ASSIMILATION
M. Magendie a constaté que c’étaient bien les radicules veineuses, et non les vaisseaux lymphatiques qui procédaient à l’absorption (4). La même chose a lieu pour le tissu cellulaire; j’ai dit plus haut, que lorsque le derme est dépouillé de son épiderme, l’absorption y était très-rapide ; mais l’absorption ne se fait jamais plus rapidement que lorsque les substances chimiques sont introduites dans les veines. Les physiologistes expérimentateurs ont profité de cette remarque pour faire de nombreux essais sur ces substances, et M. Ségalas est l’un des premiers qui aient ouvert la voie.
Ce qui est surtout d’un haut intérêt pour le sujet que je traite, c’est que tous les tissus, sans en excepter les parois des veines et du cœur restent parfaitement insensibles au contact des subtances les plus délétères (en exceptant toutefois les caustiques), tant que ces substances n’ont pas été mises en contact avec le cerveau; mais dès qu’elles ont touché la matière cérébrale, les phénomènes les plus instantanés et les plus variés ont lieu selon la nature de la substance absorbée, et selon la partie de l’encéphale sur laquelle elle a prise. Les agents chimiques ont même d’autant plus droit d’étonner dans leur action, qu’elle se manifeste dans les organes corporels, sans que ces substances aient été mises en contact avec eux. C’est ainsi que M. Magendie a produit le vomissement, sans qu’il entrât une seule parcelle d’émétique dans l’estomac, mais en injectant cette substance dans les veines; preuve incontestable que l’action a été d’abord portée au cerveau, puis transmise au nerf pneumo-gastrique et aux muscles respiratoires et abdominaux par la moelle spinale. C’est ainsi que M. Haies, médecin américain , s’est injecté de l’huile purgative dans les veines, et a pu étudier tous les phénomènes cérébrospinaux, prodromes de la purgation, sans qu’une seule parcelle du médicament parvînt au tube intestinal. D’autres physiologistes ont produit, soit la purgation, au moyen de substances purga-
(1) Les membranes séreuses sont, après les veines et le tissu dermoïde dénudé, les parties les plus propres à l’absorption ; i! faut cependant en excepter le tissu muqueux pulmonaire où l’absoibtion est hès-activc, n a s aussi où Jes molécules à l’état gazeux passent très-facilement dans les veines après les membranes séreuses : c’est le tissu cellulaire qui absorbe le plus rapidement ; viennentensuiteles membranes muqueuses gastro-intestinales, surtout si elles sont revêtues, comme il arrive souvent, d’un enduit muqueux : dan s ce cas , elles peuvent devenir aussi imperméables que l’épiderme. M. Magendie ne manque pas de faire cette observaticn dans ses cours de physiologie expérimentale.
AGENTS PHYSIQUES
tives injectées dans les veines , dans la plèvre, etc. , soit les convulsions, en injectant la teinture de noix vomique et tant d’autres substances ainsi injectées. Enfin, M. Ségalas a prouvé (et nous avons tous constaté l’expérience) qu’on pouvait à volonté faire naître ou suspendre l’action des substances chimiques introduites dans les veines, en les comprimant, ou en rendant libre la circulation, ou mieux en facilitant l’abord du sang au cerveau , ou en l’empêchant. La compression exercée sur le cerveau ou l'ablation de cet organe, produit le même effet de non excitation organique que la compression des veines.