propres des rameaux du pneumo-gastrique, dans divers états pathologiques des organes respiratoires.
Les étouffements, l’oppression, la suffocation, résultats de la dyspnée , sont dus aux harmonies perverties des mouvements respiratoires. On conçoit que si l’un des nerfs inspirateurs ou le diaphragmatique, ou le pneumo-gastrique chargé de faire l’appel, viennent à être paralysés , l’accord respiratoire se trouvant rompu par l’inaction de certains des muscles conspirateurs, les phénomènes d’opression , d’étouffement, de suffocation doivent en résulter.
La toux est un phénomène dù à l’affection incommode des nerfs de la.sensibilité de la glotte et de tout le conduit aérien , le plus ordinairement provoqué par la présence d’un corps étranger, comme le mucus bronchique qui se serait accumulé, soit par une accumulation trop rapide, ainsi que cela a lieu au début des inflammations, soit par la paralysie ou l’affaiblissement des nerfs chargés de son élimination. Alors, les nerfs de la sensibilité réagissent sur tous les nerfs respiratoires et du mouvement; des secousses convulsives sont provoquées par l’accord instantané d’action de ces nerfs, et la toux provoque l’expulsion forcée du mucus ou du corps étranger quelconque, dont la présence
HARMONIES
éLait incommode aux nerfs sensibles. Toute ceüe harmonie rentre aussi dans les consensuelles : lors des violents efforts de toux, ce qu’on appelle les quintes dans les coqueluches , tous les muscles des membres et du tronc, mais principalement ceux du cou et de la tête, prennent part à l’action.
Il peut exister des toux sympathiques d’affection gastrique.
On en a vu avoir lieu par cause cérébrale. M. Brachet, de Lyon, en cite un exemple (ouv. cité, p. 554); mais la réaction la plus commune pour provoquer la toux , est due à l’impression du froid sur la peau, surtout à la tête, aux pieds ou au dos.
Les irritations des nerfs respiratoires réagissent souvent ellesmêmes sur les hémisphères, et disposent aux émotions gaies; ces nerfs influencent bien souvent l’appareil ganglionnaire et réagissent sur le cœur; mais cela doit avoir lieu ainsi, à cause de l’étroite liaison entre la respiration et la circulation; il peut aussi y avoir réaction sur différents nerfs ou sur certaines parties cérébrales et la céphalalgie , le délire se produira. De même, les organes du mouvement peuvent entrer sympathiquement en action et occasioner des convulsions, etc; mais cela est moins fréquent que dans les affections des organes digestifs ou de ceux de la génération.
La voix est souvent altérée ou perdue dans les émotions résultant des opérations hémisphériques; elle l’est encore forcément dans les actes exagérés de respiration comme dans la course. On sait que la respiration concourt à la produire, et qu’elle est due à une harmonie consensuelle des rameaux laryngés de la 8e paire, avec tous les nerfs respiratoires; c’est dans le chant surtout que les harmonies de la voix s’exercent dans toute leur étendue. On voit alors que tous les nerfs moteurs des muscles du cou , de la face et quelquefois des membres et du tronc entrent en action. Les organes génitaux modifient la voix; cela est sensible chez les hommes surtout, à l’époque de la puberté, les filles publiques sont remarquables par leur voix rauque. On sait les changements qui surviennent dans la voix des castrats.
Le froid sur la peau occasione aussi la raucité par l’imitation sympathique des muscles glottiques, ou par ce qu’on appelle enrouement.
La langue est l’organe qu’en même temps que le pouls , les I médecins sont le plus dans l’usage d’interroger. Cet organe , en j effet, est le siège de nombreuses sympathies capables d'indiquer l’état pathologique de plusieurs appareils. D’abord, interrogé en même temps que le pouls, il donne connaissance de l’état du
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système nerveux ganglionnaire, tant de l’état inflammatoire qui rend la langue ordinairement chaude et rouge sur les bords (1) , que de sa lésion dans les sécrétions qui la rendent blanche dans sa partie moyenne et enduite de mucosités; surtout dans les affections organiques de l’estomac et des intestins grêles qui font naître sur la langue un enduit plus ou moins jaunâtre. Cet organe donne aussi connaissance de l’irritation simultanée de l'appareil nerveux ganglionnaire, et de tous les nerfs cérébrospinaux, par sa sécheresse ou sa faliginosité; il indique la profonde lésion des lobes cérébraux, par son aspect tremblottant , son obtusion de sensation, son peu de rapports avec les sens, les facultés intellectuelles et instinctives, comme quand le malade n’obéit pas aux mouvements de langue que le médecin lui commande; quand ayant pu la montrer, il oublie de la retirer, quand la parole ne peut-être articulée , tous phénomènes produits par la désharmonie des opérations cérébrales et des organes d’exécution.
Le goût, l’un des attributs de la langue, offre encore des anomalies dans divers états pathologiques des organes de la digestion; ainsi, les goûts acides, amers, terreux, ou l’absence totale de la sensation, ou sa dépravation au contact des corps sapides, résultent d’une sympathie de l’affection ganglionnaire de l’estomac, et du duodénum sur le nerf lingual de la 3e paire cérébrale. Dans les affections des lobes cérébraux, le goût trompe l’entendement, il y a hallucination du sens, comme il peut y avoir hallucination de l’odorat, de la vue et de l’ouie; cela se remarque fréquemment dans la folie. Le goût frappé de saveurs répugnantes, peut provoquer le vomissement, en réagissant sur le pneumogastrique et sur tous les nerfs respiratoires; cette harmonie sympathique est en même-temps consensuelle.
