NERFS CÉRÉBRAUX ET SUS-SPINAUX
Nerfs de la U" paire cérébrale ou olfactifs. — Cérébro-sus eihmoïdaux et lobules olfactifs (1).
C’est un fait assez curieux dans la science que des organes, aujourd'hui reconnus généralement pour être des lobes cérébraux, soient encore exposés sous la dénomination d e, nerfs dans les ouvrages d’anatomie qui se publient tous les jours. Il y a longtemps déjà que l’anatomie comparative est venue démontrer que ces organes qu’on avait pris pour des cordons nerveux à cause de leur peu de volume et de leur forme alongée chez l’homme, n’en étaient cependant pas; en effet, ils sont entièrement dépourvus de névritème, ils contiennent de la matière grise , ils sont creux chez les embryons et communiquent par leur cavité avec les ventricules hémisphériques. Les anatomistes judicieux se sont aperçus depuis longtemps que ces prétendus nerfs se transformaient en de gros renflements ou des lobes cérébraux chez certains mammifères, chez les reptiles et les poissons (Josias Weitbucht, Comment. peirop.X. 14. Yoy. pl. IL, fig. 12, 13, et 15) ; même chez ces derniers, dans quelques espèces, ces lobes surpassent toutes les autres parties cérébrales, et paraissent en général d’autant plus volumineux que les lobes hémisphériques sont moins développés, mais que la portion de la face qui renferme les cornets du nez le sont davantage (2), et que ces cornets sont plus multipliés; je dirai tout à l’heure pourquoi. Ce qu’il y a de plus singulier encore, c’est que les anciens, apparemment meilleurs observateurs que nos hommes du moyenâge, ne regardaient pas ce lobe chez l’homme comme un nerf, car ils l’appelaient caroncula ; ils ne commençaient à compter les paires de nerfs que du nerf optique, qui pour eux était la lre paire. ( Yoy. Gallien. )
Ces lobes , quoique rudimentaires chez les hommes et les singes, paraissent tirer leur origine de l’hémisphère cardiale, ou être en connexion avec plusieurs de ses parties. Dans les animaux où les lobes olfactifs sont volumineux , surtout pendant le jeune
(i)Pl. III, fig. ire et 2me, pl.Y, fig. 4. Voyez aussi, enmême temps (| que les planches , les tableaux synoptiques. t
(‘2) Les dauphins, qui ont des lobes hémisphériques si volumineux et si plissés , mais qui n’ont pas de cornets naseaux , sont dépourvus de lobe olfactif.
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âge, comme chez les chauves-souris, ils sont creusés d’une cavité qui communique avec celle des hémisphères, c’est ce qu’on remarque surtout chez les squales, dans le poisson congre, où les lobes olfactifs (1) sont les plus volumineux des organes encéphaliques. On remarque qu’outre leur connexion avec les lobes hémisphériques, ils tiennent par un filet d’insertion aux cordons primitifs cérébro-spinaux (2). Cette observation s’applique aussi à plusieurs autres espèces : chez le barbeau, dans les tétrodons, les silures, etc., les lobes olfactifs avec leurs pédoncules ont une longueur double et quelquefois triple du reste de l’encéphale; il est cependant digne de remarque que l’origine, ou l’extrémité postérieure des pédoncules olfactifs, n’est jamais éloignée de la terminaison supérieure des faisceaux cérébro-spinaux et qu’ils sont toujours en rapport, et avec lasubstanceblanche,etaveclasubstancegrisedeslobes hémisphériques (o). Voilà pourquoi, quand ceux-ci sont peu volumineux, les lobes olfactifs sont placés sur la même ligne à leur suite; au contraire, quand les lobes hémisphériques sont volumineux comme chez l’homme et le singe, les olfactifs ne trouvant pas de place pour se développer sont placés en dessous. On doit considérer les lobes olfactifs comme les succédanés ou les congénères des hémisphères cérébraux (4), auxquels ils sont toujours contigus; Desmoulins pense que ces lobes peuvent môme exister avec l’absence des hémisphères {Anatomie des syst. nerv., t. 1, p. 170(5),
(1) PI. II, fîg. 12.
(2) Probablement pour établir les rapports des mouvements et de îa sensibilité avec l’olfaction. (Voyez Harmonies) .
(3) Meckel, dont l’autorité est une des plus imposantes en anatomie, dit que ce nerf naît par trois racines de la partie postérieure et in« terne de la face intérieure du lobe hémisphérique antérieur , et il admet que toutes les racines sont tellement plongées dans la substance grise, qu’on n’aperçoit qife lenrface inférieure, efcqu’il est trèsvraisemblable qu’on doit regarder tonte la masse de substance grise dans laquelle elles sont plongées comme la portion du cerveau (de l’hémisphère cérébral) qui est en rapport avec l’origine du nerf, olfactif \ (Trad. p. Jourdan, Anat., t. 3, p. 117).
(4) H n’est cependant pas permis de les considérer comme congémèresdans toute l’étendue du mot, caron verra, à l’article des hémisphères, que ceux-ci sont même surtout affectés aux opérations de consienee, de jugement et devolition; tandis que les lobes olfactifs, comme on va le voir, ne sont que des organes de perception.
(5) M Bronchet rapporte, dans le t. 2 du Journal de Physiola -
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qu’ils remplacent alors 11 croit qu’il en est ainsi chez les squales et les raies. La roussette a des lobes olfactifs qui sont sillonnés de nombreuses et profondes circonvolutions, comme les hémisphères cérébraux des mammifères.
De la matière grise du pourtour antérieur, inférieur, du lobe olfactif, se détachent des filets nerveux très-ténus, qui pénètrent à travers la lame criblée de l’ethmoïde et vont s’épanouir dans la membrane pituitaire qui tapisse tous les cornets des fosses nasales : ces blets sont les véritables nerfs olfactifs (4); ils sont pulpeux et d’une telle mollesse, qu’il est difficile de les démontrer sans l’action préalable d’un réactif chimique. Ils semblent se fondre avec la membrane même et constituer, par cette fusion, la surface sensitive destinée à être mise en contact avec les corpuscules aériens ou aqueux qui doivent occasioner la sensation dans l’organe olfactif.
Les cornets que cette membrane tapisse, si rares chez l’homme et si multipliés chez les animaux qui se servent beaucoup de l’olfaction, sont tous disposés de manière à retenir le plus possible les corpuscules en contact avec les extrémités nerveuses. Le long conduit même des fosses nasales et tous les sinus environnants, sont construits àcet effet. Chez les poissons on observe une disposition différente, car ce ne sont plus des corpuscules aériens qui doivent être admis et retenus en contact avec lesfosses nasales ; mais bien des corpuscules délayés dans le liquide et qui par conséquent glissent incessamment sur les surfaces olfactives ;
%ie de M. Magendie, p. 269, deux faits d’enfants nés à terme, privés de lobes hémisphériques, étayant des pédoncules olfactifs parfaitement formés. Ce médecin en conclut que les prétendus nerfs olfactifs ne naissent pas des hémisphères, et sont plutôt des lobes indépendants .
(i) Examinés au microscope, on voitd’abord que la dure-mère forme une gaîne à chacun de ses rameaux nerveux ; puis la gaîne de la duremère venant àse terminer, l’arachnoïde, qui fournissait aussi une enveloppe, reste seule; puis enfin la pulpe nerveuse se dégage de névritème et se distribue au-dessous de la lame criblée, dans la membrane qui revêt tous les cornets ou les lames osseuses . en offrant la dispoiition d’un nombre considérable d’anastomoses (pl. V, fig. 1).
Il est à remarquer qu’aucun de ces nombreux tiiets ne va se rendre à la membrane pituitaire des sinus; ce sont les nerfs de la 5e paire qui sont chargés de cet office; aussi ces sinus pourraient-ils bien être, comme les fosses procuîaires des serpents, les véritables réceptacles de l’odorat, et rester étrangers à l’olfaction.
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aussi, chez les poissons, au lieu de cornets recourbés et ayant leur concavité placée supérieurement, ce sont des lames osseuses excessivement minces, larges, feuilletées et tapissées, sur leurs deux côtés, de très-fines membranes sur les surfaces sensitives desquelles glisse incessamment l’eau chargée des corpuscules odorants (1).
Aucun auteur ne me paraît avoir deviné la destination des lobes de l’olfaction, et cependant quelques uns étaient sur la voie; car Rousseau qualifiait l’olfaction de sens de l’imagination. Gall a dit (Anat. etphys , dusyst. nerv., in fol., p. III) : « Certaines « substances inodores pour nous, produisent une forte impresa sion sur l’odorat des animaux; certains animaux sont puissam- « ment excités par certaines choses, pour lesquelles d’autres « sont indifférents ; telle odeur est agréable à un individu et re- « bute à un autre. »
Desmoulins, qui prétend avoir attribué beaucoup d’importance au lobe olfactif, en a totalement ignoré la destination; car il dit ( Anat. dusyst . nerv., t. 2, p. 645): a L’appareil de l’odorat est « en général d’autant plus développé, que les lobes cérébraux le 4 sont moins. Son maximum coïncide môme, chez les squales et « les raies, avec le défaut de ces lobes. Il n’y a donc aucun rap- « port entre le degré de perfection de l’intelligence et l’énergie « de ce sens, puisque tout démontre que l’intelligence réside a dans les lobes cérébraux. » Desmoulins commet ici deux erreurs: l’une, parce qu’il déduit de la non parité de développement la même conséquence, au lieu d’admettre que l’un de ces organes peut suppléer son congénère; et l’autre, en cequ’il refuse l’intelligence aux raies et aux squales, ne fut-ce que celle de se conduire et de poursuivre leur proie.
Desmoulins ne trouve non plus « aucun rapport de la prédo- « minence de l’odorat, soit avec les préférences de tel ou tel ap- « petit pour le genre de nourriture, soit avec tel ou tel mode « de génération, parce que ce sens est à peu près également dé- « veloppéchez les ruminants et les carnassiers, chez les cochons « frugivores et les chauves-souris insectivores, chez le brochet si « carnassier, et chez la carpe, principalement herbivore (Ib.t t. « 2, p. 645 ). »
On voit que Desmoulins ne considère pas les lobes dits nerfs
(i) 11 e.st des physiologistes qui pensent que les poissons n’adorent pas , et cependant ils n’admettent pas, comme moi , une faculté de i’olfaction distincte de l’odorat. En ce cas, à quoi serviraient les immenses lobes olfactifs de quelques-uns?
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délai16 paire, comme les organes de l’olfaction; mais comme le siège du sens, de l’odorat, et, ce qui le prouve encore mieux , c’est qu’il dit plus haut ( Ib , p. 645): « Les narines des poissons « ne reçoivent aucun nerf de la 5e paire. Le nerf olfactif suffit a donc chez eux à l’odorat ( il avait rapporté antérieurement les « expériences de M. Magendie, qui prouventqueles rameaux de « la 5e paire sont les vrais nerfs de l’odorat ). Nouvel exemple,
« conclut-il, que les mêmes parties ne conservent pas inva- « riablement les mêmes propriétés. »
Je distingue :
L’olfaction est, pour moi, une propriété différente de l’odorat; l’une apprend à connaître les objets en les flairant, l’autre à distinguer les odeurs.
Comment se rencontrerait-il un organe si considérable que le lobe olfactif chez certains amm&ux flairants, s’il n’était destiné qu’à établir, comme cela a lieu chez l’homme, la différence presque insignifiante qu’il y a entre une bonne et une mauvaise odeur. S’il en était ainsi, pourquoi n’existe -il pas un lobe particulier pour le goût, qui est bien aussi important que l’odorat?
Que l’on détruise les organes de l’olfaction chez un chien de chasse, un oiseau de proie, ou tout autre animal à forts lobes olfactifs, on verra sur-le-champ, cet animal devenir stupide et incapable d’aucune des opérations où l’olfaction lui servait de guide. Qu’un ozène fasse perdre à un homme le sens de l’odorat, il n’en sera pas moins habile à se conduire et à exercer son intelligence; il perdrait à coup sûr beaucoup plus s’il venait à être privé de la vue, du toucher ou de l’ouïe; mais ôtez à l’animal flairant, la vue, l’ouïe, ouïe toucher, sans le dépouiller de l’olfaction, vous lui aurez laissé le sens qui supplée le mieux à la perte de l’un des autres.
Il y a dansl’olfaction des animaux, des rapports qu’il ne nous est pas donné d’apprécier, précisément parce que nos organes olfactifs ne sont que rudimentaires, et nous ne pouvons pas plus nous rendre compte de la manière dont un chien retrouve, au moyen du sens de l’olfaction, un objet appartenant à son maître et qu’on avait soigneusement caché, qu’un aveugle-né ne peut se former une idée de la lumière et des couleurs. Aveugles ou non, les herbivores savent trouver, à l’aide de leur nez, l’herbe qui i 1 eur convient, et rejettent celle qui leur est nuisible, sans que no- i tre sagacité puisse y découvrir la moindre odeur attrayante ou repoussante. Il est probable que pour un chien ou pour un renard, chaque animal se distingue par uneémanation particulière;
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à l’égard des animaux à olfaction très-développée , tous les objets peut-être sont-ils caractérisés par des principes odorants d’une nature tout-à-fait différente. On dit que les corbeaux sentent la poudre d’une lieue; ce qu’il y a de certain, c’est que de très-loin ils sont attirés auprès des cadavres; et si l’on voulait examiner attentivement tout ce que les animaux savent et acquièrent au moyen de leur olfaction, la surprise irait jusqu’à l’admiration! Toujours est-il vrai qu’on attribue souvent à leurs yeux, à leur oreille, ce qui n’est dû qu’à leur nez (1).
Les lobes olfactifs sont des organes de perception; ils acquièrent, à l’aide du flair , des connaissances que les lobes hémisphériques, véritable siège des motifs déterminants , tournent à leur profit (2), ainsi que les notions acquises au moyen delà vue, du toucher ou de l’ouïe. Seulement, il est probable que ces connaissances sont plus étendues, plus directes et plus précises ; et, s’il pouvait être vrai qu’il existât des animaux vertébrés privés de lobes hémisphériques cérébraux, il n’y a pas de doute que ce soit les lobes olfactifs qui devraient en tenir lieu.
Je ne veux pas ici m’étendre davantage sur ce sujet; j’ai voulu seulement prouver que les lobes olfactifs, ainsi que les nerfs qui en émanent, pouvaient avoir une autre destination que celle de distinguer des odeurs agréables ou désagréables i nous verrons plus loin que ce sont d’autres nerfs que ceux de l’olfaction qui sont chargés de cet emploi.
Le lobe olfactif étant, chez l’homme, complètement rudirne ntaire, il ne peut résulter un grand désordre de sa lésion, à moins qu’elle ne se communique aux parties cérébrales voisines, et qu’elle ne fasse naître uneinflammation, une ulcération, ou telle autre perturbation physique qui peut être commune à d'autres tissus.
Nerfs de la 2e paire cérébrale des optiques. — Cérébro-
oculaires (3).
J’ai dit, aux généralilés, p. 18, queles nerfs pouvaient exister sans que les parties cérébrales dont on avait prétendu qu’ils
(1) Voyez Flourens. Rech. sur le système nerveux , p . q5*
(2) Ce n’est pas avec les yeux, quoiqu’il les ait bien grands-ouverts, qu’un chien ou un chat examine les attraits de sa femelle en chaleur; c’est avec le nez. 11 en est ainsi de mille autres choses.
(3) PI. 111, fig. 142, A.
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émanaient, se fussent formées; cette remarque s’est souvent confirmée à l’occasion des nerfs optiques observés chez les acéphales; les nerfs existent toujours malgré l’absence des cerveaux , mais jamais sans globe oculaire. Le nerf optique et le globe de l’œil ne sont donc en réalité qu’un même organe.
Je n’ai pas à traiter ici des parties constituantes de l’œil, sous le rapport des milieux à l’aide desquels s’exécute le mécanisme de la vision; on sait qu’il faut non seulement que les humeurs de l’œil soient d’une parfaité limpidité, maisencorequ’elles offrent des milieux d’une densité différente, et que les surfaces soient d’une convexité ou d’une concavité parfaitement harmoniques, pour que la vision ait lieu (1). Toutes ces humeurs ne peuvent être sécrétées, comme il sera dit plus loin, que sous la direction de nerfs ganglionnaires. Ainsi donc, toutes les fois qu’il y aura altération des liquides ou humeurs plus ou moins concrets contenus dans le globe de l’œil, c’est aux nerfs sécrétoires qu’il faudra rapporter cette modification. Je dirai seulement, et cela était nécessaire pour se rendre compte de la myopie de la presbyopie et de la nyctalopie normale , ou vue de nuit, quela première de ces affections dépend de la trop grande abondance de l’une des humeurs de l’œil, ou du trop de convexité de la cornée ou du cristallin ; que la seconde dépend des conditions contraires, et que la vue de nuit dépend du reflet nacré et de l’absence de l’enduit noirâtre qui tapisse la choraïde. ( Yoy. Desmoul. ouv. citét. I, p. 544 et suiv., et t. 2, p. 654 et suiv.)
L’action sensoriale propre de l’œil s’exécute au moyen du nerf optique, de la rétine, des nerfs crédiens ou ciliaires et de la branche dite ophtalmique de la 5e paire cérébrale.
On a vu, dans l’exposition des nerfs précédents, que les impressions olfactives sont d’autant plus intenses que les surfaces dans lesquelles se fondent les extrémités nerveuses sont plus étendues, que les cordons nerveux sont plus multipliés, et que les lobes olfactifs sont plus considérables. Il en est ainsi de tous J|es organes de perception qui ont un rapport direct avec les facultés intellectuelles : l’olfaction, la vue et l’audition sont dans ce cas. Les extrémités sensoriaîes du nerf, qui reçoivent l’im-
(l) La netteté de perception des objets , dépend autant de la parfaite limpidité des humeurs de l’oeil , c’est-à-dire de leur bonne sécrétion et de leur quantité, que de l’intégrité des nerfs (V. Desmoulins, Anat., des syst. , nerv . Expériences, t. 2, p. 653 etsuU vantes.) .
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pression, sonl, dans ees trois sens, d’une telle mollesse, et tellement identifiées avec les membranes où elles s’épanouissent, qu’elles semblent former corps homogène avec ce tissu.
La rétine (1 J, que quelques anatomistes regardent comme la terminaison oculairedu nerf optique, et que d’autres considèrent comme une production nerveuse-vasculaire essentiellement diffé rente, est en effet en communication directe avec le nerf cérébrooculaire, et constitue une membrane érectile, vasculaire et nerveuse, dont la destination est de recevoir à travers des milieux réfringents les impressions lumineuses, et à les transmettre au nerf optique. Cette membrane flotte dans l’humeur vitrée, elle est lisse et tendue, et, par conséquent, d’un petit volume chez les animaux dont la vue n’offre pas une grande extension, comme celle des mammifères et des reptiles ; elle n’existe môme pas chez la taupe et quelques rongeurs souterrains ; mais elle est d’autant plus p/lissée et présente une surface d’autant plus considérable que la vue est plus perçante et plus étendue; aussi, chez les poissons vivant dans des milieux plus opaques que les autres animaux , et chez les oiseaux qui distinguent à de très-grandes distances, la rétine offre-t-elle des feuillets disposés en éventail.
Le nerf optique, qui est un gros tronc se portant de la rétine (2) vers plusieurs points cérébraux (o), offre une structure qui n’est pas la môme dans tous les animaux. Chez ceux qui ont la vue bornée, il est en général composé d’une gaine névritèmatique qui s’étend^depuis la pie-mère cérébrale jusqu’à la rétine, mais dont l’intérieur est rempli par une pulpe nerveuse non plissée; dans les animaux à vue perçante et étendue, ce nerf est formé par des plicatures et par une membrane nerveuse dont la disposition imite les feuilles d’un éventail fermé et roulé en cylindre: les plicaturesde l’intérieur du nerf que, Scarpa a représentées comme une disposition canaliculée ( pl. V, fig. 2 ), sont revêtues de névritème dans le trajet qui va du chiasma à la rétine (4), et en sont dépourvues dans le trajet qui va du chiasma,
(1) Pl. Y, fig. 2, b.
(2) Pl. V, fig. 2, b.
(3) Pi. III, fig. i , cc .
(4) Les nerfs optiques diffèrent des autres, non-seulement parce qu’ils se réunissent ensemble et que leur disposition intérieure offre l’aspect d’une membrane plissée , mais encore parce qu’ils sont étroitement eutourés dans leur trajet, jusqu’au chiasma , d’une gaîne fibreuse qui est continue avec le périoste de l’orbite et la dure-mère, et, en devant, avec la sclérotique.
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ou de l’entrecroisement aux lobes cérébraux, car elles existent dans toute la longueur du nerf, depuis la rétine, jusqu’à l’appareil des lames médullaires, développé dans la cavité du lobe optique. Ce caractère est surtout sensible chez les trigles, les spares, les muges, scorpènes, zées, exocètes, tétrodons et autres poissons. Desmoulins a remarqué { Anat . etc , t. I, p. 316) que dans la vive, où le nerf a un diamètre d’environ une ligne, il n’y a pas moins de neuf ou dix plis, ce qui, en doublant la largeur de chaque pli, donne 18 à 20 lignes de largeur à la lame plisséeet 528 à 400 lignes carrées de surface, en prenant la somme des deux faces de la membrane, qui est aussi longue que large, ( ib pl. X, fig. 14 et pl. Vf, fig. 4. )
Dans les oiseaux à vue perçante, la membrane présente encore plus de plicatures et bien plus larges : ainsi l’aigle royal en a au-delà de vingt; il y en a douze ou quinze dans le milan. Dans les oiseaux, ces plis n’existent qu’entre la rétine et l’entrecroisement et dans la rétine elle-même.
Il est des oiseaux chez qui la rétine est plissée, ou au moins assez fortement froncée, sans que le nerf optique offre la moindre trace d’une pareille disposition ; tels sont les courlis d’Europe ( scolopax arcuata ). Dans la corneille-freux , le nerf optique a plus d’une ligne de diamètre, mais il est constitué par une pulpe homogène qui ne présente pas le moindre plissement, cependant la rétine est sinuée par des plis divergents.
On trouve les nerfs optiques sans plis et les rétines tout-àfait lisses chez les batraciens et les ophidiens (serpents), et dans tous les mammifères à vision peu étendue, comme le hérisson, l’ours, le cochon, et dans les gallinacées parmi les oiseaux.
Dans les taupes, les rats-taupes, la chrysochlaure, il n’existe pas du tout de nerf optique ni de rétine, malgré la présence d’un bulbe rudimentaire de l’œil; aussi ces animaux sont-ils privés de la perception visuelle (1).
Il existe aussi des différences chez les animaux par rapport à la direction et aux insertions cérébrales du nerf optique. Dans
(l) Il est des physiologistes qui ont pensé que, chez ces animaux, il y avait transposition, et que le sens de la vue, au lieu de dépendre, chez eux, du nerf optique, se rattachait à la 5e paire (Voyez pl. XIV de l’Atlas de M. Serres, fig. 2Ô7, 259, 268), comme, chez d’autres , l’audition dépend de cette paire, au lieu d’appartenir à la partie molle de la 7e paire.
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l’homme et les mammifères voisins , ce nerf s’insère à trois parties encéphaliques différentes par autant de faisceaux de fibres (1), dont les unes se croisent avec celle du nerf opposé , les autres, non les plus courtes, s’insèrent à la substance grise du tuber cinereum ( pédicule de la glande pituitaire); ces filets régnent sur la face supérieure du nerf, et se rendent à l’œil du même côté sans s’entrecroiser; les fibres de moyenne longueur s’insèrent sur le bord postérieur des couches optiques à une petite masse de substance grise appelée corps géniculé externe, et s’entrecroisent en partie. Les fibres les plus longues se terminent en faisceau applati, ou espèce de ruban, à la partie externe supérieure des tubercules quadri-jumeaux antérieurs; elles s’entrecroisent aussi en partie, et en partie passent directement sur le chiasma; on voit même dans les fê lis , les ruminants, etc, un faisceau très- gros, qui diverge en dehors, et se prolonge dans rhémisphère cérébral avec les fibres de son pédoncule (2).
Dans lesfélis, les insertions aux tubercules quadri-jumeaux et aux couches optiques, se font à-peu-près par parties égales pour la somme de fibres.
Dans les rongeurs, les fibres qui se rendent à la couche optique, sont en minorité ; la plupart se rendent aux lobes optiques ou tubercules quadri-jumeaux ( lobe médian ).
Dans les oiseaux, les reptiles et les poissons, il n’y a pas une seule fibre qui s’insère ailleurs qu’à la partie antérieure et supérieure des lobes optiques ou tubercules bi-jumeaux , et au renflement inférieur auquel on a donné le nom de lobe mammillaire.
Quant aux directions de ces fibres dans tous les mammifères , il y a entrelacement, au moins en grande partie, des deux longs faisceaux optiques, de sorte que les fibres de gauche passent dans le chiasma à droite et vice versa (5).
Dans les oiseaux et les reptiles, la dissection ne démontre ni
(1) PI. III, fig. ire, c, c, c
(2) Prétendre, comme l a fait Gall, que le nerf optique s’insère à la moelle spinale, c’est faire plier l’évidence au désir de systématiser, et l’on sait que cet anatomiste voulait que tous les cordons nerveux , comme les lobes cérébraux, émanassent de la moelle épinière.
(3) Les expériences dans les visisections, font voir que la section d’un nerf optique, avant l’entrecroisement, fait perdre la vue du même côté. Su le nerf est coupé derrière l’entrecroisement, c’est l’œil du côté opposé qui a perdu son action ; enfin, si on coupe l’entrecroisement lui-même, d’avant en arrière sur la ligne médiane, l’animal devient complètement aveugle.
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entrelacement des fibres, ni entrecroisement des nerfs ; seulement les deux nerfs entrent dans le crâne par un trou unique, ils sont juxta-posés et semblent se confondre par leur côté interne.
Dans les poissons osseux, les nerfs optiques se croisent en passant l’un sur l’autre, le plus souvent sans se toucher, mais toujours sans confondre leurs enveloppes, et à plus forte raison leurs fibres (1).
Dans les raies, les squales et les cycloptères lumpus, il n’y a pas de croisement : chaque nerf se termine au lobe de son côté ; dans la dernière espèce, il n’y a que juxta-position de l’anse des deux nerfs optiques, avec une échancrure qui se trouve au devant des lobes optiques.
Dans les oiseaux, aucune fibre du nerf optique ne se termine dans la lame de substance grise qui occupe l’intervalle de la moelle au tuber-cinereum.
Toutes ces fibres aboutissant à des parties cérébrales différentes, doivent avoir pour objet des fonctions différentes : cette indication sera reproduite en son lieu.
Dans le cas actuel, il ne s’agit que d’examiner l’action de la rétine et du nerf optique, relativement au mécanisme d’impression et de transmission visuelle.
11 est certain, d’après ce qui a été dit plus haut, et de plus par les cas pathologiques qui démontrent que la rétine et le nerf optique s’atrophient en raison de la perte de la vision, et vice versa (2); il est certain, dis-je, que la perception a lieu (les milieux optiques étant dans les conditions normales) par l’impression des rayons lumineux sur la rétine; que la transmission de cet effet au cerveau , s’opère à l’aide du nerf optique (5) , et que cette impression est d’autant plus intense que la rétine est plus plissée, qu’elle offre plus de surface, et que, probablement , la multiplicité des points de contact que le plissement des surfaces présente à chaque rayon lumineux a augmenté d’autant plus la force de l’impression, en joignant à cela le plissement du nerf optique. Si l’on ajoute encore à cette multi-
( i ) La disposition anatomique porte à croire qu’il y a toujours croisement, caria continuité de direction accusée par les angles plus ou moins obtus antérieurement et postérieurement au chiasma , est constant. Cependant il y a exception pour certaines espèces de poissons .
(2) Desmoui . , ouv. cité, t. 2,p. GSietsuiv.
(3) Yoy. Journ, expzrim. de Phys., Magendie, t. 4, p. 3o8
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plication de surfaces de transmission, celle des surfaces d’impression, on sera porté à trouver toute naturelle l’immense supériorité de la vue d’un aigle, d’un milan, d’un faucon , qui, des hauteurs athmosplféricjues , où ils sont pour ainsi dire invisibles pour nous, aperçoivent d’un coup-d’œil, sur un horizon de plusieurs lieues, un lièvre, une perdrix, un reptile, que leur couleur, confondue avec celle du sol quand ils sont immobiles , dérobe cependant à notre vue à demi-portée de fusil. Eh bien ! ces oiseaux ont une vue tellement perçante et sûre, que , du plus haut des airs, ils se précipitent sur leur proie, la saisissent et l’enlèvent sans coup férir. Une organisation à-peu-près semblable , était nécessaire aux poissons , qui distinguent leur proie à d’assez grandes distances à travers les eaux.
Il est donc certain que l’énergie et la portée de la vision sont proportionnelles à l’amplitude du plissement, tant dans la rétine que dans le nerf optique.
Des expériences directes, faites sur l’homme, dans les opérations de la cataracte, et sur les animaux vivants, ont prouvé que la rétine et le nerf optique ne sont sensibles ni aux piqûres , ni aux déchirements, et même ne reçoivent aucune impression appréciable du contact des corps durs (1).
Les paralysies partielles de la rétine prouvent que cette membrane nerveuse est susceptible de recevoir l'impression lumineuse et les images projetées de tous les points; indépendamment de cette action directe de la lumière sur la rétine et le nerf optique, il y a aussi correspondance d’action ou synergie entre ces organes et l’iris; ainsi, toutes les fois qu’une vive lumière frappe la rétine, l’iris se contracte énergiquement chez les animaux où cette membrane musculeuse est contractile. Si l’on coupe les deux nerfs optiques après leur entrecroisement, la pupille à l’instant se dilate (2) , quoiqu’elle puisse encore se
(1) Ch. Bell dit qu’une pointe enfoncée dans la rétine occasione une étincelle de feu, ou le passage d’une flamme ( Anat . trad., p. 254).
On ne peut cependant affirmer que la rétine soit complètement insensible, puisqu’une trop vive lumière cause une impression douloureuse; mais il est probable que cette impression est recueillie par les filets sus-oculaires de la 5e paire.
(2) La pupille ne s’élargit pas chez tous les animaux, par la section du nerf optique. Cela a lieu chez le chien, chez le chat, vivants ; mais chez le lapin, le cabiai , au contraire, la pupille se contracte par la section (Desmoulins, Syst. nerv., t. 2, p. 691. Flourens)
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contracter par l’effet des impressions lumineuses ; si on opère la section des nerfs optiques avant leur entrecroisement, la pupille se contracte de môme. Or, on verra plus loin que ce phénomène de construction est dû à l’action directe de la troisième paire : il faut croire qu’il y ait correspondance directe entre les nerfs optiques ou synergie entre eux et la troisième paire.
Nerfs de la 3e paire cérébrale musculo- oculaires j communs. — Ier nerf sus-spino-orbitaire (1).
On a pu voir que le nerf optique, formant évidemment un tube cylindrique qui, au premier aspect, semble n’être qu’un cordon unique, présente dans son intérieur une disposition canaliculée, ou plicaturée, indiquant des courants distincts pour l’innervation ; au moins est-il certain que le nerf optique se compose de faisceaux allant s’insérer à différentes parties de l’encéphale, et ces parties ayant, comme il sera dit plus loin, des usages différents , on comprend que ce nerf, malgré la nature exclusive de ses fonctions, qui la rattache uniquement au sens de la vue, doit cependant se trouver apte à diverses opérations, puisque ses différentes fibres correspondent à différents centres. Ces rapports seront plus tard l’objet d’un examen particulier : il suffit, pour le moment, d’avoir constaté l’existence de ce phénomène; mais il y a plus, le nerf dont il vient d'être question est en concours sympathique d’action , ou agit, comme disent les physiologistes, synergiquement sur l’iris, puisque sa section dilate cette membrane musculeuse, quoique le nerf dit de la troisième paire cérébrale soit l’agent immédiat de ses contractions.
La troisième paire de nerfs, auxquels on a donné le nom de musculo - oculaires communs, parce qu’on a long-temps cru que leurs fonctions se bornaient à faire mouvoir le globe de l’œil, n’est autre chose qu’un nerf composé : ce nerf, ou plutôt ce faisceau nerveux, fait contracter les muscles droits supérieur, inférieur et interne, l’oblique inférieur et le releveur de la paupière supérieure, non par une action simultanée de tous les muscles auxquels il se distribue, mais partiellement et synergiquement , de façon que certains rameaux déterminent la contraction , et certains autres, par antagonisme, la modèrent ou la régularisent. Ainsi, dans les mouvements latéraux, les rameaux du droit interne, agissent sur un œil, simultanément avec le
(i) Voyez pl. 111, fig, c, pl. V, fig. 3.
