AGENTS PII YS1QLES
nique aux cavités auditives ; mais je n’ai pas eu le temps d’effectuer ce projet.
MM. Wilson Philipp, en Angleterre, et Brachet , en France, ont procédé à une série d’expériences très -curieuses sur le rétablissement de l’innervation à 1 aide du galvanisme , ou plutôt sur la substitution de l’excitation de cet agent à l’innervation interrompue dans les nerfs pneumo-gastriques, par leur section avec perte de substance. Dans les différentes lésions des organes respiratoires, par exemple, dans l’asthme suffoquant, certaines dyspnées, sanglots, affections suspirieuses , strangulations, aphonies, hoquets, etc.., le galvanisme a été d’une utilité bien manifeste et presque unique; j’en traiterai en thérapeutique; seulement je signalerai ici, entre autres cures, celle du docteur Renou, de la Nouvelle-Orléans, affecté d’un asthme souffoquant, et celle de sa belle-sœur, la fille du célèbre chanteur Lays , atteinte d’une autre affection nerveuse des organes respiratoires , contre laquelle tout moyen avait échoué. Mais, sans entrer dans des détails que ne comporte pas mon sujet (l), je dois ajouter que de nombreuses affections digestives, telles que dyspepsies, éructations, borborygmes, pica , boulimie, etc. , ont été avantageusement modifiées par l’électro-puncture. Ce n’est pas ici le lieu de signaler particulièrement ces cas pathologiques ; cependant je ne puis m’empêcher de faire connaître le prompt résultat obtenu chez un inspecteur des marchés de Paris (M. Desrat"), pour lequel je fus appelé par MM. les docteurs Auvity et Villeneuve, de l’Académie de Médecine, pour une paralysie du pharynx et de l’œsophage, qui laissait peu d’espoir de guérison. Cet individu avait résilié sa place et fait son testament ; réduit à ne plus avaler qu’à l’aide de la sonde œsophagienne, et plongé dans un affreux désespoir, il guérilcomplètement au moyen de l’éîectro-puncture,
(1) Je signalerai ici un faitde la plus haute importance. Un médecin de Madrid, ayant eu connaissance de mes expériences d'électro-puneture dans le diaphragme pour rappeler à la vie des animaux asphyxiés par cessation des mouvements respiratoires, me communiqua l’observation d’un homme supplicié parle garot, dont le cadavre lui fut apporté pour la dissection, pendant qu’il étutencore chaud. Il lus implanta trois aiguilles qui pénétrèrent , dit-il, jusque dans la moelle sus-spinale , vers les insertions de la 8e paire et du nerf j diaphragmatique, et six autres traversèrent la région inter-costale et entrèrent dans le diaphragme. Il galvanisa par l’acide sulfurique à haute dose, et réussit à rappeler le supplicié à la vie : celui-ci, ayant changé de nom, existe encore comme nouvel individu. On pense bien que la justice ignore ce fait. j
PERKIN1SME.
dans l’espace de 15 jours, à la grande satisfaction de ces messieurs.
Malgré d’aussi importants succès, je dois déclarer que les affections dans lesquelles on obtient les effets les plus surprenants , sont les pertes de mouvement des petits muscles, comme ceux de la face, des doigts, etc. — Je puis assurer que moins il y a de filets nerveux intéressés en même temps , que plus la paralysie est récente, plus aussi le retour à l’état normal est prompt. De nombreux succès, dont beaucoup de médecins ont été témoins, déposent authentiquement en faveur de l’électropuncture dans une foule d’aberrations de l’innervation.
Du perkinïsme.
