INCOMPLETES
miner des mouvements de locomotion et des communications par la voix: les autres sens restant endormis, cet état constitue le somnambulisme.
Il est certains étals nerveux où un ou plusieurs sens, la sensibilité générale, les mouvements sont abolis; c’est ce que peut occasioner une extrême frayeur, un accès immodéré de colère, de joie ; certains accès d’hystérie, l’extase, la catalepsie, etc., et même une préoccupation profonde, l’usage immodéré de certaines substances, comme l’opium dont les Turcs abusent tellement, les alcooliques, dont usent si immodérément les habitants du nord de l'Europe; il en est de même du froid, qui engourdit tout le corps en le saisissant par sa périphérie, et réagissant à l’intérieur. C’est dans tous ces cas sur les hémisphères cérébraux, que l'action délétère ou paralysante se manifeste, bien que les effets ne s’en fassent remarquer que par une stupeur générale répandue par tout le corps.
Les animaux hivernants offrent, sous le rapport de la suspensions des fonctions cérébro-spinales , des phénomènes trop remarquables pour que je les passe sous silence. Ils ne se bornent même pas à la privation de l’usage des lobes cérébraux , de la moelle spinale et des nerfs qui s’y insèrent. Les fonctions d’une partie de la vie nutritive se trouvent aussi suspendues, ou au moins considérablement ralenties (1). C’est ce qu’on peut remarquer er. observant leur respiration et leur circulation pendant la période d’engourdissement. Ce sont les reptiles qui sont principalement sujets à ce singulier mode d’existence incomplète (2). Plusieurs espèces d’oiseaux se trouvent dans ce même cas, certains mammifères appelés dormeurs (les marmottes, les hérissons), offrent aussi le même phénomène. 11 semble que chez ces animaux, la vie soit réduite à la seule nutrition (5). La même remarque s’applique au fœtus des mammifères, qui ne respire, ni ne digère, et dont la circulation n’a lieu que sous
(1) Tant que les animaux hivernants sont engourdis, ils ne digèrent, ni ne sécèlent, ni n’absorbent : des parties de leur corps retranchées en cet état, ne se cicatrisent ou ne repullulent que quand ils en sortent. La noix vomique introduite par une plaie, ne convulse que quand ils sortent de leur engourdissement.
(2) Outre les animaux vertébrés, plusieurs invertébrés s’engourdissent aussi et hivernent: les mouches, les sangsues, surtout les colimaçons. (Voyez , a ce sujet, un mémoire de M. Gaspard, Jüürnax de M. Magendie, 1.2* p. 295).
(5) liichat, Vjc et Mort, p. 527.
HARMONIES
1 i n 11 li e 1 1 ce de l'appareil gangiionnaire de la mère, ainsi que la » utrition.
Les affections comateuses sont dues à une compression des hémisphères cérébraux, ou à une solution de continuité , ou à une altération de leur tissu, ou bien encore à un trouble dans l’innervation, soit par action délétère occasionée par contact d un sang dépravé, soit par réaction nerveuse Les phénomènes qu’on observe alors sont les mêmes que ceux d’un sommeil profond; seulement, la cause étant ici une altération organique ou innervalrice, il faut, pour que le réveil ait lieu, que celte cause disparaisse. La catalepsie, l’épilepsie et toutes les affections comateuses qui peuvent survenir par de profonds chagrins, par un accès de terreur, etc., sont causées par trouble de l’innervation. La léthargie, provoquée par une forte dose d’opium, est due à l’absorption du principe délétère et à son action sur les hémisphères cérébraux. Les épanchements sanguins ou autres , qui forment compression des lobes hémisphériques et peuvent causer l’apoplexie, occasionent principalement le coma, lorsque les pressions ont lieu, ou vers la périphérie, ou dans les tubercules quadri-jumeaux , c’est-à-dire, surtout à la base, car c’est inférieurement, ainsi que le remarque Bichat (1), qu’existent toutes les parties essentielles du cerveau; mais elles engendrent plus spécialement des paralysies du mouvement et du sentiment, quand elles s’exercent sur les masses hémisphériques profondes et aussi dans la masse des tubercules. Dans le premier cas, c’est rentendement qui est compromis; dans le second, ce sont les facultés motrices ou sensitives; mais il n’arrive pas ici ce qui a lieu après le sommeil . il n’y a pas réveil et disparition instantanée de toute trace d’engourdissement, car une cause matérielle agit incessamment et entretient les phénomènes caloriques, ou d’insensibilité et d’immobilité. D’autres fois, des phénomènes d’irritation se joignent au coma ou à la paralysie, ainsi qu’on le remarque dans l’épilepsie, f hystérie, etc. ; ce n’est que lorsque la cause comprimante est détruite, lorsque l’altération est dissipée, ou lorsque la cicatrisation des tissus divisés est effectuée, que l’entendement, les mouvements ou Insensibilité, reviennent à leur état normal.
» On ne donne le nom d’asphyxie qu’aux désharmonies qui
surviennent à la suite de la cessation de la respiration, et cepen-
(1) Vie et Mort, p. 164.
DESHARMONIES.
dant le phénomène fondamental dans cette cessation , c est la non-stimulation appropriée du cerveau par le sang (1) , ou la cessation, la destruction de l’innervation par l’absence d’un sang convenablement vitalise. La cause première de l’asphyxie est bien dans un grand nombre de cas, la non-combinaison de lair respirable avec le sang; mais le phénomène essentiel est le manque d'innervation , or, le contact du sang noir (non hémalosé) avec la substance cérébrale, suffit pour abolir l’innervation; dès-lors, tout transport de principes délétères dans le sang, ou plutôt toute cause de non-excitation nutritive convenable du cerveau, pourrait être nommée asphyxie, et c’est ce que l’on fait déjà dans les morts survenues par le froid (2), bien que la respiration n’ait pas manqué au sang. Toujours est-il que le phénomène principal de l’asphyxie est la non-stimulation propre de toute la substance cérébrale, et la cessation de l’innervation (3), par conséquent la désharmonie dans toute l’organisation.