‹ Traité du système nerveux dans l'état actuel de la scienceChapitre 7 sur 63 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Continuation des fonctions des nerfs latéraux. — Considérations de classement des nerfs cérébraux et des nerfs spinaux.

Les anatomistes anciens ne tenant aucun compte ni des actes fonctionnels des nerfs, ni des fonctions propres des organes centraux cérébro-spinaux, qui lient ces actes entr’eux et les diligent, n’ont considéré que la forme de ses organes, et même les ont subordonnés en quelque sorte aux formes osseuses; ainsi, la plupart d entr’eux ne donnent le nom de moelle spinale qu’à cette portion du centre de l’appareil nerveux, renfermée dans la

(1) M. Scliaw assure avoir vu des animaux à qui on avait coupé les deux nerfs hypoglosses, pouvoir en aboyer, laper l'eau, remplir la bouche d'aliments , mais ne pouvoir avaler.

NERFS LATERAUX.

colonne vertébrale, et désignent sous le nom générique du cerveau, toute la masse renfermée dans le crâne, à partir du trou occipital ; mais d’autres, s’apercevant que les actes fonctionnels ne sont pas assujettis à la configuration osseuse, et qu’il y a liaison intime entre la moelle vertébrale et la moelle alongée, laquelle est sa continuation intra-crânienne, ont étendu la dénomination de moelle spinale jusqu’à la partie contiguë à la protubérance annulaire , et d’autres mêmes ont compris cette protubérance.

Pour peu qu’on se rappelle le chapitre de la formation du système nerveux , on saura ce qu’on doit penser à cet égard : les nerfs aboutissent tous aux faisceaux primordiaux , cérébrospinaux, excepté ceux des sens qui vont s’insérer à la matière grise des lobes cérébraux; i’analyse prouve que ces faisceaux constituent non-seniemeut la moelle vertébrale, mais qu’ils traversent la protubérance annulaire et forment, à leur extrémité supérieure, les pédoncule > cérébraux. Les nerfs moteurs ou sensibles s’implantent tous à ces faces postérieures ou antérieures de ces faisceaux , vers le troisième mois de formation , chez l’embryon humain , selon la remarque de M. Serres (l).

Une autre observation a embarrassé ies anatomistes pour leurs dénominations : c’est, d’une part, quecertains nerfs qui s’insèrent à la moelle vertébrale, remontent, pour sortir par le crâne , et, d’autre part, que les nerfs vertébraux de la partie inférieure surtout , sortent des vertèbres quelquefois à une telle distance de leur point d’insertion , qu’ils appartiennent à une région, si l’on n’a égard qu’à la moelle, et à une autre, si l’on ne considère que les vertèbres; c’eslainsi que les derniers nerfs dorsaux sortent par les vertèbres lombaires, chez l’homme, et que les nerfs sacrés ne sont proprement que des nerfs sortant de la moelle lombaire (2).

(J) Avant 'a découverte des faisceaux médullaires post et pré-spinaux , tous les physiologistes confondaient les nerfs du sentiment et ceux du mouvement ; et même, depuis lors, on n’a pas su les distinguer; maison a pensé que ces nerfs avaient à la fois une double origine ; aussi ceux qui ont celte opinion attribuent-ils au tissu plus ou moins serré des nerfs, leur plus ou moins de sensibilité ; c’est une erreur: lorsque dans un nerf complexe , on isole les filets de la sensibilité de ceux du mouvement , on reste parfaitement convaincu de cette extrication. (Voyez pl. Y.)

(2) Ce qui prouve combien ces dénominations, tirées des vertèbres, sont défectueuses, c’est que chez les rongeurs, les chiens, etc. la moelle spinale s’étendant a toute la longueur du canal vertébral, les nerfs spinaux sortent, sans presque aucune obliquité, et i! n’y a, à proprement parler, pas de queue di> cheval ; tandis que chez les hérissons , la moelle se termine à la hauteur de

NERFS CEREBRO-SPINAUX .

D'après ces considérations, il n’y a donc pas, à proprement parler, de division en nerfs cérébraux et en nerfs spinaux ; mais une série de nerfs cérébro-spinaux, ou si l’on veut avoir égard à leur sortie de la charpente osseuse, des nerfs crâniens et des nerfs vertébraux. Rien n’autorise non plus à tenir compte de la division en nerfs cervicaux, dorsaux lombaires et sacrés.

Au surplus, aujourd’hui, les physiologistes ne tiennent plus

aucun compte de la disposition topographique , par rapport aux

connexions; c’est aux usages fonctionnels qu’ils s’attachent

spécialemeut , et ils ont pleinement raison. M. Charles Bell a

commencé à affranchir le svstème nerveux de la routine anato-

mique ; mais dans la révolution qu’il a tenté défaire par rapport au système en général , cet auteur partage tous les nerfs latéraux en symétriques simples ou primitifs , et en nerfs surajoutés; il prétend que les premiers se trouvent aussi bien chez la sangsue et lever, que chez l’homme , et que ce n’est que chez les animaux parfaits, et en raison de leur élévation dans l’échelle, qu’on rencontre les seconds (1). Selon le même auteur, les nerfs symétriques primitifs sont tous les nerfs spinaux, y compris la lre paire spinale, ou dixième cérébrale de quelques auteurs, celui qui a été nommé nerf sous-occipital, et la 5e paire; ils ont pour attributions : 1° une double insertion , l’une, conductrice de la sensibilité; l’autre, de la motilité; 2° un ganglion sur celle de ces insertions affectée à la sensibilité ; 5° leurs rameaux musculaires appartiennent aux mouvements volontaires , leurs rameaux sensitifs jouissent tous d’une sensibilité parfaite, et sont la source de la sensibilité des surfaces (2); tandis que les neifs sur- ajoutés, ceux qui n’appartiennent qu’aux animaux parfaits, sont ceux de la respiration, et l’on sait que ces derniers, seuls, ont un appareil respiratoire; ceux dcces nerfs, par conséquent, qui président à la voix, ceux de l’expression , ceux qui président au mouvement non lié à la sensibilité du nombre de ces derniers sont les nerfs moteurs des yeux, du mouvement volontaire de la face, de la langue, etc. , enfin, ceux de l’appareil circulatoire.

On voit que le physiologiste Breton considère l’organisation

la 7° vertèbre dorsale, au tiers supérieur du canal; conséquemment, tous les nerfs de la moitié de la région dorsale, tous ceux des régions lombaire et sacrée sont obligés de parcourir un assez grand trajet avant de sortir par leurs trous de conjugaison.

(1) Ouv. cité, p. 46.

(2) Ch. Bell, ouv. cité, p. 47-49. '

NERFS LATERAUX .

animale comme devant être primitivement, et d’après le bas de l’échelle, régie par des nerfs d’une grande simplicité, et en cela il a raison; il reconnaît qtte4a complexité nerveuse augmente en raison de la complication des fonctions, et il dit fort judicieusement que si l’on retranchait des animaux parfaits, tous les nerfs des fonctions qui manquent aux animaux simples, ils seraient exactement réduits à n'avoir que les nerfs de ces derniers. Du reste, il ne s’explique pas relativement aux nerfs propres des sens extérieurs, sur ceux des sens internes ou viscéraux, ni sur les nerfs ganglionnaires, et cependant, après avoir pris connaissance des travaux de Carus , de Cuvier, d’Arsaki, d’Oken, d’Erenberg, et de tous les anatomistes qui se sont occupés avec quelques détails d’anatomie comparée et de recherches sur les animaux invertébrés, on est forcé de convenir que, tout en admettant le principe qui attribue des nerfs compliqués aux animaux parfaits et aux imparfaits des nerfs simples , sa division systématique manque d’exactitude en certains points ; d’ailleurs, on a pu voir, dans les considération sur l’organisme animal, aux généralités, chap. 1er de cet ouvrage, que les premières traces d’un système nerveux, organisé en fibres, ne se laissent apercevoir que dans les animalcules infusoires qui se rapprochent le plus des mollusques, mais qu’elles ne deviennent décidément apparentes que dans les radiaires. Or, ces animaux de bas étage, qui n’ont ni appareil respiratoire et vocal, ni appareil circulatoire, jouissent au moins d’un rudiment d’appareil sensorial externe, pour palper, et souvent pour voir, et d’un appareil sensorial interne et musculaire organique, pour s’alimenter; ils possèdent, de plus, la sensibilité et le mouvement propres à répondre aux exigences sensoriales, et leur instinct est généralement développé, en raison de la grosseur des ganglions centraux, auxquels les filets nerveux latéraux vont aboutir.