Le perkinisme peut être considéré comme une modification tenant le milieu entre le galvanisme et l’action propre des métaux sur le système nerveux, mais se rattachant aux agents mécaniques , à cause de l’espèce de friction , de léger éraillement qu’on pratique en l’exerçant. Cet agent est si peu énergique, que je le mentionne plutôt pour éviter le reproche d’omission, qu’en vue de l’utiliser en thérapeutique; du reste, c’esi un modificateur spécial du système nerveux, et il convient d’en parler ici. Ce moyen qui, à la fin du siècle dernier, a fait, comme tous ceux qu’on a préconisés contre les affections nerveuses, fureur parmi les médecins et les névropathiques, lorsqu’il apparut en Amérique et dans le nord de l’Europe, consiste à promener sur la surface cutanée, deux tracteurs ou aiguilles de métal différent, ayant une pointe et une extrémité opposée arrondie; l’un de ces instruments est communément composé de laiton, l’autre de fer-blanc (1), longs de trois à cinq pouces, tenus l’un et l’autre entre les doitgs, et les pointes légèrement dirigées dans le trajet que l’on se propose de parcourir. Ordinairement, c’est dans les affections douloureuses qu’on emploie ce moyen pour modifier la sensibilité des nerfs , spécialement i de la 5e paire cérébrale, celle du 2e nerf post-spinal et celle de la série de tous les autres nerfs post-spinaux. Ainsi, les migraines, i les odontalgies, les différentes sortes de rhumatismes et toutes les névralgies, sont les affections qu’on a combattues avec le plus
(I) On a varié l’emploi des métaux , les aiguilles de laiton , de 1er, d’ar- 9 gent, de bismuth, de zinc, ont été principalement employées. On en a il même fabriqué d’ébène et d’ivoire, mais elles ont produit peu d’effet
AGENTS PHYSIQUES
d'efficacité par le perkinisine. On a tenté aussi, quoique avec moins de succès, d’appliquer cette opération aux douleurs résultant des flux, tels que gonorrhées, bronchites, stranguries, etc.
Les tractions ou l’action de promener les pointes de ces aiguilles sur la peau, soit paralellement, soit en sens inverse, le long du trajet des nerfs douloureux, calment quelquefois instantanément les douleurs, comme le fait l’acupuncture; quelquefois le malade ressent dans la partie sur laquelle on opère un point formicant, qui se propage plus ou moins loin du lieu où l’on exerce les tractions; d’autres fois, ce procédé excite dans toute l’étendue de la partie opérée, une douleur qui se substitue à celle que l’on cherche à combattre, et qui est bientôt suivie d’un soulagement plus ou moins complet. On a vu se couvrir d’éruptions toute la partie ainsi perkinisée, et ces éruptions étaient suivies d’une entière disparition de douleur.
Au reste, ce moyen offre très-peu d’inconvénients et ne peut jamais influencer les centres nerveux, ni exciter de phénomènes sympathiques qui mettent en jeu les harmonies fonctionnelles ou consensuelles.
Des métaux . — Influence électrique ou magnétique et impondérable sur V organisme.
ici doit naturellement trouver place cet effet singulier que les métaux exercent sur notre économie, effet qui a été remarqué par divers physiciens physiologistes, et dont le galvanisme offre un éclatant exemple. J’ai déjà commencé à traiter celte matière à propos de l’acupuncture; j’ai dit que les eaux minérales n’agissaient’probablement sur le système nerveux qu’à l’aide des particules métallique; mises en contact avec lui. On peut considérer de la môme manière, non-seulement les différents métaux en contact avec notre peau , leurs émanations inspirées sous forme de gaz, ou leurs molécules ingérées et absorbées, puis portées dans le torrent circulatoire, mais encore certaines effluves, comme une barre métallique placée entre deux matelas ou sous les draps du lit, agissant en faisant cesser des crampes et autres phénomènes insolites du système nerveux. On n’est pas en droit de considérer les modifications apportées par ces effluves sur le système nerveux, comme des produits supposés, enfantés par une imagination avide du merveilleux; car les effluves de l’aimant, la polarité invisible, l’aclion à travers les nerfs sans appréciation matérielle, sont des effets physiquement constatés,
MAGNETiSAlË ANIMAL.
quoique insaisissables. L’action des impondérables n’est pas révoquée en doute, et le magnétisme animal, tout admissible qu’il paraisse à certains esprits , n’en excite pas moins leurétonnement, aussi bien que l’innervation, qui constitue elle-même le mystère le plus étonnant de l’organisation animale. L’attraction , la répulsion, les sympathies, les antipathies, sont des phénomènes tout aussi inexplicables dans leur essence, que le calorique lui-même : L’électricité et une foule d’autres agents qu’il deviendrait fastidieux de passer en revue, n’ont-ils pas une influence bien patente, et ne produisent-ils pas des effets bien marqués sur le système nerveux des animaux? Cessons donc de nous étonner si certaines puissances occultes possèdent la faculté d’agir manifestement sur nous (1), et contentons-nous d’admettre des effets réellement existants, là où l’explication des phénomènes produits devient souvent impossible. Que de choses il reste encore à déterminer dans les profondeurs des domaines physiques!