La déglutition peut être influencée sympathiquement à l’occasion d’autres parties du système nerveux affecté, et les organes qui coopèrent peuvent aussi provoquer des actes sympathiques. Ainsi, dans la rage, celte irritation si -manifeste des lobes cérébraux, il y a une telle constriction de la gorge qui ne reçoit sesnerfs moteurs et sensibles que de la moelle spinale, qu’aucun liquide ne peut être avalé; on peut dans certains cas en dire autant de l’hystérie, bien qu’alors la constriction n’ait pas lieu comme dans
(1) Quand l’appareil ganglionnaire se paralyse, la langue devient froide et violette. Voyez à la pathologie, choléra ,
!a rage pour les seuls liquides, mais que ce soit un sentiment itYdépendant de l’action d’avaler; divers états nerveux occasionent ce sentiment de construction, même chez les hommes, et alors ce sentiment n’est pas exclusivement propre à l’utérus, comme quelques médecins le pensent.
Le vomissement est sympathiquement provoqué par la titillation de la luette; il l’est aussi quand on veut s'efforcer à avaler une subtance pour laquelle on ressent du dégoût. Dans le premier cas, le glosso-phary ngien porte l’impression au lobe suspinal, qui peut la transmettre immédiatement au pneuino-gastrique et aux nerfs respiratoires ; dans le second, les hémisphères céré b ra ux i n ter v i en ne .n t n écessa Ire me n t .
Le vomissement par lui-même est le résultat d’une harmonie consensuelle, dont il sera traité en parlant de ces harmonies, mais il peut avoir lieu sympathiquement et non par pure affection de l’estomac. Celui par exemple, qui est déterminé par les mouvements de roulis et de langage des navires, par la vectation, le transport à reculons en voiture chez certaines personnes, l’effet des montagnes russes, de l’escarpolette, etc., a lieu par un vertige, un trouble subit auquel participent les hémisphères cérébraux, le lobe sus-pinal et le cervelet, etc.; car la volition, le jugement et les directions manquent à la fois. Le lobe sus-pinal communique l’impression du mal-aise au pneumogastrique et souvent aux sens externes, qui perdent plus ou moins leur action ou sont pris de diverses anomalies. Le pneumogastrique réagit sur les nerfs respiratoires pour provoquer le vomissement; cet état désordonné du mouvement et de la sensibilité, peut aussi avoir lieu dans la migraine, et alors la 8e et la 5e paires sont constamment affectées. Diverses irritations cérébrales occasionent le vomissement sympathique; il en est de même de divers exanthèmes; dans ces derniers cas, c’est toujours par l’intermédiaire du lobe sus-pinal que le vomissement a lieu.
Le début de certaines apoplexies, est aussi marqué par des vomissements sympathiques.
L’état de grossesse détermine également des vomisements sympathiques, ainsi que des appétits dépravés.
Mais, les affections propres de l’estomac ne déterminent pas toujours le vomissement ; quelquefois les irritations transmises par le pneumo-gaslrique au lobe sus-spinal, et de là à la moelle 1 vertébrale font naître un sentiment de brisement, de lassitude, de douleur dans les membres et le tronc, ce qu'on appe e la courbature . D’autrefois ces irritations sont transportées aux
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hémisphères et œcasiorient le délire, et dans un état moins violent, elles font toujours naître la tristesse et quelquefois le désespoir; d’autre part, on sait comme la contention d’esprit et lés chagrins, influent sur les organes gastriques et agissent sur les digestions. Il y aurait trop à énumérer , s’il fallait rapporter toutes les sympathies que peut déterminer l’état anormal des nerfs pneumo-gastriques; il suffit de méditer sur les effets toxiques et médicateurs des substances ingérées dans l’estomac, pour se rendre compte des innombrables sympathies qui peuvent être mises en jeu par ces nerfs. Aussi, la médication gastrique et les révulsions gastro-intestinales, offrent-elles les plus puissantes ressources à la thérapeutique; et quant aux toxiques, on sait que les effets sur le système nerveux, cessent ( sauf l’absorption déjà opérée) quand on est parvenu à expulser par le vomissement, la su b tance délétère introduite dans l’estomac. On sait aussi comment agissent les antidotes, les effets instantanés de l’ammoniaque pour dissiper l’ivresse, ceux du vinaigre dans le nareotisme, etc.
On connaît les phénomènes sympathiques que font naître les vers dans les intestins, entre la catalepsie, les convulsions et autres effets accidentels, résultant du transport d’irritation des pneumo-gastriques, aux lobes cérébraux et à la moelle spinale. Il y a des effets sympathiques ordinaires, qui se manifestent spécialement par la présence des vers dans les intestins : ce sont la dilatation de la pupile et de la démangeaison de l’orifice du nez; ces phénomènes ont lieu par transmissions de la sensation au lobe sus-spinal, et de là, dans le premier cas, à la 5e paire de nerfs cérébraux par le lobe des tubercules quadri-jumaux ; dans le second cas, aux rameaux sensibles de la 5e paire, qui se rendent à l’orifice nasal.