CORDONS NERVEUX
nerf de la 6e paire de l'autre. Non seulement , ce faisceau nerveux, par une action distincte et séparée, fait subir aux muscles correspondants des contractions provoquées, non par l’influence de la volonté et des excitants moraux, mais encore il envoie des filets à l’iris , et a sur cette membrane musculeuse une action directe, toutefois indépendante de la volonté et seulement proportionnée à l’excitation qu’éprouve la rétine au contact des rayons lumineux. On a remarqué que ce faisceau nerveux de la 5e paire, est d’autant plus volumineux que les animaux ont des muscles expressifs plus développés, ou les mouvements de l’iris plus énergiques { Desmoulins, ouv. cité, t. 1er. page 559 et t. 2, page 691, 695 ). Du reste, c’est toujours un nerf assez gros dans sa totalité (1). Chez l’homme, sa plus grosse branche est située inférieurement au globe de l’œil ; elle naît : 1° par de nombreux filets provenant de l’iris (2) , et allant aboutir au ganglion orbitaire; puis de ce ganglion un filet, appelé courte racine (5), sort par sa partie supérieure et va, le long du côté externe du nerf optique, se joindre à son filet grêle provenant du muscle oblique inférieur (4) ; 2° un rameau ( le plus considérable) émane du muscle droit interne (5) , et 5° un rameau moyen (plus court) émane du muscle droit inférieur (6); ces trois ramaux se réunissent pour former la grosse branche qui va rejoindre la branche supérieure ( plus pe-
(1) PI. III, fig. 2, c .
(2) Si tous les filets dits ciliaires étaient destinés uniquement à la construction de l’iris, on ne concevrait pas pourquoi un si petit organe vient de si nombreux et si gros filets ; mais on verra plus loin qu’ils ne sont pas tous destinés à se rendre à la 3e paire , et que plusieurs d’entre eux sont destinés à former la longue racine communiquant du ganglion^ la 5e paire; d’autres appartiennent, peut-être, à l’appareil ganglionnaire.
(3) (Voyez tabl. synopt. de la 3e paire,) Quelquefois la longue racine du ganglion orbitaire, aboutit aussi au nerf de la 3e paire (Meckel, de c/uinto pare. § 48).
(4) Cette connexion du rameau venant du muscle oblique inférieur avec le rameau ganglionnaire est remarquable, surtout quand on fait le rapprochement de ce rameau avec celui de la 6e paire qui agit concurremment avec un rameau ganglionnaire aussi, et avec celui de la 4e qui communique avec les filets de la 5e , ces trois rameaux étant destinés à agir simultanément dans la direction visuelle. (Voyez 4e et 6e paires des nerfs cérébraux, pl. III, fig. 2.)
(5) Voyez tabl, synopt., 3e paire.
(6) Ibid,
46 coudons nerveux.
Lite), laquelle naît : 4Ü du muscle releveur de la paupière (1), 2° du muscle droit supérieur (2). Ces deux branches ne se con-* fondent qti 'après avoir traversé la dure-mère (5); elles passent derrière les éminences mammillaires (4) et la glande pilui taire (5); les nerfs de chaque côté se rapprochent, et vont aboutir au devant du bord antérieur de la protubérance annulaire, vers le côté interne des pédoncules cérébraux, à-pcu-près à deux lignes au-dessus du bord inférieur, à l’endroit où commence la lame criblée grise qui recouvre la face inférieure du pédoncule; d’autres filets plus petits, au lieu de se rendre à cette substance grise, vont évidemment s’insérer à la face inférieure du pédoncule même.
Il est de ces rameaux qui franchissent les couches transversales de la protubérance annulaire, en s’y épanouissant en forme d’éventail, et s’étendent jusqu’au-dessous du plancher de l’acqueduc de Sylvius (V. Meckel, trad. Jourdan, t. 5. p. 408).
Les nerfs de la 5e paire sont donc en communication avec les cordons de la face abdominale, ou antérieurs, de la moelle cérébro-spinale, d’une part; avec la face de l’acqueduc de Sylvius et du 4e ventricule, et avec diverses parties de la protubérance annulaire, de l’autre.
Ce faisceau nerveux ne naît pas du même nombre de muscies chez tous les animaux. Dans les ruminants, il se distribue à tous les muscles de l’œil, ce qui porterait à croire que les 4® et 6e paires ne sont que des rameaux détachés du même nerf, ou plutôt du même faisceau nerveux, dont le tronc, au lieu de se dessiner en dehors du cerveau, comme les autres nerfs, ne se formerait qu’en dedans, et, ce qui corrobore encore cette croyance, c’est que dans les animaux dépourvus de lobe oculaire normal, et, par conséquent, de nerf optique, il n’existe, ni , ni 4e, ni 6e paires : l’absence de l’une entraîne l’absence des autres.
Dans les poissons osseux, aucun des filets de ce nerf ne provient du globe de l’œil , et il est à remarquer que leur iris est immobile.
Dans les oiseaux de proie, le nerf de la 5e paire, provenant
( i) Voyez tabl. synopt., 3e paire.
(2) Ibid.
(3) Voyez, pour les dispositions anatomiques des faisceaux, la préparation faite par M. Edouard Bouland, et représentée pl. V, fig. 3.
(4) PI. VI, fig. 9, p. 3, fig. i,m.
(5) pl. 111, fig- i, p-
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bien évidemment de l’iris, et offrant une grosseur égale à celle du tronc de ce nerf chez l’homme, se renfle en ganglion, lorsqu’il est près de sortir de l’orbite, et ne communique avec aucun filet de la 5e paire (Desmoulins, ouv. cit. , t. 2, p. 691. ) Il est donc, dès-lors, de toute évidence que le faisceau de la 5e paire préside aux mouvements directs de l’iris; au reste , les expériences suivantes mettent cette proposition hors de contestation. Si, comme il a été dit plus haut, on pratique la section des nerfs optiques, il y a à l’instant dilatation de la pupille : c’est une preuve sans réplique que l’iris est sous la dépendance de la rétine et du nerf optique. Si, après cette section, on approche subitement de l’œil une vive lumière, dont les rayons sont dirigés sur la rétine, l’iris se contracte visiblement; mais, si l’on coupe les filets nerveux qui font communiquer le ganglion orbitaire avec l’iris, ces contractions n’ont pas lieu. Laissez subsister les filets ganglio-orbito-iridiens, en pratiquant la section du tronc de la 5e paire, les mouvements de l’iris seront anéantis; dans cet état, galvanisez le rameau de la 5e paire coupée, vous remarquez des mouvements désordonnés dans l’iris. Si, laissant intègre la 5e paire, vous galvanisez les tubercules quadri-jumeaux antérieurs, l’iris se contractera, ce qui n’a pas lieu lorsqu’ayant coupé la 5e paire, vous laissez subsister la communication par le nerf optique, de ces tubercules sur la rétine (1). Enfin, la section des nerfs qui lient le ganglion cervical supérieur du grand sympathique avec le ganglion orbitaire, ou la ôe paire n’empêche, aucunement les contractions de l’iris, et paraît n’avoir d’influence que sur la nutrition; tous ces faits prouvent qu’il y a synergie entre la rétine et l’iris, par le nerf optique, les tubercules quadri-jumeaux antérieurs, la 5# paire et le ganglion orbitaire , et que c’est un des rameaux de la 5e paire cérébrale qui est le moteur direct de l’iris. Il est certain que l’action de la 5e paire est purement motrice, et que ce faisceau nerveux ne contient aucun élément de sen-
(i) Des expérimentateurs, après l’oblation des hémisphères cérébraux, ayant néanmoins remarqué la continuation des contractions de l’iris, en Ont conclu que cette action n’était pas cérébrale , mais purement ganglionnaire , ou sympathique directe entre la rétine et l’iris (Brachet, Flourens , Gendrin); mais on voit qu’ils n’avaient pas tenu compte de ce cercle nerveux qui lie l’iris à la rétine, en, passant par les tubercules quadri-jumeaux au moyen du nerf optique de la 3e paire. C’est pourquoi les expérienc-s les ont conduits à des conclusions si contradictoires.
COUDONS NERVEUX.
sibilité (1) : on peut irriter et lacérer l’iris, sans y exciter de douleur ; il y a plus, ces lacérations ne produisent aucun effet sur les mouvements y et c’est peut-être pour cela que les filets indiens traversent constamment un ganglion (Voyez appareil ganglionnaire). Il est évident, par ce fait, que l’action de la 5e paire sur l’iris, et la synergie de cet organe avec l’impression de la lumière sur la rétine, sont subordonnées à la vision, et, cependant, elles ne peuvent y être liées que sous le rapport de la précision, ou de la netteté, car l’exercice de la vue peut coïncider avec l’immobilité de l’iris, ainsi que cela a lieu à l’état normal chez les poissons osseux, et comme je l’ai maintes fois observé dans les paralysies de la oe paire, avec dilatation bien prononcée. D’autre part, la vision peut perdre en partie sa précision et sa netteté, sans que la contractilité de l’iris en paraisse altérée, puisque, dans le cas d’amaurose, dépendante des milieux composants, devenus opaques avec intégrité de la rétine et du nerf optique, l’iris se contracte parfaitement.
L’action galvanique, appliquée à la 5e paire, excite des contractions dans l’iris, comme dans les muscles de l'œil : c’est un fait que Nyston et Fowler avaient déjà constaté avant moi.
En résumé, ce quia été appelé 5e paire des nerfs cérébraux est un appareil complexe, auquel il convient de rattacher les 4e et 6e paires (2). Cet appareil préside aux mouvements volontaires du globe de l’œil dans l’orbite, à ses mouvements involontaires dans les passions et les lésions cérébrales, comme il sera prouvé plus loin, et aux mouvements contractiles de l’iris, par l’excitation de la tétine et indépendamment de la volonté.
Ce faisceau nerveux est composé de rameaux tout à-fait distincts, ce qui est prouvé, non seulement par la différence des organes auxquels ils aboutissent, mais aussi par la différence des parties cérébrales avec lesquelles ils communiquent, et par les actions diverses qu’ils déterminent. Ces rameaux agissent isolément, comme on peut s’en convaincre par la diversité de leurs mouvements, par la possibilité d’exciter les uns, en laissant les autres organes en repos; enfin, par le strabisme, les convulsions partielles et les paralysies qui attaquent certains
, (i) Voyez pl. 111, fig, 2.
(2) Des physiologistes disent avoir rencontré de la sensibilité dans les 2e 3e 4e et 6e paires cérébrales ; s’il en était ainsi, ce serait un motifde plus pour regarder ce nerf comme complexe.
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muscles de ce même appareil organique, tandis que leurs congénères, recevant des filets de la même paire de nerfs, jouissent néanmoins de toute l’intégrité de leur action,
Nerf de la 4e paire pathétique. — 2e nerf sus-spino-or -
bitaire (1).
M. Charles Bell est certainement l’un des physiologistes dont les découvertes ont le plus puissamment contribué aux progrès de la science; il s’est immortalisé par ses recherches sur le système nerveux; mais on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’il n’a pas été aussi heureux dans ses travaux sur le soi-disant nerf respiratoire de la face et le respiratoire de l’œil ; j’avoue qu’avec la meilleure volonté du monde , je n’ai pu le comprendre, et j’aurais été bien souvent tenté de me ranger de l’avis du professeur Breweter, d’Edimbourg, des sarcasmes duquel M. Bell prétend avoireu tantàse plaindre, si je n’avais senti qu’une matière aussi grave exige autant de réserve que de sévérité.
Tous les raisonnements de M. Bell , relativement à ces nerfs , m’ont paru forcés, et présentés avec de fausses conséquences; j’ai donc dû étudier spécialement le nerf pathétique sous un nouveau point de vue, sans me laisser séduire par ce mot de pathétique , et sans chercher, comme cet auteur, à réaliser, par une hypothèse absolument gratuite, le titre qu’on avait, à tort ou à raison , donné à ce nerf.
M. Charles Bell , en effet , s’est efforcé de prouver que ce nerf n’était pas sous l’influence de la volonté, qu’il différait totalement de la 5e paire, regardée par lui, avec la 6e, comme étant les nerfs volontaires de l’orbite. Il a prétendu que les muscles droits servaient à diriger la vision , suivant les ordres de la volonté, tandis que le ,muscle oblique supérieur n’agissait que dans les convulsions, aux approches de la mort, pendant le sommeil, les svncopes, et toutes les fois que l’œil était soustrait à la puissance cérébrale (2).
11 n’a d’abord pas pu dire pourquoi il avait, dans ses premiers mémoires, donné au nerf de la 4e paire le nom de nerf respiratoire de l’orbite, quoiqu’il se prévalût de la contraction
(î) PI. III, fig. d.
(*2) Desmoulins veut que cette action soit due au muscle oblique inférieur. (Voyez la note ci-après).
forcée de ce muscle dans l'éternuement, et, ce qu’il y a de plus singulier, c’est qu’il prétend que c’est pour protéger l’œil, que ce muscle se contracte. Il me semble, bien plutôt, que c’est la contraction de l’orbiculaire des paupières qui est chargée de celte protection ; on peut en dire autant du clignottement involontaire. C’est à l’antagonisme d’action de l’orbiculaire, influencé par la 7e paire, et du rameau de la 5e paire chargé de mouvoir le releveur de la paupière, qu’il faut rapporter ce mouvement spontané : les nerfs de la 5e et de la 7e paires peuvent donc aussi agir involontairement.
M. Bell dit encore qu’aux approches de la mort, dans la syncope, et lorsqu’on élève avec précaution la paupière d’une personne plongée dans le sommeil, la pupille fuit sous la paupière supérieure 5 mais ce n’est pas simplement à la contraction involontaire du muscle oblique supérieur, qu’il faut attribuer ce glissement (1), il a lieu, parce que la rétine fuit la lumière, et que la pupille, courant risque de donner passage aux rayons lumineux, cherche à se rejeter dans l’obscurité; c’est par un mouvement instinctif, que souvent nous portons machinalement la main devant les yeux, pour augmenter le voile trop faible des paupières, quand nous avons besoin d’un profond recueillement. Ce physiologiste ajoute que, si l’une des paupières était fermée et qu’on tînt le doigt appliqué sur sa face, il serait facile de s’assurer qu'au moment où l’on ferme l'autre œil , le globe de celui qu’on explore s’élève en môme temps que la paupière de l’autre œil s’abaisse; niais, ici, l’expérience, consultée avec plus de soin , lui donne un nouveau démenti : qu’on fasse sur un singe la résection de la paupière supérieure d’un côté seulement, et l’on se convaincra qu’au moment où il ferme l’autre œil, celui qui se trouve à nu demeure complètement immobile : l’observation de Bell porte donc à faux; c’est la contraction simultanée de l’orbiculaire déjà abaissé qui lui a fait illusion. D’ailleurs, les globes, de chaque côté, n’agissent jamais que simultanément, à
(i) J’ai fait voir, dans mon mémoire sur l’action musculaire des muscles d’expression ( i83o) , que si le muscle oblique supérieur agissait seul, sans antagonisme, la pupille devrait être portée en bas et en dedans; si c’était le muscle oblique inféiieur, la pupille, dans ce mouvement rotatoire, irait se placer au bas et au-deliors, vers l’angle externe des paupières : ainsi, la pupille ne fuit pas sous la paupière supérieure, par la contraction de l’oblique supérieur, comme le prétend M. Bell, ni parcelle de l'oblique inférieur, ainsi que l’a dit Desmoulms ( Anat. , t. 2, p. G96) .
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moins de strabisme, ou de paralysie. 11 serait oiseux de discuter tous les motifs que le physiologiste anglais allègue en faveur de son opinion , je crois plus utile de présenter mes propres observations.
Le muscle oblique supérieur n’agit presque jamais sans le concours de l’oblique inférieur, à moins qu’on ne veuille forcément loucher. Cela étant reconnu, comment concevoir que le nerf de la 4 e paire ( nerf involontaire ) agisse simultanément avec le rameau de la 5e paire qui gouverne l’oblique inférieur, puisque ce nerf de la 5e paire n’est, selon M. Bell, qu’un nerf volontaire (l) et ne pouvant produire qu’une action différente du premier. 11 est donc faux que l’un soit essentiellement involontaire et l’autre essentiellement volontaire. La 4e paire de nerfs est complètement insensible aux dilosécrations, il n’en résulte que des convulsions ( Journ. exp . de Phys ., Magendie, t. 4, p. 515).
Les quatre muscles droits sont destinés à mouvoir l’œil dans l’élévation, l’abaissement , l’adduction et l’abduction, en agissant par antagonisme; ils ont aussi la faculté d’incliner l’œil obliquement, lorsque deux muscles voisins se contractent ensemble et qu’il y a antagonisme des deux opposants. Cet effet a lieu volontairement ou involontairement à l’aide des mêmes muscles.
Puisque les muscles droits peuvent servir à l’action directe et à l’obliquité, à quoi servent donc les muscles obliques? le voici :
Dans mon mémoire sur les muscles de l’expression ( in-8°, 1850), j’ai établi que les muscles obliques sont avec leur antagoniste ( le droit externe) directeurs du globe de V œil dans la vision, et, par conséquent, ils sont comme l’iris sous l’influence directe des besoins de la rétine. Si l’on veut s’assurer de ce fait, qu’on place à 10 mètres de distance un objet, et qu’on examine le degré de convergence qui s’établit dans les pupilles, à mesure qu’on rapproche cet objet du bout du nez, ou le degré de divergence qui s’y manifeste à mesure qu’on l’éloigne, eî la question sera résolue sans difficulté. Je me dispenserai d’entrer ici dans les raisons qui prouvent que c’est aux muscles obliques et à l’antagonisme du droit externe que cette action est due : quiconque a étudié le strabisme, a acquis sur ce sujet plus de lumières que je ne pourrais lui en fournir. Cette conformité de fonction avec la
(î) Dearaoulins dit que le rameau de la 3e paire se rendant au muscle oblique, est conducteur d’une influence involontaire et automatique ( Anat t. a, p. (igG)-
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5e paire est encore une raison suffisante pour regarder le nert dit de la 4e paire, et la 3e comme dépendants d’un môme système, quoique M. Ch. Bell s’efforce de faire remarquer le grand éloignement existant entre l’insertion de ce nerf au cerveau et celle de tous les autres nerfs qui se rendent dans l’orbite. Ce rameau nerveux, le plus petit de tous les nerfs cérébraux qu’on a considérés comme des nerfs primordiaux, naît dans le muscle oblique supérieur (1), dont il se détache par son milieu. Après avoir communiqué au moyen de quelques filets anastomatiques avec la 5e paire et fait un long trajet dans le crâne, il se dirige vers la face inférieure du pédoncule cérébral, gagne le bord antérieur de la protubérance, puis, cheminant en arrière et en haut sur l’extrémité supérieure des prolongements antérieurs du cervelet, il se bifurque sous forme de deux racines divergeant souvent d’un demi-pouce, et se rend derrière la moitié externe des éminences postérieures des tubercules quadri - jumeaux, et à la partie antérieure et externe de la face supérieure de la valvule cérébrale. Ainsi la racine, ou l’insertion postérieure, se perd dans les fibres postérieures des faisceaux cérébro-spinaux, etla racine antérieure aboutit aux fibres médullaires transversales qui couvrent en cet endroit la valvule, et l’on a vu que la 3* paire aboutissait par des rameaux d’insertion au plancher de l’aqueduc de Sylvius dans la même région. Quelquefois aussi le nerf de la 4e paire aboutit au centre nerveux par trois racines (2) ( Meckell, tr. par Jourdan, t. 3, p. 105).
Dans les trois premières classes de vertébrés et chez les raies et les squales, le nerf de la 4e paire s’insère derrière le bord postérieur des lobes optiques, dans l’intervalle de ces lobes et du cervelet, aux fibres médullaires cérébro-spinales postérieures. Chez les poissons osseux, ce nerf s’insère plus bas , près de la face inférieure de la moelle, c’est-à-dire aux fibres médullaires cérébro-spinales antérieures: il peut donc y avoir diversité de lieu d’insertion, mais ce cas supposé doit entraîner une diversité de fonctions correspondantes. Cette conséquence n’est que probable, et les progrès de la physiologie comparative peuvent seules nous en donner la confirmation.
Le nerf de la 4e paire est donc, concurremment avec le ra-
( l) PI. III, fig. 2.
(2) Ce qui fait supposer que ce nerf, tout exigu qu’il soit, peut être composé d’au-moinstro. s 'rameaux distincts, chacun chargé d’une fonction différente.
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meau musculi-maxillo--ocuIaire de la 5e paire et le nerf de la 6e paire, directeur du globe de l’œil dans la vision, c’est-à-dire, agisant à l’insu de la volonté, sous l’influence des besoins éprouvés par la rétine (1). Il peut rentrer sous la puissance de la volonté avec le concours des deux autres nerfs dans l’action de loucher, et l’on voit que sa puissance involontaire, relativement à l’influence visuelle, n’est pas anéantie dans le strabisme ; car, chaque fois que l'œil qui a conservé l’intégrité de tous ses mouvements, se dirige de manière à mettre la pupille en paraiellisme avec la rétine, l’inspection prouve que les mêmes efforts, quoique infructueux, ont lieu dans l’œil dévié.
Le strabisme existe rarement en dehors, quoique le muscle droit externe soit le plus fort des six muscles de l’oeil , et que son nerf moteur soit plus gros qu’aucun des autres rameaux musculaires, parce qu’il a à lutter à la fois contre trois antagonistes qui tirent l’œil en dedans ( les deux obliques et le droit interne ). Or , l’antagonisme est le principe de l'action musculaire mesurée T comme nous le verrons partout.
Toutefois, je ne prétends pas nier que le nerf de la 4 e paire ne puisse agir dans l’expression et ne justifie son titre de pathétique, car je reconnais que, dans la colère et d’autres passions aiguës, le globe de l’œil peut être tiré en avant par le muscle oblique supérieur, tous les autres muscles agissant par antagonisme pour fixer le globe et permettre le seul mouvement de saillie en avant. Ce mouvement ne prouve qu’une chose: il établit bien la réalité d’une action involontaire opérée, par la 4me paire et semblable à celle qui caractérise aussi la direction visuelle, mais il ne prouve nullement que ce soit un nerf respiratoire.
Nerfs de la 5e paire cérébrale. — Nerf tri-jumeau ou tri-facial. — Cêrèbro sus-sphénoïdal (2).
Ce que j’ai dit delà 5me paire, considérée comme nerf simple, bien que composée de rameaux dontl’usage varie, etdes4e et 6e paires comme appareil nerveux collectif, s’applique avec une plus grande extension à cet appareil compliqué qu’on a nommé nerf de la 5n,e paire, et qui constitue tout un système nerveux
(i) Et c’est ce dont ces insertions rendent parfaitement, raison. U) PI. III, fig. 3 et 4> f. Voyez tableaux syriopt.
CORDONS NERVEUX
distinct ou au moins une division chargée de fonctions spéciales.
L’étude, encore si peu complète, de toutes les parties du système nerveux dans rétendue du règne animal , nous a fait méconnaître surtout les analogues , et cependant, quand on observe et qu’on médite, onest forcé de reconnaître, avec Hunter, que les origines et le nombre des nerfs principaux ne varient jamais, les mômes parties centrales présidant aux mêmes fonctions. Dans toutes les séries d’animaux, les nerfs sont divisés en sensoriaux, sensibles et moteurs. Les nerfs des sens sont réellement distincts de ceux du sentiment et du mouvement, et, de même qu’il y a des différences sensoriales patentes, il existe aussi des différences de sensibilité, comme par exemple entre la verge et l’estomac, etc., à quoi l’on peut, ajouter, depuis les travaux des physiologistes modernes, des différences tout aussi capitales de mouvement, ainsique le démontrent le mouvement respiratoire, celui de l’expression, le mouvement volontaire, la locomotion involontaire, et le mouvement propre aux appareils de nutrition; et, non seulement il y a des nerfs particuliers propres à tous ces actes si différents les uns des autres, mais encore ces nerfs sont compliqués en raison de la perfectibilité de l’organisation animale, et redeviennent simples en raison du rétrécissement des facultés soit perceptives, soit déterminantes. Mais, si l’on examine ces rapports de plus près, en tenant compte des différences d’organisation et de nature, on voit que c’est sur le même plan que toutes les fonctions sontcalquées : les mêmes organes fondamentaux se reproduisent partout; iis ne présentent que des nuances de détails, ou des variétés, mais jamais de combinaisons disparates ou de contre-sens , et il en est des organes centraux comme des cordons nerveux. Les animaux les plus simples ont des organes nerveux qui ne sont que les rudiments de ceux d’une organisation plus compliquée. Les animaux du plus bas étage ont un système nerveux, imperceptible à nos sens, mais dont l’existence est prouvée par leurs fonctions; d’autres semblent n’avoir que deux filets nerveux avec un renflement; il en est qui sont pourvus d’un certain nombre de nœuds ou de renflements, constituant autant de centres particuliers et indépendants (4); d’autres, enfin, qui ont des parties tellement diverses, et cependant tellement dépendantes
(1) Voyez Généralités, considérations sur /’ organisme animal , p. 3, et pl. I re.
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les unes des autres, qu’il n’y a qu’une extrême complication d’organisation qui puisse rendre compte d'une telle existence ; mais on remarque dans tous une formation régulière et toujours soumise aux mêmes lois; aussi les animalcules micros-* copiques, infusoires, ou autres, les mollusques, les annelides , les articulés, les vertébrés , ont tous un système nerveux approprié à leur organisation , toujours régulier, toujours disposé selon la nature des fonctions qui lui sont dévolues. Quelques physiologistes ont cru voir une frappante analogie entre les cordons nerveux et les rendements des animaux invertébrés, avec l’appareil ganglionnaire ou le nerf grand sympathique des vertébrés; mais il n’y a ni parité d’organisation, ni parité de fonction (i) ; il y aurait plutôt analogie avec laformation primitive des cordons cérébro-spinaux, et leurs principaux rendements ou lobes. Les fonctions étant si différentes et les formes si peu semblables, il faut, bien qu’il y ait aussi di ss inülitude dans l’organisation; mais , dès que nous apercevons rapprochement dans les espèces, ou même acheminement dans les classes d’une grande fraction du règne animal, nous voyons le plan uniforme d’organisation nerveuse se développer; ainsi, quand on jette les yeux sur l’atlas de M. Serres, en comparant la progression cérébrale dans les quatre classes d’animaux vertébrés , ou qu’on. suit le développement successif du, cerveau de l’embryon humain., dans l’ouvrage de Tiedemann,, on se convainc aisément de celte vérité. Il en est de même pour les cordons nerveux, ceux-ci n’étant autre chose que les liens qui attachent tous les organes corporels à leurs centres d’action; ces organes ayant, malgré la variété de perfection, des usages identiques, devaient avoir pour agents des nerfs remplissant les mêmes fonctions , et être en. rapport avec des centres de conformation semblables, sauf la plus ou moins grande extension que devait requérir le perfectionnement d’organisation. Mais toujours est-il vrai ( et cela deviendra évident après l’exposition complète de cet ouvrage ), que tout le système nerveux, dans son état d’intégrité, fonctionnant avec une simultanéité admirable* est composé de parties essentiellement diverses ; que cet ensemble, cette unité d’opérations, résulte de la diversité des nerfs qui se rendent ou à un même organe, ou à une série d’organes concourant à une même fonction organique, et que des diverses
(i) Voy ez, appareil ganglionnaire.
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connexions des nerfs, ou de leurs rapports avec différentes parties Centrales du système, résulte la liaison ou l’harmonie entre les opérations vitales. C’est pourquoi les paires de nerfs, telles que les ont classées nos devanciers, offrent des Combinaisons et des fonctions en apparence si bizarres, ou au moins si peu conformes, parce qu’on s’est attaché, aussi bien pour les cordons de communication que pour les centres nerveux, aux différences de formes et aux apparences de réunion, au lieu d’étudier les fonctions de chaque partie. J’ai dit aux apparences de réunion; car, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que les dispositions des nerfs sont tout autres que ce que l’on avait cru d’abord (voyez pl. V. ). On a commencé par considérer mécaniquement les organisations les plus compliquées, et l’on a cherché ensuite à trouver des ressemblances entre ces organisations et celles des es’pèces les moins parfaites, lorsque l’on devait, au contraire, s’élever du simple an composé, et ne comparer les différences de structure qu’avec celles de fonctions; aussi la science était-elle alors si grossière, en ce qui concerne le système nerveux, que les anciens regardaient tous les nerfs, comme des instruments affectés sans distinction aux mouvements, ou à la sensibilité (1). Qui ne sait qu’avant Gall, notre contemporain, on coupait le cerveau par tranches, pour en faire l’anatomie, et y rechercher des altérations, sans apprécier à sa juste valeur la lésion de telle ou telle partie. Aujourd’hui même, il est beaucoup de médecins qui se contentent d’appeler du nom générique de cerveau, toutes les parties cérébrales, ou qui ne considèrent comme formant spécialement le cerveau, que les hémisphères, toutes les autres parties n’étant pour eux qu’accessoires. Il faut déplorer une telle ignorance des organes les plus importants de la vie, que les médecins surtout sont si intéressés à connaître, et dont les moindres dérangements sont si graves, qu’ils compromettent au suprême degré l’existence, ou font le désespoir des individus qui en sont affectés, ou de ceux à qui ils sont chers.
La 5e paire de nerfs, sans avoir l’importance d’un organe central, est une des divisions du système nerveux les plus importantes. 11 n’en existe même qu’une autre qui soit aussi compliquée, et qui jouisse d’attributions aussi diverses et tout à la fois aussi essentielles à la conservation de l’existence.
(i) Voyez Exp . des sjst. de nerf de M. Ch. Bell, trad franc,, p. 2 52.
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Cet autre appareil a été appelé le nerf vague par les anciens , classé sous le nom de 8J paire cérébrale par Willis, et désigné sous le nom de pneumo- gastrique par les modernes. Ces deux appareils nerveux constituent, en effet, deux grandes portions du système, et ne permettent de regarder les autres nerfs, que comme des organes pour ainsi dire secondaires ou accessoires (1), car eux seuls semblent présider aux impressions; sans eux , la conscience serait nulle: ces appareils en forment les principes ; ce sont eux qui conduisent les percepteurs : l’un , ( la 5e paire ), les impressions extérieures ; l’autre ( la pneumo-gastrique ), les impressions internes. Enfin, ces deux divivisions du système nerveux sont d’une telle importance, que chez les animaux invertébrés, qui dans leur texture commencent à offrir des irradiations nerveuses distinctes, ils forment à eux seuls le système nerveux latéral ; et, dans les classes les moins élevées des vertébrés (les poissons et les reptiles du plus bas étage ), iis constituent bien évidemment les nerfs principaux , aboutissant eux seuls au lobe sus-spinal, ou du 4e ventricule, lequel est , chez tous les animaux vertébrés , le point de convergence des sensations tant internes qu’externes (2), moins la vue et l’olfaction. Ce lobe, si peu apparent chez l’homme, renfermé entre les cordons primitifs cérébro-spinaux, constitue chez les animaux inférieurs, et de l’échelle des vertébrés, un des trois lobes essentiels de leur encéphale (5), et où certes il jouit d’une bien plus haute importance que les hémisphères cérébraux, organes si exigus chez les vertébrés inférieurs, mais devenus si éminemment volumineux dans l’encéphale humain parvenu à son summum de développement, et auxquels toute l’antiquité avait imposé le nom exclusif de cerveau. Le lobe sus -spinal n’en conserve pas moins, comme on le verra en son lieu, toute son importance primitive chez l’homme, et n’en préside pas moins chez tous les animaux vertébrés, à la perception des impressions sensibles sur tous les points du corps. Dans l’homme comme dans les animaux inférieurs, c’est à ce lobe que vont aboutir les nerfs de la 5e paire et du pneumo-gastrique.
La 5e paire, chez les animaux invertébrés , c’est-à-dire son analogue, provient évidemment de tous les organes du toucher,
(i) Voyez, à l’exposition de l’appareil ganglionnaire, ce qui concerne le système nerveux des animaux invertébrés .
fa) Voyez l’exposition des lobes cérébraux.
(3) Voyez formation du syst. nerveux.
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du goût et des autres sens placés à la partie antérieure de l’animal pour explorer le monde extérieur (1) , tandis que l’analogue du pneumo-gastrique est chargé de la digestion, des exonérations et de tous les mouvements viscéraux. A mesure que l’organisation se complique, d’autres nerfs apparaissent; ils ne sont peut-être que des filets sur-ajoutés, des rameaux accessoires qui doivent se rallier ou au moins entrer sous la dépendance de ces deux grandes divisions principales.