En remontant plus haut dans F échelle animale, mais avant d’arriver aux vertébrés, nous remarquons, dans les articulés à membrane, une organisation déjà complexe: les lexapodes ailés ont plusieurs ganglions pour centraliser faction nerveuse. Dans la tête de ces animaux on trouve un ganglion qu’on peut considérer comme cérébral , auquel viennent aboutir les nerfs optiques (1) et ceux des palpes qu’on doit considérer comme l’analogue de la 5e paire des animaux vertébrés. Immédiatement

(1) PI. ï, tig. 5.

NERFS CEREBRO-SPINAUX .

a u -dessous, se irouve un autre ganglion qui ne forme qu’une même masse nerveuse avec le ganglion cérébral; ce dernier a été appelé œsophagien (1) ; c’est à lui qu’aboutissent les nerf& viscéraux qui président à l’alimentation , et qui doivent être considérés comme les analogues de la 8e paire des vertébrés. Les ganglions du reste du corps de l’animal , sont ceux auxquels aboutissent les nerfs du sentiment et du mouvement de ces parties , et doivent être considérés comme les analogues de la moelle spinale des animaux vertébrés.

Ainsi se trouve résolu, par la simple observation, le problème des nerfs primitifs, et l’on voitquel’espritde systèmequi a dirigé M. Cb. Bell, n’est pas conforme à la nature, car la 8e paireque ce physiologiste classe parmi les nerfs respiratoires, ne peutêtre considérée comme nerf sur-ajouté, dans sa portion qui préside à l’alimentation, et les nerfs optiques qui manquent deganglion et n’ont point une double origine, n’en existent pas moins primitivement.

Je n’ai point parlé d’une fameuse division des nerfs en deux autres systèmes, l 'un pour la vie animale, l’autre pour la vie organique, de Bichat; ce brillant fantôme, d’une imagination si vive et d’un génie si fécond, est aujourd’hui complètement abandonné.

M. Magendie a beaucoup fait pour la science en localisant, par une sévère expérimentation, les actes fonctionnels de la plupart des nerfs ; mais cet homme célèbre n’a rien systématisé, c’est à peine s’il a osé tirer des conclusions de ses expériences , tant il redoute l’erreur !

Il est impossible cependant de faire un traité complet du système nerveux, si les travaux de chacun ne sont pas scrutés et appréciés, si les découvertes de tous ne sont pas coordonnées, et si le résultat final n’en est pas nettement exprimé.

Je pense que, sans nous laisser guider par le désir de sytématiser, ainsi que l’ont fait MM. Bichat et Ch. Beli, nous pouvons, en évitant, toutefois, d expérimenter sans but et sans en tirer des conséquences, arrivera des données certaines sur le sytèrne nerveux , le plus difficile est de tirer des conséquences aussi rigoureuses que possible des données que présente une science toute positive; je crois pouvoir, grâce aux lumières que j’ai pu emprunter aux habiles pbisiologist.es de l’époque, donner au publie lin travail aussi satisfaisant que possible, concernant le système nerveux ; mais i! reste, sans doute, encore beaucoup à faire.

'(1) Pl. l:, fig. I cl 2.

Ai ERFS LATERAUX .

Et pour ne parler, ici, que des cordons nerveux qui mettent en rapport les organes corporels avec les centres par lesquels ils sont régis, et tirer des conclusions générales, je rappellerai que, dès que nous pouvons apercevoir des cordons distincts et de la matière nerveuse centralisée, nous remarquons dans les espèces non douées d’appareil circulatoire, deux actes principaux, concourant à la conservation de l'individu: l’un concerne le monde extérieur, dont la connaissance s’acquiert principalement au moyen des palpes ou organes du toucher et de la vision, l’autre concerne l’alimentation , et s’effectue par la préhension de la proie, la digestion et les exonérations; d’autres actes sont subordonnés à ceux-ci, ce sont la sensibilité et la contractilité.

Si, des espèces les plus inférieures, nous remontons aux plus perfectionnées, nous rencontrons constamment ces quatre propriétés ou séries d’actes fonctionnels, rehaussées des facultés qui en agrandissent la sphère, c’est-à-dire celles de sensation, de sensibilité, de mouvement et d’intelligence. Ainsi, dans toutes les espèces, le système de nerfs qu’on a appelé la 5e paire chez les vertébrés , et auquel se rallient tous les nerfs des sens externes, depuis la lre jusqu’à la 7e paire cérébrale inclusivement , ce système, dis-je, et ses annexes sont affectés à la connaissance du monde extérieur.

Le système de nerfs, appelé chez les vertébrés, de la 8e paire, est dans toute l’échelle animale, affecté aux fonctions viscérales. Dans les espèces où manquent les appareils circulatoires et respiratoires, c’est à l’alimentation seule qu’elle est destinée; mais chez les espèces supérieures, chez les vertébrés surtout, ce système préside à la respiration avec d’autres nerfs annexés, et subsidiairement à la circulation, concurremment avec un autre ordre de nerfs appelés nerfs ganglionnaires.

Tous les nerfs inférieurs aux deux systèmes sensorial externe et sensorial interne, sensible et moteur, de l’extrémité céphalique, du tronc, et des cavités splanchniques, appelés nerfs spinaux, chez les animaux vertébrés , sont affectés à la motilité et à la sensibilité des parois du tronc et des muscles ; cette motilité et cette sensibilité, sont, à proprement parler, au service des deux systèmes sensorial externe et sensorial interne.

Chez les espèces les plus parfaites, nous avons vu dans révolution embryonnaire, sous l’influence du calorique, se manifester un mouvement centripète d’attraction globulaire, une véritable polarisation dont le résultat est la formation des faisceaux primitifs nerveux cérébro-spinaux, source de la substance médul-

HO

NERFS CEREBRO-SPINAUX,

iaire blanche, dite de 8e formation (1), puis des organes centraux lobulaires, source de la manière grise; enfin nous sommes certains qu’il se forme une pulpe nerveuse, primitive, organique (2), constituant la lre branche du tronc des viscères.

Dans le point central de l’axe polarisé, chez les animaux parfaits, où s’est formé la cicatricule de l’œuf, c’est-à-dire, où s’est porté, dès le principe, le plus grand nombre de globules, s’est aussi montrée en premier lieu la contractilité , dans le ganglion cardiaque, centre de l’appareil nerveux ganglionnaire (o), sous l’influence de l’action duquel s’est établie la circulation qui estdevenueun nouveau moyen de développement pour le système nerveux, et qui en a secondé la formation, en roulant les globules de matières nerveuses par un mode d’impulsion, différente du mouvement primitif de polarisation; aussi, dès-îors, l’organisme cesse de recéler purement la trame nerveuse primitive, celle qui ne contient que les éléments non distincts de l’animalité; les molécules de fibrine, de gélatine et d'albumine, se séparent d’abord, puis se combinent diversement , et les organes prennent la forme et la consistance voulue par le type animal auxquels ils appartiennent. C’est alors aussi, que se forment les cordons ou rameaux nerveux qui se multiplient en raison de la complication organique. Les anatomistes anciens qui n’avaient pas étudié l’embryogénie, s’imaginaient que les lobes cérébraux se formaient d’abord, que la moelle épinière procédait de ces lobes, et qu’ensuite les cordons nerveux sortaient insensiblement de cette moelle, et finissaient par présider eux-mêmes à la formation de l’organe, auquel chacun devait procurer la vie ; mais les expériences de MM. Coste, Serres et les miennes, exposées aux généralités, ainsi que les travaux de Tiedemann, ont prouvé qu’il n’en était pas ainsi. Les rameaux nerveux se forment en même temps que les organes, qu’ils font communiquer avec les autres; ils ne s’implantent aux faisceaux primitifs cérébro-spinaux qu’au troisième mois de la vie embryonnaire, chez fhomme; il n’y a aucune priorité marquée des uns sur les autres pour cette implantation, si ce n’est les nerfs optiques, qui s’insèrent peut-être plutôt que les autres aux parties centrales.

Les paires de nerfs, telles que les ont considérées les auteurs,

(1) Les cordons nerveux latéraux se formant en même temps que les organes corporels, doivent être regardés comme étant de lre formation.

(2) Voyez les généralités , et Car us , organisation des animaux sans neris , t. 1er de son anatomie comparée.

(3) Voyez Formation ru Syst. nerveux, généralités, sect. 2.