La Constipation et le flux diarrhétique avec ou sans douleurs intestinales, jouent un grand rôle dans beaucoup de cas d’un léger dérangement sanitaire, et dans d’autres tout-à-fait pathologiques, ils sont, tantôt idiopathiques, dépendants d’irritations intestinales, tantôt sympathiques, dépendants d’irritations d’organes plus ou moins éloignés; dans l’un et l’autre cas, l’impression recueillie et transmise aux tubercules quadri-jumaux, est reportée au nerf pneumo-gastrique parla portion supérieure de l’intestin grêle, au faisceau pré-spinal, qui réagit sur les nerfs musculaires intestinaux dorso-lombaires, et sur l’appareil ganglionnaire. D’autre part, les nerfs musculaires des paires abdominales , toujours en harmonie avec ceux des paires musculaires
HARMONIES
intestinaux , fonctionnent en même temps qu’eux pour les expulsives.
Les douleurs lancinantes de l'orifice du rectum, ou de la marge de l’anus qu'on ressent parfois, soit à l'occasion d’un flux hemorrhoïdaire , soit par des ascarides ou diverses affections des intestins qui s’y réfléchissent, sont transmises par les nerfs postsacrés à la moelle spinale , et reportées, pour être perçues, au lobe sus-spinal.
La présence de corps étrangers dans les reins, la vessie (des calculs) occasionent des douleurs sympathiques de l'orifice de l’urètre, lesquelles sont aussi transportées à la moelle par les nerfs post-sacrés; mais de ceux venant du plexus sacro-schiatique. Il en est de même pour toutes les douleurs qui se déclarent sympathiquement, soit dans la vessie à l’occasion d’un refroidissement de la peau ou de toute autre cause, soit de la membrane muqueuse centrale, soit vaginale, à l’occasion d’un contact impur. Les douleurs qui s’y font ressentir, quoique dépendant de l’inflammation, ne doivent pas moins en être considérées comme des effets sympathiques, résultat de l’action morbifique sur un point plus ou moins éloigné. L’utérus fait naître de fréquentes sympathies. Outre celles qui se manifestent dans l’hystérie et qui se répandentsur presque tout le système nerveux (1), les fréquentes anomalies qui se laissent remarquer à l’époque des règles chez certaines femmes, et qui portent, tantôt sur les centres cérébrospinaux, tantôt sur les nerfs isolés, tantôt encore sur l’appareil ganglionnaire, sont une preuve des nombreux rapports de l’organe utérus avec les autres parties du système nerveux; les élancements qui se font quelquefois ressentir au col utérin, la chlorose, qui est une affection des nerfs de la nutrition de l’appareil ganglionnaire sy mpatiquement influencées par l’utérus, viennent encore à l’appui de cette opinion.
Quant aux sympathies morbides qui influencent les organes génitaux externes, le satyriasis , le priapisme, la nymphomanie, sont des irritateurs de ces organes influencés par le délire érotique, ou l’état morbide des hémisphères réagissant par la moelle spinale et sur les organes générateurs. Le priapisme et le clitori cisrne , ont été souvent déterminés par des irritations cérébelleuses et cervicales. |
Les harmonies sympathiques de sensibilité, les impressions i
( 1 ) Y oyez pathologie .
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de chaleur , de froid ou de frisson , éprouvées dans diverses régions de la peau, les premières, toujours occasionées par une irritation le plus souvent viscérale, dans laquelle la circulation est activée, les secondes, dépendant d’affections cérébro-spinales, plus particulièrement des centres; diverses sensations douloureuses , de brisement , de fatigue, de fourmillement ressenties, soit à la peau, soit dans les muscles, ont toujours lieu par suite d’impressions recueillies par les nerfs post-spinaux, et transmises par la moelle au lobe sus-spinal qui réagit, comme il a été dit sur le reste du système nerveux.
Les douleurs qui se laissent percevoir dans la région lombo-sacrée, sympathiques des douleurs utérines dans la parturition, et les douleurs de matrice elles-mêmes qui ont lieu en môme temps que les contractions de cet organe, sont déterminées sans que la volonté y puisse rien; cela est une preuve que la correspondance a lieu immédiatement du faisceau postérieur à l’antérieur de la moelle spinale, sans l’intervention des lobes cérébraux, si ce n’est pour donner avis que le phénomène de sensibilité et de contraction s’est accompli. La même chose doit s’entendre des crampes d' estomac, des volvulus, et de toutes les douleurs accompagnées de mouvements des plans musculaires intestinaux ou de la vessie. Il en est de même des crampes des muscles volontaires, la même chose doit encore s’entendre du trismus, des phénomènes tétoniques, des diverses convulsions, etde tous les actes musculaires qui répondent sans aucune détermination volontaire, aux douleurs ressenties dans l’appareil musculaire, ou qui sont réfléchies sur cet appareil par d’autres organes.
Le froid, agissant sur la peau, détermine des affections dans les poumons, les muscles ou les articulations. Ces affections de nature pathologique, attaquent, soit les nerfs cérébro-spinaux, soit les nerfs ganglionnaires.
Les exanthèmes cutanés, ou les différentes irritations de la peau, réagissent sur les viscères, comme les irritations viscérales réagissent sur la peau. Ainsi les bronches et le larynx sont sympathiquement influencés dans la rougeole, l’estomac dans la variole, etc.
