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ACUPUNCTURE

foncent subitement dans la même piqûre (1), et répétant cette opération ainsi plusieurs fois, soit à la même profondeur, soit en gagnant chaque fois de quelques lignes. Quand ils pratiquent l’opération sur l’abdomen, ils suivent les mouvements de la respiration, en pressant moins sur la peau lors de l'inspiration, et en retirant un peu l’aiguille lors de l’expiration.

« Ils dirigent aussi l’aiguille, soit obliquement en la couchant, pour aller en quelque sorte paralèlîement aux téguments, soit perpendiculairement , et ils préfèrent ordinairement cette dernière méthode. La profondeur à laquelle ces aiguilles sont portées, est communément de deux à vingt lignes, rarement audelà.

« Il ne faut pas s’imaginer que les Japonais qui mettent le plus de dextérité à faire cette opération , l’exécutent sans prendre de grandes précautions ; ils évitent le trajet des troncs nerveux, des artères et des veines. Jamais ils ne pratiquent l’acupuncture pendant le travail de la digestion , lors des grandes fatigues , ni lorsqu’on est à jeûn (2). Ils évitent aussi d’opérer pendant les fortes transpirations, dans la colère et dans les affections tristes.

Les médecins de ces contrées regardent l'acupuncture comme une opération qui exige la plus grande circonspection, et pensent que les plus graves accidents peuvent résulter de ce moyen appliqué mal-à-propos. Us s’engagent par serment à n’opérer euxmêmes que lorsqu’ils sont experts, et qu'ils en ont reçu l’autorisation de ceux sous lesquels ils se sont formés. Celte autorisation n’est guère accordée qu’après cinq ou six ans d’une application assidue, et cela se conçoit facilement chez des nations qui possèdent aussi peu de connaissances anatomiques , chez lesquelles la physiologie est enveloppée des prestiges d’une imagination superstitieuse, et où l’amour du merveilleux se plaît à créer sans cesse de nouvelles chimères.

Comme l’électricité ( chez nous) , l’acupuncture a été employée pour un grand nombre de maladies; les Ciiinois et les Japonais, par exemple, l’appliquent dans une infinité de cas; mais il est bien avéré que c’est dans les affections douloureuses et non inflammatoires, qu’elle a le mieux réussi (5). »

(1) Probablement quand ils veulent produire une légère irritation, ce qu’ils obtiennent aussi lorsqu’ils enfoncent l’aiguille en la roulant entre les doigts.

(2) Probablement pour éviter les lypothirnies.

(5) Memoïres sur l’Electro-puincture , p. 14.

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j’ai dit, en parlant en général de l’application des agents physiques au système nerveux , que c’est par leurs effets locaux , qu’ils devenaient surtout efficaces en thérapeutique, tandis qu’ils compromettaient souvent l’existence, lorsqu’ils atteignaient les centres nerveux. L’innocuité du cerveau et de la moelle spinale, est donc inutile à constater, puisqu’on ne doit jamais implanter d’aiguilles dans ces parties; la pratique japonaise est conséquente à ce précepte, et nous savons maintenant en Europe, par expérience , que l’acupuncture n’a de résultats efficaces, qu’autant qu’elle est employée à combattre les excès de sensibilité ou de mouvement, et encore faut-il que ces affections ne soient pas trop invétérées, et présentent un caractère erratique. Nulle lésion n’offre généralement autant de facilité à déplacer qu’une névralgie ou un rhumatisme récents, et sans trace d’inflammation. Il est cependant de nombreux exemples d’inflammations de membranes séreuses, très-intenses, enlevées par l’acupuncture pratiquée dans les muscles qui avoisinent le lieu de l’inflammation, sur les parois du tronc (1).