NERFS LATERAUX.

sont soumises à un classement purement arbitraire : on a vu que ce qu’on avait appelé paires de nerfs ( mais surtout les 5e et 8e paires), sont loin d’être des nerfs simples; elles doivent être considérées comme des faisceaux, contenant des rameaux nerveux essentiellement différents, et cependant, étant, jusqu’à un certain point liés par des rapports fonctionnels; ainsi, l’olfaction forme un groupe séparé; la 2e paire rattache spécialement à elle les 5e, 4e et la 6e paires : ces deux groupes s’associent à la 5e paire pour les sensations externes; la 5e paire forme un groupe auquel se rattachent, chez touà les animaux, les autres sensations externes; moins le toucher du tronc et des membres; la 7e paire doit se rallier au groupe de la 5e, chez les animaux où elle est. Tous ces nerfs mettent en rapport avec le centre cérébral , les sens externes, la sensibilité et la motilité de la face. Quant à la 8e paire, elle forme un autre groupe auquel se rattachent tous les sens internes ou viscéraux; et, chez les animaux parfaits, non-seulement la sensation, la sensibilité et le mouvement des organes digestifs appartiennent à cette paire; mais encore la sensation, la sensibilité et le mouvement des organes respiratoires, avec d’autres nerfs encore qui s’y rallient, pour l’harmonie respiratoire ; subsidiairement encore cette paire influence la circulation du sang dans ses rapports avec le cerveau, comme il sera dit au chapitre des harmonies fonctionnelles et sympathiques.

Moins les espèces deviennent parfaites et compliquées dans leur organisation, plus leur système nerveux se dégage de cette confusion de filets, compliquant la disposition primitive qui, à l’état de simplicité des dernières classes, se trouve strictement réduite à la 5e paire, à la 8e, ou à leurs analogues et aux nerfs correspondants aux paires spinales des vertébrés ; ou, en d’autres termes, aux sensations externes, aux internes et aux mouvements.

Les systèmes nerveux partiels de la 5e et de la 8e paires s’étant progressivement développés et accrus de tous les rameaux admis par les auteurs chez l’homme , le système des nerfs olfactifs, des nerfs optiques et de leurs annexes, ceux de la 7e paire se ralliant au premier de ces systèmes partiels, et la 9e paire, ainsi que plusieurs nerfs spinaux, comme il va être exposé plus bas, se ralliant au second de ces systèmes, tous les nerfs cérébraux, au nombre de neuf selon les anatomistes anciens , de douze selon les modernes, ayant été présentés dans tous leurs détails anatomiques et physiologiques au chapitre précédent, il nous reste à continuer l’étude des cordons nerveux latéraux par les

paires <1 <i net fs, dites spinales, et qui traversent la colonne vertébrale.

Avant de quitter l’intérieur du crâne, je ne puis passer sous silence une considération importame de M. Ch. Bell. Il dit que la colonne antérieure de la moelle spinale est destinée au mouvement jusque dans le cerveau, et la postérieure à la sensibilité (1). Il affirme que les 5e, 0e et 9e paires cérébrales, qu’il regarde comme nerfs essentiels du mouvement, prennent leurs insertions à la partie antérieure, ou abdominale de la moelle alongée, sans être aucunement en connexion avec la face postérieure, ni recevoir de ganglion comme les nerfs sensibles (2) : ce qui est vrai; mais il regarde les 4e et 7e paires, comme des nerfs respiratoires, et prétend que, pour cette raison, ils doivent s’insérer à la colonne latérale (5) ( ce que je ne puis admettre ) , affectée spécialement à la respiration, et où s’insèrent aussi la 8e paire et son accessoire. Il est croyable, d’après cela, que M. Bell n’admet les insertionsdes première et deuxième portions mollesde la 7e paire, qu’en rapport avec la colonne postérieure. Il regarde, avons-nous vu, la 5e paire et toutes les paires spinales comme des, nerfs primitifs à double ^origine antérieure et postérieure pour le mouvement et le sentiment. Comme je ne puis admettre ces nerfs simples à double racine, je me vois forcé, en adoptant les usages de la portion antérieure de la moelle destinée au mouvement, et ceux de la portion postérieure au sentiment, de faire deux grandes divisions.

PREMIÈRE SECTION

Nerfs post-spinaux (4).

j'ai dit que l’anatomiste anglais avait le tort immense de considérer comme nerfs simples les faisceaux spinaux , en admettant qu’ils s’implantent par deux racines distinctes aux deux faces opposées de la moelle spinale, dont l’une est affectée

(1) Ouv. cité, p. 13; voyez aussi les expériences de M. Magendie, rapportées dans son Jouknxi. de Phtsioi.ogie , t. 2, p. 276, et même tome, p. 560.

(2) Ouv. cité, p. 20.

(3) Ouv. cité, p. 34.

(4) Voyez le tableau des nerfs post-spinaux, à la fin de la 1>« partie, p. et la fi g. 1 re, pl . VI.

au sentiment, fautre au mouvement, et ii semble s’être condamné lui-même, en reconnaissant que : « Chaque filet de * matière nerveuse est cloué d’une propriété particulière inclé- « pendante de celle des autres filets qui se trouvent liés avec » lui. » (1) Cela ne l’empêche pas, toutefois, d’admettre que les nerfs de l’épine sont parfaitement réguliers dans leur origine et leur distribution , qu’il en existe trente de chaque côté (2), et qu’ils sont propres à remplir toutes les fonctions du tronc et des membres. Je nie formellement cette homogénéité; mais les expériences ayant appris que tous les nerfs aboutissant à la face postspinale, sont des organes du sentiment (5) ( voyez moelle spinale), et que ceux qui s’insèrent à la face pré-spinale appartiennent au mouvement, il est rationnel de décrire d’abord tous les nerfs port-spinaux, d’exposer ensuite ceux qui s’insèrent à la face antérieure.

Les divisions en nerfs cervicaux , dorsaux, lombaires et sacrés, sont arbitraires ; fondées sur les formes osseuses, et nullement justifiées par aucune distinction fonctionnelle, elles ne doivent donc pas être conservées.

Le premier nerf post-spinal (4), lorsqu’il existe, a été rangé en même temps que le preniier pré-spinal, c’est-à-dire les branches postérieures et antérieures formant la première paire spinale, au nombre des nerfs cérébraux , et appelé dixième paire j mais, depuis, cette paire a été replacée par presque tous les anatomistes, parmi les nerfs spinaux. Quoi qu’il en soit , très-souvent les filets nerveux qui vont aboutira la moelle spinale, en pénétrant par 1 interstice qui sépare la première vertèbre de l’occipital, ne se rendent qu’au faisceau antérieur ou

(!) Ouv. cité, p. 6.

(2) 11 n’existe pas invariablement 30 paires de nerfs spinaux à racines postérieure et antérieure. Chez les animaux vertébrés, parmi les poissons, la baudroie en a, 32 paires, tandis que le tétrodon n’en a que 16; parmi les reptiles, les serpents ont fquelquefois jusqu’à 300 nerfs spinaux, mais ils sont, comme chez la plupart des poissons, rangés sur une même ligne de la face abdominale en antérieure de la moelle. Dans les raies, les nerfs spinaux s’insèrent sur les deux faces opposées de la moelle, mais il n’existe aucun ganglion sur leurs racines.

(5) La preuve que chaque cordon nerveux n’est pas, comme le veut M. Flourens , conducteur du sentiment , seulement du point excité au cerveau, c’est la sensibilité qu’offre le bout inférieur coupé, et la sensation qui se propage par l’électricité du point touché aux ramifications.

(4) PI. VI, fig. !.

abdominal de cette moelle, et, par conséquent, il n’existe en réalité pas de nerf post-spinal de la première paire, dans beaucoup de cas ; alors les rameaux venant de la nuque, vont aboutir an premier nerf pré-spinal ; dans les cas, cependant, où le premier nerf post-spinal existe, il est extrêmement grêle, et ne se forme que de deux ou trois filets, dont le principal est une anastomose avec le nerf accesssoire de la 8e paire , et les autres des anastomoses avec le deuxième nerf post-spinal et le deuxième préspinal.

Dans la planche II de l'ouvrage de M. Ch. Bell, représentant les nerfs spinaux, la lre paire est figurée avec un ganglion assez volumineux, embrassant ce que les anatomistes ont nommé les racines antérieure et postérieure, tandis que le ganglion, quand il existe deux racines, se rencontre réellement sur la postérieure, comme à toute la série des nerfs post-spinaux, depuis le crâne jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle.