Les mouvements volontaires sont toujours, comme l’indique, leur dénomination, déterminés par les voûtions c’est-à-dire sous la dépendance des hémisphères cérébraux. Ils sont aussi, avec l’aide des voûtions, sous la dépendance du cervelet, des corps striés, et des couches optiques pour les directions; ils sont encore sous celle de la moelle spinale et du lobe sus-spinal
HARMONIES
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pour la coordination avec la sensibilité, cl. pour la liaison reîà^ rivement à l’impulsion exécutrice.
C’est dans la parfaite harmonie, l’action simultanée des muscles extenseurs, fléchisseurs, etc., et de leurs antagonistes, en même temps que dans l’exercice de la sensibilité, que consiste le balancement parlait des mouvements, leur équilibre et leur coordination régulière, considérés clans leur mode exécutif. On a vil que pour la direction cl le choix , il fallait, outre l’intégrité des nerfs et delà moelle, instruments d’exécution, celle des lobes cérébraux, instruments de directions et de voûtions.
Il n’y a que les paralytiques qui peuvent bien se rendre compte de la valeur mutuelle de chacun de ces éléments de l’harmonie des mouvements volontaires. On ne se fait pas d’idée de l'étonnement où sont jetés dans les premiers temps, ceux qui sont privés, ou de la sensibilité d’une moitié du corps, ou du mouvement de quelque muscle partiel, et des erreurs qu’ils commettent par défaut de coordination de l’une de ces propriétés avec l’autre.
L’immobilité complète ne peut résulter que de l’affection de' toute la moelle spinale, ou des lobes cérébraux à la fois, ou des seuls tubercules quadri-jumeaux , c’est-à-dire du lobe médian, du metteur en rapport , mais jamais des nerfs eux-mêmes, qui ne pourraient être tous paralysés à la fois, ni d’une fraction
méd u 1 1 a i re cé réb ro-s p i nale.
Les harmonies sympathiques du système nerveux ganglion-naire ne sont pas moins fréquentes que les sympathies cérébrospinales. D’abord, toutes les sympathies du système sanguin, ont, de tout temps, donné aux médecins la mesure des dérangements organiques, surtout du groupe des phénomènes qu’ils ont appelés Jievre s , de la nature et de l’étendue des phlegmasies. Depuis très-long-lemps les médecins admettaient un pouls céphalique, un pouls pectoral, un abdominal ; on a reconnu des pouls gastrique, hépatique, intestinal. Broussais fait une différence essentielle du pouls de membranes avec le pouls de parenchyme enflammé, c’est-à-dire que le plus ou moins de plénitude du pouls, est pour lui l’indication de finlï animation d’un tissu épais, ayant une grande masse de vaisseaux , ou d’un tissu mince en ayant peu. Les inflammations de membranes trèsétendues , outre l’espace occupé par la douleur (1), donnent le
(1) Voyez Harmonies ganglionnaires. Les nerfs ganglionnaires enflammés, d’insensibles qu’ils étaient, dans l’état normal, deviennent sensibles.
SYMPATHIQUES
pouls grand, tandis que les inflammations circonscrites le développent peu. Les inflammations avec de fortes douleurs , donnent un pouls dur, serré, et quelquefois petit , la gravité est toujours en raison de la vitesse, de la confusion et de l’intermittence. Dans ces cas, le cœur lui-même est ordinairement affecté.
Dans les maladies nerveuses cérébro-spinales, le pouls présente peu de changement; il est quelquefois plus faible et plus lent, sourtout dans les affections des centres. Lorsqu’il est plus accéléré et plus fort, c’est toujours un indice que l’affection est au moins partagée par l’appareil ganglionnaire.
Le cœur est quelquefois influencé seul dans les fortes impressions cérébrales, celles qui résultent d’émotions on d’actes passionnés, comme la colère, la frayeur l’approche d’une catastrophe prévue, un acte d’audace près de s’accomplir, etc. Dans ce cas, c’est par la portion du pneumo-gastrique qui se rend au ganglion cardiaque, sous l’influence immédiate duquel se font les contractions du cœur, que l’impression cérébrale réagit (1), d’autrefois tout l’appareil circulatoire entre en action concurremment avec l’exhalation cutanée dans la course, les efforts et toutes les contractions musculaires multipliées. Alors aussi, les mouvements respiratoires s’accélèrent à l’unisson. Il résulte de la jféunion de ces harmonies sympathiques une harmonie consensuelle.
Les sueurs générales peuvent aussi être déterminées sympathiquement en même temps que les contractions du cœur par impulsion cérébrale, comme dans un violent accès de colère, la frayeur, l’impatience accompagnée d’une forte contention d’esprit, d’attention, etc. Elles peuvent avoir lieu sans association des mouvements du cœur, et même avec diminution d’action dans tout le svstème circulatoire, comme il arrive dans les sueurs froides qui se déclarent à l’occasion de divers troubles nerveux, les syncopes, les lipothymies, les apoplexies, les approches de la mort. La sueur diminue dans l’état normal quand l’exhalation pulmonaire ou urinaire augmente, et dans l’état de maladie. On sait l’importance qu’flippocrate attachait aux sueurs considérées comme crises. C’est sur cette observation que les médecins ont en partie établi , comme puissant moyen thérapeutique, la révulsion par vésicatoires (2), et par diaphorèse.