Le nerf analogue de la 5e paire, chez les invertébrés, ne se borne pas à recevoir les impressions de la partie antérieure du corps de l’animal, toujours portée en avant pour palper ou explorer, quoique les ramifications les plus nombreuses s’y distribuent, il reçoit encore les impressions de toutes les parties externes et des extrémités du corps, et même en remontant jusqu’aux vertébrés, chez un grand nombre de poissons, si l’on en croit Desmoulins, le nerf de la 5e paire ne se bornerait pas à recevoir trois grosses branches principales, ainsi que cela a lieu chez les mammifères, mais il en recevrait jusqu’à six (Voyez Desmoulins, Anat., t. 2, p. 559 et suivantes). Les premières notions importantes sur la 5° paire, relativement à sa connexion avec l’encéphale et la distinction de ses rameaux, ne datent que de Gall. Voici ce qu’en dit ce célèbre anatomiste (p. 77, in-fol.)
« L’anatomie comparée donne encore, à ce sujet, les lu- « mières les plus sûres. Chez les poissons , le ganglion ( le lobe) , <t d’où ce nerf prend son origine, est isolé r et les filets sont, 4 dès leur naissance, séparés de la masse commune. »
Desmoulins affirme que chez certains poissons, toutes les extrémités du corps sont rattachées au lobe du 4e ventricule par la 5e paire (ouv. cité, t. 2 , p. 556).
On a dû voir, à l’article de la 5e paire, qu'il peut y avoir des anomalies assez remarquables dans un même nerf, selon les différences des espèces, et bien certainement selon la diversité de fonctions; ainsi, chez les poissons osseux, à iris immobile, il n’y pas de rameaux iridiens; on a vu la longue racine du ganglion orbitaire se porter à la 5e paire au lieu de la 5a (M.eckel, de quinto pare , § 48). Les 2e, 5e, 4e et Ge paires manquent totalement chez les animaux privés d’appareil visuel; enfin , j’ai dit que non seulement le nerf de la 5“ paille était composé de rameaux essentiellement distincts, qui, probablement, sont autant de nerfs différents, mais qu’il est à croire que la 4e et la 6e paire
(i) Ch. Bel!, Exposition, t. i, trad., p. 55.
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ne sont que des rameaux dépendants de la 5e paire comme appareil nerveux collectif. Toutes ces règles sont applicables à la 5e paire et avec plus de raison qu’à la 5e, laquelle, elle-même, est sous la dépendance du nerf optique (Voyez 2e et 5e paires). Aucun nerf n’a plus embarrassé les anatomistes et les physiologistes que la 5e paire; au reste, ils regardaient chacune des paires de nerfs comme des corps simples; mais, quelqu’efforl qu’ils fissent, ils ne pouvaient faire concorder cette simplicité supposée avec la multiplicité et la diversité des usages de ce nerf.
Ce qu’a dit Gall est très-vrai : certains poissons, comme les raies et les squales, ont les branches du nerf de la 5e paire manifestement séparées; ces branches sont très-volumineuses et s’insèrent séparément au 4e ventricule; ce sont donc, à coup-sùr, des nerfs distincts.
Tous les poissons n’ont pas ces nerfs disposés de la même manière, ni en nombre égal. Dans la lamproie, cette 5e paire est si volumineuse, qu’elle surpasse au moins deux fois le calibre de la moelle; mais son tronc n’est composé que de deux branches, l’ophtalmique et la maxillaire , qui, à l’exception de quelques filets capillaires provenant des muscles de la bouche et de l’hyoïde, constituent les seules divisions de ce nerf. Chez les esturgeons, la branche opthalmique, au contraire, est tout-à-fait rudimentaire, et ne se prolonge pas jusque dans la cavité crânienne, ce n’est qu’un rameau qui va rejoindre celui qui provient des barbillons, et les nerfs maxillaires.
En général, la branche dite ophthalmique n’émane que par un filet extrêmement ténu du globe de l’œil chez les poissons; aucun filet ne peut provenir du front, comme chez les mammifères, car il n’y a , dans cette partie , aucune sensibilité , ni aucune sécrétion; mais les principaux filets viennentdu bout du museau ou de l’orifice des narines, et jamais de leur intérieur, tapissé par la pituitaire, comme l’avaient avancé Monro et Scarpa; il est remarquable que les poissons, bien que guidés par l’olfaction (voyez Ire paire), sont insensibles aux odeurs (1). 11 n’y a donc, à proprement parler, chez les poissons, qu’un filet oculaire et un naso-cutané, mais il n’y a ni pré-oculaires, ni
(i) Le nerf appelé accessoire de l’olfactif, se distribue, dans la raie, le barbeau, le congre, à la peau du pourtour des narines. 11 n’y exerce que le fait ordinaire, et ou ne peut avoir conséquemment aucune action relative aux odeurs f Desmoul . , ouvr . , cité . , t . i, p . 3fi2 . )
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lacrimaux (on bail qu’ils ont la conjonctive insensible et qu’ils sont dépourvus de paupières et de glandes lacrymales). Il n’y a pas non plus chez ces animaux de nerfs inlra-naseaux, ni d’anastomotiques avec la 7e paire, car nous verrons plus loin que cette paire elle-même n’existe pas chez eux , ni chez les reptiles et les oiseaux, ou au moins n’est composée que de quelques blets rudimentaires dans certaines espèces -.voilà donc à quoi se réduisent les rameaux dits branches ophtalmiques, ou mieux sus-sphénoido-orbitaires (Voyez mon Anatomie méthodique , ou les tableaux à la fin de la ire partie de ce volume) chez les poissons.
La 2e branche existe constamment, ainsi que l’orbitaire, dans les quatre classes de vertébrés. Presque tous les filets de cette branche, qui est la sus-sphénoido-maxillaire supérieure , proviennent , chez les poissons, des barbillons (1), du pourtour de la lèvre supérieure et des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure. Quelquefois on trouve une anastomose avec la branche palatine, il n’y a donc, ici, ni intra-maxillaires (le sinus maxillaire est affecté aux odeurs), ni musculaires pour l’expression, ou autres, si ce n'est ceux qui proviennent de la lèvre supérieure et des barbillons. De plus, il y a cette différence, entre les poissons et les classes supérieures, que, chez les premiers, les rameaux qui vont porter le mouvement aux muscles masticatoires, se rendent de ces muscles à la 2e branche, tandis que, dans les autres classes, ils vont se rendre à la 3e, preuve que ces branches elles-mêmes, qui ne paraissaient que des divisions d’un même nerf, sont composées de nerfs essentiellement distincts.
La 3e branche , sus-sphénoido-maxillaire inférieure , est aussi constante dans les quatre classes des vertébrés : elle se compose de rameaux venant des dents , de la bouche et des muscles abaisseurs de la mâchoire intérieure, ou élévateurs de l’hyoïde. U est à remarquer, ici, que les rameaux qui proviennent des muscles abaisseurs de la mâchoire, vont se rendre à la 5e bran-
(l) Dans les poissons osseux, chaque barbillon est formé par un tube de texture fibreuse recevant des vaisseaux sanguins et des filets nerveux : cer organes sont érectiles et ont beaucoup d’analogie avec les corps caverneux de la verge des mamnnféres, ou avec leur mamelon. Ce sont probablement les analogues de ces rameaux nerveux qui se distribuent aux antennes des insectes, aux moustaches des chats (Voyez la note de la page 55 de V Exposition , et de M. Ch. Bell, traduct. de Genest), aux tentacules des mollusques. Tous ces organes sont purement des organes du toucher.
che chez les poissons comme dans les classes supérieures ; il n’y a que l’élévateur qui se rende à des branches différentes , les rameaux des muscles d’expression n’existant pas par la raison énoncée plus haut. Les nerfs dentaires, qui, dans les classes supérieures, proviennent de deux branches différentes, paraissent ici ne se rallier qu’à la 5e branche. Enfin, le nerf lingual ne m’a pas paru former ici un nerf propre, ce qui me porterait à croire que le goût chez les poissons, ou se trouve répandu sur toute la surface de la bouche, ou dépend de la branche linguale fournie par le pneumo-gastrique.
Les trois branches suivantes ont été appelées par Desmoulins ichtyologiques , comme propres aux seuls poissons.
La 4e branche, appelée par le même auteur ^sphéno- palatine , qu’il vaut mieux nommer sus-sphéno-palatine vient principalementde la mâchoire palatine, et, en sus, dans quelques espèces, de la lèvre supérieure; elle s’anastomose souvent avec le grand sympathique, d’autres fois avec la branche maxillaire supérieure, plus souvent avec le premier nerf spinal; elle s’anastomose aussi chez plusieurs espèces, avec le pneumo-gastrique, et communique avec la branchie; cette branche me paraît être l'analogue du glosso-pharyngien qui, selon Desmoulins, manquerait absolument à tous les poissons, à moins qu’on ne veuille la considérer comme le lingual ou comme un nerf respiratoire.
La 5e branche , sus-sphénoido-branchiostège ou operculaire, naît des panneaux qui forment aux branchies l’appareil d’impulsion et de protection dont le thorax est, en quelque sorte, l’analogue chez les mammifères et les oiseaux, et de l’opercule. Quelques filets proviennent de la partie externe de la mâchoire inférieure. Il est à remarquer que cette branche est constamment pourvue d’un ganglion chez toutes les espèces , tandis que les autres branches en manquent souvent et lui sont presque toujours inférieures en volume (1); il est manifeste aussi que cette branche reçoit l’insertion du cordon par lequel le nerf grand sympathique se prolonge au devant du premier de ses ganglions. Chez la baudroie, où la membrane branchios-
(i) Chez les trigles, ©ù tout 1’intérieur de la bouche est rugueux, comme corné, et de consistance presque osseuse, il n’y a probablement qu’une sensibilité très-obtuse daus cette partie et les autres cavités de la face ; aussi n’y a-t-il que le nerf operculaire qui soit volumineux et pourvu d'un ganglion; les quatre autres nerfs n’y sont que rudimentaires ou presque nuis.
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tège forme la paroi d'une immense cavité évidemment destituée à la respiration, celte branche offre un volume triple de celle de la plupart des autres espèces, et son ganglion égale en volume près de la moitié de tout l’encéphale.
En conséquence de ces diverses dispositions, il me paraît que cette cinquième branche est un nerf exclusivement respiratoire. Peut-être est-il l’analogue de l’accessoire de Willis, ou même du nerf respiratoire inférieur de M. Ch. Bell.
La 6 e branche, que Desmoulins nomme p té ry go -dorsale, n’existe que dans quelques espèces, par exemple les silures et les gades. Cette branche occupe toute la longueur du corps dans la région dorsale; elle est assez volumineuse dans les silures. Un épanouissement de tilets nerveux forme l’extrémité de cette branche ; iis proviennent de la queue. D’autres rameaux viennent principalement des deux premières paires de nageoires et de la membrane tendue sur la grande clavicule.
Cessix branches ne sont pas toujours ainsi invariablement distribuées chez tous les poissons , et elles présentent des différences, selon les diversités d’organisation ; ainsi, il est des espèces pourvues d’organes totalement étrangers aux autres espèces.
Nous avons vu, à propos de la Pe paire de nerfs cérébraux , chez certains animaux à lobes olfactifs très-developpés et à cornets-naseaux très-multipliés, un appareil sensorial (l’olfaction) dont l’espèce humaine à lobule olfactif rudimentaire, à cornetsnaseaux si limités, n’a aucune idée. De même, à l’occasion de la 2e paire de nerfs , nous avons remarqué, chez certains oiseaux à vue perçante (les aigles et un certain nombre de poissons) , des rétines et des nerfs optiques plissés, tandis que tant d’autres espèces à vue très-bornée ont ces organes lisses. Il y a donc manifestement des différences d’organisation dans les appareils nerveux, selon les besoins des espèces : c’est cette même remarque , sur laquelle je ne saurais trop insister â propos de la 5e paire, qui m’a conduit à dire que les organes fondamentaux présentent des différences ou des variétés, et nous verrons bientôt qu’il est des espèces pourvues d’organes totalement étrangers aux autres, et, qui conséquemment, doivent avoir des nerfs dont ces espèces sont privées. Yoilà pourquoi , aussi , ces six branches de la 5e paire présentent quelquefois de si notables i
différences chez certains poissons; ainsi, dans les raies elles l
squales, aux parties latérales de la tête, s’étendent depuis les narines jusqu aux oreilles, des organes gélatineux, sans conduit excréteur , lesquelles reçoivent une grande partie des rameaux ner-
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veux de la 5e branche et plusieurs rameaux venant d’autres branches. Tous ces filets nerveux se terminent sous forme arborescente dans ces organes , qui , sans doute, servent de siège à certains sens dont la nature nous est inconnue. 11 est de plus à remarquer, chez les raies, que le nerf acoustique (8e paire de quelques auteurs, portion molle de la 7e pairede quelques autres) n’est qu’un rameau de la 5e branche de leur ôe paire (selon Desmoulins); dans les torpilles, cette 5e branche est de beaucoup plus grosse que toutes celles de la 5e paire : un de ses rameaux anime la batterie électrique, organe sensitif et moteur, et peut-être sensorial, qui est propre à ce singulier poisson.
En résumé, dans les poissons, s’il était permis de considérer comme un même nerf tous les rameaux que Desmoulins attribue à la 5e paire , il faudrait, non-seulement que celte paire contînt des rameaux musculaires masticateurs, des rameaux sensoriaux, pour recueillir les impressions des odeurs , de la lumière, des sons et du goût ; des rameaux sensibles, destinés à recueillir les impressions du tact, non -seulement dans diverses parties de la face, mais encore dans toute l’étendue du corps ; en outre, ce tact est exercé par la queue, les nageoires, les branchies et les barbillons, et, de plus, d’autres rameaux seraient en communication avec des organes particuliers, à fonctions inconnues, non sécrétoires chez les raies, et avec la batterie électrique des torpilles.
Mais peut-être les 4e, 5e et 6e branches, que Desmoulins a rattachées à la 5e paire des poissons, ne sont-elles, en effet, avec certaines branches de leur 8e paire , que les analogues du glossopharyngien de l'hypoglosse et du spinal , ou accessoires de W illis que Desmoulins prétend ne pas exister chez les poissons; cela est fort possible, surtout si l’on cesse de considérer les paires de nerfs , commes des nerfs simples à rameaux différents, ainsi qu’on l’a fait jusqu’ici (1), et qu’on veuille admettre, conformément aux principes de la saine raison, que chaque
(i) 11 est de toute justice d’excuser de ce reproche M. Ch. Bell, et je dois, à cette occasion, faire remarquer l’opinion de ce célèbre médecin pour corroborer la mienne.
il dit : ( Exp . dusyst. Anat. des nerfs, par Genest, p. 6.) : « On trouvera la clef de mon système dans cette seule proposition : chaque filet de matière nerveuse est doué d’une propt iétè particulière , indépendante de celle des autres filets qui se trouvent liés avec lui, et il la conserve dans toute son étendue »
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rameau à fonction différente constitue un nerf particulier lout-à-fait indépendant. Dès-lors on concevra qu’il ne serait plus rationnel de se borner à admettre 9 à 10 paires de nerfs dits cérébraux, en les considérant comme des nerfs simples, et 51 paires spinales; mais qu’il faudra admettre, en réalité, autant de nerfs distincts communiquant avec l’encéphale, qu’il y aura de filets particuliers émanant des organes.
Si des poissons nous remontons aux reptiles, nous sommes d’abord frappés de voir que le rameau dit nasal de la branche ophtalmique ne s’associe pas avec les rameaux de l’olfactif, qu’il ne se rend pas avec ceux-ci dans les fosses nasales, mais qu’il va se distribuer à des cavités particulières qui ne sont autres que les sinus maxillaires : ce sont les Josses préoculaires, largement développées chez les serpents à sonnettes. Cette remarque nous donne la solution d un problème très-important en physiologie; elle démontre la fausseté de l’hypothèse qui avait fait attribuer aux nerfs de l’olfaction, la faculté de discerner les odeurs, laquelle, d’ailleurs, a été combattue avec le plus grand succès par M. Magendie, qui altribuecettesensation à la 5e paire (1). En effet, si sur des vipères d’Amérique on détruit les nerfs de l’olfaction, on s’aperçoit qu’elles n’en sont pas moins sensibles aux odeurs piquantes, ce qui n’a plus lieu, si on a corrodé la surface de leurs fosses préoculaires.
Dans les reptiles qui n’ont pas de fosses préoculaires, les rameaux de ces cavités manquant, puisque ces cavités ellesmêmes manquent , la branche ophtalmique est sensiblement moins volumineuse. Chez le caméléon, le rameau lingual ne provient pas de la 5e paire.
Dans les oiseaux à bec fin , et les gallinacées , la branche maxillaire supérieure de la 5e paire se réduit à deux filets qui vont l’un aux muscles ptérygo-maxillaires, l’autre dans l’orbiculaire des paupières et les glandes de l’œil; la maxillaire inférieure, trèsrudimentaire chez les oiseaux à bec fin, et très-grosse chez les cygnes et les canards. Dans les gallinacées et les passereaux , la 5e paire ne fournit pas le nerf lingual.
Enfin , à l’égard des mammifères, on remarque chez le lapin
(i) Voyez l’intéressant me'moire que ce célèbre académicien a inséré dans le t. 4 > P- 1^9, de son journal de Physiologie ex pèrimentale sur cette question : le nerf olfactif est-il f organe de l’odorat ?
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qu’aucun des filets de la 5 paire ne se rend à l’iris (1); mais cette membrane musculaire, par exception dans cette espèce , reçoit sa nutrition en même temps que son mouvement d’un rameau delà oe paire. Chez le chien, le rameau lacrymal ne provient pas du ganglion orbitaire, ni même de la branche ophtalmique, mais de la branche maxillaire.
Il est encore à noter que, chez les chiens» la 5e paire se confond avec le nerfauditif, en s’insérant au cerveau de la même manière que je l’ai dit pour les raies.
Dans le cheval , aucun filet de la 5e paire ne pénètre dans l’œil; c’est encore la 5e paire qui supplée ici la 5e.
Dans certaines espèces, les nerfs palatins, au lieu de se rendre au ganglion palatin, s’insèrent à la branche maxillairesupérieure.
Chez plusieurs mammifères , la 5e paire n’a aucune communication avec l’appareil ganglionnaire (2), tandis que chez d’autres (le chien), elle communique avec le facial, le grand sympathique et la 6e paire.
On voit donc qu’il y a de fréquentes anomalies dans les espèces; mais, en comparant les différences d’organisation aux fonctions des parties, il est toujours possible de s’en rendre compte, et l’on voit que le plan général reste toujours le même. Il existe beaucoup d’autres différences, et par rapport aux organes, selon leur degré de développement , et par rapport aux transpositions, c’est-à-dire, aux modes par lesquels ils se suppléent respectivement. Ainsi, avons -nous vu que les nerfs iridiens, fournis ordinairement par la oe paire, pouvaient l’être parla 5e; mais, si Ton admet autant de nerfs distincts que de rameaux, il n’y a. plus dès lors de transpositions.
Qu oi qu’il en soit, les exemples énoncés suffisent. Je ne suis, d’ailleurs, entré dans d’aussi grands détails d’anatomie et de physiologiecomparalives, queparceque Desmoulins, dontl’autori té est imposante en cette matière, avait considéré la 5e paire
(i) M. Magendie pense être sûr que les cochons d’Inde manquent aussi des filets ciliaires ( Jourrt . de Physiol. exp.,1 . 4, p. 3io).
(a) Dans plusieurs espèces de poissons, par exemple la morue , le congre, le turbot, la 5e paire reçoit l’insertion du cordon par lequel le grand nerf sympathique se prolonge en devant du premier ou du plus antérieur de ses ganglions. Dans le tétrodon, la baudroie, le cycloptère, le grand sympathique se termine en grande partie sur le nerf operculaire, ou 5e branche de Desmoulins, et un autre filet du Ier ganglion sympathique s’anastomose avec la 4ebranche ou sus-sphénopalatine.
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des poissons, comme un nerf de moitié plus compliquéque celui de l’homme , tout en supprimant, d’autre part, trois paires cérébralesessentielles. Il importait donc de rétablir les faits; mais un autre motif encore m’a déterminé à suivre cette marche: j’ai voulu, en insistant sur cette organisation des poissons, et en signalant quelques différences observées dans les autres classes, prouver amplement que la classification par paires de nerfs telle que l’ont établie jusqu’ici les anatomistes, est essentiellement défectueuse, et qu'il y a véritablement autant de nerfs distincts que de filets ou de rameaux ayant des fonctions différentes. Rien n’était plus propre à démontrer cette vérité que l'analyse de la 5e paire que j’ai faite chez les poissons, et son rapprochement cfe la description que je vais en donner chez l’homme; je la rendrai, d’ailleurs, aussi courte et aussi concise que la nature de cet ouvrage me le permettra (1), renvoyant, pour des détails plus circonstanciés ou minutieux, à l’ouvrage de JVIeckel ( Ancit., trad., t 5 , p. 81, nerf tri-jumeau ).
La 5e paire de nerfs cérébraux dans l’homme, présente l’aspect d’un large ruban (environ alignes) de texture fibreuse, offrant, ainsi que l’a constaté Scarpa, un faisceau de rameaux ('pl. V, fig. 4, qui, couché sur l’extrémité interne du bord supérieur du rocher, parvient dans la fosse temporale interne, où il s’élargit et forme un renflement rouge, grisâtre, gangliforme (2), un véritable ganglion applati et transversal, d’où émanent trois branches en forme de patte d’oie, également applaties, et qui vont se rendre: la supérieure, dans l’orbite pour distribuer ses rameaux aux cavités nasale et orbitaire, ainsi qu’aux muscles de la face qui retient le front et l’orbite; la branche médiane, dans toute la région sus- maxillaire, embrassant cet os en-dessus et en-dedans, distribuant des rameaux à la membrane du sinusmaxillaire, puis sortant en devant par le trou sous-orbitaire, et se distribuant aux dents incisives et molaires et aux muscles d’expression sus-maxillaires, en arrière de l’os, aux dents grosses molaires; la branche inférieure ou postérieure, qui est la plus volumineuse et se trouve manifestement continue avec la petite portion antérieure du tronc, par ces fibres musculeu -
(l) Je suis obligé d’insister sur les détails physiologiques qui concernent chaque filet nerveux; cela devient important, lorsqu’il s’agit d’électro-puncture ou de quelqu’autre opération pour laquelle les fonctions et le trajet de chaque filet ne peuvent être ignorés, pa) Voyez Tableaux synopt ,p. V, p. A pl. 5, fig. 4 et 5.
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ses (4); c’est-à-dire, que Je rameau musculaire ne pénètre pas dans le ganglion dit de Gassérius. Cette disposition avait déjà déterminé Paletta à Je considérer comme un nerf distinct (2).
Cette branche se distribue aux muscles masticateurs, aux ligaments et aux muscles sous maxillaires qui servent en même temps à l'expression; ils se distribuent aussi à la langue, aux dents et aux glandes salivaires de la mâchoire inférieure.
Après avoir jeté un coup-d’œil sur l’ensemble du tronc et sur la distribution des branches de ce qu’on a appelé la 5e paire cérébrale , nous pouvons aborder les détails concernant l'importante division du système nerveux dont il est ici question. Je vais, en conséquence, reprendre méthodiquement chacun des rameaux à son origine, dans les organes, et les conduire, en les ralliant aux grands faisceaux dont ils dépendent (les branches), jusqu’à leur insertion encéphalique, en indiquant les fonctions que mes expériences propres, ou celles des physiologistes devanciers, leur ont assignées.
Un grand nombre de lilets nerveux d’une extrême ténuité et dont la loupe ne peut atteindre les dernières ramifications, naissent de toute la peau qui revêt le crâne jusque près de l’os occipital et les environs de l’auricule, pour aboutir à un rameau appelé par les anatomistes frontal externe (ô) , lequel pénètre dans l’orbite par le trou sus-orbitaire, longe la voûte orbitaire placée entre elle et les muscles propres de l’œil, et va contribuer à former le faisceau appelé branche ophtalmique, ou mieux sus - sphénoido-orbitaire. Ce rameau reçoit aussi quelquefois des filets provenant de la paupière supérieure et même de la racine du nez; d’autres fois il en reçoit des muscles frontal et surcillier ; tous ces filets s’anastomosent avec ceux de la 7e paire et en arrière avec les nerfs post-spinaux. Ce rameau appartient exclusivement à la sensibilité; dans les points d’anastomoses avec la Ie paire, il préside à l’expression : je dirai pourquoi, en traitant du nerf facial.
D’autres filets, provenant de la peau du front, des paupières, des muscles cutanés et expressifs du front , surcillier, orbiculaire des paupières ( partie interne et supérieurejet s’anastomosant avec le rameau frontal externe et le rameau orbito-extra-
(i) PL V, fig . 4, k.
(a) De Nervis crotaphico et, buccinatoris . Milan, 1 7 84- (3) Voyez la pl. III, fig. 3 et 4> chiffre 87 et le tableau des nerfs cérébraux et sus-spinaux, p.
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nasal, vont se réunir en un rameau appelé frontal interne , qui pénètre, comme le précédent, dans la cavité orbitaire.
Arrivés dans l’orbite, ces deux rameaux s’unissent et prennent alors le nom de nerf frontal, ou mieux orbito- frontal {d)\ le plus souvent, c’est dans l’orbite que le nerf anastomotique extra-nasal va joindre le frontal, et là, aussi , il reçoit un filet provenant de la membrane muqueuse qui tapisse le sinus frontal.
Tous ces filets nerveux du frontal interne appartiennent aussi à la sensibilité; ceux qui viennent des muscles, contribuent, avec les filets de la 7° paire, à l’expression faciale. Le rameau orbitofrontal, qui n’est que la continuation du frontal externe, idu frontal interne et de l’orbito-intra-osseux % ne peut donc être qu’un nerf du sentiment; et, en effet, toute la sensibilité du front jusqu’à la région occipitale, l’expression frontale, surciliaire, pré-auriculaire, sus-palpébrale, sont duesàcesjierfs qui forment le rameau orbito-frontal.
Un second faisceau de filets nerveux, que j 'appellerai] orbitooculi-nasal, et qui se rallie à la branche sus-sphénoïdo-orbitaire, se compose : 1° d’un rameau dont les filets proviennent de l’iris et probablement aussi de la membrane choroïdienne, lequel s’anastomose avec le ganglion cervical supérieur du nerf grand sympathique; 2° d’un rameau considérable 1 3 (nerf ethmoïdal ), dont les filets proviennent d’un lacis qu’ils forment sur la’membrane pituitaire; 3° d’un autre rameau considérable 21 (nerfsoustrochléaire), dont les filets proviennent de la conjonctive, des muscles, frontal et orbicuiaire, de la peau qui recouvre la région oculaireet le nez, delà membrane qui tapisse lesacet les conduits lacrymaux, lequel reçoit un filet anastomotique delà 7e paire.
Je n’ai pu constater quels sont les filets de ce second faisceau de la première branche qui sont exclusivement affectés à la sensibilité, et quels sont ceux qui sont affectés aux sécrétions ; car il est hors de doute que la 5e paire préside aux sécrétions (1), ainsi que le fait présumer l’anastomose avec l’appareil ganglionnaire ; d’ailleurs, l’existence de cette anastomose n’est pas indispensable pour que la 5e paire puisse présider aux sécrétions : car on a pu voir qu’il est des espèces où la 5e paire est totalement isolée du grand sympathique, et où les glandes lacrymales
(i) La paralysie du rameau sous-trochléaire amène toujours l’abolition des sécrétions dans la conjonctive, et en même temps la perte de sa sensibilité; ce qui prouve que ce rameau est lui-même complexe, et composé de filets nerveux différents.
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sous-maxillaires, les follicules ou cryptes pituitaires, etc. , ne reçoivent que des filets de cette 5e paire (1). On est donc forcé d’admettre que la 5e paire peut coopérer aux sécrétions (2); il est probableque le ganglion dit deGassérius, qui se trouve placé au point de connexion des branches, avec le tronc de cette 5e paire (5), n’est pas étranger à l’influence des rameaux de cette paire sur les organes sécrétoires ( voyez appareil 2 , ganglionnaire ). D’après ces considérations, on est fondé à croire que le faisceau orbito-oculi-nasal préside aux sécrétions intra-oculaires, intra-nasale ou pituitaire, intra-frontale et ethmoïdale, ou du sinus, à celle des tissus oculaires et nasaux, à la sensibilité de la conjonctive et des membranes lacrymales, à celle de la peau des paupières, des sourcils et du nez, et qu’il concourt à l’expression des sourcils, des paupières et du nez.
Un troisième faisceau, que j’ai appelé orbito-lacrymal , se compose de filets dont les uns proviennent du muscle orbiculaire des paupières, de la peau qui recouvre cette région, et vont de là se rendre à la glande lacrymale qu’ils traversent ; les autres proviennent de la glande elle-même (4); une anastomose provient de la 7e paire. En outre, d’autres filetsémanent de l’iris et s’anastomosent avec la 7e paire dans la fosse temporale externe; ceux-ci ne communiquent pas directement avec la glande.
Le faisceau dont il s’agit, me semble destiné à établir la synergie entre l’appareil lacrymal et l'expression faciale : plusieurs expériences, qu’il serait superflu de rapporter ici, me font admettre celte opinion.
Tous ces faisceaux ne se réunissent ordinairement, pour for-
(1) Dans beaucoup d’espèces, le ganglion orbitaire n’a bien certainement aucune connexion avec le moindre filet du grand sympathique. Desmoulins avait déjà fait la même remarque (Ahat.,t. 2, p. 3Q3). La glande lacrymale a, plus que toute autre glande, des rapports avec le cerveau , au moyen de la 5e paire ; aussi y a-t-il une corrélation très-étroite entre les fonctions de cette glande et les affections cérébrales,
(2) Voyez Journal de Physiologie expérimentale, parM. Magendie , t. 4) P- I96 (de l’influence de la 5e paire de nerfs sur la nutrition et les fonctions de l’œil).
(3) Voyez pl. 5, fig, 2 et 5, pour la disposition intérieure du ganglion de Gassérius.
(4) Ce 3® faisceau de la ir* branche est toujours proportionné au volume de la glande lacrymale. 11 est des espèces dans lesquelles les filets provenant de la conjonctive viennent aboutir à ce faisceau.
Cordas nerveux.
mer la 4,e branche de la 5.e paire, q/d’après être sortis de l'orbite et avoir pénétré dans le crâne par la fente sphénoïdale; ils se joignent et se contournent sur la paroi externe du sinus ca~ verneuxr où la branche ieçoit un filet du système nerveux ganglionnaire et quelquefois un filet du nerf moteur supérieur de la 5s paire.
Enfin cette branche, qui est la plus petite des trois formées par les divisions du nerf tri-facial, va aboutir à la partie supérieure du ganglion (1), séparant ces branches du tronc nerveux qui les fait communiquer au cerveau.
La seconde branche se forme de quatre faisceaux, dont le premier g se compose d’un filet anastomotique avec la 7e paire; de filets s’anastomosant avec la 5e branche de la 5e paire , se rendant avec d’autres filets de la 7e paire, ou provenant de la peau, du muscle orbiculaire des paupières et de la glande lacrymale, à cette glande elle-même, pour, de là, former un rameau orbitaire qui, allant s’unir à d’autres filets émanés du muscle orbiculaire de la peau environnante et d’une anastomose avec la 7e paire, longe l’orbite et contribue à former la 2e branche. Un second faisceau est formé de filets provenant du ganglion ptérygo-palatin (2); un troisième i vient delà membrane qui re-
(1) Pi. v, fig. 4, g.
(2) Le ganglion ptèrjgo-maxilli-palatin a été, par quelques anatomistes, considéré comme appartenantà la 5e paire, et, par d’autres,, comme dépendant de l’appareil ganglionnaire ou grand sympathique; mais ici l’alternative est indifférente,, par les motifs que j’ai énoncés plus haut, motifs qui me font regarder ia 5e paire comme succédanée de l’appareil ganglionnaire . Il est constant que les ganglions ptérygopalatin sus -maxillo^post- alvéolaire, ou naso-paiatin, les ganglions orbitaires et le pelro-sphènoidal ou caverneux, communiquent eutr’eux et forment un petit appareil ganglionnaire à part, et, lorsque quelques-uns. de ces ganglions n existent pas, ce sont ordinairement des branches de la 5e paire auxquelles aboutissent les filets qui, habituellement, se rattachent aux ganglions. Ainsi, il n’y a aucune trace de ganglion ptérygo-palatin dans les ruminants, les rongeurs; il manque dans le cheval, les chiens, les chats, etc.; alors les rameaux venant du palais , traversent la cloison nasale ; ceux qui viennent des cornets du nez vont se rendre à un rameau de la 5® paire qui occupe la place du ganglion, La même remarque a lieu pour le nerf iridien ; ceci s’applique aussi au ganglion naso-palatin, et l’on a vu que, dans quelques espèces, le ganglion orbitaire manquait; c’est à la 3e paire, et quelquefois à la 5e, que se rendent les filets nerveux qui ordinairement aboutissaient aux ganglions.
