PROLÉGOMÈNES
ici, que si les homœopathes rencontrent juste dans leurs indications, ils font à coup-sûr de meilleure thérapeutique que les allopathes, qui négligent en mainte occasion tant de considérations importantes, ou qui affrontent souvent avec tant de hardiesse les plus grands dangers, en opérant sans ménagement. Aussi, ne devrait-on pas s’étonner de les voir essuyer tant d’échecs dans les maladies nerveuses surtout , et les affections vasculaires chroniques, par imprévoyance thérapeutique, ou par témérité médicale.
Il semblerait qu’après avoir traité de toutes les particularités de l’innervation, il soit très-facile de constater l’action de chaque corps sur les diverses parties du système nerveux; mais ici se présente une difficulté : un même corps agit différemment sur diverses parties nerveuses; dès-lors il n’est plus possible d’étudier en particulier les influences sur chacune de ces parties, sans s’exposer à représenter les mêmes modificateurs répétant leur action sur ces parties nerveuses. Il en résulterait une reproduction continuelle d’effets et de réactions qu’on évitera, si, considérant chaque corps en particulier, comme Pont fait les pharmacologistes et les naturalistes, on examine leurs effets successivement sur les diverses parties de l’économie. Les répétitions pourront se reproduire, mais elles seront moins fastidieuses et se rapporteront à l’organisme, au lieu de se répandre sur l’universalité des agents. Cependant, ici encore, nouvelles difficultés pour assurer les bases d’une classification d’actions médicatrices; car on conçoit que bien des corps seront excitants pour certaines parties, et débilitants pour d’autres, etc... D’ailleurs, il ne peut y avoir que les agents physiques qu’on doive considérer ainsi; car eux seuls agissent directement sur les tissus; tous les agents chimiques sont obligés de s’adresser directement au centre cérébral, et ce n’est que par réaction, que le cerveau influence les différents appareils organiques, en occasionant un excès ou un défaut d’action. Il convient donc de ne pas mettre une grande rigueur aux distinctions des effets; il suffira, pour éviter la confusion, de s’attacher aux attributions générales, sauf à ranger ensuite les spécialités, selon le monde d’action dépendant, soit de l’impressionnabilité, soit de la spécificité propre à chaque partie nerveuse. Ainsi, un corps j devra toujours être rangé dans la classe de sa plus grande somme i d’effets; par exemple, de ce que le froid ranimera un corps asphyxié par excès de calorique, il ne s’ensuit pas que cet agent doive être rangé parmi les excitants, et le calorique
parmi les débilitants, car le calorique est éminemment excitateur de l’innervation , tandis que le froid est puissamment stupéfiant ou sédatif.