Il est présumable que le filet anastomotique avec l’accessoire, a pour usage d’établir l'harmonie respiratoire de cette partie de la moelle avec les muscles affectés à cette fonction, et que les autres anastomoses établissent l’harmonie entre l’action motrice et sensitive, spécialement des parties auxquelles se distribuent les deuxièmes nerfs post et pré- spinaux.

Le deuxieme nerf post-spinal (1) (branche postérieure du deuxième nerf cervical, ou du premier, selon quelques auteurs grand nerf occipital) , est le plus considérable des nerfs qui se distribuent à la nuque, et le plus volumineux des nerfs post-spinaux. Ses filets proviennent de tout le derrière de la tête , des téguments et du muscle occipito-f’rontal, surtout du plan musculaire occipital ; ils s’anastomosent avec ceux du rameau frontal (5e paire), avec le premier nerf post-spinal, avec l’auriculaire postérieur ( 7e paire céréb. ) , et avec le plexus cervical; un assez grand nombre de filets proviennent de l’épaisseur du muscle grand complexus, du petit complexus, du splénius, du trapèze, de l’inter-épineux, de l’angulaire, de l’omoplate, de la peau de la nuque; quelquefois il en provient de l’oblique inférieur et du sterno-mastoïdien; mais toujours avant de gagner le ganglion qui se trouve près de l’insertion de ce nerf à la moelle, comme sur tous les nerfs post-spinaux; il s’anastomose par une anse nerveuse avec les premier et troisième post-spinaux.

(1) PI. VI, fi g. 1, et pl. III, fig. 6.

INî les expériences galvaniques, ni les névralgies tràchélo-ôccipitales et les paralysies du sentiment, ne laissent aucun doute sur les fonctions sensitives, sur la sensorialité et sur le concours expressionnel du second nerf post-spinal (1); il peut être réellement considéré comme accessoire de la 5e paire, sous ce rapport fonctionnel, et je suis d’autant plus certain de ce que j’avance là, que les expériences ont été faites sur moi-même: j’étais en même temps l’observateur et le sujet de l’observation , et j’expérimentais comparativement sur les rameaux paralysés d’un côté et sur les rameaux intacts de l’autre. La sensibilité musculaire et cutanée de la nuque, du derrière de la tête, de la région post-auriculaire , de la partie externe du pavillon de l’oreille, me paraît appartenir à ce deuxième nerf post-spinal.

Le troisième nerf post- spinal (2) est très-petit ; ses derniers filets proviennent des téguments de la région occipitale et du muscle trapèze; d’autres filets viennent des transversaire et transversaire épineux, du splénius , du petit complexus; d’autres filets , en assez grand nombre , viennent des muscles droits et obliques postérieurs de la nuque et de chaque muscle interépineux supérieur; il reçoit une anastomose du deuxième nerf post-spinal , et s’anastomose avec le troisième pré-spinal, aux filets duquel les siens s’unissent pour procéder à la sensibilité des muscles antérieurs et superficiels du cou et à celle de la peau de cette région; puis, devenant sous-cutané, il se contourne sur l’articulation latérale de l’axis, avec la troisième vertèbre , et, après avoir formé le ganglion comme les autres nerfs postspinaux , il va s’insérera la région postérieure ou dorsale de la moelle.

Il est certain que tous les filets de ce faisceau nerveux sont des nerfs sensitifs, soient ceux qui se distribuent aux téguments, soient ceux qui vont aux muscles; mais je suis certain aussi qu’ils s’unissent à des filets anastomotiques provenant des pré-spinaux, comme d’ailleurs le prouve certainement le plexus tracliélien ; il resterait à savoir, s’il y a parmi eux des nerfs respiratoires et des nerfs volontaires, ce que je n’ai pu constater par l’expérience directe; mais cependant je le pense, car la pathologie le démontre.

(!j Je soupçonne ce nerf d’être en connexion avec la matière grise du 4e ventricule; cependant je n’ai pu vérifier anatomiquement cette présomp^ tiotî .

(2) PJ. YI, fig. 1.

Le quatrième nerf post-spinal (1) provient des téguments de !a nuque et des muscles voisins, principalement des grand complexes et transversaire épineux , et remonte vers une gouttière entre les apophyses articulaires des troisième et quatrième vertèbres, pour aboutir, comme les nerfs précédents, à la région postérieure de la moelle, après avoir reçu l'anastomose du nerf immédiatement supérieur.

Les usages de ce nerf sont les mêmes que ceux des postspinaux.

Les 5e, 6e, 7°, 8e, et 9e nerfs (2) post-spinaux (5e, G°, 7e , 8e nerfs cervicaux postérieurs et premier dorsal postérieur) proviennent des muscles postérieurs de la colonne vertébrale, portion cervicale dorsale ( principalement des muscles grand complexus, de tous les muscles du transversaire épineux, splénius, trapèze) , de la peau du cou, de la partie supérieure du dos et de tout le membre scapulaire ; ils s'anastomosent entr’eux par des rameaux de communication , et quelquefois avec les correspondants pré-spinaux, lesquels, beaucoup plus gros, constituent la majeure partie du plexus brachial (5).

Tous les nerfs que je viens de désigner, sont principalement conducteurs de la sensibilité; mais il est présumable que ceux de leurs rameaux qui sont en connexion avec les pré-spinaux sont des nerfs moteurs : les expériences galvaniques , ainsi que les paralysies, ne laissent aucun doute à cet égard.

Les 10e, 11e, 12e, 15e. Il®, 15e et 16e nerfs post-spinaux (4) (2e, 5e, 4e, 5e, 6e, 7e, 8e dorsaux postérieurs) proviennent principalement des muscles qui longent la colonne vertébrale (le transversaire épineux, le sacro-spinal, le trapèze, le grand dorsal ) et de la peau qui recouvre le dos et les côtes dans toute l’étendue du thorax. H y a aussi entre ces nerfs et les correspondants spinaux antérieurs, des anastomoses.

Les mêmes remarques fonctionnelles ci dessus s’appliquent aux nerfs post-spino-dorsaux.

(t) PL VI, tig. î.

(2) PL VI, fig. l;pl. iV,fig. 1 ; pl. 5. fig. 10.

(3) On verra, en parcourant les tableaux synoptiques des nerfs spinaux, placés à la tin de la l»e partie, que la sensibilité[des membres scapulaires et pelviens, dépend des nerfs post spinaux qui se rallient aux plexus-trachélien et trachélo-musculaire, pour les supérieurs, et lombo-iliaque, et sacrosichiatiquc pour les inférieurs.

(4) Pl. VJ, fig. 1.

Les 17e, 18e, 19e et 20e nerfs post-spinaux (!) (9e, 10e, 11e, 12e branches dorsales postérieures) proviennent des mêmes muscles que les dorsaux supérieurs et de la peau des lombes , mêmes remarques physiologiques que dessus.

Les 21®, 22e, 25e nerfs post-spinaux (2) (1er, 2e, 5e lombaires postérieurs) proviennent principalement du muscle . sacro-spinal , de la peau des lombes , des fesses et de la partie pré-abdominale.

Les 24e et 25e post-spinaux (5) (4e et 5e lombaires postérieurs) viennent du sacro-lombaire, du long dorsal, et de la peau qui recouvre les régions iliaques et abdominales.

Mêmes remarques fonctionnelles que dessus , appliquées aux régions lombaire , fessière et iliaque, etc., ainsi que pour les nerfs ci-après :

26e post-spinal (4) (premier sacré postérieur), venant du muscle grand fessier et de la peau des fesses , s’anastomosant avec le cinquième nerf lombaire postérieur.

27e, 28e, 29e nerfs post-spinaux (5), ( 2e, 5e, 4e sacrés postérieurs) viennent des muscles post-iliaques, coccygiens et anaux, ainsi que de la peau qui les recouvre, et s’anastomosent entr’eux.

Enfin, les 50e et 51e nerfs post-spinaux (6) (5e et 6e nerfs sacrés postérieurs) viennent principalement de la peau de la région anale; ils s’anastomosent aus&i entr’eux. La peau de la partie antérieure et inférieure de l’abdomen des régions inguinale et pubienne, vient plutôt des nerfs sensibles des rameaux post-spinaux qui communiquent avec les plexus lombaire et ischiatique.