Il est inutile et même nuisible de laisser les aiguilles implantées pendant un ou plusieurs jours, comme l’ont faitquelques opérateurs français; car l’action électrique sur les nerfs, ne s’exerce plus au-delà de quelques heures, et les Japonais paraissent aussi avoir fait cette remarque. Nous verrons, à l’article du magnétisme minéral, qu’il en est ainsi pour cet agent, il vaut mieux, dans le cas de persistance de l’affection qu'on se propose de combattre par l’acupuncture, renouveler lesapplications, en remplaçant les aiguilles anciennes par des nouvelles, et en ne renouvelant pas l’application absolument dans les mêmes endroits , à moins qu’on ne se propose de joindre à la modification électrique, un effet révulsif ou dérivatif.

Il s’en faut, du reste, que l’acupuncture soit, entre les mains du pathologiste des affections nerveuses, un moyen à dédaigner. Elle est devenue entre les mains des Chinois et des Japonais, un art très compliqué, et, si elle n’est dirigée par des connaissances anatomiques et physiologiques satisfaisantes, elle l'est au moins par une pratique et une observation qui compte plusieurs milliers d’années, ce qui est bien quelque chose en thérapeutique où tout r.’est principalement fondé que sur l’expérience. Je renvoie à 1

(1) Voyez Bulletins des Sciences Medicales , par Ferrussac, mai 1850, p. 377.

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la médecine japonaise que j’ai publiée en 1825. Ou pourra y puiser une idée nette de ce procédé.

De r électro-puncture et du galvanisme .

Je réunis, sous le même titre, ces deux moyens; car c’est exclusivement le galvanisme qui agit dans l’électro-puncture , et je n’ai pas jugé devoir traiter de celte dernière opération à l’article de l'acupuncture, puisque ce sont deux moyens essentiellement différents. J’ai dit, en parlant de l’acupuncture , que les effets occasionés par ce procédé, étaient dus au contact des métaux avec les nerfs : ainsi le métal n’agit pas sur le système nerveux par lui-même, il n’est que conducteur de la puissance galvanique. Dans l’état d’imperfection où était l’application des agents physiques en physiologie, je commis dès le principe plusieurs erreurs que l’expérience ne tarda pas à rectifier. Piacé comme je l’ai dit lors de l’introduction de ce traité, dans un hôpital où j’avais de riches observations à faire, concernant le système nerveux, j’étudiai plus particulièrement tout ce qui avait rapport à lui, et avec d’autant plus d’ardeur qu’il y avait beaucoup à exploiter Je ne tardai pas à me convaincre que l’électricité projetée par isolement sur les corps, n’en occupait jamais que la surface. Je pensai que si je pouvais parvenir à introduire le fluide électrique sur la pulpe nerveuse même, je produirais de puissants effets. Cette conception à l’égard du galvanisme, me promit encore de plus heureux résultats; car je savais que l’épiderme est un corps isolant pour le fluide galvaninique, et que des effets d’une bien plus grande énergie sont produits lorsque l’épiderme est enlevé au moyen d’un vésicatoire. Je me rappelai toutes les espérances que les médecins avaient conçues lors de la découverte de Galvani, espérances qui n’ont pas été réalisées par l’application; et sans me faire trop illusion , je crus, d’après quelques expériences faites sur la pulpe nerveuse , pouvoir espérer de rendre au moins l’agent galvanique appliqué à l’organisme, plus efficace qu’il ne l’avait été avant moi. Puis, méditant sur les effets de l’acupuncture entre les mains des peuples de l’extrémité de l’Asie , je confondis d’abord ces résultats du contact des métaux avec la pulpe nerveuse, en les associant aux effets galvanique et électrique ; seulement je pensai que ces derniers agents dont les Chinois et les Japonais n’avaient nulle connaissance, devaient être bien supérieurs aux effets qu’obtenaient les médecins de ces contrées, s’ils étaient mis en contact