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vêt le sinus maxillaire , des gencives, des alvéoles, des dents sus-maxillaires et du muscle buccînateur , dont un rameau antérieur post-alvéolaire et un rameau postérieur intra-maxiliaire se réunissent. Enfin, lin quatrième faisceau considérable se compose de filets provenant de tous les muscles d'expression chargés d’élever les lèvres , de froncer la peau du nez (Voyez Physiol. des muscles dé expression , publiée par moi en 1850), d’ouvrir ou fermer les paupières , et de la peau qui recouvre cette région sus- maxillaire jusqu’à l’orbite et celle du nez. Quelques filets proviennent des voies lacrymales, nasales et buccales. Ce faisceau, qui reçoit de nombreuses anastomoses de la 7e paire et de la lre branche de la 5e, pénètre par le trou sous-orbitaire, longe je canal du plancher orbitraire; dans ce trajet, il reçoit des filets des dents incisives, canines et des gencives, puis des filets provenant des membranes pituitaires et du sinus maxillaire. Enfin tous les faisceaux, s’étant réunis pour fournir îabranche sus-sphénoïdo-maxillaire, pénètrent dans l’intérieur du crâne, par le trou rond du sphénoïde, où cette branche reçoit quelquefois un filet du nerf ganglionnaire.
Les rameaux qui composent cette seconde branche de la 5e paire, président à la sensibilité des voies lacrymales, à l’odorat, à la sensibilité de la muqueuse pituitaire, intra-maxillaire, buccale, post-labiale et gencivale, à la sensibilité dentaire de l’arcade supérieure et à l’expression de tous les muscles sus-labiaux et nasaux , concurremment avec le nerf de la 7e paire (voyez 7e paire).
La 5e branche est la plus considérable des trois, non seulement chez l’homme, mais chez tous les animaux ; c'est aussi la plus complexe : elle est formée de quatre principaux faisceaux, qui tous ont des fonctions essentiellement distinctes. Le plus éloigné de ces faisceaux l provient des muscles abaisseurs de la mâchoire et du menton et de la glande sous-maxillaire, par un rameau extérieur , et des dents de l’arcade inférieure; de la peau et des muscles d’expression sous-labiaux, par des rameaux intérieurs , qui, après être provenus de la peau et des muscles mentonniers, pénètrent par le trou mentonnier de l’os maxillaire inférieur et s’augmentent, dans leur trajet, des filets provenant de chaque dent de l’arcade inférieure. Ces’rameaux, en se réunissant dans la fosse ptérigoïdienne , constituent ainsi le faisceau sous-maxillaire propre n; il préside au mouvement volontaire d’abaissement de la mâchoire, dans l’action qui précède la mastication, à l’action sécrétoire delà glande salivaice
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sous-maxillaire, à la sensibilité des dents de l’arcade inférieure, à la sensibilité de la peau du menton, de la lèvre inférieure et de la muqueuse post-labiale et gencivale et à l’expression des muscles sous-labiaux, concuremment avec des filets delà 7 e paire avec lesquels il s’anastomose (voyez 7e paire).
Les principaux rameaux nerveux de la glande sous-maxillaire vont se rendre au faisceau sous-maxillaire lingual (1). Le plus interne des quatre de la branche inférieure de la 5e paire des rameaux, venant de toute la superficie de la langue, des diverses parties de la bouche, des amygdales et du pharynx, un filet provenant du muscle grand ptérygoïdien et un anastomotique partant de l’hypoglosse, forment ce faisceau lingual qui préside aux saveurs et à l’afflux des sucs buccaux, à l’insalivation, en même temps qu’à la sensibilité intra-buccale profonde.
Un faisceau externe a reçu le nom de sous-maxitlo-musculaire , parce qu’il se distribue spécialement aux muscles masticateurs; ses blets naissent des muscles ptérygoïdiens, du buecinateur (2), des muscles temporal et masseter et de l’articulation temporo- maxillaire. Ce faisceau préside à la mastication; il reçoit une anastomose de la 7e paire; la sensibilité qui réside dans ces muscles, est due à la 5e paire; ces mêmes muscles peuventdevenir aussi organes d’expression (Voyez 7e paire).
Enbn , un faisceau temporal, superficiel, ascendant, que j’ai nommé sous-maxillo-préauriculaire , reçoit des rameaux de la peau du crâne et des anastomoses de la 7e paire, du deuxième nerf spinal de la corde dutympan, il reçoit aussi des filets de la conque et du conduit de l’oreille, de la surface externe de la membrane du tympan. Ce faisceau concourt à la sensibilité de la peau du crâne, sourtout dans les régions sus et pré-auriculaire ; il préside aussi à la sensibilité acoustique (5), laquelle est exclusive-
(1) Les anatomistes modernes ont ajouté à la série de ganglions en communication directe avec la 5e paire, le ganglion sus-maxdlo-préauriculaire (optiques) que M. Arnoldi a fort bien représenté et décrit dans son anatomie des nerfs de la tête. Ce ganglion, en rapport avec lamembrane muqueuse-pharyngienne, celle de l’oreille et les muscles ptérygoïdiens, est, comme tous les ganglions, affecté aüx sécrétions.
(2) M. Mago affirme que le rameau de la 5e paire, qui se distribue au muscle bucciuateur, est un nerf du sentiment ; le nerf moteur de ce muscles proviendrait, selon le même auteur, de la 7e paire. ( Ana iomical qnd Physiological, Comentaries j London, j823). 13
(o) Voyez Journal de Phjrsis. ex/j,, de Magendie, t. 4? p* 182, 3' 4 et suivantes.
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ment bornée au conduit auditif externe et à la membrane du tympan, l’oreille interne étant parfaitement insensible , ainsi que l’a constaté M. Magendie. (. Journal de Phys., t. 4 , p. 515) Peut-être ce faisceau est-il pour quelque chose dans la sécrétion des cryptes cérumineux et de la glande parotide, de laquelle il reçoit aussi des filets.
Tous ces faisceaux, réunis dans la fosse zygomatique, pour former la 5e branche de la 5e paire, remontent vers le trou ovale du sphénoïde, par lequel cette 5e branche s’insinue dans le crâne, et va s’insérer à la partie inférieure et postérieure du ganglion A, à l’exception des faisceaux qui proviennent des muscles masticateurs (1), et qui vont directement , sans passer par le ganglion, au tronc de la 5e paire , marche qui avait déjà fait présumer à Paletta que ces rameaux devaient être un nerf distinct.
Il faut ajouter qu’avant cette insertion de la 5e branche au tronc commun, il s’y rend ordinairement un filet anastomotique né du ganglion caverneux du grand sympathique; ainsi l’on a dû remarquer que chacune de ces trois branches reçoit presque constamment une anastomose du grand sympathique, mais que, dans tous les cas, l’appareil ganglionnaire s’anastomose au moins avec l’une des trois branches de la 5e paire.
Jusqu’ici je n’ai parlé que des branches de la 5e paire et de leurs fréquentes anomalies, considérées comme portions d’un même nerf ; mais on sait déjà à quoi s’en tenir à cet égard. On a dû voir, par tout ce qui précède et particulièrement par ce qui a été dit concernant ces branches de la 5e paire, que cet usage de classer les nerfs par paires émanées du cerveau , qu’avaient adoptée les anciens anatomistes, est absolument vicieux et ne peut plus se concilier avec les progrès de la science. Chaque rameau nerveux ne peut être apprécié que d’après ses fonctions, et, toutes les fois que ses fonctions sont isolées de celles des autres rameaux avec lesquels il s’accole, on peut inférer à coupsûr qu’il constitue lui-même un nerf à part; d’ailleurs, de nombreux filets, déjà découverts par Reil, Monro, Scarpa, et qui entrent dans la composition de ce qu’on avait considéré comme un simple nerf, prouvent que cette structure est loin d’être aussi simple que l’admettent la plupart des anatomistes (2). D’après
(1) PI. V, fig. 4, k.
(2) Voyez pl. V, fig. 4, 9.
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cela, il est convenable d’étudier chaque rameau nerveux en particulier, et, depuis que nous savons que les nerfs se forment en même temps que les organes corporels et qu’ils ne s’insèrent au centre cérébro-spinal que pour établir l’harmonie fonctionnelle , ou suivant l’expression de quelques physiologistes, l’unité d’action, nous sommes véritablement forcé d’étudier les nerfs , non pas à leur départ du cerveau pour les suivre jusque « ans leurs ramifications organiques, car cette méthode nous exposerait, comme tous ceux qui ont étudié ainsi la 5e paire, à rencontrer à chaque pas des nerfs dont les ramifications sont chargées de fonctions dissemblables ; l’ordre analytique exige, au contraire, que nous les prenions à leur véritable origine, dans les tissus organiques, pour les suivre jusqu’à la partie centrale nerveuse où ils s’insèrent, en tenant compte des fonctions vitales de cette partie centrale, et en notant toutes les connexions nerveuses et les communications qui peuvent se trouver dans le trajet. Ce n’est qu’ainsi qu’on peut parvenir à saisir le fil de l’organisation nerveuse dans ce labyrinthe presque inextricable de cordons et de plexus , dont l'expérience fonctionnelle peut seule dévoiler les usages.
Les trois branches de laùepaire, après avoir pénélrédans le crâne et s’être rapprochées en gagnant l’extrémité antérieure de la face supérieure du rocher , dans la fosse temporale interne, aboutissent au rendement de couleur rougeâtre dont il a déjà été fait mention, lequel est un véritable ganglion nerveux, différent cependant, des ganglions pré-spinaux (1), à l’exception des filets nerveux musculaires; les autres faisceaux de ces trois branches ne traversent pas le ganglion par continuité non interrompue, mais ils se décomposent en filets plus ténus et plus enlacés (pi. Y, tig • 4 ) . U y a véritablement, pour la presque totalité de ces faisceaux, enlacement intime avec la substance même du ganglion, et, pour le faisceau musculaire, continuité et isolement du tissu ganglionnaire, ce nerf offrant ainsi, selon la remarque de Meckel et de Ch. M.Bell, la répétition delà structure des nerfs de la moelle
(I) M. Ch. Bell dit que c'est à son ganglion et à sa double origine, post et pré-spinale, que la 5e paire, que ce physiologiste regarde comme un nerf simple et de plus comme un nerf spinal, doit sa double faculté' sensitive et motrice; il dit, dans un autre endroit, que c’est à sa texture de fibres écartées, qu’il doit sa faculté conductrice de la sensibilité. (Voyez, pour répondre à celte observation, la planche V, contenant fanatomie des filets nerveux).
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spinale (Meckel, t. 5, p. 86). Ce ganglion n’est pas (comme l’avait pensé Biehat, de tous les ganglions dans lesquels viennent se perdre les fi Jets nerveux), destiné a intercepter la sensibilité, car, dans tout Je trajet des faisceaux de la 5e paire, soit au-dessus, soit au-dessous du ganglion , on remarque une exquise sensibilité (Voyez M. Magendie, Journal cxp. do Phys , t. 4, p. 512).
En arrière du ganglion, et de son bord concave, sort un gros tronc, composé de faisceaux paraissant placés parallèlement, mais qui communiquent ensemble dans toute leur étendue par des filets intermédiaires (1); ce tronc, appîatiàson extrémité ganglionnaire dans la fosse temporale interne, s'achemine vers la protubérance annulaire, et, s’arrondissant de plus en plus, reçoit dans ce trajet un filet du grand sympathique. JL)e la partie postérieure de la 5e branche, s’élève un faisceau qui va se rendre au tronc, sans se confondre avec le ganglion :ee sont les rameaux musculaires dont j’ai fait mention plus haut et qui sont d’un aspect plus blanc et d’une consistance plus dure que les autres rameaux. Le tronc, ainsi formé de tous ces faisceaux, ne s’insère pas à la protubérance annulaire, comme l’avaient pensé les anciens anatomistes (2); on voit manifestement les fibres superficielles du pont de Varde s’écarter pour laisser pénétrer le tronc nerveux. Gall s’exprime ainsi : « Si l’on enlève avec précaution la partie postérieure du pont jusqu’au faisceau de ce nerf (de la 5e paire), l’on peut aisément suivre son cours entier jusqu’audessous du côté extérieur des corps olivaires. De cette manière, on aperçoit aussi très-distinctement qu’il est divisé déjà, dans l’intérieur du pont, en trois faisceaux principaux * (p. 77, in-folio).
Les fibres de ce tronc nerveux sont bien apparentes (5), de-
(i) Pi. V,fig. 4.
('2) Une preuve que, maigre' l’interposition des lames du pont de Varole, entre l’insertion apparente de la 5e paire à ces lames, et son insertion apparente à la moelle, ces lames ne sont pour rien dans l’action de cette paire , c’est que, chez le lapin, après la section du ruban antérieur de la protubérance, à travers lequel la 5e paire va s’insérer à la moelle , les fonctions de cette dernière paire continuent. Elles seraient détruites, si sa protubérance était son aboutissant réel (Desmoul., t. 9, p. 4o5).
(3) Ce que j’ai dit, à propos de l’opinion de Gall, relativement aux branches séparées de la 5e paire, doit être, ici , rappe-
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puis son entrée dans la protubérance jusqu’aux prolongements postérieurs et latéraux du cervelet, le long du bord externe de la protubérance annulaire; mais, de ce point, en s’avançant vers le sillon qui règne entre les corps rectiformes et les olives, portion qui appartient essentiellement au lobe sus-spinal ou aux parois du 4e venticule, où sa principale insertion semble se terminer, il n’a pas une texture sensiblement fibreuse, et il est entouré de beaucoup de substance grise (1). 11 y a, comme l’a annoncé Gall , trois racines d’insertion du tronc au cerveau: outre la principale, que je viens de décrire, il en existe une postérieure qui est située, non seulement un peu plus en arrière, mais encore plus en haut que celle précédemment décrite, et une antérieure, qui se trouve au-dessous et au-dedans d’elle (2). Toujours est-il que les trois insertions vont avoisiner le plancher du ventricule sus-spinal, dit 4e ventricule, et y sont en contact avec la matière grise du lobe sus-spinal (5). Desmoulins dit positivement : a La 5e paire s’insère au même segment de « l’axe cérébro-spinal, dans tous les vertébrés. Seulement, « quand ses branches supérieures , surtout, sont plus nom- « breuses ou plus volumineuses, leur insertion se fait sur les * parois mêmes du 4e ventricule; l’on conçoit que cela n’a pas « lieu dans les animaux où les branches surnuméraires n’exis- « tent pas » (Anal, du Syst . nerv ., t. 2, p. 260 ) (4,).
lé, à propos du tronc de cette paire de nerfs. Chez les poissons nommés gades , la ire branche, ou sus-sphènoïdo-orbitaire, s’insère directement sur le bord externe de la paroi supérieure du ventricule sus-spinal (4e ventricule), et sans former, avec les autres branches, de tronc distinct. Cette branche aboutit à un repli plus ou moins profond, suivant les espèces; ordinairement, cette insertionse ftnt par deux racines très-apparentes dans les raies et les squales, et elles différent de l’une de ces espèces à l’autre; elles diffèrent même quelquefois dans les individus d’une même espèce.
(1) Dans les trois classes d’ovipares, où il n’existe ni protubérance, ni pyramides, ni olives, ni lobes latéraux du cervelet, où , par conséquent, les pédoncules postérieurs , ou prolongements latéraux de cet organe, sont au minimum, toutes les branches de la 5e paire, qu’elles soient ou non distinctes et séparées de la moelle, y sont à découvert jusqu’au sommet de leur insertion.
(2) Paletta de Nervo crotaphitico et buccinalorio, Milan 1 Ç84 • lNiemeyer.De origine, Paris, quinti nerrorum cerebrij Haies, l5l2„
(3) Pi. VI, fig. 8, f. PL 111, fig. i, /.
(4) U dit, dans un autre endroit, que ce nerf s’insère, ou tient seulement au devant de l’acoustique, sur le cordon supérieur de la moelle,
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Dcsmoulins a remarqué que, lorsque les trois premières branches de la 5e paire, celles qui sont communes à tous les vertébrés, sont volumineuses, la place que tiennent leurs insertions au 4e ventricule , reculent nécessairement les branches qu’il a nommées ichtyologiqucs ; c’est, en effet, ce que l’on remarque dans les silures (Desmoulins, Anat ., t. 2, p. 570). M. Magendie s’est assuré qu’en pratiquant la section latérale , la moelle, entre l’occipital et la lre vertèbre, il en résultait l’abolition du sens en même temps que de la sensibilité générale, et aussi, quoiqu’avec plus de lenteur, l’altération de la nutrition de l’œil. En pratiquant cette section à la hauteur de la lre vertèbre, les mêmes résultats eurent lieu ; ils se reproduisirent encore en pratiquant la même section ( toujours chez des mammifères) à la hauteur de la 2e vertèbre, mais ne se reproduisirent plus en la faisant au niveau de la 5e : ces intéressantes expériences montrent que c’est positivement entre la lre et 5e vertèbre, et là où on ne peut plus suivre anatomiquement les racines d’insertion de la 5e paire, que finit l’influence sur les sens de ce nerf tri-facial (Voy .Journ. exp. cle Physiol. , de M. Magendie, t. 4, p. 504 et 505 ).
Les longs détails dans lesquels je suis entré, étaient nécessaires pour apprécier sciemment ce que les anatomistes ont appelé la 5e paire de nerfs cérébraux ; et c’est, en effet, de tous les nerfs qui ont été regardés comme simples, le plus compliqué, celui dont les rameaux président aux fonctions les plus hétérogènes. J’espère que, d’après les considérations qui précèdent, personne ne sera plus tenté de regarder la 5e paire comme un nerf unique, mais qu’elle sera considérée comme une division du système nerveux , composée de faisceaux essentiellement distincts et doués de fonctions différentes.
Pour n’envisager cette paire de nerfs que dans son ensemble, j’établirai qu’elle est spécialement affectée à la sensibilité de la face chez les animaux doués d’organe cutané facial, tels que les mammifères en général, et à des parties très-limitées chez les animaux vertébrés, dont la face est recouverte de plumes, de
dans l’endroit où le cerveau médian se continue avec ce cordon, et quelquefois aussi en arrière de cet endroit, au-dessus du nerf acoustique, sur le bord supérieur de ce cordon, lequel forme, dans le 4e ventricule, une saillie ou une circonvolution d’autant plus ample que les branches de la 5 paire qui s’insèrent à cette place sont plus volumineuses {Anat., t. 2 ,p. 359).
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unir rugueux, ou d’écailles, ainsi qu’il est constaté chez les oiseaux et les reptiles, dont les paupières seules sont très-sensibles, et chez les poissons, qui n’ont de sensibilité quelque peu exquise qu’au tour du museau.
La sensibilité buccale et des fosses nasales, celle du globe de l’œil (\) et de l’intérieur du conduit auditif viennent aussi de la 5e paire, car la paralysie du tri-facial abolit toutes les impressions faites sur ces parties.
La sensorialilê ? ou la perception des impressions faites sur les sens du goût, de l’odorat, de la vue, de l’ouïe et du tact de la face, est également abolie (2) par la destruction totale de la 5e paire: chacune de ces perceptions, en particulier, est également anéantie, quand le faisceau chargé de les transmettre au centre encéphalique est détruit (5). Gomment se fait-il, par exemple, que la perception des impressions visuelles faites sur la rétine, devant être transmise au cerveau par le nerf optique ( Yoyez2e paire), celle des ondes sonores, recueillies dans l’intérieur du limaçon, soient portées à l’encéphale par le nerf acoustique, et que, cependant, ni la vue, ni l’ouïe, nes’affectent malgré l’intégrité de ces nerfs conducteurs des impressions visuelles et auditives, lorsque la 5e paire est totalement détruite, ou, lorsqu'il y a destruction partielle des rameaux qui se distribuent au globe de l’œil ou au conduit auditif9 C’est qu’il ne suffit pas que l’œil, ou l’oreille, soient frappés par les rayons visuels ou les sons. Avant ma découverte de l’olfaction, considérée comme sensation distincte de l’odorat, et avant que M. Magendie eût démontré que les nerfs de l’odorat émanaient de la 5e paire, je croyais la lre paire condition matérielle de l’adorat; mais je pensais que la 5e paire, présidant par le fait à la sensibilité in tra-nasale, était, non les nerfs propres, mais la condition ex-
(î) Le cligriottement des paupières a paru à quelques physiologistes, dépendre de la 5e paire, parce qu’il est aboli dès que le rameau sous-trochléaire est coupé; il est évident que cela n’a pas lieu, parce que les filets du muscle orbiculaire manquent, mais parce que la sensibilité de la conjonctive venant à manquer, la synergie qui lie cette sensibilité au mouvement protecteur, palpébral, se trouve abolie ( M. Magendie, Jour, de Phys. , t. 5, p. 244)*
pj) M. Magendie, Journal de Physiol. ex p, t. 4i P- 169, p. 3o2. (3) il est à remarquer que, dans la vieillesse, l’odorat se perd toujours avant le goût; et cette persistance d’un sens avec l’abolition d’un autre, prouve encore que ce n’est pas les rameaux d’un même nerf qui président à tous les sens de la face.
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citante de l’ odorat. J’ai même laissé subsister celte opinion dans mon anatomie méthodique, à l'exposition de la 5e paire. Je croyais même qu’il en était ainsi pour tous les autres sens, excepté pour le goût, que je considérais , avec tous les auteurs, comme appartenant en propre à la 5e paire. Pour que la vision ou l’audition aient lieu, il faut encore que ces rayons et ces sons puissent être perçus; or, si le faisceau orbito-oculi-nasal delà lw branche (5e paire) (1) vient à être détruit, la conjonctive s’épaissit (2) ou s’ulcère, ou bien les humeurs de l’œil se troublent, ou peut-être lecristallindevientopaque; alors, les milieux par lesquels les rayons visuels doivent passer avant de frapper la rétine, s’opposent à l’impression ; évidemment alors , la perception ne peut avoir lieu. Le même phénomène arrive à l’audition, par la destruction du faisceau sous-maocillo-prê-aiiriculaire (5) de la 5e branche et de l’anastomose du sous-rnajcillo-lingual de la même branche, avec la portion inlra-temporale de la 7e paire, dite corde du tympan (4), ce qui occasione l’épaississement de la membrane du tympan et la non-sonorité des parois du conduit auditif ( Voy. audition ), et peut-être l’altération dans les sécrétions intra-labyrinthiques; le nerf acoustique ne pourra, dans ce cas, transmettre des impressions qui n’auraient pas été reçues dans le limaçon, à moins qu’on ne perfore, comme l’a fait M. Deleau, la membrane du tympan épaissie, ou qu’on ne rétablisse l’intégrité impressionnelle du conduit auditif, ainsi que cela a lieu, lorsqu’on calme une otite qui avait provoqué la surdité, le tintouin, etc. Il est certain que le nerf qui perçoit les impressions savoureuses, est un rameau propre, dépendant de cette 5e paire (le sous-maxillo-lingual ); peut-être que la sensibilité de la langue, indépendamment de sa sensorialité ou de l’impression des saveurs, est due à l’action de rameaux différents de celui qui reçoit l’impression savoureuse. Quelques expériences que j’ai faites m’en donnent la présomption , mais elles ne sont pas assez précises par la difficulté d’isoler, ou de distinguer ces rameaux divers, pour que j’en aie la certitude. Il est présumable, aussi, que d’autres rameaux, étrangers à la 5e paire, président à la nutrition de l’organe.
( i ) Voy. tabl . synopt. , p . , 6?, e, et pi. III, fi g. 3 et 4-
(2) Journal de Phys, exp., de M. Magend ie, nutrition de l’œil, t. 4, p. 176.
(3) Tabl. synop., p. 5e paire l.
(4) Voy. ibid, 7» paire, 117,
Les probabilités que je viens de signaler pour le goût, par rapport à Sa langue, me paraissent applicables à l’odorat, par rapport aux fosses nasales et aux sinus : il y a , pour la perception des odeurs , des rameaux propres, et ce doivent être les rameaux intra-maxillaires (1) ( Voyez les nerfs de l’odorat dans les fosses pusculaires des reptiles; voy. p. 5 ) , et les intramaxillo -nas aux (2) dits pituitaires , qui se rallient au faisceau sous-maxillo-orbitaire (3) de la 2e branche (4). La remarque faite à propos de la sensibilité de la langue, s’applique à celle de la membrane pituitaire : les filets nerveux qui reçoivent les impressions sensibles doivent ne pas être les mêmes que ceux qui perçoivent les odeurs, mais je n’ai pu les distinguer ; seulement, il est à croire qu’ils se rallient , comme les nerfs de l’odorat, à la 2e branche de la 5e paire, tandis que les rameaux qui président aux sécrétions dans les fosses nasales et les sinus frontaux et ethmoïdaux, me paraissent se rattacher au faisceau orbito-oculi-nasal delà lre branche (5); cependant, il est présumable que d’autres filets nerveux sécrétoires, provenant du sinus maxillaire et des membranes muqueuses nasale et palatine, vont communiquer avec le ganglion ptérygomaxilli-palatin, ou le faisceau qui en tient lieu et qui se rattache à la 2e branche. La science n’a pas encore*permis de faire d’aussi subtiles distinctions; il n’y a, à cet égard , que des présomptions, comme pour bien d’autres fonctions de nerfs, ou de parties centrales du système nerveux que les plus minutieuses et les plus patientes investigations n’ont, jusqu’ici, pu arracher au voile qui les recouvre. Quant au tact de la face, il est intimement lié à la sensibilité de la peau , et les mêmes rameaux cutanés qui paralysent la sensibilité, abolissent aussi le tact par leur destruction; ce sens du tact, que, par une distinction subtile, on a voulu différencier du toucher^ n’est au fond que le même sens, et me paraît être, non-seulement pour la face, mais pour tout le corps, essentiellement lié à la sensibilité cutanée.
J’ai dit plus haut, à propos des filets nerveux sécrétoires, que la science n’a pas permis encore de les distinguer tous. J’ai dit
(1) T abî . p, 5e paire, 5r .
(2) Ibicl. 62.
(3) Ibid. , j .
(4) M. Magendie, Journ. de Phys, erp., t. 4„p- 1 7 1 et suiv.et3o6.
(5) G, e, tabl. synopt., 5* paire.
CORDONS NERVEUX
dans un autre endroit (1), que la 5e paire préside bien certainement aux sécrétions; et, dans la note, à propos du ganglion ptérygo-maxHli-palatin , j’ai dit qu’un petit système ganglionnaire, lequel, dans certains animaux, n’a aucune connexion avec le grand sympathique, se rattache à cette 5e paire, et pourrait bien présider, par association, aux sécrétions des cavités de la face. Les physiologistes sont tellement imbus, depuis Bichat, du préjugé que l’appareil nerveux ganglionnaire, qui se forme du grand sympathique, doit être un foyer central pour la vie de nutrition, ou organique, comme le disait cet homme célèbre, et indépendant de la vie de relation ou animale, que beaucoup d’entre eux n’ont pu se faire à l’idée que des ganglions présidant aux sécrétions pouvaient être distraits de l’ensemble du grand appareil central, qui, selon Bichat, devait seul, gouverner les fonctions organiques. Mais cet illustre physiologiste n’a fait aucune expérience positive, et les conclusions qu’il a tirées de ses ingénieux raisonnements sont loin d’être rigoureuses ; aujourd’hui, d’ailleurs, il est reconnu faux que les muscles involontaires dépendent de l’appareil ganglionnaire, comme il l’avait avancé ; l’expérience n’a conlirmé ses idées que relativement aux sécrétions et à la circulation; on verra, à l’exposition de cet appareil, qu’une portion seulement est destinée aux mouvements involontaires du cœur; d’autres, aux sécrétions des organes pulmonaires, gastriques, génitaux, etc... Quant aux contractions viscérales autres que celles du cœur, elles dépendent de l’appareil cérébro-spinal. Il n’y a donc pas unité dans les opérations involontaires; pourquoi serait-il nécessaire, aussi, qu'il y eût unité dans le système sécrétoire? Les maladies des glandes et des vaisseaux ne déposent- elles pas tous les jours contre cette opinion; les méthodes médicatrices, surtout la dérivative et la révulsive évacuante, ne l’excluent- elles pas formellement? Enfin, tous les préceptes sur lesquels se fonde S’humorisme, et dont ne peut s’affranchir la pratique, ne donnent-ils pas un éclatant démenti à cette doctrine de Bichat ? D’ailleurs, ne voit-on pas tous les jours des parties augmenter
( I ) Quelques expériences m’ont amené à conclure que la section de la 5« paire altère la circulation du sang dans l’œil , en même temps qu’elle trouble les sécrétions ; mais les résultats ne sont pas assez positifs, pour me permettre d’en tirer des conclusions positives; je ne puis dire, qu’en général la c reulation et les sécrétions sont troublées .
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isolément de nutrition, sans que le reste du corps y participe? Chez les hémiplégiques, il est bien constaté que les ongles, par exemple, du côté sain, croissent deux fois plus vite que du côté malade. Lorsque l’inaction dure long-temps, le côté malade s’atrophie, etc... Il n’y a pas déraison pour qu’un seul ganglion ne puisse détruire l’influence cérébrale, aussi bien qu’une quantité de ganglions liés ensemble; d’ailleurs, plusieurs nerfs de la vie animale sont pourvus de ganglions, et quelques-uns n’ont aucune communication avec le grand sympathique. D’un autre côté, il doit y avoir des ganglions de plusieurs espèces, car, aux uns, aboutissent des nerfs sensibles, et aux autres, des nerfs qui n’ont aucune sensibilité; peut-être les uns sont-ils, comme dans la vie animale ou de relation, des nerfs affectés au mouvement , et les autres à la sensibilité des organes, qui, dans l’état normal, ne doivent pas être influencés par le cerveau. Quoi qu’il en soit, il existe bien certainement, comme on l’a vu, des ganglions nerveux appartenant exclusivement à la 5e paire, et qui, dans certains cas, n’ont aucune communication avec le grand sympathique. D’autre part, il est des sécrétions qui dépendent évidemment et uniquement de la 5* paire.
11 est une autre attribution propre à la 5e paire, c’est l’expression faciale que RI. Ch. Bell a dit ne dépendre exclusivement que de la 7e paire, qu’il appelait le nerf respiratoire de la face, et qui n’est, en réalité, que le nerf du mouvement volontaire des muscles de cette partie, ainsi que je le prouverai en son lieu ; comme cette opinion, relativement au nerf respiratoire et à l’expression qu’il attribue à la 7e paire, est généralement admise, que personne, avant moi, ne s’était avisé de rattacher l’expression faciale à la 5e paire, afin de justifier ce qu’une telle assertion pourrait avcir d’étrange, j’ai besoin d’entrer dans quelques développements, et de présenter certaines considérations physiologiques qui en faciliteront l’intelligence. J’ai eu, dans le cours de ma pratique , à traiter un grand nombre de paralysies faciales, les plus fréquentes dépendaient de la perte d’action de la 7e paire, d’autres résultaient de la lésion de la 5e , et les plus rares provenaient de la perte d’action de la 7e et en partie de la 5e réunies. J’ai traité toutes ces différentes paralysies avec succès au moyen ,j delà galvano-puncture. Or, voici le résultat de mes observations : J
Quand la 7e paire seule était paralysée, le mouvement volontaire de toutes les parties de la face, moins celui des globes oculaireset delà mastication, étaitaboli ; larespiration s’exécutait sans
CORDONS NERVEUX
nulle difficulté; faction de souffler ou de siffler, seule, ne pouvait avoir lieu, car il faut pour cela l intégrité parfaite du muscle buceinateur et des lèvres; or, ces organes ne sont mus qu’en partie par les rameaux musculaires de la 5e paire (1) , ceux de la 7e concourent à leur mouvement, il n’y a donc que l’action de ces muscles dépendant de la 7e pair qui soit abolie, et la possibilité d’ouvrir la bouche pour respirer, manger et parler est conservée. La difficulté, ou même l’impossibilité de fermer les paupières du côté paralysé, la torsion de la bouche, l’immobilité des lèvres, d’un côté, et des ailes du nez, sont manifestes dans l’affection seule de la 7e paire, chaque fois que le paralytique veut rire, parler, souffler ou siffler; mais on remarque, toutes les fois que le mouvement n’est pas sollicité par la volonté, une corrugation, un sentiment de vie qui est évidemment dû à la peau ainsi qu’à un mouvement imperceptible, et en quelque sorte fî~ brillaire, dans les muscles cutanés de la face, muscles qui n’ont d’autre usage que de froncer la peau dans l’expression ou le jeu de physionomie que provoquent les passions (voyez mon Mémoire sur l action des muscles cC expression, 1850 ). Ainsi, l’aspect du contentement ou de la tristesse, celui de l’étonnement, et toutes les autres impressions de l’âme, quand elles ne sont pas assez fortes pour nécessiter le rire, le pleurer, ni aucune des grimaces provoquées par les sentiments de haine, de moquerie, etc., c’est-à-dire quand elles ne vont pas jusqu’à imprimer un mouvement très-prononcé aux paupières, aux lèvres ou aux ailes du nez, toutes ces impressions, dis-je, se lisent parfaitement sur la physionomie du côté paralysé, preuve évidente que l’expression ne dépend pas essentiellement de la 7e paire ; ce n’est véritablement que lorsque le paralytique veut grimacer ou exécuter de grands mouvements, sous l’influence des passions ou même en dehors de celte influence, qu’on est frappé de la désharmonie de sa physonomie et de l’aspect ridicule qu’elle présente.