Tous ces nerfs post-spinaux ont cela de commun, et je l’ai dit au commencement du chapitre, qu’ils ont un ganglion d’un petit volume (7), à l’entrée du canal vertébral, tandis que les nerfs pré-spinaux n’en offrent jamais près de leur insertion; mais les ganglions des nerfs sacrés, diffèrent par leur position de ceux de tous les autres nerfs post-spinaux en ce qu’ils sont placés hors de la cavité vertébrale, tandis qu’à tous les nerfs supérieurs, ces ganglions se rencontrent dans la cavité même.

fl) PI. VI, fig. i.

(2) PI. VI, fig. 1.

(3) Pî. VI, fig. 4; pl. V, fig. il.

(4) Pl. VI, fig. î; pl. V,fig. 11.

(5) Pl. VI, fig. 1; pl. V, fig. 11.

(6) Pl. VI, fig. 1 .

(7) Pl. V, fig. î 2.

DEUXIÈME SECTION

Nerfs pré-spinaux (1).

Les nerfs pré- spinaux sont tous moteurs : les uns appartiennent au mouvement volontaire, les autres au mouvement non volontaire; ces derniers sont spécialement sous l’obédience des viscères , soit pour accomplir les actes de la respiration ou de la digestion, soit pour ceux de la circulation. M. Ch. Bell prétend que les nerfs respiratoires s’insèrent aux parties latérales de la moelle , qui, selon cet anatomiste, sont exclusivement affectés à la respiration ; mais les expériences n’ont pas confirmé cette opinion; il y a beaucoup plus de nerfs de la respiration que n’en a admis M. Bell, et il est bien certain que beaucoup d’entr’eux s’insèrent non aux parties latérales , mais à la portion antérieure de la moelle spinale.

Les nerfs pré-spinaux forment, pour la plupart, de considérables plexus ou réseaux de filets nerveux, qui sont comme des rendez-vous de rameaux différents pour les communications et opérations harmoniques qui doivent avoir lieu sans le concours du cerveau.

Les plexus spinaux , quoique formés en grande partie de ces nerfs pré-spinaux , reçoivent cependant quelques filets anastomotiques qui proviennent des post-spinaux; aussi ne doit-il pas paraître étonnant que des rameaux qui vont aboutir à ces plexus, soient des nerfs de la sensibilité (2).

Il a été jusqu’ici impossible de discerner dans les plexus, quels sont les filets qui appartiennent au mouvement volontaire „ à la respiration , et ceux qui sont sensibles (5) ; ce n’est que dans les rameaux qui se rendent des organes aux plexus, qu’on a pu faire cette distinction; j’ai donc dû adopter la marche suivante dans mon exposition : en conservant l’ordre numérique des anciens anatomistes, comme je l’ai fait pour les nerfs post-spinaux , j’ai décrit ces nerfs depuis les organes auxquels ils se distribuent jusqu’à leur insertion à la moelle, toutes

(1) PI. IY.

(2) Voyez pl. V, surtout fig. 10 et 11.

(3) On se rendra parfaitement compte de cette difficulté, en examinant les figures tracées par Scarpa et Reil , représentant les plexus-trachial et i$chiatique, pl. fig. 10 et 11.

les fois que leur trajet a été direct; mais je ne les ai décrits que jusqu’au plexus qu’ils forment , toutes les fois qu’ils se rendent à l’un de ces réseaux inextricables, jusqu’à concurrence de leur complète formation; j’ai ensuite décrit tous les filets qui font communiquer le plexus avec la moelle , en suivant toujours l’ordre numérique , et voilà pourquoi les nerfs du mouvement volontaire , ceux de la respiration et les nerfs sensibles ne se trouvent pas classés méthodiquement sous le rapport fonctionnel, et ne peuvent qu’être décrits sans suite , parce qu’on est forcé , dans leur exposition successive, d’avoir égard plutôt aux dispositions anatomiques qu’aux usages fonctionnels. C’est en traitant des harmonies , que nous assemblerons tous ceux qui concourent à un même but.

Le premier nerf pré-spinal (1) (sous-occipital) existe souvent sans qu’il y ait de premier nerf correspondant post-spinal ; alors aussi il n’y a pas de ganglion , et la branche postérieure n’est véritablement qu’une division du premier nerf pré-spinal. Dans d’autres cas , ce qu’on a appelé la branche postérieure de la lre paire spinale , est composé de filets post-spinaux et préspinaux, et, ce qui le prouve, c’est que cette branche postérieure est toujours plus volumineuse que l’antérieure; cependant les filets d’insertion post-spinaux , toujours très-grêles , ne sont jamais qu’au nombre de deux à quatre , quand ils existent, tandis que les filets d’insertion pré-spinaux, toujours plus gros que les post spinaux, sont au nombre de trois à sept.

Le premier nerf pré-spinal est donc bien évidemment composé d’une branche postérieure, qu’il ne faut pas confondre avec le premier nerf post-spinal , sans quoi on serait forcé d’admettre, comme tous les anatomistes qui sont tombés dans cette erreur, que la bandelette postérieure de la moelle spinale peut présider aux mouvements, ce qui est contraire à l’expérience; cette branche postérieure se forme de sept à huit filets rayonnants qui viennent des muscles , petit oblique du cou, grand oblique, petit droit, grand droit postérieur et du complexus.

La branche antérieure est bien plus grêle que la postérieure ; elle se compose de filets venant des grand et petit muscles droits antérieurs du cou , de l’artère vertébrale , du muscle temporal, et s’anastomose avec le second nerf pré-spinal, le grand sympathique, le pneumo-gastrique et l’hypoglosse ; ces deux branches réunies pénètrent dans le canal osseux à travers l’échancrure (*)

(*) PI. VI, fig. l.

latérale qui sépare i 'allas de l’os basilaire, passent au-dessous de l’artère vertébrale, après avoir franchi l’échancrure; les deux branches, devenues le tronc du premier nerf pré-spinal, sc partagent en blets d’insertion qui s’infléchissent de haut en bas, en s’écartant pour former ce qu’on appelle la racine antérieure de la 4,e paire spinale, laquelle ai-je dit, existe souvent seule.

Quand les insertions du premier nerf pré-spinal et du postspinal existent l’un et l’autre, le nerf accessoire s’insère entre les deux, et il s’anastomose avec la racine postérieure.

Je me suis assuré, à l’aide du galvanisme, que ce nerf préspinal est principalement moteur; j’ignore quels sont au juste les usages de ceux de ses filets qui se rendent à l’artère vertébrale ; quant aux anastomoses avec la 8e paire cérébrale, l’hypoglosse et le grand sympathique, il est probable que leur usage est d’établir des rapports d’harmonie pour la respiration , la déglutition et pour la circulation, et c’est peut-être pour effectuer ce dernier rapport, que ce premier nerf reçoit d’une part un filet de l’artère vertébrale , et d’autre part s’anastomose avec le grand sympathique. ( Voy. Appareil nerveux ganglionnaire. )

Les 2e, 5e et Ae nerfs pré-spinaux (1 ) sont ceux qui établissent la communication entre le plexus cervical et la moelle spinale; ils reçoivent bien quelques filets directs des muscles grand droit antérieur, long du cou et angulaire; mais leur destination spéciale est d’établir les rapports spinaux avec tous les nerfs du cou, tant respiratoires que moteurs volontaires ou sensibles et même sécrétoires et fonctionnels circulatoires, comme il sera dit à l’exposition des nerfs ganglionnaires.

Tous ces rapports de nerfs différents devaient en effet résulter d’une étroite combinaison nécessitant cette extrication , que les anatomistes ont nommée ou complexus cervical ou Irache'locutané (2).. L’histoire de ce plexus ne peut donc être que celle des rameaux qui mettent les organes en rapport avec lui.

Les rameaux nerveux qui forment ce plexus et qui proviennent des organes les plus élevés, sont des nerfs sensitifs, et par conséquent en communication avec la face postérieure de la moelle; ce sont eux qui doivent composer les anastomoses du plexus

(1 ) PL VI, fig. 1.

(2) Situé a la partie interne du muscle sterno-mastoïdien , à la hauteur dos deuxième, troisième, quatrième vertèbres, en dehors de la veine jugulaire externe , du nerf pneumo-gastrique et de l’artère carotide , sur le muscle scalènc postérieur, pî. 11!, lig. 8; tableau synoptique des nerfs pré-spinaux.

cervical avec les nerfs post-spinaux ; les médians sont généralement des nerfs du mouvement volontaire , et les inférieurs sont la plupart des nerfs respiratoires.