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immédiat avec les differentes parties nerveuses qui seraient affectées et qu’il s’agirait de modifier. Voilà l’idée qui me conduisit naturellement à imaginer l’opération que j’appelai électro-puneture. Je ne tardai pas, dans la pratique, à m’apercevoir que, quanta l’électricité proprement dite, je n’introduisais pas le fluide comme je me l’étais promis, qu’il ne suivait l’aiguille que jusqu’à la surface cutanée, et que là, il se répandait sur cette surface; je m’aperçus également que le fluide électrique ne constituait pas par lui-même l’agent modificateur de l’innervation , mais que c’était à la commotion et à l’action sur les nerfs de la sensibilité qu’il fallait attribuer les phénomènes produits; dèslors je ne crus pas devoir renoncer à mon opération, car il devenait évident, pour moi, que la commotion transmise directement à un nerf, ou le fluide électrique qui lui eût été appliqué immédiatement atteignait le même but; mais néanmoins, je crus devoir ensuite renoncer à commotionner ainsi les rameaux nerveux , car je m’assurai que le galvanisme était un agent beaucoup plus puissant sur la sensibilité que le fluide électrique proprement dit, et que, pour agir sur la contractilité, il me fallait employer des commotions fortes. Dès-lors je compris que l’appareil de Leyde devait me suffire, puisqu’à son aide je commotionnais aussi profondément que je le voulais, ce qui avait l’avantage d’éviter au patient l’opération préalable de l’acupuncture qui, quoiqu'elle n’eût rien de douloureux, lui causait toujours une certaine impression.

Il ri’en était pas de même à l’égard du galvanisme , car l’épiderme restait invariablement corps isolant, au moins pour les influences très-délicates du fluide galvanique. Il n’y avait que par une assez grande intensité, et conséquemment en occasionant de vives douleurs, que je pouvais agir à travers l’épiderme, tandis que je me convainquis qu’avec de très-faibles charges de la cuve, je pouvais produire des effets très-marqués; et ce qu’il y eut surtout de précieux, c’est que je ne tardai pas à découvrir que je pouvais à mon gré agir sur les nerfs de la sensibilité , ou sur ceux de la contractilité, ce qui ne pouvait jamais s’effectuer dans l’application du galvanisme à travers l’épiderme, et qu’imparfaitement s’obtenir au moyen de l’électricité proprement dite. Je réservai donc l’électro-puncture pour l’application exclusive du galvanisme, que je considérai, avec tous les médecins, comme incapable de produire isolément des résultats importants en thérapeutique.

L'agent galvanique appliqué à la pulpe nerveuse, exerce une

ELECTRO-PUNCTURE .

il i

influence toute puissante , et telle, que les effets dus au même agent appliqué sur l’épiderne, ne peuvent lui être comparés.

Je m’abstiendrai de toute considération purement physique sur cet agent, comme je m’en suis abstenu sur l’électricité; seu lement, je dirai qu’il est des effets physiologiques produits par ce moyen , que les physiciens ignorent assez généralement , et que je suis obligé de mentionner ici (1).

Une ou plusieurs aiguilles étant mises en contact avec les nerfs sur lesquels on se propose d’agir, si l’on veut n’influencer que les nerfs de la sensibilité, la cuve sera chargée d’eau et d’une quantité proportionnée d’un acide végétal (un 20e ou 40e), l’immersion des deux conducteurs dans le liquide de la cuve , sera continu, à moins que le patient ne ressente trop de douleur, auquel cas, on donnera du repos en ôtant de la cuve l’un des conducteurs; on aura soin, si l’on fait changer de case à l’un des conducteurs, de le faire en imprimant les mouvements les plus lents possibles au conducteur que l’on promène.

