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ACUPUNCTURE

tiennent des particules métalliques, agissent, soit par l’absorption et le transport circulatoire , soit par contact de toute autre manière, sur le système nerveux. Dans le premier cas, il ne faut pas oublier que les particules métallique ne produisent d’effet que quand la circulation veineuse les a mises en contact avec le cerveau; il ne peut être question ici de ce mode d’action. Dans le second cas, c’est-à-dire, par contact immédiat d’un métal sur une partie nerveuse, sans avoir préalablement touché le cerveau, il se produit des phénomènes qui sont analogues à certains effets électriques. Lorsque je publiai mes mémoires sur l’électro-puneture, l’acupuncture et le moxa japonais, en 1825, j’employai assez peu de temps à soigner ce travail et à le mûrir ; j’aurais pu et dû ne livrer à la publcation que ce qui concernait la médecine japonaise, dont j’avais le premier introduit la pratique en France (1), mais je désirais en même temps publier mes découvertes sur l’électro-puncture.

La hâte que j’employai, m’empêcha alors de développer dans mes Mémoires, les observations physiologiques que j’avais faites sur l’acupuncture; cependant, j’avais déjà la conviction que j’ai aujourd’hui : j’avais remarqué que les lipothymies qu’occasione par fois la simple introduction d une aiguille très fine qui ne produit aucune douleur, étaient de même nature que celles que provoquent l’application du moxa japonais, avec des prodromes semblables; j’avançai même, en parlant de cette dernière opération (2), que lorsque les moxas commencent à brûler « ils transmettent d’abord au tissu cutané, une sensation d’irradiation. Cette sensation n’est point une douleur; mais, observée attentivement, et sur une partie très-sensible, elle paraît être une espèce de vibration, ou plutôt un sentiment qui tiendrait le milieu entre le malaise et le plaisir, sentiment que je ne saurais mieux comparer qu’à celui qu’on éprouve à l’épigastre lorsqu’on va s’évanouir ».

L’introduction d’une aiguille, qui est ordinairement de platine ou d’or , quelquefois d’acier détrempé, mais toujours non cas-

(1) Page 64. Le principal motif qui m’a engagé à ne pas aborder de i théorie physico-physiologique , c’est que je voulais présenter dans toute sa

pureté la médecine japonaise.

(2) Voyez Bulletins de la Société Medicaie d’émulation pour 1816, rapportant le cas du cataleptique de Montaigu, acupuneturé par moi en 1815.

, Les mémoires du docteur Berlioz sur l’acupuncture, sont postérieurs ; il en est de même des publications anglaises.

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santé el très-line, mise en contact avec un nerf de la sensibilité, y cause une espèce de térébration , de formication ou d’action vibratile imperceptible , de frémissement à peine aperçu , qui semble se manifester dans des directions différentes. Si l’aiguille touche un filet nerveux moteur, le frémissement est plus marqué, et fait distinguer qu’il y a mouvement dans quelques fibrilles musculaires, quelquefois dans un muscle entier ou dans plusieurs muscles, selon les ramifications du filet nerveux en contact avec le métal. Quelquefois, ai-je dit, la sensation est transportée jusqu’au cerveau, et il peut y avoir lypothimie.

Les effets de l’acupuncture sont peu sensibles, car il n’y a ordinairement aucune douleur; cela arrive cependant, si on pénètre dans une partie enflammée, là où les nerfs ganglionnaires ont acquis la faculté de devenir sensibles (1); cela peut arriver aussi lorsqu’on traverse trop brusquement avec la pointe de l’aiguille, un nerf de la sensibilité. Aussi, les opérateurs japonais et chinois ont-ils la précaution de toujours faire entrer l’aiguille en frappant à petits coups sur sa tête avec l’index ou avec un petit maillet. Cela arrive encore, lorsque l’on fait un mouvement brusque, où un muscle dans lequel serait implanté une aiguille, entrerait en contraction.

On a dit et répété dans nos livres européens, que les Chinois ne laissaient jamais les aiguilles introduites que fort peu d’instants; on a donné à entendre par là, que l’effet thérapeutique ne serait dû qu’à la piqûre; mais j’ai prouvé parla publication de mes Mémoires, que cette pratique constitue pour ces peuples un art assez compliqué, qu’ils n’opèrent que d’après des règles fondées sur plusieurs milliers d’années d’empyrisme; que les lieux où les aiguilles doivent être introduites, ainsi que les profondeurs qu’elles doivent atteindre sont rigoureusement déterminés, et qu’enfin les opérateurs laissent les aiguilles en place, jusqu’à ce que l’effet soit produit (2). Au reste, je vais emprunter à mes Mémoires, ce que j’en ai dit relativement à la pratique des peuples du Japon et de la Chine, « Les Japonais laissent l’aiguille plus ou moins en contact avec les parties souffrantes; quelquefois, ils l’enfoncent rapidement et la retirent de même (5); d’autres fois, après l’avoir retirée subitement, ils l’en-

(1) Voyez Nerfs ganglionnaires, lr* artie.

(2) Voyez le Traité de la Medecine japonnaise joint à celui de I’Electro-pünctüre , page 88.

(5) Afin de multiplier probablement les points de contact.

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