Parmi les rameaux supérieurs, on en remarque d’abord un assez volumineux, formé d’un grand nombre de filets venant de la face et des deux surfaces du pavillon de l’oreille; la plupart d’entr’eux font des anastomoses avec la portion dure de la 7e paire et avec le rameau temporal superficiel du maxillaire inférieur de la 5e paire cérébrale. Je suis porté à croire que l’usage de ces filets est de mettre les muscles d’expression en rapport avec la respiration. Ces filets convergent sur la face externe de la parotide , pour constituer le rameau nerveux , se rendant au plexus; d’autres filets provenant de la partie interne du pavillon de l’oreille, de la portion supérieure du conduit auditif externe et des téguments de la partie latérale de la tête, convergent sur la région post-auriculaire, et vont former un autre rameau descendant au plexus.

De la partie latérale et postérieure de la peau de la tête, de la face interne du pavillon de l’oreille et du muscle occipito-fronlai, proviennent d’autres filets, dont la plupart s’anastomosent avec le nerf facial et le troisième nerf post-spinal. Ces filets se rassemblent sur l’apophyse mastoïde, et forment un autre rameau descendant au plexus cervical. Tous sont évidemment des nerfs delà sensibilité. D’autres filets superficiels provenant de la peau du cou, des muscles peaussier et digastrique, de la glande maxillaire et s’anastomosant avec des filets de la 7e et de la 5e paires cérébales , s’acheminent vers le plexus , en passant entre les muscles sterno mastoïdien et peaussier.

Parmi les rameaux moyens, on distingue ceux formés par les filets provenant de la partie postérieure et èxterne du deltoïde , lesquels suivent le bord supérieur du trapèze, et vont former les rameaux sus acromiens; d’autres filets, provenant de la peau du moignon de l’épaule et de la partie externe et supérieure du bras, d’autres encore des téguments, des ma m molles et du thorax, du muscle grand pectoral, se rassemblent en rameaux sus-claviculaires. Ceux de ces filets médians qui proviennent de la peau, sont des nerfs sensibles, appartenant par conséquent aux anastomoses postérieures, les autres sont moteurs, et le galvanisme ne m’a laissé aucun doute à cet égard.

Les rameaux inférieurs se composent de filets provenant de l’ extrémité supérieure des muscles scapulo-byoïdiens, de la partie antérieure des muscles sous scapulaire et grand dentelé

\ERFS PH K SPINAUX.

et du creux de l'aisselle, ils constituent les rameaux sous-claviculaires; d'autres, provenant des muscles trapèze, angulaire et rhomboïde, constituent des rameaux post-scapulaires; ces derniers s’anastomosent avec l’accessoire de la 8e paire, et sont bien certainement des nerfs respiratoires.

Une des fonctions les plus importantes dans lesquelles le plexus ceivical intervient, c’est à-coup-sûr la respiration ; en effet , il est de fait que dans toutes les lésions de ce plexus et de la moelle spinale , depuis le quatrième ventricule jusqu’à la 5e et 6* vertèbres, l’harmonie respiratoire se trouve affectée. Les nerfs respiratoires sont aussi les plus importants de ceux qui se rendent à ce plexus.

Dès long-temps, le nerf diaphragmatique ou phrénique, était considéré comme un nerf respiratoire spinal; tous les autres étaient regardés, ainsi que la plupart des nerfs, comme pouvant servir à des usages divers; ainsi, on les considérait comme pouvant être en même temps respiratoires, moteurs volontaires, sensibles, etc., et avec d’autant plus de vraisemblance, que l’on voyait des nerfs présidant à ces diverses fonctions , émaner d’un même plexus; mais M. Ch. Bell a fait voir qu’un même filet nerveux ne préside qu’à une seule fonction (1), et cela dans toute sa longueur; il a découvert que les rameaux qui se distribuaient au muscle grand dentelé, étaient exclusivement respiratoires, et il a nommé l’un d’eux respirateur externe du tronc ; mais il est évident que la portion supérieure de ce muscle communique, comme nous venons de le voir, par un rameau sousclaviculaire avec le plexus cervical , tandis que , par un autre rameau sa portion inférieure communique avec la partie supérieure du plexus brachial, ainsi qu’il sera exposé ci-après. Même remarque doit être faite pour les différents rameaux qui constituent le tronc du nerf diaphragmatique ; ils communiquent avec le plexus cervical, où ils semblent, non-seulement être en connexion directe avec le quatrième nerf pré-spinal , mais encore avec les Ie1’ et 2e, et ils communiquent d’autre part au moyen de deux à trois filets avec le plexus branchial. Il faut donc admettre que ces nerfs respirateurs appartiennent en commun à l un et à l’autre plexus, et aussi que le plexus cervical et le plexus branchial servent aux mouvements harmoniques de la respiration : cette conséquence est rigoureuse.

(1), Ouv. cité, p. 6

I Oo

Le nerf diaphragmatique appelé respirateur interne par M. Ch. Bell, se forme des nombreux filets provenant de la partie concave et de la partie convexe du diaphragme , ou de ses faces abdominale et thoracique (4) ; d’autres filets proviennent de la partie inférieure de l’œsophage , et s’anastomosent avec le plexus solaire du grand sympathique et avec la branche stomacale du pneumo-gastrique. Il est à remarquer que ces filets anastomotiques sont renflés de distance en distance, formés souvent de véritables ganglions. Après que tous ces filets se sont réunis en faisceau, formant un tronc commun, celui-ci remonte dans un long trajet, sans donner ni recevoir aucun rameau, et parcourt ainsi la poitrine et une partie du cou. Lorsqu’il est près d’aboutir au plexus cervical, il reçoit quelques rameaux du thymus, des muscles droit antérieur de la tête et scalène (2) et des anastomoses des ganglions cervicaux supérieur et moyen du grand sympathique, probablement pour établir les rapports harmoniques de la circulation et de la respiration , qui ont besoin d’être si étroitement liées entre elles. Le nerf diaphragmatique s’anastomose aussi ordinairement avec la branche verticale de l’hypoglosse , probablement pour servir aux rapports vocaux ou déglutiteurs ; enfin , il arrive au plexus cervical , où il aboutit, comme je l’ai dit, en communiquant aussi avec le plexus brachial.

Le plexus cervical s’anastomose supérieurement avec le premier nerf pré-spinal, par un rameau que les anatomistes ont ap pelé première anse nerveuse cervicale (3), et il communique inférieurement avec le plexus brachial, au moyen d’autres rameaux anastomotiques, destinés à lier les opérations de ce plexus à celles du plexus cervical. Les nerfs qui établissent la communication de ce dernier plexus avec la moelle spinale, sont, ainsi que nous l’avons vu , les 2e , 5e et 4e pré-spinaux. Ce sont des troncs nerveux gros et courts , qui , eux-mêmes, communiquent entr’eux par des anses nerveuses , et qui, en outre, s’anastomosent, savoir : le second avec la 8e paire cérébrale, l’hypoglosse et l’appareil ganglionnaire, le 5e et le 4e avec l’appareil nerveux ganglionnaire. Souvent le troisième s’anastomose aussi avec le facial, et le quatrième avec l’accessoire.

Chacun de ces troncs nerveux pénètre dans la colonne verté-

(1) PI. III, fig. 8.

(2) Ce qui donne à entendre que ces muscles servent aussi bien que Le; sterno-mastoïdien et le trapèze dans les harmonies respiratoires.

(5) PL VI, fig. 1.

N EllFS PRE-SPINAUX .

braie par les trous de conjugaison correspondants, et va s’insérer à la bandelette antérieure de la moelle spinale* en s’épanouissant en forme d’éventail (1).

Les 5e, 6e, 7e, 8e et 9e nerfs pré-spinaux établissent les rapports entre la moelle et le plexus brachial (2) qu’il conviendrait mieux de nommer trachélo -humoral. La partie supérieure de ce plexus concourt , avec le plexus cervical , à la respiration. Dans sa portion inférieure, affectée spécialement à la locomotion et à la sensibilité du bras, se trouve le nerf qui a été appelé, par les anciens anatomistes, branche antérieure du premier nerf dorsal, et qui n’est autre que le neuvième pré-spinal.