Quand il y a paralysie seulement de la 5e paire, la sensibilité cutanée est principalement abolie; mais on remarque dans le côté paralysé quelque chose de la statue, quelque chose d’inanimé, même de stupide, qui n’existe pas dans les paralysies de la 7e paire. Chaque fois que le paralytique veut rire, ou qu’il pleure, et qu’il exerce quelque grand mouvement des paupières, des lèvres
(l) M . Mago pense que le muscle buceinateur ne reçoit son mou veinent que de la 'j'-' paire (Journal de phj's . 1 de M Magendie, t. i , p 3ï5J.
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ou des ailes du nez , cet aspect d’immobilité disparaît, ou plutôt se cache ; il est absorbé par le caractère fortement contracté que la physionomie présente alors, et que la peau du visage est obligée de prendre pour suivre la direction que lui impriment les muscles auxquels elle adhère; mais l’observateur attentif ne s’y trompe pas, et, à travers cette contraction forcée des muscles volontaires, il aperçoit ce défaut de tinesse dans la corrugation qui constitue ly expression faciale.
Il y a des personnes qui ont beaucoup d’expression dans la physionomie; on peut dire que chez elle le visage est vraiment le miroir de l’âme : la moindre impression s’y réfléchit dans le jeu extrêmement délié de tous ces mouvements fî brilla ires cutanés et musculo-cutanés qui constituent la tinesse d’expression; ces personnes-là passent pour très-sensibles : le fait est qu’un jeu de physionomie très-expressif coïncide ordinairement avec une grande sensibilité, et il est rare que les facultés de l’entendement, ce qu’on appelle l’esprit, ne répondent pas par leur développement à la finesse de f expression. Un homme de génie peut bien ne pas avoir une grande mobilité d’expression ; mais un homme fin et spirituel, quelle que soit sa laideur, aura toujours une physionomie qui ledévoilera aux yeux du connaisseur.
L’homme qui manque d’esprit et de sensibilité, est toujours reconnaissable à un certain air de stupidité répandu sur sa physionomie; l’homme brut, l’homme grossier, a toujours une physionomie ou hébétée ou dure : on y lit que son âme n’est touchée par rien. Quelle différence de ces physionomies abruties de l’idiot ou du brigand sans commisération , avec cette naïve et candide expression d’une jeune et sensible fille en proie à une émotion subite, dont les joues se colorent du plus vif incarnat, dont les yeux baissés et toute l’expression faciale viennent attester les pudiques sentiments qui l’animent! L’habitude de la méditation, la culture des sciences sérieuses et la profondeur des raisonnements peuvent bien imprimer à la physionomie d’un homme, un aspect habituel d immobilité : quand il médite, il est en effet dans un état d’insensibilité pour les impressions venant de Pextérieur; mais, s’il veut sortir de sa contemplation intérieure, si tout-à-coup les objets qui l’environnent viennent à fixer son intention , on est étonné du changement subit de sa i physionomie, qui, de froide et insignifiante, est instantanément il devenue d’une mobilité d’autant plus grande, qu’il est plus fortement impressionné.
La finesse de l’expression semble donc être inhérente à la sen-
COUDONS NERVEUX.
sîbililé (1), el la l'acuité qu’ont les sens d’être émus : cette coïncidence doit faire trouver tout naturel que la finesse d’expression et l’impressionabilité s’allient aux aptitudes intellectuelles, et qu’un idiot, qui n’est touché de rien, ait une physionomie stupide. D’autre part, il n’est pas du tout choquant de penser qu’un homme fortement grimacier et gesticulateur soit complètement bête, quoique le système musculaire de sa face, et partant sa 7e paire de nerfs, soient richement développés.
Tous les paralytiques de sensibilité faciale que j’ai eu occasion de traiter, et qui m’ont présenté cet aspect inanimé de physionomie, reprenaient tous leur expression sous l’influence assez, rapide de la galvano-puncture : on voyait l’expression revenir, l’air de vie et d’animation remplacer l’automatisme facial, à mesure que la sensibilité reparaissait.
Bans les paralysies où la 5e paire était affectée en même temps que la 7e, l’air stupide et inanimé était bien plus marqué; mais cela se conçoit aisément, car il n’y avait alors ni corrugation et animation cutanée, ni mouvement volontaire; aussi ces paralysies sont-elles bien plus difficiles à guérir que celles qui n’intéressent que la 5e ou la 7e paire seules.
Bans les nombreuses préparations névrotomiques que j’ai fait faire, je crois avoir remarqué que les sujets qui avaient eu beaucoup d’expression faciale pendant leur vie, sont ceux chez lesquels on rencontre une plus grande multiplicité d’anastomoses des filets de la 5fi paire avec ceux de la 7e. Si celte remarque se trouve constamment vraie ( et il n’y a qu’un grand nombre de dissections qui peut en faire acquérir la certitude), il pourrait bien se faire alors que l’expression faciale ne dépendît que de ces rapports anastomotiques d’un rameau nerveux sensible avec un rameau moteur.
Il est une dernière remarque à faire : M. Ch. Bell a découvert et a mis hors de doute , par des expériences positives ( Yoy. son Expos. du syst. nat. des nerfs), la difïérence d’action des nerfs de la 5e et de la 7e paires par rapport à la face; il en résulte que la 5e préside au sentiment et la 7e au mouvement ( j’excepte les nerfs musculaires masticateurs de la 5e paire). Il se présente ici une réflexion. Si la 5e paire présidait exclusivement au sentiment, pourquoi tant de rameaux de cette paire se distribuent-ils dans les muscles (2) ; et pourquoi, si la 7° paire n’est
(l) \oyez M. Magendie, Précis de Physiologie , t. Ier, p. 332. (2,1 La branche sus-.sphéiioïdo-orbitaire , dite o^thalmique de la
SG
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qu’un nerf du mouvement, envoie-t-elle tant de filets à la peau? C’est que de toutes les paires de nerfs, ces deux-là s’anastomosent le plus fréquemment, et que ce sont ces nombreuses anastomoses, tant dans les muscles qu’à la peau, qui constituent l’expression faciale. Pourquoi, d’autre part, la 7e paire envoie-t-elle des rameaux dans les muscles temporal, masseter et buccal, puisque c’est la 5e paire qui , par exception, préside au mouvement de ces muscles? C’est que ces muscles ont deux fonctions : ils sont volontaires masticateurs, et sont, dans d’autres cas, expressifs, bien moins, il est vrai, que les muscles faciaux cutanés, qui reçoivent leur mouvement de la 7e paire, mais enfin ils sont expressifs. Une autre raison fait encore que la 7e paire donne des rameaux aux muscles masticateurs, et je la donne au paragraphe suivant.
Enfin il existe encore une autre fonction dépendant de la 5e paire, c’est le mouvement volontaire des muscles masticateurs et de préhension buccale. Les rameaux nerveux musculaires qui rattachent la mâchoire inférieure à la 5e paire, sont ceux qui président à cette action. Les anatomistes ont cru que les seuls rameaux moteurs fournis par la 5e paire, étaient ceux du temporal, du masseter, du buccinateur et des ptérygoïdiens ; mais il n’est pas difficile de voir que de nombreux rameaux de cette paire'se rendent dans les muscles moteurs des lèvres; de plus, lorsqu’il y a paralysie de la 7e paire, même lorsque le tronc de la 7e paire est coupé, les lèvres ne sont pas tellement immobiles que la préhension des aliments et la respiration par la bouche du côté affecté ne puissent s’effectuer; il y a seulement difficulté extrême, mais le mouvement n’est pas totalement aboli, preuve que la 5e paire est adjuvante de la 7e, pour le mouvement volontaire, comme il l’est dans d’autres fonctions (1).
5e paire, distribue aussi des filets dans les muscles de I’œi!;M, Ch. Bell le dit positivement ( Voyez Exposit. etc., trad.,p. l^o), il est probable que la part que ces muscles prennent à l’expression , vient de cette combinaison de la 5e paire , avec les nerfs moteurs du globe oculaire.
( i) Voy. M. Ch. Bell, Exp., etc. , trad, p. 03 Seulement, l’auteurse trompe , quand il attribue le mouvement des lèvres aboli à la perte du tact. C’est évidemment à la perte de l’action musculaire, dépendant de la 5e paire, que cela est du; cependant il en convient à la p. 73, dans la note de la p. 74, p. 94? et dans la note des p. /j§ et
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îi résulte de ce qui a été exposé aux deux paragraphes ei-dessus, que la 5e paire agit concurremment avec la 7e dans les mouvements masticatoires et dans l’expression faciale; j’aurai occasion plus loin encore de prouver que la sensibilité a besoin d’être exercée en même temps que le mouvement dans la plupart des cas, car l’un est constamment le guide de l’autre, et, si l’un est prêt à errer, l’autre rectifie de suite l’erreur. C’est ainsi que tous les sens se rectifient l’un par l’autre et s’éclairent mutuellement : l’harmonie sensoriale est nécessaire à la perfection perceptive. Nous aurons occasion, à mesure que le champ de nos connaissances du système nerveux s’agrandira, d’étudier cette harmonie, dont le parfait exercice constitue cette unité si surprenante, et qui émerveille à si juste titre les physiologistes.
Nerf de la 6e paire cérébrale moteur oculaire externe .
- — 3e nerf sus-spin o-orbitaire (1).
J’ai dit, en parlant des autres nerfs moteurs du globe oculaire, que, considérés collectivement et eu égard à leur simultanéité d’action, à leur ensemble de mouvement, ils devaient être regardés sinon comme un même nerf , au moins comme une portion de système nerveux affectée à une identité fonctionnelle qui permet de les rallier. Sous ce point de vue, il y a moins de raison d’admettre tous les faisceaux si divers de la 5e paire comme appartenant à un seul nerf, qu’il n’y en aurait de prendre pour des branches d’un nerf unique, les 5e, 4e et 6 e paires; et, quelque éloignée que puisse paraître l’insertion à la moelle sus-spinale de ce nerf, d’avec les insertions des 5e et 4e paires, il ne serait pas impossible que des fibres intra-médullaires ne liassent ensemble toutes ces insertions (voy. pl. 5, fig 2.) Je le répète ici, les anatomistes, en imposant cette classification des nerfs par paires cérébrales et spinales, n’ont eu égard qu’au point où le faisceau nerveux touche la limite du centre cérébro-spinal et où il s*’en détache ; et, comme, pour eux, ce centre agissait d’une manière homogène et générale, c’est-à-dire unique,, parce qu’on n’avait pas encore découvert les localisations d’action, et qu’on croyait que ces faisceaux émanaient du centre pour se rendre à la circonférence, ils ne pouvaient procéder autrement. M. Ch. Bell dit positivement (Exposition, etc., trad. franc. , p. 241), en par¬
ti) PI. III, fig. 2/C.
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lant du nért moteur externe : • 11 semble être un q sous-division « de la 5e paire, et sans aucun doute il appartient à la vo- « lonté (1); mais, continue-t-il, il existe dans ses connexions « une circonstance que je ne puis expliquer : ce nerf reçoit une « grosse branche du nerf appelé grand sympathique. » Je ne serais donc pas le seul qui aurait cette opinion de liaison intime et de connexion des 5% -4e et 6e paires; d’ailleurs, comme il sera ditci-après, fil. Ch. Bell reconnaît à la 3 e et à la 6e paires lamême origine cérébrale; mais il prend ce nerf moteur externe pour un nerf exclusivement volontaire : voilà pourquoi il est embarrassé d’expliquer sa connexion avec le grand sympathique Le muscle droit oculaire externe ou abducteur a deux fonctions bien distinctes : par l’une, il agit sous l'influence de la volonté concornitament avec les autres muscles droits, mais surtout avec son antagoniste modérateur (2), le droit interne et avec les deux muscles latéraux de l’autre œil ; il peut aussi agir ainsi involontairement, soit par convulsions, soit sous l’influence des passions; mais il a une autre fonction bien importante : il est modérateur antagoniste de l’action que sont chargés de diriger les deux muscles obliques ( voy. 5e et 4;) paires), pour constamment établir le parallélisme des rayons visuels entre la pupille et le fond de l’œil avec le point qu’on regarde; et c’est sans doute pour celte action involontaire, si elle est considérée par rapport au globe de l’œil, volontaire si elle l’est par rapport à la rétine, sous la dépendance de laquelle les muscles obliques semblent agir exclusivement, que le muscle droit externe reçoit un filet du grand sympathique. La 6e paire agirait seule dans l’action volontaire et latérale du globe de l’œil, elle agirait concurremment avec le grand sympathique, lorsqu’elle est chargée de modérer la direction visuelle dans son action simultanée avec les obliques.. Le rameau de la 0e paire est donc chargé d’établir d’une part l’antagonisme du droit inteine, et de l’autre celui des deux obliques. Aussi ce rameau chargé de contrebalancer l’ac-
(1) Desmoulins dit que les mouvements du muscle droit externe sont involontaires ( Anat . , t. 2, p. 698).
(2) L’antagonisme est une loi fondamentale du mouvement musculaire; chaque muscle directeur, extenseur, ou fléchisseur, lorsqu’il entre en action, est modère par un antagoniste; c’est de cette simultanéité parlaite que dépend la précision dans l’exécution des mouvements. Cette considération trouvera son application dans toutes les paralysies du mouvement.
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lion de trois muscles, est-il ie plus volumineux de tous ceux qui se distribuent aux muscles oculaires. Une preuve bien évidente qu’il est essentiellement modérateur dans la direction visuelle, c’est que jamais un individu ne peut loucher en dehors, c’està-dire faire diverger volontairement les deux yeux, tandis qu’il peut très-bien loucher en dedans et faire converger les deux pupilles. Le strabisme en dedans, qui est le plus fréquent, dépend de la perte d’action de ia 0e paire, et de l’entraînement qu’exercent les trois muscles obliques et droit interne, restés sans antagoniste ; le strabisme en dehors, lorsqu’il est complet, dépend du défaut d’action de ces trois muscles, ou du droit interne et des obliques séparément, quand il est incomplet
Le nerf de la 6e paire, comme les autres nerfs musculaires de l’œil, est totalement insensible : piqué ou pincé, il ne cause, ainsi qu’eux, aucune douleur ; ce fait établit un contraste bien frappant avec ce que nous avons vu de l’extrême sensibilité des filets de la 5e paire, qui se distribuent aux mêmes organes. Ainsi la seule action du nerf de la 6e paire, comme de ceux de la 5e et de la -4e, consiste à exciter la contraction musculaire.
La section des muscles de l’œil chez les animaux est, d’ailleurs, assez peu douloureuse.
La 6e paire naît par des filets qui sortent de la face interne du muscle droit externe de l’œil et s’acheminent, en se réunissant en un rameau dans l’orbite, à travers les faisceaux du muscle droit externe de l’œil, vers la fente sphénoïdale. Le nerf sort de l’orbite, et reçoit un tilet du ganglion sphéno-palatin , ou, à défaut de ganglion, du nerf recouvert de la 2e branche ( 5e paire plus loin et en passant au-dessus de l’orifice antérieur du canal carotidien, il s’anastomose avec plusieurs filets du grand sympathique (1), puis , continuant sa marche dans le sinus caverneux, il traverse la dure-mère au-dessous de l’apophyse clinoïde postérieure, et arrive à l’encéphale, où il pénètre par la partie postérieure du pont de Yarole, en se partageant ordinairement en deux faisceaux que les anatomistes regardent comme les racines, du nerf Ces racines qui quelquefois traversent chacune une ouverture spéciale de la dure-mère, en se rendant séparément au pont de Varole, vont s’insérer, l’externe à la face externe et postérieure de la protubérance, et l’interne à l’extrémité supérieure de la pyramide, et souvent aussi en par-
(i) Voyez tab! . synopt . , Ge pair*», 1 i 3, et pl , 111, fig. "2, c.
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lie à l’olive et à la bandelette transversale qui régné entre les sommets des deux pyramides ( Voyez d’Azyr, Méni. de Fans , 1781, p. 589 ) (1).
Meckel est d’opinion que l’appareil ganglionnaire naît de l’encéphale par ce nerf; il paraît que cette opinion est aussi celle de M. Bell, quoiqu’il reconnaisse qu’il appartient à la volonté, car il dit dans son ouvrage (voy. Exposit. dusyst. nen'., trad., p. 56 ) que ce nerf appartient tout-à-fait au système nerveux des ganglions.
Nerf de la 7e paire (portion dure) facial. — 5e paire de vesale j respiratoire de la face j de M. C. Bell. — Nerf
sus-spino-tempori-zygomatique (2) .
Ce tronc nerveux, appelé par M. Ch. Bell nerf respiratoire de la face, n’est pas chargé uniquement, ni primordialement, de cette fonction, bien qu’il contribue à l’acte respiratoire en ce qui concerne l’écartement des aile-s du nez et des lèvres. Il ne peut être considéré non plus, ainsi que le veut le môme physiologiste,, comme nerf spécial de l’expression faciale, par les raisons que j’ai données à l’exposition des nerfs de la 5e paire. On pourrait, à plus juste titre, le nommer grimacier ; c’est, en effet, le nerf des mouvements étendus de la face , moins ceux de la mastication , qui dépendentde l’action d’un rameau séparé de la 5e paire. Ce nerf, dans la plupart des cas, est volontaire; mais il peut être involontaire, et, alors, il obéit à finstinct et contribue au jeu physionomique d’expression dans les passions fortes; il contribue aussi à la fonction respiratoire par son action sur les lèvres et les ailes du nez, liée au besoin de respirer, dépendant, comme il sera exposé plus loin, des ramificat ons bronchiques du nerf pneumo-gaslrique. Il y a de fortes présomptions pour croire qu’il est auxiliaire de la sensibiliié comme de l’expression et de la respiration (5) ; il est aussi le moteur des petits muscles intratympaniques, en dehors de l’influence volontaire. On est forcé,
(1) M. Ch. Bell dit qu’il n’y a aucune obscurité sur l’insertion au cerveau du nerf de la 6e paire, qu’il sort de la même bandelette de substance médullaire qui donne naissance aux nerfs du mouvement (Anat., trad.,p.
(2) PI. III , fig. 5, et 6.
(3) En tous cas, il se lie à la sensibilité par les anastomoses, avc£ la 5e paire, età la respiration, parles anastomoses avec le plexus central,
COUDONS NERVEUX.
en outre, d’admettre des aciions spéciales, dépendantes d’une grande anastomose établie entre ce nerf et le rameau lingual de la 5e paire appelée corde du tympan , et d’une autre anastomose intermédiaire entre ce même nerf et l’appareil ganglionnaire appelé nerf vidien ; les usages de ces deux anastomoses ne sont pas encore clairement démontrés.
On voit, par toutes ces différences fonctionnelles, que cette paire ne constitue pas plus un nerf unique, que ne le font la plupart des autres faisceaux que nous avons déjà examinés; il semblait même que tous les anatomistes eussent pressenti cette vérité, car les uns avaient partagé cette paire en deux portions bien distinctes, fondées sur le caractère de dureté ou de molesse qui les distingue l’une de l’autre; les autres s’étaient nettement décidés à faire deux nerfs séparés de ces deux portions qui semblaient intimement unies, et ils ont considéré le nerf facial ou la portion dure comme 7 e paire, et la portion molle ou labyrynthique comme 8e paire; mais il est évident que cet assemblage de nerfs renferme un bien plus grand nombre de rameaux à usages distincts. Ainsi , ceux qui président aux mouvements volontaires des muscles de la face, ne peuvent être de même nature que ceux qui font mouvoir les osselets de l’ouïe; la corde du tympan et le rameau vidien doivent avoir des fonctions essentiellement différentes des deux autres ordres de rameaux ci-dessus mentionnés. ÎS’a-t-on pas vu M. Magendie rétablir la sensibilité acoustique chez un officier polonais , devenu sourd parle bruit du canon, en pratiquant la galvano-punclure sur la corde du tympan ( voyez Journ. de Phys ., M. Magendie, E 5 ); M. Gaedechens n’a-t-il pas de'montré qu’il était des rameaux de la 7e paire doués de sensibilité ( Dict . de médecine 2e édit. , t. xij , p. 562 ); MM. Burdech , Schœpt, Eschricht , Backer , Lund , Fodera , n’ont-ils pas constaté la sensibilité du nerf facial anastomosé , etc. ?
E n gén é r a 1 , 1 e n er f fac i a 1 a d es r a m ea u x d ’ a u t a n t p 1 u s m u 1 1 i p 1 i és et plus complexes que la face de l’animal est revêtue de plus de muscles et qu’il est doué de plus d’entendement et d’énergie vitale; ainsi , chez les poissons et la plupart des reptiles dont la face est complètement immobile, et le plus souvent cuirassée de plaques osseuses, d’écailles ou d’un cuir dur et rugueux, on peut dire que le nerf facial manque; car les minces filets qui en portent le nom et qui se rendent aux lèvres pour aspirer l’eau ou l’air, à la première branche chez les poissons, à la langue chez les lézards et les singes, paraissent fournis par la 8e paire;
CÜRDOXS YMtVEUX.
chez les tortues , un rameau, qu 'on peut considérer comme 7e paire , existe bien distinctement et se distribue au muscle digastrique. Les oiseaux ont aussi quelques rameaux qui se distribuent aux paupières, dont ils excitent le clignement; au cou, où les plumes se hérissent, et dans certaines espèces, au sommet de la tête C’est chez les mammifères que ce nerf commence à présenter des usages plus étendus : chez les rongeurs, ces usages se bornent à-peu-près à l’action des lèvres, des ailes du nez, et des paupières ; chez les herbivores , aux mouvements de ces parties se joignent ceux des oreilles et leur expression; et chez les carnivores , des mouvents très-étendus et très-variés des joues et du front (J). Mais c'est surtout dans l’homme que les rameaux se multiplient, et que les mouvements de la face acquièrent une étonnante variété, un caractère d’ex-» pression aussi mobile qu’étendue, depuis les mouvements les plus tins et les plus imperceptibles, jusqu’aux plus violentes convulsions ; aussi, chez aucune espèce, les anastomoses avec la 5e paire, nesont-eiies plus multipliées, et c’est à cette disposition qui combine la sensibilité avec la mobilité qu’il faut attribuer l’immense étendue des jeux plrysionomiques , depuis les tons délicats et légers des passions douces et muettes, où l’œil ne saisit que des nuances presque imperceptibles d’épanouissement ou de concentration dans les traits, jusqu’aux transports les plus énergiques de la colère et du désespoir, qui rendent l’aspect du visage si effrayant et si horriblement contorsionné chez les personnes à muscles très-prononcés. Les animaux dont certaines parties musculaires faciales sont exagérées, comme sont les lèvres, chez le chameau, le cheval, etc., ont les rameaux du facial se distribuant à ces parties , très-volumineux; aussi les mouvements en sont-ils étendus et multipliés. Dans la tr ompe de l'éléphant , le r ameau facial a le volume du nerf sciatique de l’homme : on peut inférer de-là, en rapprochant ce qui a été dit de l'expression faciale à propos de la 5° paire, que cette expression dépend d’autant plus de l’action de cette 5' paire, que les effets ne s’en font remarquer que dans la corr ugation de la peau et les libres des muscles cutanés , la coloration , etc.; tandis que l’aspect du visage où les muscles sont agités de fortes
(l) Chez les mêmes carnivores, des rameaux du facial, plus gros et plus nombreux que chez les herbivores, se distribuent au muscle peaucier, et rendent si sensible le hérissement de la tète et du cou dans le chien, le chat, le lion, etc.
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convulsions , les trails crispés, la ligure pour ainsi dire renversée par l’exagération du jeu musculaire, est due évidemment à l’action presque exclusive de la 7e paire (1). Ainsi , l’on peut deviner la part qu’ont chacune de ces paires de nerfs dans les jeux physionomiques, par le degré de contraction , depuis la corrugation cutanée la moins perceptible jusqu’au grimacement le plus marqué des muscles de la face, mobilité qui, dans les grandes passions ou les grandes souffrances , ne se borne pas au visage , mais se communique souvent aux muscles du tronc et des membres.
Quelques médecins trouveront peut-être que j’insiste beaucoup sur des considérations physiologiques en apparence peu importantes pour la pratique, en ce qu’elles semblent ne pas se rattacher immédiatement à des lésions nerveuses; mais, s’ils tiennent compte des indications que donnent le faciès dans les maladies, et surtout dans les différents états du cerveau, ce centre recevant , comme nous le verrons plus loin , toutes les impressions organiques et les réfléchissant la plupart sur les traits du visage (2) , ils me pardonneront ces détails qui trouveront souvent leur application.
La fameuse expérience de M. Ch. Bell , qui consiste à pratiquer la section du nerf facial d’un côté, et celle de la 5e paire, de l’autre, sur un âne (5), ou tout autre quadrupède, est généralement connue. On sait que le côté où la 7e paire a été coupée, reste entièrement immobile, que les mouvements des lèvres pour ouvrir la bouche, celui des paupières pour fermer les yeux, et celui des naseaux pour respirer, deviennent impossibles, tandis que ce même côté reste parfaitement sensible aux piqûres, et que la mastication peut s’y exécuter.
Le côté où a été coupé la 5e paire conserve, au contraire, tous
(1) C'est surtout dans certaines agonies , qu’on remarque le jeu outré des muscles faciaux , ces convulsions, ces spasmes si violents de la bouche, des narines, des paupières et de toute la face. La même chose s’observe à la suite des fortes hémorragies. Tous ces mouvements sont instantanément arrêtés chez les animaux par ia section de la 7e paire .
(2) Dans le langage vulgaire, on dit que la face est le miroir de l’âme : le médecin, témoin des souffrances corporelles et des différentes affections du cerveau, peut, à bien juste titre, se servir de cette expression figurée.
(3 ) Exp . du Srst. des nerfs ^ de M. Ch Bell,trad. parGenest, p. 62.
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ses mouvements, moins ceux de mastication qui sont gênés par la section de la 5e paire d’un côté et deviennent impossibles par celle des deux côtés; mais il y a sur ce point insensibilité de la peau (\), perte de l’impression des saveurs à la langue. M. Magendie a de plus constaté que dans cette section de la 5e paire, il y avait perte de l’odorat et de i’ouie; j’ai trouvé aussi qu’elle détruisait la finesse de l’expression faciale , celle qui a lieu dans les émotions délicates (Voyez fonctions de la 5e paire ).
D’après les considérations que je viens de présenter, on voit que M. Ch. Bel! a eu tort de donner à ce nerf le nom de respiratoire de la face , puisqu’il ne sert à la respiration qu’accidentellement, et uniquement parce qu’il est le nerf musculaire de cette partie. Il y aurait eu, certes, autant déraison de nommer respiratoires les nerfs qui se distribuent aux parois abdominales; car ces parois servent continuellement à expulser l’air de la poitrine en se contractant à chaque expiration ; mais, ici, le physiologiste anglais a probablement pensé que ces muscles servant également à la défécation, à l’expulsion des urines et à la parturition, ne devaient pas recevoir une dénomination fonctionnelle exclusive. Pour être conséquent, il devait faire la même observation à l’égard des muscles de la face, puisque, de son aveu, ils servent et à la respiration et à l'expression dans les passions; sans doute, il a été frappé des efforts que font les animaux en agitant leurs naseaux dans les inspirations brusques et répétées, après une course forcée; il a dû aussi être frappé de l’état haletant des phtysiques au moment de la mort ; mais il aurait pu fixer également son attention sur l’action des muscles abdominaux, Jorsqu’ainsi palpitants, ces individus offrent des mouvements si étendus de tous les muscles du tronc.
Nulle partie du corps n’est sillonnée d’une aussi grande quantité de nerfs que la face (2) ; il est étonnant que jusques au temps des expériences de M. Ch. Bell, aucun des célèbres
(1 ) Quelques physiologistes ont constaté, qu’après la section de la 5e paire, certain -s parties de la face conservaient encore un peu de sensibilité ; mais cela est dû aux anastomoses de la 7e a la 5C paire, et tenant aux rameaux de cette dernière, dans lesquels l’innervation n’est pas encore éteinte. Ces anastomoses sont extrêüiementmultipliées entre la 5e et la 7e paire; il n’est donc pas étonnant que la sensibilité puisse se conserver pendant quelque temps après la section de la 5e paire. C’est aussi, à raison de ces anastomoses, qu’au moyen del’électro-puncture, il semble qu’on trouve sensibles, les rameaux mêmes de la 7e paire.
(2) Voyez les rameaux principaux et pl. III, fig. 5 et G.
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physiologistes qui ont fait de si ingénieuses expériences sur la vitalité, aucun des patients anatomistes qui ont fait de si minutieuses investigations et ont noté les origines différentes des nerfs faciaux, enfin aucun des nombreux chirurgiens qui avaient pratiqué la section de ces différents nerfs dans les névralgies, irait découvert les véritables attributions dévolues à chacun d’eux. Cependant les fréquentes méprises qui ont fait pratiquer la section d’une des branches du nerf facial dans des tics douloureux ou celle d’un rameau de la 5e paire dans des tics convulsifs, enfin l’observation des phénomènes que développe la compression de ces mêmes branches, auraient dû éclairer les praticiens sur la nature de ces nerfs. En vain, M. Ch. Bell s’attache à décrire les expériences physiologiques sur les animaux vivants; en vain il prétend que les seules études anatomiques peuvent conduire à des résultats certains (1) ; il n’en est pas moins vrai que c’est par des vivisections, comme il en convient lui-même, qu’il est parvenu à constater la différence de fonctions de la 5e et de la 7e paire des nerfs cérébraux se distribuant à la face. Il est à regretter que cet homme célèbre, si distingué dans la science par ses importantes découvertes, se soit laissé dominer par cet esprit étroit, cet orgueil national qui porte la plupart des Anglais à ne trouver bien que ce qui se fait en Angleterre, et à condamner la marche que, suivent les physiologistes français, parce qu’ils osent faire des découvertes sur des sujets qu’exploitent aussi les praticiens d’outremer, par des routes différentes; une pareille prétention devrait être abandonnée aux hommes vulgaires et aux sots; elle est indigne d’un savant (2) !
Tous les rameaux qui appartiennent au nerf facial proviennent des muscles de la face et superficiels du cou, ou de la peau du visage. Ces dernières ramifications qui aboutissent d’une part aux muscles, et d’autre part à la peau, ne sont-elles pas le plus sûr indice de la corrélation de ces organes, pour établir l’harmonie d’expression entre les muscles et la peau. Mais j’anticipe, en parlant d’harmonie, sur ce que j’aurai à dire lorsqu’il sera question des corrélations nerveuses entre elles; c’est là la grande clef de l’unité d’action sur laquelle je m’étendrai
(J) Voyez les premières pages de L'exposition nu syst. nat. des nerfs, par M. Ch. Bell.
(2) Voyez les attaques de M. Ch. BeüconlreM. Magendie et contre Bichat, etc. , dans son ouvrage ci-dessus cité.
CÔRUÜXS NÈRVEUX.
lorsque j’aurai traité tie toutes les spécialités nerveuses, des diverses localisations. Je ne ferai donc qu’indiquer, ici, ces rapports cutanés et musculaires évidemment nécessaires , pour établir les jeux physionomiques, à moins qu’on n'aime mieux, à l’exemple de quelques-uns des physiologistes que j’ai cités plus haut, admettre qu’il est des tilets du nerf facial Chargés de transmettre le mouvement , et d’autres qui conduisent une sensibilité moins vive que celle peiçue parla 5e paire. Quoi qu’il en soit, on 11e pourra se refuser à reconnaître que les fréquentes anastomoses établies entre le nerf facial et la 5e paire ne forment des moyens de communication entre la sensibilité et le mouvement, soit pour assurer leur concert, soit pour se donner avis de leurs aciions réciproques. Cette conséquence semble d’autant plus incontestable, que l’une de ces fonctions est comme frappée de torpeur, si elle ne s’accompagne pas de l’autre, qui en est en quelque sorte le guide et l’auxiliaire obligé; cette dépendance , cette réciprocité d’action, est nécessaire; je me réserve de l’examiner avec plus de soin à l’occasion des paralysies du sentiment et du mouvement,
Les rameaux du nerf facial, soit qu’ils proviennent de la peau, soit qu’ils dérivent des muscles, peuvent se rattacher à deux grandes branches, dont l’une est transversale et supérieure, l’autre verticale et inférieure (1).