Dans le cas où on se propose d’agir sur la contractilité, il faut se servir d’un acide minéral ( l’acide sulfurique est le plus propre à cet effet) ; et au lieu de plonger doucement la plaque de cuivre qui termine l’un ou l’autre fil conducteur dans le liquide qui sépare chaque élément , ainsi qu’on doit le faire toutes les fois qu’on se propose d’agir sur la sensibilité, il faut frapper avec cette même plaque (en l'ayant préalablement mouillée) sur le champ du métal composant la case, et correspondant au degré de force électro-motrice qu’on veut employer; si l’on a dessein d’agir sur la sensibilité, en même temps que sur la contractilité; mais néanmoins; avec plus de force sur cette dernière, il faut (les deux conducteurs étant placés dans des cases différentes) frapper avec une tige métallique sur les deux fils conducteurs ,

(1) Tous les jours, dans mes opérations dirigées sur telle ou telle partie du système nerveux , des médecins ou des physiciens me montrent leurs craintes de voir l’excitation galvanique que j’applique à certaines branches nerveuses, se communiquer aux centres, et ils sont à môme de se convaincre, non sans étonnement, que non-seulement des commotions ou des douleurs assez considérables occasionées dans certains rameaux nerveux , ne se communiquent pas à l’encéphale , mais qu’aussi les autres rameaux de la même paire de nerfs restent dans la plus parfaite quiétude. C’est ainsi, par exemple, que je ne produis de contractions que dans les seuls rameaux du nerf facial en contact avec mes aiguilles, et quele restede la face est complètement immobile dans le cas de paralysie. En un mot , .je ne porterexcitation galvanique que là où je veux agir.

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à la fois. Cette opération, bien loin d’annihiler le courant galvanique en le faisant passer par la tige et l'interrompant , comme on pourrait le croire, en augmente au contraire l’intensité, pourvu qu’il n’y ait pas continuité de contact, mais seulement contact passager et renouvelé.

Si l’on charge la cuve à l'acide hydrochlorique, on agit assez également sur la sensibilité et sur la contractilité; j’ai dit plus haut que l’acide sulfurique influençait plus spécialement la contractilité : l’acide pyroligneux ou le vinaigre portent leur action plutôt sur la sensibilité. Pour que le fluide agisse sans interruption, il est bon de se servir de fils métalliques conducteurs ondulés. De très-légères secousses mettent le fluide incessamment en mouvement; il faut surtout être attentif à ce que la continuité de contact soit parfaite.

Je suis ici forcé de faire observer qu’ainsi que Volta l’a cru , et que tous les physiciens l’ont pensé, d’après lui, jusqu’à ce jour, les phénomènes galvaniques ne doivent pas être attribués à un seul principe appelé par eu n force électro-motrice ; mais qu’il existe nécessairement un second principe que je nomme force de détritus . La première agit en raison du nombre et de Ja grandeur des éléments; la seconde, en raison de leur surface et de la corrosion du corps intermédiaire qui les attaque, et sert en même temps de conducteur ou plutôt d’agent de transmission de la puissance électro- motrice élémentaire.

Ainsi , si l’on emploie un grand nombre d’éléments , c’est-àdire une cuve avec beaucoup de cases, la force électro-motrice peut être rendue considérable, quoique le liquide qui chargera cette cuve soif faiblement aiguisé (par exemple composé d’eau et de quelques gouttes de vinaigre ou même seulement d’eau pure) ; avec un tel appareil on agira plutôt sur la contractilité que sur la sensibilité.

Si l’on ajoute beaucoup d’acide à l’eau, bien qu’il y ait fort peu de cases d’employées, et si ce sont des acides concentrés, dont on se sert, qu’il s’opère promptement une dissolution assez considérable de particules métalliques, dans ce liquide acidulé, l’intensité galvanique se porte surtout sur les nerfs de la sensibilité. (

Le pôle cuivre est constamment celui qui agit le plus sur la sensibilité, le pôle zinc de la cuve devient relativement au système nerveux, pôle négatif, même dans son action sur la contractilité, moins cependant que sur la sensibilité.

Quand la force de détritus agit puissamment, c’est-à-dire,

ÈLECTRO-PUMTUtLE. 59

quand il y a beaucoup d’acide dans les cases corrodant les surfaces élémentaires , l’inflammation des tissus et même l’ustion s’opère dans tout le trajet des aiguilles correspondant au pôle cuivre de l’appareil.