M. Bell dit que le nerf respiratoire externe sort des 4e et 5e nerfs cervicaux (pré-spinaux) (5); ce qui est inexact, à moins qu’il ne regarde comme nerf unique le rameau qui fait communiquer la portion supérieure du muscle grand dentelé, dont j’ai parlé plus haut, avec le plexus cervical et le rameau qui va des trois quarts inférieurs de ce muscle au plexus brachial, ce qu’il est impossible d’admettre, car ce sont deux nerfs bien distincts, et ils paraissent tous deux respiratoires, l’un affecté au quart supérieur, l’autre aux trois quarts inférieurs du muscle qui est le plus puissant moteur des côtes, qu’il rapproche entr’eiles. L’anatomiste anglais continue l’exposition du respirateur interne, en disant que ce nerf est à l’extérieur ce qu’est le phrénique à l’intérieur, qu’ils communiquent souvent entr’eux, et que, s’ils s’écartent un peu, c’est parce qu’au lieu de descendre en dedans de la poitrine, le nerf respirateur externe passe sur les côtes, et vient, sous l’apparence d’un tronc aplati et distinct, sur le côté externe de la poitrine, se distribuer entièrement au muscle grand dentelé (4).

Le rameau qui se distribue aux trois quarts inférieurs du muscle grand dentelé, serait plutôt en communication directe avec les 5e et 6e nerfs pré-spinaux qu’avec tout autre.

Outre le rameau ci-dessus, qui remonte sur les côtés de la poitrine, un autre rameau plus antérieur remonte derrière la clavicule, provenant des muscles grand et petit pectoraux, sous-clavier, du thymus et de la peau antérieure et supérieure de la poitrine et de l’épaule 5 tous ces filets s’anastomosent avec le qua-

(1) PI. VF, fig. 5.

(2) PL V, fig. 10.

(5) Ûüv. cité, p. 117.

(4) Ibid., ouv. cité, p. 117

trième nerf pré-spinal et avec le rameau axillaire, communiquant avec le cinquième.

Après ces rameaux, qui sont, en grande partie, moteurs respiratoires, recélant seulement, quelques filets sensibles, plusieurs rameaux axillaires, provenant des muscles sous-scapulaire, grand et petit rond, du deltoïde , des rameaux sus-scapulaires provenant des sus et sous-épineux, les uns respiratoires, les autres moteurs volontaires, sont plus spécialement en connexion avec les nerfs 5e et 6e pré-spinaux.

D’autres rameaux , constituant le faisceau appelé par les auteurs nerf cutané externe , sont encore en connexion avec ces deux nerfs pré-spinaux, mais ils doivent être regardés comme des nerfs moteurs volontaires et sensibles du bras : ce sont ceux qui proviennent des muscles coraco-bumoral , biceps, brachial inférieur, et de la peau de la face postérieure de l’avant-bras et de la main, surtout du pouce.

Tous les nerfs pré-spinaux concourant au plexus brachial, sont en connexion avec un faisceau considérable appelé nerf radial (1) , lequel se forme de filets provenant des articulations carpiennes, des muscles dorsaux 1er et 2e métacarpiens, des muscles épitrochléens et épycondy liens, de la peau dorsale des 2e etoe doigts, delà peau sus-métacarpienneet du pouce, des muscles long supinateur, long radial externe, de la peau recouvrant la région radiale, antérieure et interne; et enfin un rameau allant au même faisceau, provient des muscles grand dorsal et triceps.

Tous ces rameaux sont moteurs volontaires ou sensibles, selon qu’ils se distribuent à des muscles ou à la peau.

Un autre faisceau considérable, nommé par les auteurs nerf médian (2), aussi en communication ayec les 5e, 6e, 7e, 8e et 9e nerfs pré-spinaux, se compose de rameaux dont l’un, occupant la région cubito-carpienne profonde, reçoit les filets nerveux du bord radial du quatrième doigt, du bord cubital du troisième, et de la paume de la main; un second rameau, occupant la région cubito-carpienne superficielle, reçoit un filet du bord radial du troisième doigt : ces rameaux longent le cubitus, un 5e et un 4e longent le radius. Le premier, occupant la région radio-carpienne profonde, reçoit les filets du bord cubital du deuxième doigt, des court adducteur, opposant, et court tïéchisseur du pouce; l’autre, situé dans la région radio-carpienne superficielle, reçoit les filets

(1) Tabl. synopt. etpl. IV, fig. î ot2, g{,pl. V, fig. 10.

(2) Tabl synopt. et pl. IV/ fig. i, pi. V, fig,* H).

■nerfs fré-spinal'N.

du bord radial du deuxième doigt, des bords radial et Cubital du pouce. Un cinquième rameau, placé dans l’interstice des deux os de l’avant-bras, se distribue à la paume de la main , en s’anastomosant avec les filets radiaux superficiels et profonds. Un cinquième rameau a été nommé grand palmaire. Un septième , inter-osseux , reçoit principalement des filets des muscles fléchisseur, profond du pouce, et carré pronoteur; enfin, un huitième rameau se compose des filets superficiels des muscles du bras, provenant du pronoteur du radial antérieur, du palmaire grêle, du fléchisseur superficiel et du sublime. Il est facile de voir que les rameaux de ce faisceau nerveux animent la peau et les muscles auxquels ils se distribuent. Un faisceau assez considérable, en communication avec les 7e, 8e et 9e pré-spinaux, a été nommé nerf cubital (1) ; il provient du dos de la main et des doigts, par un rameau. Un autre vient de la paume de la main , reçoit des filets profonds et superficiels des muscles digitaux , et s’anastomose avec le nerf médian; il reçoit des rameaux des muscles fléchisseur , profond et cubital interne, du triceps et de la peau du coude. Ce faisceau est, comme les autres nerfs du bras, moteur volontaire et sensible.

Un dernier faisceau, nommé par les anatomistes nerf cutané interne (2), communiquant plus spécialement avec le neuvième nerf pré-spinal , autrement dit premier dorsal, branche antérieure , provient de la peau sus-métacarpienne et du petit doigt, de la peau du bras et du muscle triceps ; il s'anastomose avec le cutané externe. Ce nerf appartient en grande partie à la sensibilité, mais il paraît renfermer aussi quelque rameaux moteurs.

Tous ces nerfs, arrivés au cou , à la hauteur des muscles scalènes, entre lesquels ils forment, en communiquant entr’eux, ce réseau considérable appelé plexus brachial (5), correspondent avec la face antérieure de la moelle spinale, au moyen de trèsgros rameaux courts qui pénètrent par les trous de conjugaison des 5e, 6e, 7e, 8e vertèbres cervicales, et ire dorsale, en s’anastomosant chacun avec l’appareil ganglionnaire, et envoyant quelques filets aux nerfs post-spinaux.

La chaîne des nerfs respiratoires, qui semble s’être interrompue au sixième nerf pré-spinal, pour n’admettre que des nerfs volontaires, moteurs et sensibles, destinés aux actes de locomo- 1 2 3

(1) PI. IV, fig. 1, pl. V, fig. 10.

(2) pi. iv, fig. i, y?, pi. v, fig. io.

(3) Pl. V, fig. 10.

lion et de perception des membres supérieurs, dans la continuation des 6e, 7e et 8e portion du 9e pré-spinal, se reforme à la portion inférieure du 9e (1) , et ne s’interrompt de nouveau que pour admettre les nerfs locomoteurs et sensibles des membres inférieurs. Cette chaîne, cependant , là où elle lie les mouvements respiratoires, n’en contient pas moins des rameaux locomoteurs et sensibles, pour les muscles et la peau du cou et du tronc, parce que, avons-nous dit, la nature ne s’est pas limitée , ainsi que l’avaient arrêté les anatomistes, à une trentaine de nerfs spinaux. On est fondé, tout au plus, à admettre trente-et-un faisceaux post-vertébraux et trente-et-un pré-vertébraux : quant aux rameaux qu’ils contiennent, on ne les a pas encore débrouillés, ni on n’en connaît pas au juste le nombre.

Nous avons vu le neuvième pré-spinal (premier dorsal antérieur) communiquer avec le plexus brachial (2); mais, en outre, il reçoit un rameau qui provient de la partie antérieure et supérieure de la poitrine, aux environs du sternum; il perce les plans musculaires intercostaux, suit le bord externe de la première côte , et va joindre la partie du faisceau qui se rend au plexus brachial. Ce rameau est un nerf respiratoire.