Les rameaux qui se rallient à la branche transversale et supérieure, sont d’une part, les nerfs temporaux et les nerfs zygomatiques, et d’autre part les nerfs palpébraux, les naseaux et les labiaux. Ils proviennent : 1° du muscle temporo-maxillaire, de la peau des tempes et du pavillon de l’oreille ( post. antér. ), du muscle fronto-pré-auriculaire, de la partie supérieure et externe de l’orbiculaire des paupières : ils s’anastomosent fréquemment entre eux et avec les rameaux frontaux et lacrymaux de la 5e paire, et avec les temporaux supertîciels et profonds de la même paire; 2° de la peau, de la région zygomatique et de la partie externe de l’orbite, de la partie externe des paupières et externe et inférieure du muscle orbiculaire; 5° de la paupière inférieure et de son muscle, des muscles du nez et de la peau qui le recouvre, des muscles releveurs de la lèvre supérieure, de î’orbiculaire labial et de la région cutanée labiale supérieure ; 4° du muscle buccal et de la lèvre inférieure; 5° de !a partie
(!) Tableau synopt. , p, 7« paire, rn, r, s, pi. III, fig. 5et6.
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supérieure et moyenne du muscle masseler, ces rameaux s’anastomosent fréquemment avec les lîlets du sous- orbilaire et avec le nerf buccal, provenant tous de la 5e paire.
Les rameaux qui se rallient à la branche verticale et inférieure , sont les nerfs extus-labiaux , les sous-labiaux et les cervicaux. Ils proviennent, 1° de la partie inférieure du muscle masseter, du muscle triangulaire* du buccal et de la peau de la lèvre inférieure; 2° des muscles abaisseurs de la lèvre inférieure et de la peau du menton; 5° du muscle peaussier et de la peau du cou. Ces rameaux s’anastomosent entre e:ax, et avec le nerf buccal de la 5e paire, les nerfs labiaux inférieurs de la même paire (5e branche), et avec les rameaux de la branche antérieure du troisième nerf spinal.
Ces deux branches transversale et verticale se joignent et vont former un plexus dans l’intérieur de la glande parotide en avant de l’oreille; à ce plexus viennent aboutir des filets parotidiens (1) et pré-auriculaires, lesquels s’anastomosent avec la 5e paire; d’autres s’anastomosent avec les troisième et quatrième nerfs spinaux. Le tronc du nerf passe ensuite sous le lobule de l’oreille en s’acheminant vers le trou stylo-mastoïdien de l’os temporal, placé au-dessous du conduit auditif ; dans ce trajet, il reçoit un rameau sous-mastoïdien, qui s’anastomose avec le pneumo-gastrique, l’accessoire, le glosso-pharyngien, et qui traverse la portion postérieure du muscle digastrique, d’autres filets provenant des muscles fixés à l’apophyse styloïde, et d’autres s’anastomosant avec le grand sympathique; enfin, un autre rameau post-auriculaire, se composant de filets .provenant du muscle occipital (2), du post-auriculaire et de la peau qui recouvre l’apophyse mastoïde , quelques petits filets proviennent du pavillon et du conduit auditif : une anastomose a lieu avec le petit nerf occipital.
Après avoir pénétré par le trou stylo-mastoïdien dans l’intérieur de l’os temporal (5), et après avoir reçu quelques filets
(1) On serait tenté de croire que la glande parotide, ainsi quelesconduits parotidiens , ne reçoivent leurs nerfs que de la 7«paire, si M. Ribes n’avait pas démontré que les nerfs ganglionnaires qui président uniquement à la circulation et aux sécrétions, ne pénètrent dans les parois mêmes de ces vaisseaux, et, avec eux , dans les tissus glandulaires.
(2) Je me suis convaincu, par l’observation faite sur moi-même , que le muscle occipital peut être paralysé sans que la 7e paire le soit, ce qui prouve que les véritables nerfs moteurs sont des nerfs spinaux .
[5) Tabl. synopt., 7c paire, et pl. V, fig. G.
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des cellules mastoïdiennes, le tronc du nerf facial reçoit la grande anastomose provenant du rameau lingual de la 5e paire , connue sous le nom de corde du tympan; à peine cette anastomose s’est-elle détachée du roseau lingual (nerf lingual) , qu’elle cotoie le côté extérieur de la branche montante de l’os sousmaxillaire, pénètre par la scissure de Glaser , dans le rocher , et entre dans la cavité du tympan (1) ; dc-là elle s’avance en passant entre le marteau et l’enclume (2); collée sur le premier de ces deux osselets, elle envoie des filets anastomotiques aux nerfs tym paniques de la 5e paire, mais sans recevoir aucune ramification de la membrane du tympan elle même, puis, montant d’avant en arrière le long du tronc du facial , elle sort de la cavité du tympan par sa paroi postérieure; en arrière de la caisse, quelques iilets provenant des muscles des osselets de l’ouïe sont encore reçus par le tronc Enfin , le tronc s’engage dans le canal dit de Fallope, où il reçoit la seconde des deux grandes anastomoses provenant de la 5e paire (3); c’est le nerf récurrent, connu sous le nom de viclien , lequel dans le rocher prend le nom de nerf pétreux superficiel. Par suite de ce trajet , la portion dure du tronc de la 7e paire, se trouvant placée dans le canal de Fallope, et parallèlement en dessus et au-devant de la portion molle ou du nerf auditif, sort en même-temps par l’orifice du conduit auditif interne, s’achemine dans le crâne vers la protubérance annulaire en s’inclinant en arrière, et atteint celte protubérance vers le milieu de l’espace compris entre ses bords antérieur et postérieur (4). Quelques-uns des rameaux de ce tronc se perdent dans la protubérance; d’autres cheminant avec le nerf auditif et gagnant la partie postérieure de la protubérance , se partagent en deux insertions : l’une , externe et postérieure, avoisine les insertions du nerf auditif au plancher du quatrième ventricule; l’autre , bien plus considérable, interne et antérieure, aboutit à la partie la plus élevée de la face inférieure, du prolongement spinal du cervelet (5). M. Ch. Bell, pré-
(1) PI. III, fig. 3, p. 117.
(2) PI. Y, fig. 6.
(3) Tableau synoptique, 7e paire et pî. ïlï, fig. 5, et pl. Y, fig. 6,
(4) Pl. VI, fig. 9.
(5) Desmoulins dit que le nerf facial s’insère sur le même segment de la moelle que l’auditir, mais bien plus rapproché que lui, de la ligne médiane, et par conséquent sur le faisceau inférieur de la moelle , le nerf auditif naissant du faisecau supérieur /Pesm., ànat. dvSyst. nep.v. , t. 2, p. 432).
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tend que ce nerf s’insère, ainsi que tous les nerfs respiratoires, à la partie latérale de la moelle alongée (1).
Continuation de la 7e paire des nerfs cérébraux des anciens anatomistes (portion molle). — 8e paire de quelques modernes. — Nerf acoustique ou auditif. — Nerf labyrinthique de Chaussier. — Nerf cérébo-intra-temporal (2).
Ce nerf est destiné à percevoir le son ou le bruit occasioné par les vibrations des corps élastiques résonnants : il est donc sensorial , et reçoit les impressions sonores, comme le nerf optique reçoit les impressions visuelles ou causées par la lumière. Ces deux sensations sont de nature essentiellement différentes, et il suffit de dire, pour bien établir cette différence, que l’oreille la plus line est inhabile à percevoir la lumière , comme les yeux les plus perçants ne sauraient parvenir à percevoir un son. Je ne m’arrêterai pas à faire la description de l’instrument acoustique, ni à étudier son mécanisme; il me suffira de dire que la condition nécessaire à la perception du son est l’intégrité des parties constituantes de i’oreille , et qu’il est essentiel que les ondes sonores puissent arriver jusqu’aux expansions du nerf auditif, pour causer l’impression et être senties, comme j’ai dit, à l'occasion de la vision, qu’il était essentiel que les rayons lumineux pussent frapper la rétine, pour être transmis par le nerf optique au cerveau.
Les ondes sonores ne parviennent au nerf auditif et ne produisent V impression auditive qu’après avoir traversé différents milieux, comme l'impression lumineuse n’arrive sur la rétine aussi qu’après avoir traversé plusieurs corps diaphanes propres à modifier les rayons de lumière.
Ces vibrations sonores, recueillies d’abord par un canal plus ou moins court, appelé conduit auditif externe , qui, chez les poissons, les reptiles et les oiseaux, est dépourvu de pavillon ou de conque propre à concentrer encore le son , mais qui en est pourvu tantôt plus, tantôt moins amplement, chez les mammifères, viennent frapper une cloison plus ou moins tendue, appelée membrane du tympan, et la fait vibrer. Les vibrations transmises chez les animaux parfaits au moyen d’une chaîne
(1) Exposit. dü Syst. nat. des NEUfi , trad . (le Genest, p. 51.
(2) PL 111, fig. 7, N.
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d’osselets articulés dans la cavité du tympan creusée au milieu de l’os temporal, parviennent au labyrinthe ou oreille interne, en traversant cette chaîne dont une des extrémités (le manche du marteau) est en rapport avec la membrane du tympan, tandis que l’autre Communique avec le vestibule (au moyen de l’étrier qui bouche le trou appelé fenêtre ovale). Ce labyrinthe est composé lui-même d’une série de cavités différentes chez les diverses sortes d’animaux; c’est dans son intérieur que les ondes sonores sont recueillies parles nerfs intra-labyrinthiques. L’une de ces cavités, contournée en spirale , est le limaçon ; d’autres au nombre de deux ou trois conduits recourbés , sont les canaux demi-circulaires : tous aboutissent à un évasement central ou confluent, appelé vestibule. Les poissons n’ont pas de limaçon , et même quelques-uns d’entre eux ( les lamproies) , n’ont que le renflement central, le vestibule (t). Les poissons les plus parfaits, les reptiles et surtout les oiseaux ont, outre le vestibule, des canaux demi-circulaires, au nombre de deux chez les uns, et de trois chez les autres. Dans les mammifères, outre ces canaux et ce vestibule, se remarque la rampe spirale, connue sous le nom de limaçon; toutes ces cavités de l’oreille interne qui constituent le labyrinthe, contiennent dans leur intérieur une poche membraneuse dans laquelle flotte un liquide semblable à la lymphe à demi-coagulée, baignant incessamment les digitations filiformes du nerf acoustique (2).
Un autre conduit , appelé conduit auditif interne, trompe d’Eustache ou tube temporo-pharyngien, s’ouvre dans l’arrièrebouche derrière les amygdales, chez les mammifères, et aboutit directement à la cavité du tympan, laquelle d’autre part communique, avec succession de cellules temporales situées principalement dans l’apophyse mastoïde en arrière du pavillon de l’oreille. Chez quelques espèces d’animaux, ces petites cavités s’étendent très-loin entre les feuillets des os du crâne, et sont toutes en communication entre elles (5). Je me dispenserai d’entrer dans
(1) Obs. du docteur Pohl, 1818.
(2) La poche intra-labyrinthique contenant le liquide dans lequel baignent les ramifications du nerf acoustique, se trouve adossée parla fenêtre ovale, ou l’ouverture vestibulaire, avec la membrane muqueuse qui tapisse la cavité tympanique dans laquelle circule l'air provenant de l’arrière-bouche par le conduit temporo-pharyngien.
(3) Chez plusieurs oiseaux de nuit, entr’autres l’effraie, il règne un grand nombrede cellules auditives , dans toute l’étendue du contour du crâne»
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de minutieuses descriptions des différences qui existent entra les espèces, sous le rapport de leurs cavités auditives, et dans le nombrede leurs osselets(l), comparé à celui des rameaux nerveux se distribuant au labyrinthe (2); mais il est essentiel de dire quelques mots pour faire comprendre de quelle manière l’impression sensoriale auditive s’effectue, et comment elle est transmise au cerveeu.
On a dû remarquer, dans l’exposition ci-dessus, qu’il y a dans l’oreille trois cavités bien distinctes (et je ne mentionnerai ici que l’organe auditif des animaux parfaits, de ceux surtout qui vivent dans l’air) (5) : 1° l’oreille externe, dans laquelle pénètre J air extérieur chargé de porter les ondes sonores sur le diaphragme appelé membrane du tympan; 2° l’oreille moyenne, composée du conduit temporo-pharyngien , de la grande cavité du tympan renfermant les osselets de Ionie, et des cellules mastoïdiennes, série de cavités que l’air provenant de l’arrièrebouche, et plus ou moins raréfié, est chargé de parcourir; 3° l’oreille interne, composée des cavités labyrinthiques, et contenant une poche dans laquelle se trouve renfermé un liquide communiquant (au moyen de la fenêtre ovale bouchée par l’étrier), avec une certaine portion de cet air intra-tympanique raréfié, et duquel elle semble recevoir les ondulations sonores qui lui ont été imprimées par les vibrations produites sur la membrane du tympan, par l’air extérieur introduit dans le conduit auditif externe.
M. le docteur Debau , a prouvé (4) que la circulation de l’air intra-tympanique était une des conditions essentielles de l'audition, puisque l’obstruction de la trompe d’Eustache entraîne toujours la surdité. Une observation que j’ai faite sur un nommé Chalat, adjudant-major au 11e de ligne, dont l’o-
(1) Dans les poissons , les reptiles et les oiseaux , il n’y a communément qu’un seul petit os de l’ouïe.
(2) Dans les lamproies, il n’y a qu’un seul trou , ou vestibule, du côté du cerveau, pour laisser pénétrer le rameau acoustique; d’autres fois, et dans les espèces supérieures , beaucoup de rameaux entrent par des criblures et du vestibule et du limaçon, allant jusque dans les canaux demi-circulaires où on les voit flotter , réduits en pulpe très-molle, toujours en contact avec le liquide.
(3) Il n’existe pas chez les animaux aquatiques, de canal analogue a celui qui, dans les animaux aériens, introduit l’air dans la caisse du tympan. (Desmoulins, Anat. du syst. nat., t. 2. p. -426).
(4) Journ. dk Physiol. exï’., deM. Magendie, t. p. 528.
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veille était devenue très-dure à Ja suite d’une blessure faite par une balle qui lui a fracassé l’apophyse mastoïde, prouve que les cellules mastoïdiennes sont au moins nécessaires à la production de l'intensité du son. Les obstructions du conduit auditif externe par le cérumen accumulé, les otites, l’épaississement de la membrane du tympan, souvent si heureusement perforée par M. Debau, l’interruption de la chaîne des osselets, toutes causes qui produisent la surdité, la paracousie, la tritonie, etc., attestent assez de quelle importance sont ces organes pour la production de l’audition; et, en effet, pour qu’il y ait harmonie complète dans l’exercice de cette fonction sensoriale, il faut, non-seulement que le nerf acoustique perçoive et transmette les impressions sonores au cerveau, mais il est indispensable : 1° que le pavillon de l’oreille et le conduit auditif jouissent de la sensibilité et du degré de lubréfaction propre a entretenir la souplesse et la sonoréitc normale; 2° que la membrane du tympan jouisse également d’un degré de sensibilité, de souplesse et de diaphanéilé nécessaires au mou vement vibratoire occasioné par le son répandu dans l’air extérieur (1) ; 5° que le mouvement imprimé à la chaîne des osselets de l’ouïe par les vibrations de la membrane du tympan s’exécute dans toute son intégrité, pour ouvrir ou fermer la fenêtre ovale, et ne laisser frapper sur la poche inlra-labyrinthique que la quantité d air intra-tympanique nécessaire à l’intensité du son que l’on veut produire (2); 4° qu’il y ait libre circulation de l’air introduit par la trompe d’Eustache, et par conséquent état normal de ce conduit et des cavités tympaniques et mastoïdiennes (5) ; 5° qu’il y ait intégrité des cavités labyrinthiques de la membrané qui v.
(1) On se rappelle que la sensibilité de la membrane du tympan dépend de la 5e paire.
(2 ) On se rappelle que le manche du marteau est articulé avec la membrane du tympan, et la base de l’étrier l'est avec la membrane delà fenêtre vestibulaire (Desmoul., ouv. cité, t. 2, p. 417). On saitde plus que tous ces os sont unis entre eux par articulation mobile.
(5) Une preuve que la circulation de l'air est indispensable dans. l’oreill<v moyenne , et que c’est par lui que les ondes sonores sont transmises au labyrinthe, c’est que, si l'on met une montre entre les dents d’un sourd, par obstruction de son oreille externe , il entend fort bien le mouvement, ainsi que le bruit que peuvent faire ses dents; mais, chez un sujet sourd par obstruction de la trompe ou gonflement des amygdales , aucune perception audi-, tive n'a lieu. M. Magendie, Phys. , t. 1 er, p. \aa, attribue, dans ce cas, la, transmission du son à la conductibilité des os.
COUDONS NERVEUX.
est contenue et du liquide qu’elle renferme; 0° qu’il y ait aussi parfaite intégrité fonctionnelle de la corde du tympan , dont l’usage paraît être de faire mouvoir les muscles des osselets de l’ouïe, des nerfs sensibles de l’intérieur de l’oreille, s’il en existe(l), lesquels ne pourraient provenir que de la corde du tympan, ou du nerf vidien.
Lorsqu’enfin les ondes sonores sont parvenues aux expansions intra-labyrinthiques du nerf acoustique, à travers tous ces milieux en rapport par une continuité parfaite, dès cet instant elles sont perçues (2) et immédiatement transmises au cerveau par ce qu'on a appelé la portion molle de la 7e paire (o).
Ce nerf, après avoir parcouru l’os temporal , accollé, comme il a été dit, dans l’intérieur du canal de Fallope, au-dessous et en arrière avec la portion dure de la 7e paire, sort par l’orifice du conduit auditif interne, s’achemine dans la cavité du crâne vers, le bord postérieur du pédoncule du cervelet, et s’insère au-dessous et sur les côtés de la cavité du bulbe sus-spinal (4) ( qua-. trième ventricule ). Une remarque assez importante, et qui a été faite la première fois par Desmo.ulins (5), c’est que ce nerf, dans la plupart des poissons, s’insère à la moelle spinale, non par continuité de matière, mais par juxta-position , c’est-à-dire, effectivement par l’intermédiaire d’un petit pédicule qui n’est continu , ni avec la moelle, ni avec le nerf. Ce fait est une preuve péremptoire en faveur de la doctrine de M. Serres ( Yoyez le chap. de la Formation , lre partie, p. 41 ).
(1) Desmoulins affirme (pie la sensibilité des canaux demi-circulaires est très-exquise fVoy. Anat. des Syst. nerv., t. 2, p. 410). M. Debau dit que les injections dans la cavité du tympan par la trompe d’Eustache, faites sans ménagement, occasionent de grandes douleurs (Journ. de PHYSiov. expkr., deM. Magendie,!. 9, p. 511).
(2) M, Flourens a aboli Tau litlou en détruisant les rameaux dudiques et cochiéens de la portion molle de la 5e paire : il n’avait obtenu qu’un léger affaiblissement del’ouïeen lésant les osselets , les canaux demi-circulaires et en généra! toutes les parties constituantes accessoires.
(5) PI. 111, tig. 9. Le même auteur (Desmoulins) fait observer que, chez les poissons, ce nerf est beaucoup plus fort que dans les autres animaux, ce qui dénote une susceptibilité acoustique supérieure , d’ailleurs bien compréhensible par la nécessité de percevoir dans l’eau , où les b: uits sont bien plus distincts que dans l’air, sa structure ne diffère pas de celle des autres nerfs; d’où il faut inférer que l’état pulpeux, d’où l’on avait dérivé les propriétés de ce nerf, chez les oiseaux et les mammifères , n’en est pas la condition essentielle Anat. du syst. nerv., t. 2, p. 420).
(4) Voyez p!. Vf, tig. 8.
Ibid, t. 2, p. 241 .
CORDONS NERVEUX
lOf
Scarpa avait fait de l'acoustique, chez les poissons, une des branches de la 5e paire; mais Desmoulins a démontré qu’il n'en était ainsi que chez les raies et quelques squales ; dans les autres poissons, bien que les insertions de l'acoustique et de la 5e paire soient très-rapprochées , elles sont cependant distinctes; sur le merlan, on remarque une autre anomalie: le nerf acoustique se réunit à la 6e paire, et tous deux s’insèrent au cerveau en un seul rameau , nouvelle preuve du peu de cas que l’on doit faire de ces réunions qui, en apparence, ne feraient croire qu’à un tronc commun.
Dans les mammifères, comme aux autres classes, on suit manifestement le nerf acoustique jusqu’au segment des quatrièmes ventricules sur le faisceau supérieur de la moelle spinale.
Il est à remarquer que , chez la plupart des mammifères, le nerf auditif a une proportion de développement bien supérieure à celui de l’homme. Aussi, ont-ils l'ouïe sinon plus fine, au moins incontestablement plus étendue.
Tronc 'principal de la 8e paire , nerfs vagues. — 6e paire de Galien j pneumo- gastrique de Chaussier^ nerf vocal de
G ali j 10e paire des nerfs. — - Nerf cérébro-viscéral (1).
Si les différentes paires de nerfs que nous avons étudiées jusqu’ici, ou même les branches qui en émanent ou qui les forment, ont offert à l'observateur une nature complexe; si loin de paraître des nerfs simples, ils ont présenté une complication manifeste de rameaux (2), dont les uns sont sensitifs; les autres, sensibles; ceux-ci, sécrétoires; ceux-là, moteurs, on doit s’attendre que la complexité de la 8e paire n’est pas moindre; on doit même présumer par la multiplicité d’insertions qui rattachent cette paire au cerveau et par le nombre d’organes auxquels ses rameaux se distribuent, qu’elle renferme un grand nombre de filets de nature différente. Ces rameaux sont, en effet, en connexion avec tous les viscères , et semblent flotter avec eux dans les cavités splanchniques (5); c’est ce qui a valu à ces nerfs le nom de vagues , par lequel les anciens les désignaient, et comme ils se distribuent spécialement aux organes
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qui servent à la respiration et à la digestion , Chaussier leur a donné celui de pneumo-gas trique s . Ces nerfs mettent, eti effet, en rapport avec le lobe sus-spinal et le cerveau, toutes les parties qui constituent le pharinx, le larynx , la langue, la glande thyroïde, les poumons, le diaphragme, l'oesophage, l’estomac, le foie, la rate et le canal intestinal.
Quoique cette paire de nerfs soit l’appareil nerveux propre des viscères, ses dispositions ne sont pas tellement constantes, qu’elles n’offrent de fréquentes dissemblances d’espèce à espèce ; mais cette apparente irrégularité se conçoit facilement , car les dispositions viscérales présentent elles-mêmes des dissemblances dans ces espèces : ainsi, chez les poissons, les rameaux pneumatiques, au lieu de se rendre, comme dans les classes supérieures, à la partie interne du thorax , se distribuent aux organes latéraux nommés branchies, qui leur servent de poumons.
Les rameaux branchiaux, dans tous les poissons, ne se rallient pas exclusivement à la paire vague (1) ; chez quelques-uns , ils vont se réunir à la 5e paire. On peut en dire autant du nerf sensitif lingual.
Chez certains poissons, c’est au pneumo-gastrique qu’il se rattache (- 2 ) ; il en est de même du rameau qui, chez les mammifères, va porter la sensibilité aux cavités auditives, et fait partie de la 5e paire; c’est au pneumo-gastrique qu’il se rejoint chez les poissons. Une branche considérable, appelée par quelques anatomistes nerf de la ligne latérale , est évidemment musculaire; elle s’étend jusque près de la queue (5) ; enfin, chez les poissons électriques, c’est au pneumo-gastrique que se rallient les nerfs de la partie postérieure, de l’appareil électrique, tandis que ceux de la partie antérieure vont aboutir à la 5e paire (4).
Dans les reptiles, le pneuno-gastrique, ainsi que les auteurs l’ont reconnu, paraît formé de beaucoup moins de rameaux que dans les poissons; ils se distribuent principalement à la langue, à l’œsophage, à l’estomac et aux poumons. Dans les sauriens et les
(1) Dans beaucoup d’espèces, le 1er nerf branchial va s’insérer séparément à la moelle spinale. Il a été considéré par quelques auteurs comme l’analogue du glosso-pharyngien.
(2) Chez les cyprins, le nerf vague est conducteur unique du goût.
(5) Desmoulins pense que ce rameau a une action sensitive ou motrice particulière, qui mettrait la respiration en rapport avec les mouvements et la sensibilité de toute la longueur du corps (Voir Asat. dusyst. nerv. , t. 2 , p. 467).
(4) Voyez 5e paire.
serpents à sonnettes, le plus considérable de ces rameaux esî? celui qui se distribue à la langue / et il esta remarquer que les muscles de ia langue, chez les serpents à sonnettes , ne reçoivent, comme ceux de la glotte, d’autres filets nerveux que ceux du pneumogastrique (1).
Du volume de ce rameau lingual , paraît dépendre, chez ces animaux, le volume, et surtout la mobilité de la langue.
Dans les oiseaux, le pneumo-gastrique des auteurs se distribue eu partie à la langue et principalement au larynx, au poumon et à l’estomac; mais ce que ces connexions linguales offrent de particulier, c’est qu’au lieu de correspondre au glossopha ryngien , elles n’ont lieu qu’avec les muscles de la langue, disposition qui permet de les assimilera l’hypoglosse des mammifères. Les rameaux laryngiens vont l'un à la partie supérieure de la trachée et au larynx intérieur, l’autre au larynx supérieur; une autre disposition , non moins remarquable, et qui prouve que les cordons nerveux ne naissent pas du centre, c’est qu’a u -dessous de ces rameaux linguaux et laryngiens, le tronc commun augmente de volume, et, descendant le long du cou, pénètre dans la poitrine, où il se distribue aux poumons, au cœur, à l’œsophage, à l’estomac. Ces dispositions, d’ailleurs, ont lieu aussi chez les reptiles.
Dans les mammifères , la 8e paire ne communique qu’au moyen d’anastomose, à la hauteur de la première vertèbre, avec l’hypoglosse , qui chez eux forme un nerf bien distinct que Desmoulins et d’autres anatomistes refusent formellement aux trois classes inférieures d'animaux vertébrés, excepté à la tortue (2); mais elle communique avec les muscles et la membrane muqueuse du larynx et de la glotte, par le rameau laryngé supérieur , avec le plexus cardiaque supérieur , par un ramuscuie commun au pneumo-gastrique et à l’hypoglosse, par un autre ramuscuie venant du récurrent. Ces rameaux de communication sembleraient lier les mouvements de la circulation de la voix, et peut-être ceux de la déglutition, aux actes de l’organe respiratoire (5) , en établissant une étroite relation entre les appareils correspondants et les plexus cardiaques inférieurs et pulmonaires (-4) , au moyen de rameaux considé-
(1) Du reste, chez les serpents et les poissons, le nerf vague communique , dès ses insertions cérébrales , avec la 5e paire.
(2) Voyez Anat. du syst. netiv., t. 2, p. 472,
(3) Voyez harmonies consensuelles.
(4 ) Aucun des rameaux du pneumo-gastrique ne se rend directement
CO RDONS N E RV K U X ..
fables appelés nerfs laryngés inférieurs ou récurrents (1). Ces nerfs communiquent aussi avec la membrane muqueuse du conduit aérien , la glande thyroïde et les muscles inférieurs du larynx; ils renferment les nerfs propres de la voix. Chez les mammifères aussi, le pneumo-gastrique au-dessous des rameaux récurrents a plutôt grossi que diminué de volume. La communication avec l'oesophage a lieu au moyen de nombreux filets s’anastomosant fréquemment avec ceux du côté opposé tout le long de ce canal; enfin, les deux troncs d,u pneumo-gastrique de chaque côté, après avoir franchi le diaphragme, s’épanouissent le long de la petite courbure de l’estomac sous le péritoine, en envoyant des filets aux plexus hépatique , solaire , et aussi au grand ganglion plexi forme semi-lunaire. Ce nerf, du côté droit, forme avec le plexus dit coronaire de l’estomac, une large anastomose, d’où partent huit à dix rameaux pour la face postérieure de cet organe (2).
Il est présumable que d’autres rameaux qui échappent à nos moyens d investigation , pénètrent dans la tunique musculeuse intestinale, en en déterminant les contractions d’après les expériences de M. Brachet, de Lyon (5), et peut-être même se rendent à leur membrane muqueuse.
Les nerfs pneumo-gastriques, minutieusement examinés dans l’homme, objet spécial de nos études, m’ont permis de constater qu’aucun des rameaux émanés de leurs troncs , ne se rendait directement à l’intestin grêle. Les anatomistes, considérant que ces troncs se fondent dans les plexus sous-diaphragmatique , stomachique, hépatique, etc, ont balancé à décider si les rameaux partis de ces plexus qui, d’autre part, reçoivent des filets du grand sympathique, étaient des rameaux du pneumogastrique, ou s’ils appartenaient à l’appareil ganglionnaire. La physiologie pouvait seule lever leurs doutes; aussi M. Brachet,
au cœur; il est donc impossible de savoir , autrement que par l’expérimentation sur les actes fonctionnels, si ce nerf a une action spéciale sur le cœur. En tous cas, les rameaux cardiaques du pneumo-gastrique vont se confondre dans les plexus brancho-œsophagiens avec les nerfs ganglionnaires (pl. Yl, fi£- 4).
fl) Pl. III, fig. 8.
(2) Mes dissections et expériences spéciales me donnent lieu de penser que les rameaux pneumo-gastriques qui ont le plus d’action sur la membrane musculaire de l’estomac et de la portion supérieure de l’intestin g;éle, émanent du plexus coronaire.
(3) Ouv. cité, p. 227 et suiv.
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€ii s’éclairant du llanibeau de cette science, a-t-il donné de ce problème une solution aussi complète que satisfaisante; il résulte de ses expériences que la plupart des rameaux plexiens sous-diaphragmatiques , qui se distribuent au duodénum, au pylore et à toutes les parties de l’estomac, tant à la membrane muqueuse qu’à la musculeuse, appartiennent au pneumo-gastrique (1), et il était probablement indispensable que les rameaux qui mettent ces parties en rapport avec les organes cérébraux , communiquassent avec des plexus dans lesquels vinssent se perdre des nerfs purement ganglionnaires, à cause de la haute importance de la vie nutritive, dont les sources, si on peut s’exprimer ainsi, s’y rencontrent.
Des plexus solaire, splénique et hépatique, se détachent des rameaux qui vont joindre l’extrémité inférieure de l’œsophage, où ils forment un grand lacis plexiforme autour de l’orifice cardiaque de l’estomac (2), et où aboutissent aussi de nombreux rameaux venant de l’orifice pylorique et de toutes les parties de l’estomac, mais principalement de sa face inférieure; ces rameaux se réunissent la plupart pour former le cordon œsophagien droit qui, sortant de l’abdomen par l’ouverture œsophagienne du diaphragme, pénètre dans la poitrine en remontant jusqu’au plexus pulmonaire du même côté , le long de la partie postérieure et droite du conduit œsophagien, et recevant dans ce trajet de nombreux filets provenant soit de l’estomacetde l’œsophage, soit de l’artère aorte (ce qui prouve qu’ils sont formés de faisceaux différents). D’autres rameaux se réunissent au cordon œsophagien gauche moins volumineux que le droit, lequel remonte le long de la partie antérieure du conduit, et va aboutir au plexus pulmonaire gauche. En remarquant que le nom de broncho-œsophagien coïnciderait mieux que tout autre à ces deux plexus, tant à cause de leur situation que par rapport aux filets qui s’y rendent , j’ajouterai que les rameaux œsophagiens et gastriques, ainsi que les plexus, sont aussi en rapport avec des filets bronchiques et trachiaux inférieurs, des filets provenant de l’artère pulmonaire , des anastomoses du récurrent , et des rameaux sortis du ganglion cervical inférieur et du premier thoracique du grand sympathique. Cette agglomération de rameaux forme, entre les plexus broncho-œsophagiens et les nerfs récurrents placés
(1) Voyez Reçu, sur lesïst. nerv., ganglionnaire , 1830, p. 230 et su vantes.
(2) PL III, fig. 8; pl. VI, fig. 5.