Quand les aiguilles sont d’un métal oxidable (tout autre que le platine, même l’or) , les molécules du pôle zinc dissoutes dans le liquide corrodant, traversant le fil conducteur, quand même il serait de platine, viennent couvrir la surface de l’aiguille implantée dans nos tissus organiques, et lorsqu’on la retire, l’oxide se détachant en restant accolé aux parois qui ont pressé l’aiguille, laisse une tache bleue semblable à un grain de poudre incorporé par tatouage dans la partie; c’est pourquoi, il convient de ne se servir que d’aiguilles de platine , pour les parties que l’on craindrait de stygmatiser; mais il faut surveiller ces aiguilles en platine; car, après un certain nombre d’opérations galvaniques à charges fortes, elles deviennent cassantes ; j’en ai quelquefois perdu ainsi dans les chairs , mais jamais elles n’y ont produit d’accidents; je crois même que dans les cas de rhumatisme chronique, ces corps étrangers ont contribué à déraciner la maladie; je n’oserais affirmer ce fait, mais je suis porté à le croire, par les effets que j’en ai vus résulter.

Jamais les aiguilles correspondant au pôle cuivre, n’offrent l’inconvénient de s’oxider; aussi peut-on employer, en rapport avec le pôle, un métal quelconque; mais, ainsi que je l’ai dit cidessus, c’est dans le trajet des aiguilles correspondant à ce pôle, que la plus forte douleur, l’inflammation et l’ustion se déclarent; c’est le pôle véritablement excitateur de la sensibilité.

Là sebornent les principales considérations physico -physiologiques que j’ai cru devoir aborder dans cet ouvrage, à propos du galvanisme; il en est beaucoup d’autres d’un haut intérêt, surtout en physique, mais elles seraient déplacées ici. Je regrette même d’être entré dans celles que j’ai exposées ci-dessus; mais cela était indispensable dans l’état actuel de la science et essentiel pour notre sujet.

Il me reste encore à mentionner quelques effets du galvanisme, sur des nerfs autres que ceux de la sensibilité et du mouvement volontaire, qui sont ceux auxquels on applique cet agent physique, le plus ordinairement. L’électro-puncture a produit sur les organes des sens, quelques phénomènes dont il a été tiré parti en physiologie et en thérapeutique , notamment pour l’organe de la vue ; ayant remarqué la conductibilité des rameaux frontaux sus-oculaires ou des sus-maxillaires avec la rétine

GO AGENTS PH YSIQUESr,

pour la production des lueurs ou étincelles visuelles , lorsqu’on les mettait en contact avec les pôles galvaniques, et réfléchissant sur le mécanisme des harmonies optiques, je conçus l’idée d’en tirer parti pour appliquer l’électro-punclure aux nefs propres de telle ou telle fonction visuelle; j'ai , en conséquence , introduit une aiguille à travers la paupière supérieure, en la faisant cheminer entre le globe de l’œil et la voûte orbitaire, de manière à loucher le rameau sus -palpébral ou sus-oculaire de la 5e paire de nerfs cérébraux; laquelle aiguille étant mise en rapport avec le pôle zinc, par exemple d’un appareil , galvanique, en môme temps qu’une autr.e aiguille, qui traverse la paupière inférieure, glisse entre la partie inférieure du globe de l’œil et le plancher de l’orbite, pour s’implanter dans le nerf optique ou l’avoisiner, en correspondant avec le pôle cuivre (1), exerce une excitation sur tout le courant qui lie les contractions de l’iris à la sensibilité de la rétine (2). Je me suis assuré que par ce moyen on pouvait rétablir les fonctions visuelles, anéanties par paralysie du nerf optique, de la rétine, du nerf de la 3e paire , ou même par une affection des tubercules quadri-jumeaux. Cette indication peut être particulièrement utile aux oculistes, surtout lorsqu’ils se proposent d’opérer la cataracte, de pratiquer la pupille artificielle, ou de dissiper quelque névrose par trouble des humeurs de l’œil. On conçoit que, si en pareille occurrence , il y avait paralysie absolue et incurable de la rétine, ou de quelquesunes des fibres nerveuses, qui font partie du circuit cidessus mentionné, dès-lors toute opération qui consisterait à remédier aux désordres mécaniques du globe de l’œil, deviendrait inutile; car quelque diaphanéité que l’on parvienne à restituer aux milieux visuels devenus opaques , si les organçs de perception (qui sont ici les nerfs et le cerveau ) sont inhabiles à être impressionnés, il est clair que cette diaphanéité devient superflue, et qu’il ne doit résulter qu’une déception au lieu du succès que s’était promis l’opérateur. Aussi l’oculiste prudent, et qui sera intéressé à ne pas compromettre sa réputation, devra-t-il, avant d’entreprendre aucune opération tendante à restituer la diaphanéité compromise des milieux visuels , s’assurer par l’électro-