Je ne reparlerai pas ici de l’action des eaux minérales ; j’en ai traité comme corps excitant appliqué à la peau , à propos des liquides; il sera question des corpuscules métalliques absorbées, à l’occasion surtout des poisons minéraux et des agents minéraux médicamenteux.
Du magnétisme animal, — Mesmérisme , ou électricité
animale .
Le magnétisme animal a fait trop de bruit, pour qu’il soit nécessaire d’entrer dans des considérations étendues à son sujet. Et cependant on n’est pas encore d’accord sur son monde d’action. Beaucoup de médecins ne veulent pas en entendre parler et traitent de jongleries tout ce qu’on en rapporte, tandis que d’autres conviennent que les facultés cérébrales , les sens et la sensibilité, en sont manifestement impressionnés; mais, parmi les croyants, il y a partage en deux camps. Les uns veulent que le magnétisme agisse par l’imagination ; les autres admettent un fluide ayant une action directe sur les nerfs de la sensibilité, du mouvement et des sens. Pour les premiers, toutes les sympathies et les antipathies sont de son domaine ; pour les seconds , tout acte nerveux peut être modifié par la puissance qu’exerce l’opérateur sur l’o-
(1) Comment devra-t-on expliquer l’influence qu’exercent les serpents sur les reptiles et les oiseaux , en les attirant irrésistiblement dans leur gueule?
AGENTS PHYSIQUES
péré, même malgré ce dernier et au gré des désirs du premier.
Sans entrer dans aucune dissertation sur le pouvoir que certains individus exercent moralement sur d’autres, sur les effets de la musique et des prestiges sur certaines imaginations, sur la singulière attraction qu’exercent les serpents à sonnettes et d’autres animaux sur de petits reptiles, des oiseaux, etc., tous faits bien connus et qu’on peut interpréter de bien des manières différentes, je me contenterai de signaler les effets directs qu’on observe sur le système nerveux d’un individu sur lequel un autre agit par influence magnétique.
Il est certain que tous les individus ne sont pas propres à être influencés par le magnétisme: les personnes très-irritables et impressionnables, celles qu’on a appelées nerveuses, surtout celles qui ont de la propension au somnanbulisme ou à l’extase, sont celles qui ont le système nerveux le plus disposé à être modifié par le magnétisme. Lorsque ces personnes sont affectées névropathiquement, soit par hystérie ou hypocondrie, soit par lésion de facultés intellectuelles, instinctives et sensoriales, le magnétisme a réellement un grand pouvoir sur les phénomènes anormaux qu’elles présentent, et il peut devenir untile de remployer.
Il est des individus extatiques et d’une impressionnabilité telle, qu’ils pressentent les objets qui doivent affecter leurs sens, plutôt qu’ils ne se mettent en rapport réel avec eux : c’est quelque chose de curieux à considérer , surtout pour ceux qui ont les sensations un peu obtuses, que cette extrême mobilité et celte vibratilité de certaines personnes dont la sensibilité et les sensations sont mises en jeu à la moindre impression, par un souvenir, une appréhension !
Pour développer des phénomènes nerveux chez iln individu prédisposé, au moyen du magnétisme animal , il s’agit de procéder en établissant certains rapports; par exemple, on met à l’unisson , à l’aide du contact , la chaleur animale, et l’on cherche, en fixant par le regard, à captiver l’attention de celui qu’on soumet à l’influence magnétique : on lui en impose par le recueillement, le sérieux et des pratiques silencieuses; en un mot, on s’empare de son esprit, en le fascinant en quelque sorte, et en lui imprimant la conviction qu’on exerce une puissance quelconque sur lui. Le procédé opératoire consiste à placer d’abord le patient dans un lieu isolé, un peu sombre, où il puisse avoir le plus de recueillement possible, en lui recommandant le calme de l’âme. Le magnétiseur fait en sorte de se recueillir, de s’occu-