(1) Voyez Bicliat , vie et mort. p. 505 et suiv.
(2j Les vésicatoires qui causent de la douleur, et amènent beaucoup de
Ils ont . , par la même théorie, cherché à établir la révulsion par sécrétion urinaire, et par sécrétion gastro-intestinale. Les abcès, les sétons, les caulaires , considérés sous le rapport révulsif, intéressent plus spécialement les sympathies ganglionnaires qui s'effectuent dans les organes de la nutrition; il en est ainsi des exanthèmes, de ce qu’on appelle improprement les répercussions, et de tous les mouvements fluxionnaires dans un tissu quelconque; il en est encore ainsi de toute excrétion. Ce sont des sympathies nutritives, dépendant du système nerveux ganglionnaire. C’est ici le cas de faire remarquer que le système nerveux, soit dans l’état normal , pour l’accomplissement des fonctions, soit du passage de l’état normal à l’état pathologique dans les désharmonies, soit dans les actes sympathiques qui Constituent les symptômes morbides , n’est jamais affecté dans tout son ensemble, et Test rarement dans une très-grande étendue. Ainsi, on ne remarque jamais de paralysie générale de tous les mouvements du corps, de la sensibilité, ou de tous les sens, je ne dis pas de la totalité du système nerveux, ce serait la mort, mais seulement d’une portion du corps. On ne remarque pas non plus une inflammation universelle, un flux sécrétoire général. On ne remarque même pas que le système nerveux ait le pouvoir de faire fonctionner divers organes en même temps sous l’empire de la volonté, s’il n’y a pas synergie, ou liaison sympathique entre leurs fonctions, dont l’une concourt au parfait accomplissement de l'autre, ou même ne saurait marcher sans l’aide de l’autre; c’est ainsi que la circulation est intimement liée à la respiration, parce que le sang, pour acquérir la propriété nutritive vitale, a besoin d’être mis en contact avec l’oxigène de l’air (1). C’est pourquoi il est rare que
sérosité et de suppuration, excitent une sympathie cérébro-ganglionnaire double, ou mixte.
(1 ) C’est de ce contact de l’oxigène avec le sang dans le mouvement circulatoire que naît le calorique, qui est la condition vitale par excellence. Ainsi la respiration et la circulation réunies, opèrent, à l’aide du frottement, la producliou du calorique , et cette fabrication est anéantie au moment même où l’action de la respiration sur la circulation est interrompue; mais le calorique , outre qu’il se fabrique dans le poumon par le contact du sang en mouvement avec l’air, s’augmente encore (ayant été oxigéné) en raison 1 de la rapidité du mouvent circulatoire quand mêmetl’air n’y vient pas joindre j son action ; témoin les inflammations dans les différents tissus , les érections.
(Yoyez pour complément, harmonies consensuelles, art. circulation. Déjà Aristote avait remarqué que la chaleur animale dépendait de la respiration.
SYMPATHIQUES
la respiration s’active sans que la circulation ne s’accélère, surtout lorsque les actions musculaires se multiplient. Mais il n’en est pas de même pour les fonctions non en concours synergique, ni pour les phénomènes nerveux sympathiques, ou en désharmonie. L’action nerveuse est toujours limitée à une certaine étendue ou à certains organes. Dans les deux derniers cas, la gravité est en raison de l’étendue, ou du nombre d’organes affectés, soit que le système nerveux cérébro-spinal, ou le ganglionnaire, ou tout deux à la fois soient intéressés. Ainsi, un phlegmon. un abcès dans une partie peu importante, sont des affections légères, et qui ne méritent qu’une médiocre attention, tandis qu’une inflammation d’un grand nombre d’organes , une variole confluente, une congestion de beaucoup de tissus, sont des affections graves. Une névralgie, quelque douloureuse qu’elle soit, si i’organe où elle se trouve n’est pas important, et si elle ne reveille pas des sympathies multipliées, ou si elle ne réagit pas sur les centres, est une affection peu grave, tandis qu’une irritation d’un grand nombre de nerfs, ou une affection très-circonscrite des centres qui développe un grand nombre de sympathies, comme serait un très-petit caillot sanguin dans un hémisphère cérébral, dans le cervelet, les corps striés, les^ couches optiques, les tubercules quadr à-jumeaux , ou la moelle alongée, peut occasioner une paralysie plus ou moins étendue, des convulsions formidables, ou même la mort.
Dans le cas d’actes fonctionnels, on a vu que tous ceux qui Sf>nt indépendants de la volonté, s’accomplissent, ou indépendamment les uns des autres, ou synergiquement par coordination harmonique. Ils sont régis par tout le système des ganglions, et influencés par le lobe sus-spinal pour les coordinations, et l’intermédiaire avec les autres lobes crérébraux pour les actes volontaires; ils ne pourraient non plus avoir lieu tous à la fois. La volonté peut difficilement se disséminer, de même qu’il serait difficile à un homme de peindre et de jouer d’un instru-
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agissant sur la circulation, car il dit : « Caloris vero naturalis ratio pul~ mone , describitur sanguinis compote . Quœ enim pulmonem habenl om~ nino calidiora sunt iis ciuoenonhaberif, et inter ea superant c/uœ non fungosum , a ut retorridum et parum sanguinis continentem habenl pulmonem, sed sanguno lenturn el mollem (De générât, animale, lib. ij. cap. 1 .)