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plus liant, une trame aréolaire à mailles plus ou moins larges, plus ou moins nombreuses, dans lesquelles se trouvent logés des vaisseaux enveloppés d’une masse assez considérable de tissus cellulaires ; mais ceux d’entre eux qui s’acco’ent pour former la continuation du tronc nerveux pneumo-gastrique , paraissent dilater ce cordon et en augmenter le volume; vers le milieu de ce renflement, et avant d’atteindre la bailleur de la souclavière vers la crosse de l’aorte, le pneumo-gastrique reçoit souvent par plusieurs insertions un rameau nerveux considérable appelé récurrent ou laryngé inférieur , trachéal de Chaussier : ce rameau est composé de filets du pharynx, du corps thyroïde, du muscle constricteur inférieur , des muscles arythénoïdiens , de la membrane muqueuse du larynx (1); il reçoit, en outre, des filets anastomotiques du rameau laryngé supérieur, des rameaux cardiaques et des ganglions cervicaux moyens et inférieurs du grand sympathique, des rameaux anastomotiques du plexus brancho-œsophagien , et en outre des filets trachiaux supérieurs. Tous ces blets réunis constituent un réseau plexiforme situé un peu au-dessus de la bifurcation de la trachée-artère (2).
Après le rameau laryngé inférieur ou récurrent, le tronc nerveux sort de la poitrine et s’engage dans le cou en s’amincissant ; là, il reçoit les rameaux cardiaques qui proviennent et de la crosse de l’aorte, et du grand sympathique. Au-dessus de ces rameaux, les faisceaux pneumo-gastriques se resserrent de plus
(1) Une des preuves que les différents rameaux de ce qui a été appelé paires de nerfs , rie peuvent se suppléer quant aux fonctions spéciales, et que ce sont conséquemment bien réellement des nerfs essentiellement différents, c’est que les rameaux récurrents étant coupés, la paralysie des muscles vocaux (cordes vocales) s’en suit, sans que le rameau laryngé supérieur, qu’on croirait devoir largement suppléer , vienne en aucune manière en aide.
(2) Voyez pour les détails , les tabi . synopt. p, cérébro-viscéral et pl. lit, Gg. 8.
C’est en détruisant, chez les animaux à sang chaud , ce réseau plexiforme, dans une certaine étendue, que j’ai constamment aboli la calorîgènèsie. J’ai quelques raisons de penser que tant que ce réseau existe, et que les fonctions circulatoires et respiratoires s’exécutent intégralement , la chaleur peut se répandre et se maintenir par tout le corps, probablement à l’aide des nerfs ganglionnaires qui s’y rendent, dans les tuniques mêmes des vaisseaux ( Voyez appareil ganglionnaire ) ; car on a vu , non-seulement des membres entièrement paralysés du mouvement et de la sensibilité, conserver leur chaleur , mais la section complète de tous les nerfs cérébrospinaux qui se distribuent à une partie, ne pas les priver de la chaleur naturelle.
en plus, moulent le long des parties latérales du cou, et longent le nerf grand sympathique , sans jeter de rameaux. Arrivé à la partie supérieure du cou, ils reçoivent quelques blets qui viennent de la carotide interne à l’endroit où elle se sépare de l’externe; la même artère communique aussi par des (ilets anastomotiques avec la branche descendant de l’hypoglosse et le premier nerf cervical.
A la hauteur du ganglion cervical supérieur du grand sympathique, le nerf pneumo-gastrique reçoit du larynx un rameau considérable appelé nerf laryngé supérieur; avant de se partager en deux branches, ce rameau reçoit quelques filets anastomotiques du ganglion cervical supérieur du plexus pharyngien et du nerf hypoglosse.
La plus interne des branches du rameau laryngé supérieur provient de la membrane muqueuse du pharynx et du larynx, des glandes de l’épiglotte, des petits muscles laryngiens, arythénoïdiens et crico- thyroïdien ; elle s’anastomose avec des filets du nerf larygné inférieur ou récurrent.
La branche externe provient de la portion de membrane muqueuse qui va du cartilage cricoïde au thyroïde et des muscles constricteurs inférieurs du pharynx, des crico-hyoïdiens et sternothyroïdiens, et du corps thyroïde.
Ce rameau laryngé supérieur al3outit le plus souvent à l’endroit où les faisceaux du tronc du pneumo-gastrique commencent à s’écarter pour recevoir entr’eux une substance rougeâtre , analogue à de la gélatine; cette portion peut être considérée comme un véritable plexus ganglionnaire, lequel reçoit des filets du nerf accessoire; quelquefois le tronc du nerf ne tient à ce ganglion que par des filets de communication , et alors le rameau laryngé supérieur aboutit toujours au tronc.
Immédiatement au-dessus de l’endroit où vient se joindre au tronc de la 8e paire le nerf laryngé supérieur et toujours dans la circonscription de la dilatation ganglionnique du pneumo-gastrique, aboutissent un ou deux rameaux s’anastomosant avec le nerf glosso-pharyngien , le nerf accessoire et le ganglion cervical supérieur, lesquels se renflant et s’écartant en mailles assez considérables, forment le plexus pharyngien (1), placé à la hauteur du muscle moyen, constricteur du pharynx, et où viennent se perdre des filets nerveux provenant des constricteurs moyens et
(1) Tabl. synopt., 8e paire, r.
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supérieurs, des anastomoses du ganglion cervical supérieur, du nerf cardiaque superficiel , du glosso-phary ngien et du rameau laryngé.
Le tronc nerveux parvient ensuite à la hauteur du trou déchiré des os du crâne; là, il s’anastomose par quelques filets avec le ganglion cervical supérieur, le glasso-phary ngien et l'accessoire ou spinal.
Ce nerf traverse le trou déchiré, intimement uni par du tissu muqueux aux glosso-phary ngiens , à l’hypoglosse et au rameau ascendant du ganglion cervical supérieur du grand sympathique.
Après avoir franchi le trou déchiré, le nerf pneumo-gastrique se sépare du glosso-phary ngien et de L'accessoire, et pénètre ainsi seul dans le crâne par un canal séparé de la dure-mère. C’est cette séparation et la sortie isolée de chacun de ces nerfs par la dure-mère qui a engagé les anatomistes modernes à les considérer comme des nerfs distincts, tandis que les anciens, eu égard à la similitude de disposition de leurs filets d’insertion au cerveau, avaient regardé le pneumo-gastrique et le glosso pharyngien comme deux portions d’un même nerf, et le spinal comme une branche devant s’y rattacher, et c’est dans cette persuasion que Wi 1 lis avait donné à ce dernier nerf le nom d’accessoire à la paire vague. Mais on a dû se pénétrer, surtout par l’exposition de la 5e paire, et par l’inspection de toutes les dispositions nerveuses renfermées surtout dans la 5e planche, du cas que l’on doit faire de ces divisions arbitraires, dont la physiologie fait justice, et qui ne peuvent vraiment servir que pour le classement anatomique. On se convaincra ci-après, que non-seulement sous le rapport fonctionnel, le pneumo-gastrique diffère du spinal et du glosso-phary ngien , mais qu’il est lui-même un assemblage de nerfs très-complexes et à usages tout-à-fait dissemblables. Les insertions des faisceaux du nerf pneumo-gastrique ait cerveau, ou plutôt au lobe cérébral renfermé dans la moelle alongée ( parois du quatrième ventricule ), se font, comme pour ceux du glosso- pharyngien et du spinal , par un renversement de ses rameaux qui divergent, s’infléchissent en arrière, s’écartent en forme d’éventail, et traversent les faisceaux cérébro-spinaux.
Dans notre espèce, et en général les mammifères, cette disposition en éventail des filets d’insertion du pneumo-gastrique s’étend depuis le bord du quatrième ventricule dans le bulbe susspinal, jusqu’à environ six lignes au-dessus le long de la partie latérale de la moelle : elle commence en haut , un peu en arrière du point d’où se dégage le pédoncule du cervelet et en dehors de
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l’éminence olivaire, plus près du cordon supérieur ou postérieur du quatrième ventricule (bande rectiforme ) que de l’éminence olivaire (1). La plupart de ces insertions communiquent immédiatement avec la matière grise du lobe sus-spinal. Chez l’homme, ces filets ne sont qu’au nombre total de dix ou seize, et ne descendent pas au-de-là du niveau de la 5e ou 6e paire cervicale, tandis que chez d’autres mammifères, par exemple chez le bœuf, la dernière insertion s’étend jusqu’au niveau de la septième vertèbre, et les filets vont jusqu’au-de-là de quarante. Dans toutes les classes, le pneumo gastrique s’insère toujours sur les côtés de la moitié postérieure du quatrième ventricule; mais chez les poissons, le nombre de filets est extrêmement variable d’un genre à l’autre , et il est très-présumable que l’addition de branches nouvelles à la 5e et à la 8e paires, chez eux, selon Desmoulins et d’autres anatomistes, répond à l’absence des nerfs glosso-pharyngien , hypoglosse et spinal chez ces espèces, selon les mêmes anatomistes.
La 5e et la 8e paires des nerfs cérébraux ne sont pas comparables aux autres paires, à raison de leur importance et de leur diversité de fonctions. On a vu que la 5e paire comprenait tout un système nerveux qui préside aux impressions des sens externes chez tous les animaux vertébrés; c’est en quelque sorte, cette paire qui pose les sentinelles, et qui explore ce qui, de l’extérieur, vient impressionner l’animal, c’est, elle qui constitue tout l’appareil des cordons nerveux antérieurs chez les animaux du plus bas étage, tandis que la 8e paire est un autre système nerveux présidant aux besoins organiques, à la respiration , la digestion, l’hématose (2), aux opérations qui précèdent, accompagnent ou sont le résultat de ces grandes fonctions; ainsi, les sensations viscérales internes de l 'exigence de l’air dans les organes pulmonaires, de Y exigence d’oxigénation du sang sentie principalement par le cerveau, surtout chez les animaux parfaits, et qui est lui-même un résultat du besoin d’air dans les
(1) M. Bracbet a trouvé des filets d’insertion de ce nerf, disposés en fibres obliques au bord du calamus-scriptorius, tandis que d’autres vont au corps olivaire. Selon ce médecin, les premiers sont en connexion avec le faisceau du sentiment de la moelle spinale, et les seconds avec celui du mouvement. Ainsi , le nerf pneumo-gastrique ressemble, par ses insertions , aux nerfs spinaux , à fonction double du sentiment et du mouvement (ouv. cité,
(2) La section des pneumo-gastriques , pratiquée au-dessus du plexus braneho-œsophagien , ou pulmonaire, altère l’opération de l’hématose.
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bronches, de Yejcigence des aliments dans les organes gastriques, de la nutrition et de tous les actes fonctionnels, moins les sécrétions qui s’y rattachent. Pour les opérations de détail , ce système préside à l’action musculaire des plans gastro-intestinaux, et non l’appareil ganglionnaire, comme le supposait Bichat, à l’action des parois musculeuses sous-bronchiques, comme l’a prouvé Dupuytrin (1). Il préside encore à l’action des muscles de la glotte et du larynx, soit pour l’admission de la quantité d’air exigée par les rameaux sensoriaux bronchiques du nerf, soit pour la production de la voix chez les animaux non muets (2). Enfin, il associe son action à la déglutition, à la circulation, et aux sécrétions pneumatiques et gastriques. De plus, il a des actions spéciales dans certaines espèces.
C’est ainsi que, dans les animaux à estomac membraneux, et où il n’y a pas d’actfon mécanique du tube alimentaire, la fonction digestive n’est qu’une opération chimique, comme l’ont prouvé les expériences de Réaumaur et de Spallanzani , comme chacun, d’ailleurs, peut s’en assurer, en observant fonctionner l’estomac si membraneux et si peu contractile des trigles , des vives, des maquereaux, etc. D’ailleurs, on conçoit bien qu’un système nerveux, si important et si compliqué que l’est celui de la 8° paire, ne peut offrir dans toutes les espèces, une disposition invariable, pas plus que la 5e paire que nous avons vu si compliquée aussi; et il est rationnel de penser que, selon que les espèces passent à des fonctions viscérales nouvelles, ou qu’elles en sont dépourvues , le pneumo-gastrique, aussi, reçoit une addition de rameaux surnuméraires, ou s’en trouve frustré.
On remarque, par exemple, que chez les cyprins, et parmi eux la carpe, les rameaux de la 8e paire, qui se portent à la voûte du palais, au pharynx et à la langue, surpassent en volume, la masse de tous les nerfs dorsaux; c’est qu’en effet, ces rameaux tiennent lieu , chez ces poissons, du nerf lingual de la 5e paire, du glosso-pharyngien , et de l’hypoglosse réunis. Les parois postérieures du quatrième ventricule , auxquels viennent s’insérer ces nerfs chez ces poissons, sont aussi développés en deux voûtes élargies, confluentes sur la ligne médiane et sillonnées en
(1) Voyez mémoires détachés.
(2; Dans les animaux essentiellement muets , on dépourvus de voix, nonseulement il n’existe plus d’appareil mécanique vocal , mais aussi il n’est plus possible de retrouver aucune branche du nerf pneumo-gastrique, qui rappelle les nerfs laryngiens des mammifères et des oiseaux.
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dessus. On ne saurait arguer de ce volume de la moelle épinière . en rapport avec la quantité de rameaux qui en émanent, que ces rameaux proviennent primitivement de la substance médullaire; car, dans beaucoup de poissons, chez; l’esturgeon , par exemple, les nerfs bronchiaux ont un tel excès de volume, que le diamètre du tronc, d'un seul de ces nerfs, est au moins triple de celui de la moelle épinière. D’ailleurs, c’est avec la matière grise du quatrième ventricule, autrement dit avec le lobe susspinal, renfermé entre les cordons de la moelle que la connexion de ces branches de la Sp paire a lieu.
On trouve que les rameaux nerveux de cette paire qui se distribuent aux branchies des poissons, y président à une sensibilité tactile très-énergique; par réciprocité, on observe que le nerf collatéral de la première branchie de quelques espèces, par exemple, du barbeau, est une division de la 5e paire : d’après cela, si l’on faisait abstraction de l’existence non collective des rameaux nerveux qui composent les faisceaux de chaque paire de nerfs, on pourrait croire que les fonctions peuvent s’intervertir, et le pneumo-gastrique changer de rôle avec la 5 paire, c’està-dire, percevoir et transmettre la sensibilité tactile, tandis que l’autre pourrait présider aux fonctions respiratoires.
Dans les torpilles, le nerf pneumo-gastrique, se rend, concurremment avec la 5e paire, dans l’appareil électrique ; et Desmoulins pense que la 5e paire a pour propriété de sentir la portée des effets électriques, et que la 8e paire a pour usage de décharger à distance, sur la proie ou sur l’ennemi, la batterie électrique (1); mais on ne peut assurer que la faculté électro-motrice est plus exclusivement propre à une paire de nerfs, qu’à une autre, quoique tous les auteurs aient répété que cette faculté n’était dévolue qu’à la 5e et à la 8e paire; car, dans les gymnotes et les silures, on voit la batterie électrique, recevoir des nerfs de toutes les paires spinales.
Quant au rameau de la 8e paire, appelé chez les poissons, le nerf de La ligne latérale , il est certain que ce ne peut être un nerf sensitif; car il rampe souvent à travers les couches les plus profondes des tissus musculaires, dans toute l’étendue de son trajet, et dans les espèces où il règne superficiellement comme les cyprins, l’épaisseur des écailles exclut encore l’idée d’une action du toucher. Quelques auteurs ont pensé que ce nerf est
(4) ÀNAT. DC. SYSÏ. NEftY., t. % p. 757.
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destiné à établir un concert entre les mouvements du tronc et ceux des branchies, mais Desmoulins fait observer à ce sujet que les mouvements respiratoires des poissons n’ont besoin d'aucun point d’appui, et ne trouvent réellement aucun auxiliaire dans les muscles du tronc du poisson; que, d’ailleurs, ce nerf existe aussi bien développé dans les squales et les raies, où les branchies sont fixes et sans opercules, que dans les poissons osseux (1).
Chez les reptiles, il y a un peu moins d’anomalies flagrantes, cependant, dans les serpents et les lacertiens à langue vibratile, une partie des filets du rameau laryngien (2) devient organe du toucher ; chez les batraciens, où il y a absence de rameaux laryngés, provenant du pneumo-gastrique , le larynx ne reçoit que des nerfs de la 5e paire; la voix est cependant produite, et tout le monde sait que ces animaux sont très-criards. On est donc forcé d'admettre que le pneumo-gastrique n'est pas exclusivement le nerf vocal , chez tous les animaux, comme l’avaient cru quelques anatomistes.
Ce qui vient d’être dit des serpents, concernant la sensibilité tactile de la langue, amène à faire un rapprochement du rameau laryngo-lingual , de ces ophidiens, avec le rameau lingual du pneumo-gastrique des poissons, ainsi qu’avec le nerf glosso-pharyngien des oiseaux et des mammifères, que presque tous les anatomistes ont considéré comme une branche de la 8e paire (5), et duquel Desmoulins nie l’existence chez les poissons et les reptiles, excepté les tortues et plupart des sauriens. D’après cela on voit que les rameaux nerveux qui établissent le rapport des organes avec les centres, sont beaucoup plus constants que certains anatomistes ne le prétendent, parce qu’ils rapportaient ces rameaux à des paires de nerfs qu’ils regardaient comme simples et qui sont, pour la plupart, des appareils nerveux plus où moins complexes.
En tenant compte de ces différences ou de ces apparentes anomalies, selon les auteurs, il faut nécessairement retrancher, en passant aux oiseaux et aux mammifères, le rameau lingual du
(1 ) Ibid., t. 2, p. 758.
(2) Ce rameau laryngien des serpents est en même temps lingual ; après avoir animé les muscles du larynx et de la langue, i! participe aux fonctions tactiles de cet organe, par les filets qu’il fournit à l’anastomose , avec le nerf maxillaire inférieur.
(3) Voyez la p. de nerf ci-après.
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pneumo-gastrique que ces auteurs admettent chez les poissons et les serpents; mais en ne considérant chaque rameau à fonctions spéciales que comme un nerf particulier, dès-lors, tout rentre dans l’ordre, et il n’y a que transposition de rameaux d’un faisceau à un autre; ainsi , le rameau sensitif lingual qui, chez certaines espèces d’animaux, se rallie au faisceau nerveux, appelé pneumo gastrique, se ralliera chez d’autres à la 5e paire, tandis qu’il sera classé comme 9e paire, ou comme glosso-pharyngien, par d’autres auteurs dans d’autres espèces encore, c’est-à-dire qu’il s’insérera un peu plus haut ou un peu plus bas, sur le même champ central d’insertion.
Mais, à partir de la classe des oiseaux inclusivement, et dans les diverses espèces de mammifères, les anatomistes reconnaissent tous que dans chaque espèce de ces deux classes, le pneumo-gastrique, c’est-à-dire, le faisceau de nerfs qui étale ses insertions à la partie inférieure du 4 e ventricule, fournit les rameaux qui président à la voix, à la respiration et à la digestion (1). Je vais donc considérer séparément, dans les espèces les plus parfaites, les rameaux de ce faisceau nerveux présidant aux fonctions digestives , respiratoires, vocales, et à quelques autres fonctions encore.
J’ai dit que dès la hauteur des plexus brancho-ceoso-phagiens, le pneumo-gastrique fournissait des rameaux propres à la digestion; les expériences de M. Brachet, de Lyon, ont prouvé que l’influence des ces nerfs sur la contractilité de la membrane muqueuse, intestinale, s’étendait au duodénum et au jéjunum, tandis que la contractilité du reste des intestins, c’est-à-dire de l’ileon, du cæcum, du colon et du rectum, est sous l’influence immédiate de la portion dorsale et lombaire de la moelle spinale (2). Il serait facile d’induire de là, que la membrane musculeuse de l’estomac est nécessairement sous l’influence des mêmes nerfs pneumo-gastriques, puisque l’œsophage en reçoit visiblement, et n’est contractile que par eux; mais m’étant fait une loi de ne tirer de conclusions relatives au système nerveux, que d’expériences directes et sans ambiguité, je ne puis me contenter de cette induction : en effet, la digestion étant une fonc-
(1) Selon M. Ch. Bell, l’anatomie comparée nous porte à croire que le nerf de la 8e paire n'est pas essentiel à l’estomac, puisqu'il n’existe que chez les animaux qui ont un cœur et des poumons. Voyez ouv. cité, p. 51.
(2) Rech. EXP. SUR les fonctionsdu système nerveux ganglionnaire, p. 230.
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Il 7
lion très-compliquée, qui se compose d’une foule d’actions différentes , il était nécessaire de rechercher la part que pouvait avoir chaque organe, chaque tissu , et chaque nerf propre à cette grande fonction. Mes expériences particulières, qui, au reste, ne sont que la répétition de celles qui ont déjà été faites par MM. Brachet, de Lyon, Ch. Bell, Magendie, Desmoulins, Breschet* Wilson Philippe, et une foule d’autres physiologistes distingués, aux travaux desquels je renvoie ceux qui veulent se convaincre par des détails précis d’expériences, m’ont appris, que le sentiment de l’appétit, le besoin d’aliment, ou la faim et la satiété, sensation toute nerveuse, acte sensorial interne, besoin , dépendait du pneumo-gaslrique , principalement des rameaux qui vont de l’estomac à la jonction des récurrents au-dessous (1) (Voyez Brachet , Système nerveux ganglionnaire exp. p. 52, 55; Baglivi, opéra omnia, dissert. 7. Legalois, Exp. sur le princ . delà vie , 1817, p. 214. M. Dupuy, Journal général de médecine . Juillet 1827, p. 40).
Toutes les sensations, autres que la faim et la satiété, perçues parla surface gastrique , ces innombrables symptômes, ou sensations insolites, qui accompagnent les gastralgies et les gastrites aiguës ou chroniques, dont plusieurs ont été comptées au nombre des névroses à physionomie fixe, tels le pica , la pyrosie, la boulimie, la dispepsie, etc., sont des phénomènes qui ne peuvent dépendre que du pneumo-gastrique; les sensations abdominales influant si puissamment sur le cerveau, dans l’hypocondrie, sont toutes transmises au centre cérébral par les rameaux sensoriaux de ces nerfs (2) ; mais, ce qui paraît être pour la méde-
(1) M. Ch. Bell est le seul de tous les physiologistes , qui ait osé avancer que le pneumo-gastrique n’était pas un nerf essentiel à la digestion, mais bien à la respiration; il serait , néanmoins, injuste de conclure que cet homme célèbre nie l’influence gastrique de certains rameaux delà 8e paire. Mais, pour être conséquent à son système de nerfs respiratoires, dont il a fait une classe distincte, on peut lui reprocher d'avoir tenu moins compte des fondions nutritives qu’il ne l’aurait dû.
J’ai toujours été émerveillé de la facilité avec laquelle les physiologistes , qui ont fait de la 8e paire un nerf unique, ont compris que ce nerf, indépendamment de ses rameaux à fonctions si diverses, pût jouir dans ses filets laryngés d’une si exquise sensibilité, et que cette propriété soit si obtuse à l'estomac.
(2) Toutes les influences du cerveau sur la disgestion , ou de l’estomac sur le cerveau, sont transmises par la 8'; paire ( Voyez Harmonies Sympathiques.
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iis
eine, d’une importance majeure, c’est que ces nerfs joueraient, d’après les expériences de M. Brachet, un grand rôle dans l’action sur le cerveau des médicaments déposés sur la surface gastrique. D’après les belles expériences de M. Magendie sur l’absorption veineuse, on était fondé à croire que du transport par les veines des substances délétères ou pharmacologiques au cerveau, dépendaient seuls les phénomènes toxiques, ou médicateurs sur l’économie animale; mais M. Bracbet affirme que la section de la 8e paire a instantanément arrêté les effets du modificateur , l’opium et la noix vomique restant sans effet au moins immédiatement ; car l’action absorbante ayant toujours lieu par le torrent circulatoire, il faut bien que le cerveau finisse par recevoir l’impression, ou médicatrice, ou toxique; mais cela n’a lieu que bien plus tard (!) (Voyez Bracbet, ouv. cité, p. 185, 186 et 187), et l’état morbide indique lui-même le phénomène de l’action portée préalablement au cerveau, comme condition nécessaire de la réaction organique; car tous les médecins savent quedans l’apoplexie, dans toutes les compressions, dans lesannibilations des sensations transmises au cerveafu; on administre souvent les éméthiqwes et purgatifs à haute dose sans produire aucun effet. Il faut donc, pour qu’il y ait médication ou effet toxique immédiat dans la déposition des substances chimiques dans l’estomac, que, d’une part, les molécules ingérées soient portées dans le torrent circulatoire, afin que l’absorption puisse s’effectuer, ce qui, peut-être, ne peut avoir lieu qu’avec l’aide de la sensibilité, de la muqueuse gastrique au moyen de la 8e paire, et que, d’autre part, le cerveau soit dans les conditions d’intégrité voulues pour recevoir l’impression ; il faut même plus encore : pour qu’une médication, ou une toxication , ait son effet complet sur l’organisme, il faut, comme il sera démontré plus lard, que les organes de réaction jouissent également d’une intégrité parfaite, et que toutes les harmonies fonctionnelles, sympathiques ou consensuelles , qui sont destinées à entrer en action par l’effet de l’agent chimique, répondent à l’appel qui leur est fait (2). Mais expliquer clairement ce mécanisme
(2) 31. Brachet est porté à croire, non que les phénomènes cérébraux par toxication , ou médication, ont lieu exclusivement, par obsorption des corps chimiques , mais que ces modifications de l’organe cérébral peuvent être déterminées aussi par l’influence de la 8e paire : c'est une question physiologique à débattre; quant à la réaction du cerveau sur les organes parle moyen des nerfs, elle n’est pas douteuse.
(ô) Les médicaments agissent très-diversement, selon l’état où se trouve
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vital serait anticiper sur ce qui ne peut être que la conséquence des expositions partielles; je me contenterai donc de faire pressentir ce qui ne peut recevoir encore de plus amples explications, et je passe à l’exposition d’autres fonctions du système des nerfs pneumo-gastriques.
On a vu précédemment que les rameaux des nerfs de la 8e paire, qui appartient au sentiment, quoi qu’en contact avec la matière grise, s’insèrent à la face dorsale du bulbe susspinal , tandis que ceux du mouvement vont à la face abdominale. Ce nerf est donc à la fois sensitif et moteur : aussi les expériences démontrent elles que c’est le pneumo-gastrique qui préside à. la contractilité du plan musculaire de l’estomac (1), car la section totale des rameaux de ce nerf paralyse complètement ce viscère, dans l’action péristaltique ou lente qu’il exerce pour la trituration du bol alimentaire, sa progression dans le canal et ses changements de position, afin d’offrir sans cesse des surfaces nouvelles aux bouches absorbantes des parois destinées à l’opération chimique, à l’imprégnation des sucs gastriques, à ia transformation en chyle, sous l’influence des nerfs ganglionnaires , ainsi qu’il sera dit dun& l’exposition de ce système nerveux(2), L’action galvanique sur les extrémités coupées du pneumo-gastrique, action si remarquable et si frappante, que quelques médecins n’ont pas craint d’en conclure que le lluide galvanique n’est autre que le fluide nerveux, puisque la digestion interrompue par la section du pneumo-gastrique se rétablit sans qu’il soit besoin de remettre l’extrémité du nerf coupé en contact avec le cerveau , et par le seul fait de l’excitation galvanique 7 cette action, dis-je, ne doit être considérée que comme l’effet d’un principe qui agit sur la contractilité du plan musculeux de l’estomac, et l’aide à déterminer la progression du bol alimentaire ; l’absorption et toute la chimifi -
l’estomac, c’est-a-dire. les expansions du pneumo-gastrique. Il n’y a encore que la médecine physiologique et les homœopathes qui aient bien tenu compte, dans la pratique, de ce phénomène.
(1) Voyez Rrachet, ouv. cité, p. 188, 219. Desmoulins, ouv. cité t. 2, p. Brogghton, Jour.K. de Physjoe. e\p., t. ler, p. 120.
(2) ien que les mouvements anti-péristaltiques dussent dépendre, comme les péristaltiques, du plan musculeux gastro-intestinal, on verra, au chapitre des harmonies , que le vomissement dépend principalement de la pression mécanique, exercée sur l'estomac par les muscles des parois abdominales, et il sera dit pourquoi.
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cation se faisant d’ailleurs sous l’influence d’autres nerfs (1). Il est tellement vrai que la digestion ne consiste pas dans un acte placé seulement sous la dépendance de la 8e paire, et le concours d’autres nerfs est tellement nécessaire pour opérer cette grande fonction, que sillon ôte la vie, c’est-à-dire, si l’on détruit toutes les harmonies du système nerveux, immédiatement après avoir fait manger un animal , c’est en vain qu’on appliquera le galvanisme à ses nerfs pneumogastriques : l’estomac restera tendu par les aliments ; et, lorsque la faible portion de principe nerveux vital résidant encore dans le cordon nerveux aura été épuisée, le galvanisme restera sans puissance.
Je ferai remarquer, pour terminereequi con ce r n el ’ i n fl uen ce d u nerf pneumo-gastrique dans la digestion, que Bichat, pour mieux systématiser son indépendance des deux vies animale et organique, a cru devoir faire dépendre la contractilité non volontaire de l’appareil nerveux ganglionnaire, tandis que la contractilité volontaire serait sous l’influence immédiate du cerveau. Il devait donc, pour être conséquent, faire présider les ganglions du grand sympathique à toutes les contractions des plans musculeux gastro-intestinaux. Il n’en est cependant pas ainsi , et les expériences physiologiques prouvent sans réplique que la contraction, non soumise à la volonté des plans musculeux de l’œsophage, de l’estomac et de la’portion supérieure de l’intestin grêle, est directement dépendante de la portion inférieure des parois sus-spinales du 4 e ventricule, et que celle delà portion inférieure decetintestin grêle et de tout le gros intestin dépend de la portion dorso-lombaire du faisceau abdominal de la moelle spinale (2).
Les nerfs pneumo-gastriques n’ont aucune influence proprement dite, sur la sécrétion gastro-intestinale (5).
La seconde influence importante de la 8e paire, est celle qui s’exerce sur la respiration; cette fonction est même la plus importante, caria cessation compromet immédiatement la vie; mais cette fonction n’est pas, plus que la digestion, dépendante d’un acte vital simple et qui serait opéré par un seul rameau nerveux; elle résulte d’actions complexes qui sont : le besoin de respirer, la contractilité des tissus sous-muqueux bronchiques, l’ampliation des parois thoraciques pour la pénétration de l’air
(1) Voyez Système nerveux ganglionnaire.
(2) FL VI, fig. 1.
(3) Voyez Brachet, ouv. cité, p. 224, 232.
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dans la poitrine, la contraction du diaphragme et des muscles abdominaux, pour l’expulsion de l’air après qu’il a servi.
D’autres actes, encore, sont la conséquence de ceux-ci: ainsi, l’hématose, la production de la voix, etc.
Le besoin de respirer se fait sentir dès l’instant de la naissance, chez les vertébrés des classes supérieures; ce besoin se manifeste, ou bien par le contact de l’air avec les lèvres et la membrane muqueuse buccale (impression transmise au cerveau par les nerfs qui se distribuent à ces parties), ou bien il émane directement de la membrane muqueuse bronchique , et est transmis au cerveau directement par les nerfs de la 8e paire, non qu’il y ait conscience ou opération intellectuelle réfléchie dans cette perception cérébrale, mais il y a transport de l’impression au centre sensoriaî, que nous verrons plus loin résider dans le pulpe sus-spinal (matière grise de la moelle alongée) ; et au chapitre des harmonies fonctionnelles, nous verrons cette perception se transmettre et déterminer le concours de tous les nerfs respiratoires. Toujours est-il que ce n’est que dans un milieu aéré, que le besoin de respirer se manifeste. Tout le monde connaît l’expérience de Buffon, qui faisait vivre les petits chiens sans respirer, en ayant soin de les receuillir sous l’eau à l’instant de la parturition ; mais, dès le moment où l’air a été mis en contact avec la membrane muqueuse pulmonaire, ce besoin est toujours transmis au cerveau par le nerf pneumo-gastrique (1) ; ainsi la 8e paire renferme des rameaux sensoriaux pour le besoin de respirer. Le pneumo- gastrique est aussi l’organe de la sensibilité bronchique; il sent le contact des corps étrangers, excite la toux, eî provoque l’expulsion des mucosités, etc. (2).
Si la 8e paire contient des rameaux sensoriaux et des rameaux sensitifs pour le poumon , nous allons voir qu’à l’exemple des rameaux de l’appareil gastrique, qui sont aussi sensoriaux, sensitifs et moteurs, il y a également, pour le tissu sous-muqueux bronchique, des rameaux musculaires, car ces rameaux président évidemment à la contraction, pour l'expulsion des mucosités qui tendent à s’accumuler dans toutes les cellules bronchiques (5). La contraction de ce tissu musculaire sous-muqueux
(1) Voyez Brachet, Recherches expé. sur le Système nerveux, etc. p. 131, 138.
(2) Ibid., p. 156, 158.