(1) Il est fort essentiel de connaître parfaitement la disposition des vaisseaux orbitaires de l’artère dite ophtalmique , pour ne pas occasiouer d'extravasation, d’où il pourrait résulter des inconvénients. Voyez mon Orga-

PiOGRAPHIE.

(2) Voyez 5e paire de nerfs cérébraux, 1re partie.

Et FXTROP ÜNCTÜRË .

pu net u re , s’il y a lieu à faire cette restitution, en déterminant les lueurs par l’excitation galvanique de la rétine et les contractions de l’iris par le même procédé direct. Je puis certifier que j’ai ainsi épargné à plusieurs opérateurs qui m’avaient prié de m’assurer de l’étal normal du circuit visuel , des bévues dont ils ne pouvaient prévoir la gravité.

Si le galvanisme agit avec cette précision lorsqu’il est convenablement dirigé sur la vision, on ne peut en dire autant relativement aux autres sens, au moins dans l’état actuel de la science. On sait depuis bien long-temps, et même on savait avant la découverte deGalvani (tj, que si une plaque de métal touche le bord inférieur de la langue, tandis qu’une plaque d’un métal différent en touche le bord supérieur, au moment où ces plaques sont mises en contact, une saveur métallique, très-prononcée se fait ressentir; mais il n’a été tiré, jusqu’à ce jour, aucun profit en thérapeutique, de cette observation. Il est vrai que les paralysies du goût qui pourraient en recevoir un avantage réel, sont extrêmement rares, et que les anomalies de saveur, les dépravations, ont été plutôt considérées, parles médecins, comme dépendant de saburres gastriques, pour lesquelles ils ont préféré l’expulsion, que de toute autre cause.

Les lésions du tact se lient trop intimement à celles de la sensibilité, pour n’avoir pas été combattues avec succès par le galvanisme. Aussi n’en dirai-je rien ici , cet effet étant suffisamment connu. En relisant d'ailleurs ce que j’ai dit de l’expression faciale à l’exposition de la 5e et de la 7e paires cérébrales, et appliquant à ces données le contenu de cet article , on peut facilement se rendre raison des effets du galvanisme sur le tact; les considérations particulières sur les lésions de ce sens, et la manière d’y remédier, seront, du reste, développées, en thérapeutique.

Je dois avouer que toutes mes expériences, concernant les sens de l’odorat et de l’audition, n’ont abouti à aucun résultat satisfaisant dans l’application du galvanisme; je me proposais de faire une série d’expériences sur la surdité par cause nerveuse, en mettant en rapport avec un appareil galvanique et avec la membrane du tympan , d’une part, et la trompe d’Eustache par les fosses nasales, de l’autre, un timbre d’horloge et un marteau, afin de propager le son en même temps que la secousse galva-

(1) SüLZER , THEORIE Dtl PLAISIR, etc.

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