(Voyez aussi dans la seconde partie, l’article calorique et celui de l’air vital.)
HARMONIE
me n>t à la fois, de résoudre un problème de mathématiques eî de composer en vers un conte grivois, ou enfin , de faire marcher de front deux occupations différentes, de même, il est difficile que deux fonctions organiques, non synergiques s’exécutent en même temps. Par exemple, l’acte de défécation et d’expulsion de l’urine, qui demandent cependant l’un et l’autre l’action des muscles exonéraleurs abdominaux, et sont souvent favorisés par la même position locomotrice, ne peuvent cependant avoir lieu qu 'alternativement ; lorsque les efforts d’expulsions sont dirigés sur le plan musculaire intestinal, ils sont distraits de la vessie, et lorsqu’il sont reportés sur c»:l organe pour l’expulsion de l’urine, ils sont pendant tout ce temps distraits du plan intestinal : il ne peut donc y avoir défécation et action d’uriner à la fuis, à moins qu’il n’y ait diarrhée et dijection involontaire, par irritation ou paralysie. Mais alors, c'est le résultat d’une désharmonie et de phénomènes sympathiques morbides. Il en est de même pour l’ingestion des aliments; on ne peut boire et manger au même moment, on ne saurait boire et respirer à la fois, etc.
Ainsi, les opérations nerveuses, quelque simultanées qu’elles paraissent, si elles ne sont pas synergiques, s’exercent toujours séparément, et c’est sur cette loi, surtout que sont fondées les révulsions.
Une des parties les plus intéressantes de la thérapeutique consiste dans les. révulsions, et il est des médecins qui n’ont foi qu’à la méthode dérivative, comme ils l’appellent, pour opérer des guérisons.
Cette méthode dérivative n’est autre chose que la mise en jeu des sympathies, pour combattre les cas morbides, ou les tendances aux désharmonies, en diverticulant en quelque sorte l’innervation, d’un point où l’on suppose qu’elle s accumule anormalement, sur un autre point, comme pour rompre la concentration, ou pour reporter sur un organe languissant l’excès de stimulation qui existe dans un autre organe qu’on veut préserver.
Bien qu’il soit consacré en principe dans la pratique, qu’une irritation d’organe important, doit être combattue révulsivement par une irritation portée sur un organe de moindre valeur, quelquefois le médecin juge que la médication la plus sûre, celle dont ü attend l’effet le plus complet est celle qui doit attaquer énergiquement les voies gastriques, et agir sur les sécrétions gastro-intestinales. De nombreux succès ont souvent justifié
SYMPATHIQUES
celte médication ; mais les humoristes en ont abusé, et Broussais a cherché à les rappeler ^ l’ordre, en leur montrant que l’estomac, qu’ils croient un organe inerte, peut se monter à un diapason de sensibilité extrême, et réagir, soit sur le cœur, soit sur le cerveau de manière à y exciter des sympathies formidables.
Les sympathies qui peuvent se rattacher aux voies gastriques sont en effet très-muliipliées, non seulement dans le système nerveux cérébro-spinal, mais aussi dans tout l’appareil ganglionnaire; et bon se rappelle que la fonction digestive est la plus compliquée de toutes (abstraction faite des centres nerveux); aussi la pathologie moderne fait-elle jouer un rôle éminent aux affections gastriques. Si l’estomac est malade, le patient a la conviction que tous les organes sont malades avec lui ; souvent même, les nerfs sensibles du pneuino-gastrique , n’étant pas les plus fortement aflectés, ne perçoivent pas la douleur au lieu même du mal, mais peuvent la recuillir dans des lieux plus ou moins éloignés. Cette douleur réfléchie par sympathie dans des muscles ou ailleurs, le sentiment de brisement , de courbature est transporté au cerveau par d’autres nerfs de la sensibilité. D’autre part, on se rappelle que les nerfs ganglionnaires peuvent, par des stimulations réitérées, se mettre à l’unisson des nerfs cérébro-spinaux pour la sensibilité (\) . On se rappelle aussi que .YS. Flourens a toujours trouvé dans ses expériences les nerfs du plexus solaire, doués de la sensibilité cérébrale (2), Lorsque les nerfs ganglionnaires des membranes muqueuses gastro-intestinales sont devenues sensibles par l’inflammation, il en résulte à l’épiglotte, ou dans l’abdomen selon la région du tube intestinal affecté , une douleur sourde, gravative, d’autant plus vive, et correspondant avec d'autant plus de netteté aux parois abdominales que les sympathies sont plus nombreuses et plus vivement excitées. Le cerveau, dans tous ces cas, peut recevoir avis de différentes parues nerveuses, et rapporter le mal par tout où il n’est pas primordialement. Aussi, les malades qui sont dans ce cas, ne rapportent-ils jamais le mal à l'estomac, mais constamment au dos, dans la poitrine, ou les membres; parties dans lesquelles ils ressentent vérilablementles plusfortes douleurs du brisement, etc. J’en dirai autant de la céphalalgie; mais le médecin, averti partie pouls, par l’état dejla langue, la perversion des
< I ) Voyez Appareil nerveux gang i.ionnàiret'2; J'ai expliqué à quoi était dû ce phénomène.