(3) Blainvill., dissert, inaug., 1808 ; Reisseissen, de fabvicâ pulmon , in -fol. Albevti Berolini) 1822.
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bronchique, a lieu avec énergie dans la toux (1), dans l’expectoration ou expuition, mais ne peut plus s'effectuer, s’il y a section des rameaux bronchiques de la 8e paire. Alors il y a accumulation, engouement de mucus dans les bronches , et le râle a lieu.
Maintenant , avant de quitter l’appareil pulmonaire et de parler de 1’intluence de la 8e paire sur la production de la voix, qu’il me soit permis de signaler la part que prennent ces nerfs dans l’hématose à propos des cellules bronchiques.
Nous venons de voir que par la perte d’action des rameaux qui loin contracter le tissu musculaire sous-muqueux, le mucus s’accumulait dans lesceilules bronchiques (2), et ne pouvait être expulsé; eh bien, ce mucus, dès-lors, s’interpose entre la membrane muqueuse, où se lait l’oxigénation ou la transformation du sang veineux en sang artériel par le concours des nerfs ganglionnaires; ce mucus, dis-je ,, s’interpose entre la membrane muqueuse et l’air atmosphérique : alors l’hémathose devient impossible (5)*, ainsi, cette hématose ne dépend pas directement de l'action des nerfs pneumo-gaslriques, mais du contact de l’air (4) effectué par le besoin de respirer, et de l’expulsion du mucus qui, sans cesse, vibrifie la muqueuse bronchique.
Un autre phénomène fonctionnel se rattache à l’action de la 8° paire, par rapport à l’oxigénation et l’hématose, c’est la calorification : on remarque qu’à mesure que l’air cesse d’être introduit dans le poumon , et que le sang artériel devient noir, à mesure, surtout, que les bronchesse remplissent du liquide muqueux et écumeux dont il a été fait mention ci-dessus , l’animal se refroidit (5).
Les nerts récurrents, ou rameaux laryngés inférieurs du pneumo-gastrique, sont les nerfs dilatateurs de la glotte, laquelle s’ouvre par l’action des muscles chargés de laisser pénétrer l’air dans le poumon, ou de l’en laisser sortir, dans l’acte de la respiration ou la production de la voix (6) ; tandis que les rameaux
(1) Brachet, ouv. cité, p. 155 - 1o0.
(2) Non que ce mucus soit fabriqué par les pneumo-gastriques , car ils ne sont pas nerfs sécrétoires; c’est au système nerveux ganglionnaire à qui il faut attribuer sa sécrétion. (Voyez Svst. xkp.v. g.vngi,.)
(5) Iiud., p. ICO , 165.
(4) 1 bii>. , p. 173. 174.
(5) Desmoulins, Syst. xerv., t. 2, p. 7-44, b.
(fij Les expériences faites sur les nerfs récurrents, pour modifier la voix, sont bien connus et remontent a Rufus, d’Éphèse, Galien, et Picolhominn
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laryngés supérieurs vont animer leurs antagonistes, les muscles constricteurs (1), arythénoïdiens , ericothyroïdiens et épiglottiques.
La sensibilité du larynx est également dépendante des rameaux du pneumo-gastrique; personnen’ignore le sentiment incommode provoqué par le moindre contact d’un corps étranger sur la muqueuse laryngienne.
C’est à cette hauteur que les rameaux du pneumo-gastrique vont se perdre dans le plexus pharyngien, en communiquant avec le nerf accessoire, le glosso-pharyngien , mais surtout avec le ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Ici la physiologie offre quelque obscurité : ni les expériences, ni la pathologie, n’ont encore suffisamment éclairé l’usage fonctionnel de chacun des rameaux qui sillonnent cette région ; nous pouvons inférer seulement que les filets communiquant avec les muscles pharyngiens, servent à mettre leurs mouvements en harmonie dans la déglutition avec ceux de l’œsophage, à moins qu’ils ne soient purement nutritifs, et n’appartiennent proprement au système ganglionnaire , ce qui , toutefois, est moins probable. D’autres filets se distribuent aux glandes épiglottiques, en même temps que plusieurs de ceux qui vont à la muqueuse du larynx et du pharynx semblent présider aux sécrétions et appartiennent bien évidemment au système nerveux ganglionnaire (Voyez ce système). Les rameaux qui se distribuent au corps thyroïde, ou appartiennent également à la vie nutritive, ou sont de quelque usage dans la production de la voix, ou tiennent à l’un et à l’autre système; car les plexus paraissent être principalement des organes chargés de mettre en rapport différents ordres de sytèmes nerveux pour les opérations harmoniques. Toujours est-il qu’en comparant cet inextricable assemblage des nerfs du plexus pharyngien, chez l’homme et les mammifères, avec celui que présente la même région dans les classes inférieures des vertébrés, nous reconnaissons là un point de liaison ou de mise en rapport entre des nerfs sensoriaux , externes et internes, des nerfs sensitifs, des moteurs et des nerfs sécrétoires : c’est un petit centre nerveux secondaire, ou extra-cérébral. Les plus importants des rameaux qui se rendent à ce plexus, sont les nerfs cardiaques. Les connexions entre ces nerfs cardiaques et le cerveau, ont lieu, bien certainement, au moyen des rameaux de la 8e paire (2)
fl) Desmoul., ouv. cité , l. 2, p. 738; Brachet , ouv. cité , p. 147.
(2; Le pneumo-gastrique réagit sur le Cœur, que par influence ccré-
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qui se rendent au plexus pharyngien ; il est hors de doute , et des expériences positives ont constaté, que le cœur est soustrait à l’influence cérébrale pour la fonction circulatoire du sang, mais qu’il est sous cetleinfluence immédiate et pour tout ce qui doit impressionner les sens et l’intelligence, et qu’il y a bien certainement réaction du cerveau sur le cœur, ou du cœur sur le cerveau par les nerfs pneumo-gastriques (voyez Brachet, ouv. cité, p. 116- 119; Desmoulins, ouv. cité, t. 2, p. 751).
Nerf j portion de la 8e paire d’Anderch Willis Winslow Viens sens. — Glosso- Pharyngien de S œmering. — 9 e paire de quelques modernes {V ic-dl Azir > Bichat, Portai j Gall). - — Nerf sus-spino-pharyngé-glossien (1).
M. Ch. Bell, malgré son esprit de partialité, qui le porte à soutenir que l’anatomie seule peut faire découvrir l’usage des nerfs, est, cependant, forcé de convenir (2) que « quand l’anatomiste « a passé des semaines entières à disséquer et à séparer les nerfs « de la langue, de la gorge et du palais, chez l’homme, il trouve à « la lin qu’il a mis à découvert les branches de cinq troncs « de nerfs différents ; mais, continue-t-il, l’anatomiste ne trou- * vera pas de fil qui puisse le conduire hors de ce labyrinthe,
« tant qu’il ne fera pas attention à la multiplicité des fonctions, « delà bouche, chez l’homme, tantqu’il ne remarquera pasqu’elle « est aussi bien l’organede la respiration que celui de la mastica- « tion , l’organe de la voix et de la parole, que celui du goût et « cl’un tact exquis; »il ajoute encore : « qu’il serait fort étonnant « que le même nerf qui, chez les animaux d’une organisation « simple, sert à l’action de ronger et à la préhension des ali- « ments, présidât aussi, chez l’homme, à ces opérations compli- « quées qui servent à interpréter ses besoins et ses sentiments. » Voilà donc un démenti formel que le physiologiste anglais se
braie, c’est-à-dire, dans les passions, les affections , etc., M. Brachet a aussi trouvé, dans ses expériences, que la 8e paire n’agissait sur le cœur qu’en raison des sympathies cérébrales; l’irrégularité qu’on remarque dans les contractions du cœur parla section de la 8e paire, tientà la portion d’influx cérébral supprimée, et au trouble respiratoire qui réagit sur le cœur , lorsque les communications du plexus branclio-œsophagien avec le ganglion cardiaque se trouvent interceptées. Voyez Harmonies et pl. VI, fig. 4, pl. III, fig. 8.
(1) Pl. III, fig. 8, o.
(2) Exros. du Svst. des jvedfs, etc., p. 44 , trad . franç.
donne à lui-même. L’anatomie, à l’entendre, seule est impuissante pour dévoiler les usages des nerfs; pour compléter ses données, il faut, de plus, interroger les fonctions. Admettons le fait : dès-lors, les sorties que ce physiologiste s’est permises contre les vivisections et autres expériences, n’ont plus de fondement. Mais ce n’est pas là la seule observation que je me proposais de faire, à propos du passage que j’ai cité de l’anatomiste anglais : j’observe qu’ici il a encore remarqué, comme moi, que des filets sur-ajoutés paraissant ne constituer que le même nerf, sont venus, chez les animaux parfaits, compliquer les filets en quelque sorte rudimentaires d’animaux plus simples.
L’incertitude et le vague qu’on rencontre chez tous les anatomistes et les physiologistes, relativement aux fonctions du nerf glosso-pharyngien , est remarquable; quelques-uns le regardent comme le nerf de la parole ou de l’articulation des sons qui dépendent des inflexions de la langue; d’autres le regardent comme moteur volontaire de la base de la langue; quelquesuns, comme moteur involontaire de cette base, et provoquant l’ensemble de tous les mouvements de cet organe; enfin d’autres le regardent comme accessoire du nerf du goût et de la sensibilité, surtout au voile du palais, et en même temps succédané de l’hypoglosse.
M. Ch. Bell dit positivement, sans toutefois fournir de preuve, que le nerf glosso-pharyngien préside à la déglutition (1); mais on sait que ce physiologiste considère ce nerf comme simple, et non comme pouvant être formé de faisceaux différents.
Ce qu’il y a de certain, c’est que le nerf glosso-pharyngien , qui, dans beaucoup d’animaux, se rallie au pneumo-gastrique , et semble en faire partie, (c’est sans doute pour celte raison que les anatomistes anciens n’avaient fait qu’un seul nerf de ces deux faisceaux), paraît se rattacher, dans d’autres, à la 5e paire, et cependant il était moins rationnel de réunir ces deux faisceaux nerveux à usages si dissemblables, qu’il ne l’a été de séparer, comme ils l’ont fait, les nerfs moteurs du globe oculaire. Ce faisceau se distribue, chez les mammifères, aux muscles du pharynx, aux amygdales, au pilier antérieur du voile du palais, à sa membrane muqueuse, à J épiglotte, et, après avoir fourni des ^ - - - - - - -
(1) Ouv. cité, Irad. franç., p. 250. Cet auteur prétend cependant, dans un autre endroit, qu'il lui eût été facile de traiter des fonctions des nerfs de la langue, s’il eût voulu les choisir plutôt que les nerfs respiratoires et ceux de l’orbite , pour texte spécial de ses mémoires.
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anastomoses i la lr“ branchede la 7e paire (temporo-stvloïdien) a» pneumo gastrique, et à l'accessoire de W illis (spino-sous-occipital)*, aux nerfs ganglionnaires etau plexus pharyngien du pneumogastrique, il se ramilie dans la langue, où il est placé sous le nerf lingual de la 5e paire, et au-dessus de l'hypoglosse, tous deux plus gros que lui , avec lesquels il ne communique cependant pas, au moins par des filets bien manifestes; ces ramifications s’entrelacent en manière de plexus, et se perdent, d’un côté, dans les muscles de la langue, et, de l’autre, dans les tégumentsdesa base, ses grosses papilles, et, s’approchant de la ligne médiane, traversent de bas en haut la substance de la langue.
Desmoulins assure (1) que le glosso-pharyngien manque absolument à tous les poissons, aux serpents et aux batraciens; il ne l’a reconnu que chez les tortues et les sauriens, parmi les reptiles; mais il est probable, d’après ce qui a été dit à l’article de la 5e paire, et d’après les considérations dans lesquelles je suis entré, relativement à la 8e, que des nerfs analogues en tiennent lieu ; d’ailleurs, les insertions aux parties intra-crâniennes, ne sont pas toujours les mêmes dans les différentes espèces. Chez les oiseaux, le glosso-pharyngien paraît former la branche antérieure supérieure du pneumo-gastrique, et se distribue aux muscles hyoïdiens et à l’œsophage. Dans la corneille-freux, pas un seul rameau du glosso-pharyngien eu de son analogue ne se distribue à la langue, ni aux muscles des branches de l’hyoïde. Dans le canard et lecygne, le nerf est pourvu d’un ganglion ; chez les passereaux, le nerf se distribue au larynx ; dans les mammifères, le glosso-pharyngien semble être pour le pneumo-gastrique ce qu’est la portion dure de la 7e paire pour la moelle, les rameaux masticateurs musculaires de la 5e paire pour la portion sensitive; c’est-à-dire que, soudé supérieurementau nerf vague, il n’offre jamais de ganglion bien distinct. Chez ces mêmes mammifères, et surtout chez le chien, des filets distincts proviennent de la membrane muqueuse pharyngienne; l’un d’eux enveloppe f origine de la trompe d’Eustache (2), un rameau provient de la glande sub-linguale, les autres naissent des papilles charnues de la base de la langue. Cette disposition se rencontre
(1) Axât, des syst. nerv., t. 3 , p. 468.
(2) Quelques anatomistes modernes ont dit avoir suivi les lïlets du glossopharyngiens dans les parois de la trompe d’Eustache ,et jusque dans la cavité du tympan; malgré mes efforts, je ne l'ai pu constater. M. Deleau en cathétérisant par la trompe , fait ressentir de la douleur le long de ce conduit.
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aussi chez l'homme, où elle se révèle facilement ait scalpel de l’anatomiste.
Lorsque tous ces rameaux venant des membranes muqueuses du pharynx, du palais, de la langue, des différents muscles linguaux, se sont réunis, ils se joignent aux anastomoses dont j’ai parlé plus haut, et, en outre, aux anastomoses nées des nerfs cardiaques superficiels; ils s’unissent encore par d’autres anastomoses plus courtes au pneumo-gastrique et au nerf accessoire, à la hauteur du trou déchiré postérieur (1), et pénètrent, conjointement avec eux, dans le crâne. C’est vers cette hauteur que le nerf est intimement uni au ganglion du pneumo-gastrique; il y reçoit même un filetprovenant de la caisse du tympan, puis, se dirigeant en-dedans et un peu en arrière, après avoir percé l’arachnoïde , il va, à la partie la plus élevée de la face crânienne du prolongement inférieur du cervelet , s’insérer par cinq ou 6 filets faciles à séparer les uns des autres, dans l’enfoncement situé entre ce cordon cérébelleux, l’olive et le bord postérieur de la protubérance annulaire, entre les insertions cérébrales du pneumo-gastrique et du facial , à quelque distance derrière ce dernier, mais immédiatement devant les filets supérieurs du premier, dont on ne peut parvenir à distraire les siens.
J’ai fait des expériences particulières pour m’assurer positivement des fonctions de ce nerf; en voici le résultat : j’ai galvanisé le troncdu nerf glosso-pharyngien, sur plusieursanimaux vivants, et j’ai constamment excité de la douleur; j’ai aussi galvanisé ce nerf sur des animaux récemment tués, et j’ai excité des contractions qui paraissent bornées aux muscles constricteursdu pharynx, et aux stylo-pharyngiens. Le nerf lingual ayant été coupé sur un chien, delà moutarde appliquée sur la pointe de la langue, ne produisit aucun effet; mais lorsqu’elle fut introduite vers sa base, le
(1) Le faisceau nerveux glosso-pharyngien, et tous ses rameaux de communication pourraient être considérés, ainsi que certains autres nerfs, comme une vaste anastomose établissant les rapports entre l’appareil ganglionnaire, les branches maxillaires inférieures et suppérieures de la 5e paire, le pneumo-gastrique et le nerf spinal accessoire. Outre tous ces rameaux anastomotiques, des filets venantdireclement des muscles et de la membrane muqueuse du pharynx, d’autres de langue, se rallient pour composer le faisceau. Il viendra un temps où tous les anatomistes, éclairés par la’physiologie, répudieront entièrement ces noms donnés sans autre fondement que l’aspect fasciculaire â ces agglomérations de filets , pour n’imposer plus , à chacun d’eux, qu’un nom caractéristique et motivé sur ses fonctions spéciales ou ses insertions.
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chien témoigna) par ses trépignements et son anxiété, ie malaise qu’il en ressentait. Cette dernière expérience se trouve corroborée par un cas pathologique, observé par le docteur Macmichael : un homme de 56 ans avait tout le nerf gauche de la 5e paire paralysé; par conséquent, la vue, l’odorat, le goût et la sensibilité tactile de la langue, n’existaient plus de ce côté, depuis la pointe jusqu’à la base, bien que, cependant , le pincement y excitât une légère sensation ; ce côté gauche de la base de la langue était sensible au toucher et aux sensations fortes; du poivre de Cayenne, par exemple, y produisit, après un certain temps, une forte sensation de chaleur sans perception distincte de saveur particulière; ainsi, du sucre placé sur la môme partie, n’aflectait pas plus la sensibilité.
Ce nerf est donc principalement excitateur des muscles auxquels il se distribue, et il est aussi le nerf de la sensibilité, à la base de la langue, au pharynx, et probablement au palais. Peut-être le filet qui se distribue à l’amygdale, est-il sécrétoire; mais aucune expérience, jusqu’ici, n’a encore justifié cette opinion.
Nerf accessoire de la 8e paire cérébrale. — Nerf spinal de W illis respiratoire externe supérieur du tronc de M. C. Bell. — Trachèlo-dorsal de Chaussier. — 11e paire de quelques modernes. — 12e paire de quelques autres. — Nerf spino-soiis-occipital ( 1 ) .
C’est vraiment à M. Ch. Bell que nous devons nos connaissances physiologiques les plus importantes, concernant les nerfs respiratoires. Si tous les points de doctrine qu’a établis cet homme célèbre , ne sont pas exacts, s’il a eu le tort de ne pas dissimuler sa jalousie contre les physiologistes français (1) qui, ainsi que lui, ont acquis une juste célébrité par des travaux éminents, ce n’est pas une raison pour repousser les vérités qu’il a découvertes , et lui refuser un hommage justement mérité; nous nous plaisons, au contraire, à reconnaître et à proclamer tout ce que cet auteur a rendu de services à la science, quoiqu’il ne dédaigne pas de prendre lui-même ce soin , en déclarant que
(1) PL 111 , fig. 10.
(2) Expqsit. nu syst. nat. ues nerfs, trad. franç., p, 2, 254, 25G,
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c'est à la satisfaction de toute l’Europe > que ses opinions et ses expériences ont été suivies ( Ouv. , trad. , cité, p. 22 ).
La respiration étant, ainsi que je l’ai indiqué à l’exposition du pneumo-gastrique, une fonction très-compliquée , dans laquelle un certain nombre de nerfs entrent en concours fonctionnel , avant de traiter au fond le mécanisme de cette fonction, il importe d’en bien connaître les parties, et, pour cela, il est nécessaire de bien apprécier le rôle que joue chaque nerf dans ce concours : nous verrons la même chose pour la digestion que nous savons aussi être le résultat du concours de plusieurs nerfs, et dont certains actes partiels demandent, comme nous le verrons, le concours de nerfs resp:ratoires. Je préviens donc que, pour suivre l’ordre numérique des anciens auteurs, force m’est d’intervertir l’ordre fonctionnel; ainsi, de même qu’a près avoir exposé les 2e, 5e et -4 e paires, dont les fonctions se rapportent exclusivement au sens de la vue, j’ai été obligé d’exposer la 5e paire, qui a des fonctions si diverses, pour revenir à la 6e qui se rapporte encore exclusivement à l’appareil visuel; de même, aussi, après avoir traité du faisceau nerveux, connu sous le nom de pneumo-gastrique, qui intervient dans quatre fonctions très-importantes, et du glosso-pharyngien, qui sert à la 6“, je me vois forcé, de m’abstenir de traiter avec suite de tous les nerfs de l’appareil digestif, et de ne présenter ceux de la respiration qu’à mesure qu’ils s’offriront dans l’ordre où les ont classés les anatomistes; le faisceau nerveux, que je suis, en conséquence, obligé d’exposer après la 8e paire, est celui qu’on a appelé son accessoire, ou le spinal, c’est le même auquel M. Ch. Bell a donné le nom de nerf respiratoire externe supérieur du tronc : ce faisceau, en effet, paraît être exclusivement affecté au mouvement des muscles inspirateurs du cou (1), de la partie supérieure du dos et de l’épaule (2); car on remarque que, si l’on veut faire soulever le sternum, les clavicules, les épaules, ou rapprocher celles-ci en arrière à un hémiplégique, malgré tous ses efforts, il ne peut mouvoir ces parties que du côté sain. Dans la respiration , au contraire, et tous les actes qui s’y rattachent, comme le vomissement, l’éternuement, etc., les deux épaules s’élèvent avec la même force et la même agilité. D’autre part, j ai remarqué, qu’en faisant la section du nerf accessoire de
(î) Cependant, M. Mago a découvert qu’il recelait des filets de la sensi sibilité (Voyez Journal de M. Magendie, t. 5, p. 559).
(2j M. Ch, Bell, ouv. cité, trad., p. 52.
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!a 8“ poire, chez différents mammifères, le chien, le cheval, etc., les muscles trapèze et sterno-mastoïdien devenaient immobiles dans la respiration, mais qu’ils conservaient l’intégrité de leurs mouvements dans la coursé, et tous les actes volontaires de la tête et de l’épaule. Selon Desmoulins, ce nerf manquerait chez tous les animaux où les cotes, pour s’élever, ne prennent pas un point d’appui sur la tête (1) ( voyez à cet égard ce qui a été dit aux articles de la 5e et de la 8e paire chez les poissons). Cet auteur refuse même ce nerf au chameau , attendu que les sinuosités du cou de cet animal rendent ce point d’appui impossible; M. Bell a la même opinion (2), mais M. Schaw a trouvé que ce nerf existait modifié et réduit à ceux de ses filets qui se réunissent aux nerfs hypoglosse et giosso ‘pharyngien : or, on ne voit aucun des filets qui forment le nerf spinal , provenir d'autres organes que des muscles trapèze et sterno-mastoïdien; et l’on sait que le muscle trapèze, d'où provient le plus grand nombre de filets de ce nerf, a pour usage, non-seulement de tirer fortement cri arrière les omoplates et de les fixer dans celte position, mais encore de porter la tôle en arrière, et de l’y fixer aussi. Ce n’est que sur la tête ainsi fixée, que le muscle sterno-mastoïdien prend son point d’appui, pour élever le thorax par devant, et c’est sur l’omoplate que le muscle grand dentelé, chargé d’élever les côtes, vient, d’autre part, prendre son point d’appui : ce dernier muscle, auquel se distribuent les filets d’un autre nerf inspirateur, ainsi que nous le verrons plus loin, et les muscles trapèze et sterno-mastoïdien, ont une action très-évidente dans tous les états où la respiration est accélérée; dans la toux, l’éternuement, le chant , leur contraction est remarquable (5). Des différentes parties de la face externe du muscle trapèze, naissent des filets nerveux qui s’acheminent vers l’angulaire de l'omoplate, après s’être anastomosés avec des ramifications des 4e et 5e nerfs cervicaux, et ensuite avec d’autres des 5e et 2e, puis contournent le muscle sterno-mastoïdien en
(1) M. Ch. Bell, dit aussi , ouv.cité, que les poissons, les oiseaux, sont privés <ie ce nerf qui leur est inutile , p. 122.
(2) Ibid.
(3) Desinoulins pense que le nerf spinal, au lieu d’avoir uniquement pour fonction d’exciter quelques muscles scapulaires actifs dans la respiration , a aussi pour effet de transmettre atout le nerf pneumo-gastrique, et par conséquent aux poumons et au cœur , l’influence de toute cette longueur de la moelle sur laquelle ses filets d’origine prennent insertion , ouv. cité , t. 1 , p. 755. Voyez Hakwonies.
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en recevant des filets, et quelquefois en le traversant; puis, remontant le long du cou , derrière le muscle sterno-mastoïdien, avoisinant la veine jugulaire, le nerf spinal s’anastomose successivement avec les nerfs hypoglosse, glosso-pharyngien et pneumo-gastrique; puis, gagnant le trou déchiré postérieur du crâne, en même temps que le nerf pneumo-gastrique, marchant ordinairement dans une gaine de la dure-mère qui leur est commune; arrivé dans le crâne, l’accessoire s’infléchit ensuite en arrière, en se divisant en une dizaine de lilets d'insertion , comme le pneumo-gastrique, qui vont aboutir, en redescendant pour la plupart par le trou occipital, aux parties latérales de la moelle épinière, entre les filets d’insertion postérieurs et antérieurs des nerfs cervicaux : le plus inférieur de ces filets d’insertion ne descend pas plus bas, chez l’homme, que la 5e ou 6e vertèbre.
Nerf hypoglosse de la 9e paire cérébrale ( W inslow) ^ 7e paire de Galien ; 12e paire de quelques modernes ^ 11e de quelques autres. — Nerf lingual de Vicq-d’ AziVj hyo-glossien de Chaussier. — Nerf sus-spino-hyoïdi-glossien (1).
On sait que la langue, organe en apparence à fonctions si simples, et qui offre si peu d’étendue, reçoit trois faisceaux nerveux très-considérables qui, de l’aveu de tous les anatomistes, sont des nerfs essentiellement différents : ce sont la 5e, la 8e (glosso-pharyngien) et la 9e paire cérébrale. M. Bell a signalé l’embarras des anatomistes pour attribuer à chacun de ces faisceaux les usages qui lui appartiennent, et a fort bien attribué cet embarras à l’entrelacement de leurs branches (1). L’opinion de Meckel est que l’hypoglosse est le nerf propre des muscles de la langue, mais ce nerf ne se borne pas à se distribuer aux muscles propres de la langue.
Desmoulins ne veut pas reconnaître de nerf hypoglosse chez les poissons, les serpents, les batraciens et les oiseaux (2). Bajanus a reconnu son existence dans la tortue terrestre, où il se distribue aux muscles cervicaux en filets qui émanent d’un rameau principal et aux muscles sous-linguaux, en quelques filets qui forment le plus petit rameau. Ces rameaux se réu-
(1) PI. III , fig. 8, y.
(2) Ouv. cité, trad. p. 57.
(5) Ouv. cité, t. 2, p. 472, voyez aussi l’article de la 8e paire.
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nissent en un cordon qui va se placer à la hauteur de l’os hyoïde entre le pneumo-gastrique et le nerf accessoire, remonte dans le crâne à travers un trou du basilaire qui débouche dans le canal de la jugulaire, et va s’insérer par trois filets au milieu du cordon inférieur de la moelle, un peu au-devant du 1er nerf cervical. Ici, on peut remarquer l’imperfection de celte numération des nerfs ou faisceaux nerveux, selon leur insertion au cerveau, ou leur prétendu départ de la masse cérébro-spinale; car, d’après les inductions fonctionnelles, l’hypoglosse doit être classé à côté du glosso-pharyngien et du rameau lingual de la 5e paire, à la suite des nerfs masticateurs.
Dans les mammifères, j’ai remarqué que ce nerf varie pour le volume en raison directe de la quantité et de la promptitude des mouvements de la langue, soit pour la mastication ou la préhension directe des aliments ou de la boisson, soit pour l’exercice de la voix ou l’action de lécher, etc... Ainsi, il est plus gros chez les chiens et les chats, que dans les ruminants, les rongeurs, etc. Dans certains animaux, par exemple le bœuf, il s’anastomose par un grand nombre de filets avec des filets correspondants du nerf lingual de la 5e paire, tandis que dans l’homme il n’existe quelquefois pas une seule de ces anastomoses. Chez aucun animal , il n’y a jamais de ganglion sur le trajet de ce nerf. Ses rameaux se terminent exclusivement dans la profondeur des muscles, et aucun n’aboutit à la surface de la langue. Ce nerf est donc essentiellement moteur; le nombre de ses filets d’insertion varie aussi beaucoup dans les différentes espèces; il en existe quelquefois jusqu’à quinze, qui tous vont s’insérer à la face inférieure de la moelle ( face pré-spinale ) , au bord externe de l’extrémite postérieure des pyramides. Les anatomistes modernes ont remarqué que c’est sur cette ligne que s’implantent tous les nerf moteurs.
Dans tous les mammifères, mais principalement chez l’homme, le nerf hypoglosse se partage en deux grosses branches, l’une, verticale et descendante (1), reçoit des filets qui proviennent des muscles cervicaux, principalement des sterno-hyoïdien , sternothyroïdien, scapuio-hyoïdien, et s’anastomose avec les 2e, 5e, 4e et 5e neris cervicaux , et avec le nerf diaphragmatique de l’épine; l’autre branche, regardée par les anatomistes, comme le tronc du nerf, est horizontale et ascendante, ou antérieure (2);
(î) Tabl. synopt., 9e paire, \v.
(2) Ibid., x, x.
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elie se compose principalement de nombreux filets qui naissent dans l’intérieur de la langue, à trois lignes environ de la pointe, lesquels se réunissent pour former le tronc nerveux qui suit en dedans l’artère linguale; ce tronc, descendu à la hauteur de l’os hyoïde, reçoit un rameau provenant du muscle thyrohyoïdien et d’autres filets des muscles du larynx, puis, arrivé à la hauteur de la 5e vertèbre, la branche verticale se joint à l’horizontale; il reçoit de la 8e paire un rameau anastomotique, et un autre du premier ganglion cervical; il reçoit aussi des filets de la glande sous-maxillaire ; le tronc traverse ensuite le trou condyloïdien antérieur; puis, de suite, se sépare en quatre filets d’insertion qui divergent en s’infléchissant, et traversent en deux portions séparées ladure-mère. Quelquefois le nombre de ces filets est plus grand et va chez l’homme jusqu’à huit; mais, leplus ordinairement, il n’est que de quatre; ils aboutissent au cordon antérieur ou abdominal de la moelle dans le sillon qui sépare les pyramides des olives, mais plus près des premières; ces radicales se succèdent souvent sans interruption et en se touchant, mais d’autres fois, il existe près d’une ligne de distance entr’eux; dans ce cas, le filet le plus élevé n’est éloigné que de trois lignes environ du bord postérieur du pont; le second est séparé du précédent en haut, et du troisième en bas, par les deux origines de l’artère profonde supérieure du cervelet; le troisième est séparé du filet le plus inférieur, par l’artère profonde inférieure du cervelet. Le dernier filet s’insère un peu au-dessus de l’olive. Ainsi , l’espace qu’occupe toute la ligne d’insertion à la moelle, peut être d’environ un demi-pouce.
Si nous passons aux fonctions du nerf hypoglosse, nous remarquons que M. Bell doit l’avoir considéré comme un nerf respirateur, car il le range parmi ceux qu’il a nommé sur-ajoutés à la forme primitive , et cette particularité mérite de fixer l’attention, d’autant plus que ce nerf reçoit des filets qui viennent du larynx, et s’anastomose avec le diaphragmatique. Nous avons vu que Bajanus l’a trouvé principalement distribué aux muscles du cou, chez la tortue. Cependant, je suis porté à croire qu’il y fait plutôt l’office de nerf déglutiteur (1).
Dans les expériences comparatives que j’ai pu faire à l’aide du galvanisme, sur les nerfs de la langue, j’ai constamment
(i) Les deux branches horizontale et verticale sont destinées à lier les mouvements de la la langue à ceux de la respiration , dans le vomissement , la toux , le chant , etc., voyez Harmonies.
NEUFS CEREBRO-SPINAUX.
trouvé que l’animal vivant, sur lequel on galvanise Je rameau lingual de la 5e paire, crie et souffre évidemment, mais la langue reste immobile; si l’expérience est faite sur un animal mort, il n'y a aucune espèce de contraction; au contraire, si, sur l’animal mort ou vivant, on excite galvaniquement le tronc de l’hypoglosse, la contraction devient très-évidente, et elle s’exerce depuis la pointe de la langue jusqu’à la base. Si c’est le nerf glossopharyngien dont le tronc est excité galvaniquement , on voit la contraction ne se manifester qu’aux muscles pharyngiens. Du reste, la langue conserve son immobilité depuis sa pointe jusqu’à sa base, d’où je conclus que l’hypoglosse est le nerf propre des mouvements de la langue; je ne nie pas qu’il n’ait aussi une influence directe sur les muscles hyoïdiens, soit pour la déglutition , soit pour la respiration , et tout doit porter à le faire croire, puisqu’il distribue des rameaux à ces muscles. Du reste , la section du nerf hypoglosse sur un animal vivant, paralyse à l’instant les mouvements de la langue, et rien ne peut plus les rétablir (1). Desmoulins dit que le nerf hypoglosse, pincé sur un chien ou un chat vivant, excite delà douleur. (Guv. cité, t. 2, p. 770). J’ai fait cette expérience sans observer ce résultat, il est vrai que je ne l’ai faite qu’une seule fois et sur un chat; ce n’est pas assez pour former ma conviction.