ff A IDIOMES
sécrétions, ne s’y trompe pas; il reconnaît que les douleurs dorsa les > pectorales, etc. sont transmises au cerveau, ou parles nerfs céré** bro-spinaux qui ont reeeuilli les impressions douloureuses sympathiques dans diverses parties, ou par les nerfs ganglionnaires devenus sensibles à Télat anormal ; il peut reconnaître aussiàl’ab** sencede tou te douleur et à l’état du pouls quel’irritation n’intéresse ni les nerfs cérébro-spinaux, ni ceux des ganglions qui président à la circulation, alors que d’autres symptômes viennent prouver qu’elle affecte les nerfs des sécrétions ou de la nutrition; il découvre dans les sécrétions viciées, l’affection du système ganglionnaire qui préside aux actes organiques, digestifs, et par toutes ces appréhensions, il cause la gastrite, là où le malade ne voyait qu’une courbature, un état sabtirral, des voies obstruées, ou une fièvre d’un nom quelconque. Je rougis de dire que des médecins ont pu se tromper comme les malades, c’est ee qui ne manque jamaisd’arriver aux médicastres, ou à ceux qui ne tiennent pas assez compte de la physiologie, sans laquelle il est impossible de saisir la plupart des secrets de la nature vivante; mais à l’aide de celte belle science, le médecin judicieux peut, non-seulement parvenir à distinguer toutes les nuances de la gastrite et de la gastro-entérite, mais encore savoir quels sont les nerfs affectés, quelle est la nature et l’étendue de l’affection, enfin le médecin habile saura sasir les indications thérapeutiques afin de les convenablement remplir. Cette étendue deviendra même assez facile avec un peu d’habitude d’analyse : ainsi, dès que quelqu’indice fera soupçonner une affection gastrique, il sera peu difficile de constater, par la nature de la sensibilité, quelle est l'espèce de nerfs intéressés. On sait que les nerfs cérébro-spinaux font percevoir des douleur vives, et les ganglionnaires (dans les membranes muqueuses) des douleurs obtuses sourdes; de plus, ces dernières n’ont lieu que dans l’état inflammatoire, ce qu’indiquent le pouls et la chaleur, les premières peuvent parfaitement être jugées d’après les divers phénomènes sympathiques qui en résultent, soit pour apprécier l’étendue ou l’intensité, soit pour se rendre compte des diverses parties intéressées. L’état de la langue et le goût rendent raison de l’affec-* tion des sécrétions concuremment avec les déjections alvines et l’urine; l’aspect cutané, l’embonpoint, les absorptions , l’inspection du résidu alimentaire, rendent compte de la nutrition , à quoi il faut ajouter toutes les sympathies fonctionnelles ou autres, telles que les nausées, le vomissement, le dégoût, l’inappétence, la soif, ia sécheresse ou l’humidité de la langue, sa cou-
SYMPATHIQUES
leur, celles des membranes muqueuses, la constipation , les coliques, l’état de la peau (sécheresse, ou moiteur, chaleur ou frisson), l’état des muscles, la nature des perceptions, la disposition des sens, celle des facultés intellectuelles et instinctives, les jugements, les voûtions, les déterminations, les forces, etc.
Si les organes digestifs font naître une foule de sympathies qui réfléchissent leur affection dans presque tous les tissus , on peut dire que tous les tissus affectés peuvent avoir, en quelque sorte, leur écho dans les voies digestives et pricipalemenl dans l’estomac ou plutôt dans le conflit nerveux qui résulte des plexus soit diaphragmatiques, là où Van Helmont plaçait son archée, dans ce que d’autres ont appelé centre épi-gastrique, centre de la vie organique, etc. C’est en considération de cette vérité que Broussais a fait jouer un rôle si important aux irritations gastriques , qu’à leur aide, il a détrôné toutes les fièvres essentielles, si à la mode avant lui, et qui n’étaient autres que des groupes de sympathies qui toutes avaient leur écho dans les voies gastriques. Avec les profondes connaissances physiologiques, la logique serrée et le génie de ce célèbre médecin, opposés, au peu de physiologie, ou à la physiologie erronée, et aux préjugés de ses devanciers, illui a été facile de faire la révolution qu’iî a opérée; et il faut le dire à sa louange, il est le seul, après Bichat, qui ait aussi vigoureusement sapé l’ontologie, et qui ait osé dissiper, à l’aide du flambeau de l’investigation dans les tissus malades, des erreurs consacrées par tant d’années de pratique et sanctionnées par de si hautes célébrités médicales. Broussais n’eut-il, comme l’en accusent quelques médecins, que bâti un système ontologique sur les ruines d’une ontologie accréditée et si généralement reconnue, aurait toujours rendu le service immense d’avoir détruit des erreurs si respectées, et d’avoir fourni les moyens de marcher avec moins d’entraves dans la route de la vérité.
C’est sur cette résonnance de tous les organes dans les voies gastriques, observée par les médecins des diverses écoles qu’est fondée la révolution gastro-instestinale que plusieurs emploient si fréquemment, et qui est cause que certains médicaments, comme celui de Leroy, le vomi-purgatif d’Audin Rouvière, les drastiques des médecins du nord, le tartre stibié des Italiens, le calomel des Anglais, jouissent d une vogue si soutenue. Ce sont tous des révulsifs gastro intestinaux, et il est peu de remèdes préconisés, secrets ou autres , où ces révulsifs ne jouent pas un rôle principal. Il faut convenir qu’ils ont souvent produit d’ex-
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cellenls effets; mais on conçoit que dans bien des circonstances, employés comme panacée, et par une routine aveugle, surtoutes sortes de sujets indistinctement, ils ont dû amener de funestes résultats.
Les il ux vésical, vaginal et urétral sont déterminés sympathiquement, le premier par différentes causes; mais le plus ordinairement par des abus de régime et des transitions subites de températures; les seconds, le plus souvent par un contact impur. Ce qu’on appel fleurs blanches . chez les femmes, est souvent le résultat d’une affection sympathique, communiquée par l’estomac irrité dans ses nerfs ganglionnaires. Tous ces flux peuvent avoir lieu chez les paraplégiques, ainsi que l’a prouvé M. Brachel. de Lyon (t). Ces sympathies sont donc indépendantes, en ce qui n’est pas douleur du système cérébro-spinal , dans ce qu’on appelé blennorrhagie cordée , où les phénomènes d’érection douloureuse viennent se joindre au flux blennorrhagique , il y a affection simultanée des nerfs ganglionnaires, et des cérébro-spinaux.
Ona vu, à l’exposition de l’appareil nerveux ganglionnaire, que les membranes séreuses insensibles à l’état normal, acquéraient une sensibilité extrême à l’état pathologique inflammatoire, en vertu de la faculté qu’ont les nerfs ganglionnaires dedevenir sensibles par l’inflammation. C’est ce que démontre les pleurésies, les péritonites et l’arachnitis; ces nerfs peuvent aussi être irrités sympathiquement, soit à la suite d’un refroidissement à la peau, d’une suppression de transpiration, soit à la suite d’une irritation quelconque, principalement des voies gastriques.
Ces sympathies morbides séreuses peuvent à leur tour développer d’autres sympathies et constituer ainsi un état morbide plus ou moins grave, selon les organes intéressés et les fonctions enrayées. Tout le monde sait qu’un simple point de coté qui n’est autre chose qu’une irritation plus ou moins circonscrite de la plèvre, peut enrayer la respiration, empêcher la dilatation de la poitrine, l’élévation des côtes, arrêter la toux, les soupirs, le rire. Cela a surtout lieu lorsque c'est la plèvre costale qui est le siège de l’irritation. Cette irritation se communique facilement aux muscles costaux, et l’harmonie respiratoire est enrayée.
En général les inflammations des membranes séreuses développent de fréquentes et formidables sympathies, soit qu’elles com-
(i ) Ouv. cité, p. 2 ï9, de.
SYMPATHIQUES
muniquent facilement l’inflammation par contact, aux parties auxquelles elles sont accolées, et qui sont toutes des parties importantes dans le jeu de la vie , soit que l’extrême douleur qu’elles développent si rapidement, retentisse facilement et occasionne cesjfréq uen tes sympathies qui forment leur cortège. Les péritonites ne sont pas moins à craindre que les pleurésies , et l’on sait combien , sou vent les irritations gastro-intestinales les compliquent. L’araclinitis existe rarement sans occasioner le délire, et même agissant profondément sur la substance cérébrale, va sou\ eut jusqu’à produire des convulsions et le désordre de toutes les opérations nerveuses.
La péricardite influence souvent le cœur et cause des accidents extrêmement graves.
Les membranes synoviales articulaires qui sont aussi des membranes séreuses, causent également des douleurs atroces, et développent un grand nombre de sympathies, comme on peut les constater dans la goutte aigüe et le rhumatisme articulaire (1). il y a une étroite liaison entre ces membranes articulaires et la péricarde pour l’excitation des sympathies.
Ici se borne tout ce qui pouvait être dit sur les sympathies non morbides. Les limites étaient difficiles à assigner, car en réalité tout acte sympathique, étant en-dehors des fonctions normales proprement dites, devrait être considéré comme appartenant à la pathologie; mais on est convenu de ne regarder comme tel , que ce qui rompt l’harmonie d’une matière permanente, ou offre de la stabilité dans la désharmonie. Je me suis donc limité à exposer les sympathies ou actes i'onctionnelsqui sortaient de l’état normal, et je me suis arrêté devant ce qui devenait désharmonie complète pour renvoyer ces derniers phénomènes à la pathologie. Ainsi on devait trouver exposées ici les harmonies non-fonctionnelles et qui mènent sur la voie pathologique ou même qui constituent l’état non-normal accidentel et momentané, dans les organes sensoriaux , expressifs et sensitifs, moteurs respiratoires , vocaux, digestifs, génito-urinaires, exonéraleurs . locomoteurs, ganlionnaires circulatoires, sécrétoires, excrétoires, sensitifs, organiques, réservant pour la pathologie toutes les harmonies
(1 ) Les exostoses et les périostoses auraient pu être mentionnées ici , et classées parmi les irritations qui développent des sympathies, ou en sont les résultats, mais elles sont, ainsi que toutes les inflammations que je puis avoir omis de mentionner, dépendantes de l’irritation des nerfs ganglionnaires qui acquièrent une sensibilité plus ou moins exaltécpar l’inflammation.
HARMONIES
véritablement morbides ou plutôt les désharmonies fonctionnelles.