Le dixième nerf pré-spinal (3), ou deuxième dorsal antérieur, se compose de deux rameaux, dont l’un, semblable aux nerfs inférieurs du plexus brachial, se compose d’un grand nombre de filets provenant de la partie interne et postérieure de la peau du bras, depuis les environs du coude jusqu’à l’aisselle; il perce le muscle intercostal, pour se joindre au rameau thoracique. Ce rameau appartient , comme tous les autres nerfs brachiaux, au système volontaire. L’autre provient, ainsi que le rameau thoracique de la 9e paire, delà partie antérieure de la poitrine, surtout du muscle grand pectoral, du triangulaire du sternum et des intercostaux. Un de ces filets vient du thymus. Ce nerf est évidemment respiratoire.

Le onzième pré-spinal (4) (troisième dorsal antérieur) est, de même que le précédent, composé de deux rameaux, l’un venant de la partie interne du bras , et perçant le muscle intercostal ? pour rejoindre le second , venant de la partie antérieure de la poitrine, près le sternum. Le premier appartient au système vo-

(1) PL VI, fig. 1.

(2) PL V, flg. 10.

(3) PL VI, tigl.

(4) Ibid.

lonlairc, le second est respiratoire; ils atteignent ensemble la partie antérieure de la moelle.

Les 42e, 15% 14e, 45e nerfs pré-spinaux (1) (-4e, 5e, 6e, 7e dorsaux antérieurs ) se divisent ausssi en deux rameaux; le premier, appelé rameau externe , reçoit des filets nerveux de deux espèces, les uns venant des téguments de la partie latérale de la poitrine et du ventre, les autres des muscles abdominaux, spécialement du gland oblique : ces filets appartiennent, comme les nerfs brachiaux ci-dessus, au système volontaire; ils percent, comme eux, les muscles intercostaux, et vont se joindre au deuxième appelé rameau interne , venant des muscles triangulaire, du sternum, intercostaux, grand pectoral et du thymus, lequel est respiratoire.

Les 16e, 17e, 18e pré-spinaux (2) (8e, 9e, 10e dorsaux antérieurs ) ont aussi chacun deux rameaux, dont Y externe provient de la peau du ventre et de la partie latérale de la poitrine, des muscles grand oblique, transverse et grand dentelé; chacun de ces rameaux, qui appartiennent au système volontaire, perce de même que ceux ci-dessus, les muscles intercostaux, pour joindre les rameaux internes respiratoires qui proviennent des muscles droits abdominaux et intercostaux.

Le 19e pré-spinal (5) (onzième dorsal antérieur), comme cidessus , et, de plus, recevant des filets de la partie postérieure du muscle diaphragme.

Le 20e pré-spinal (4) (douzième dorsal ) se divise comme les autres en deux rameaux : le volontaire provient des téguments, des muscles obliques , et transverse de l’abdomen cutané des lombes; le respiratoire, du diaphragme, des muscles droit et pyramidal du ventre : il s’anastomose en sus avec le 21e pré-spinal , ou premier lombaire.

Tous ces nerfs dorsaux antérieurs, sont bien moins volumineux que les autres pré- vertébraux , parce qu’ils se distribuent à des muscles d’une force locomotrice et cl’une étendue de mouvements assez bornées; ils s’anastomosent tous entre eux, et souvent les pré-spinaux avec les post-spinaux.

Les 21e, 22e, 25e, 24e et 25e nerfs pré-spinaux (lre, 2e, 5e, 4e, 5e lombaires antérieurs ) établissent la communication

(1) PL VI, fig. 1.

(2) Ibid.

(3) f bid .

(4) Ibid.

NERFS PRÉ-SPINAUÏ, 159

entre la moelle spinale et le plexus lombaire, ou lombo-iliaque {lombo-abdominal de quelques auteurs) (1). Ils sont des nerfs sensitifs, principalement du bassin, et de la partie antérieure et externe dé la cuisse et de la jambe, et des nerfs moteurs volontaires des mêmes parties. Le plexus lombo-iliaque est, comme les plexus cervical et brachial, un réseau de nerfs, destiné à établir surtout les harmonies de mouvement et de sentiment des organes auxquels les rameaux nerveux qui y aboutissent, correspondent; il est formé par des faisceaux nerveux qu'on peut appeler: 1° lomboiliaques, 2° inguinal, 5° sous-pubien, 4° fémoraux antérieurs, 5° pulvien.

Les faisceaux lombo-iliaques formant ce que les anatomistes ont appelé nerfs musculo-cutanés (2), sont principalement en communication avec les 1er et 2e nerfs lombaires antérieurs; ils sont formés de rameaux provenant de la partie inférieure des trois muscles larges de l’abdomen, de la peau de la région suspubienne et de l'aine, du scrotum, ou des grandes lèvres de la partie supérieure, postérieure, interne de la cuisse, eide la partie externe et antérieure jusqu’au genou. Ces faisceaux renferment beaucoup plus de nerfs sensitifs que de moteurs.

Le faisceau inguinal appelé nerf génito-crânial (5) est principalement en conmmunication avec le premier lombaire antérieur; il provient de la peau du scrotum, des enveloppes, des testicules (4), de la partie supérieure et interne de la cuisse, et de la région sous-cutanée depuis le milieu de la cuisse jusqu’à l’aine; il s’anastomose avec 1 q grand nerf fémoral ; ce faisceau ne renferme presqu’exclusivement que des nerfs sensitifs; mais les filets génitaux sont manifestement moteurs.

Le faisceau sous-pubien, appelé nerf obturateur (5), communique avec le deuxième et surtout le troisième lombaire antérieur; il contient quelques rameaux cutanés sous-pubiens et des rameaux musculaires, provenant des obturateurs, petit et grand adducteur et droit interne. Les rameaux de ce faisceau sont en grande partie moteurs, quelques-uns sont sensitifs.

Les faisceaux fémoraux antérieurs, appelés nerf crural (6), sont en communication avec les 1er, 2e, 5e, 4e nerfs lombaires

(1) PI. Y, fig. 11.

(2) PL IY, fig. 4, u.

(3) PL Y, fig. 4, KiL.

(4) Chez la femme, des ligaments ronds delà matrice,

(5) PL IV, fig. 4, AA, pi. Y, fig. il.

(6) PL IV, fig. 4; fqx, pi. V, fig. 11

i 60 NERFS PRE-SPIN AUX,

antérieurs; leurs rameaux proviennent les uns de la feau de la partie interne et antérieure de la cuisse, même depuis la partie supérieure de la jambe, et jusqu’au gros orteil (1), les autres des muscles sous-iliaque, couturier, fémoral antérieur, triceps, pectiné et tenseur de l’aponévrose fascia-lata.

Le faisceau pulvien, appelé nerf lombo-sacré (2), communique avec les 4e et 5e nerfs lombaires antérieurs; il provient des muscles petit et moyen fessier, dont les rameaux réunis constituent le nerf fessier des anatomistes; il envoie un filet spécial au plexus sciatique. Ce nerf est spécialement moteur.

Le plexus lombaire se trouve lié supérieurement avec le 12e nerf dorsal antérieur, au moyen d’un rameau de communication; plusieurs de ces rameaux unissent le plexus lombaire au plexus sciatique, et semblent ne faire de tous deux qu’un même réseau (5).

Les nerfs qui font communiquer ce plexus avec la moelle spinale, sont de très-gros troncs liés entr’eux par des anses anastomotiques assez grêles ; ils aboutissent à la partie antérieure du renflement inférieur ou lombaire de la moelle spinale, en s’infléchissant beaucoup de bas en haut dans le canal vertébral chez l’espèce humaine, pour former la partie supérieure de ce qu’on appelle la queue de cheval (4).

Les 26e, 27e, 28e, 29e nerfs pré-spinaux (1er, 2e, 5e, 4e nerfs sacrés antérieurs) établissent la communication entre la moelle spinale et le plexus sacré (5) ( sciatique), qu’il convient mieux de nommer sacro-ischiatique , lequel se forme de l’écartement des branches d’un très-gros faisceau nerveux venant de la presque totalité des muscles du membre inférieur et de quelques rameaux pelviens. Ce faisceau a été nommé par les anatomistes, nerf sciatique , et considéré le plus gros nerf du corps animal. Il naît de l’extrémité plantaire de chaque orteil (6), d’abord, par un long rameau plantaire externe, contenant des filets provenant de la peau du 5e et du côté externe du quatrième orteil et d’autres filets musculaires venant de l’abducteur du petit orteil et du 5° muscle lombrical; puis,

( 1 ) Quelques filets proviennent de la capsule articulaire du genou. (2) Pi. IV,fig. 5, vv.

(5) PI. V, fig. il.

(4) PI. YI, fig. 1.

{ 5 ) Ibid , pi. V, fig. 1 1 .

(G ) PI. IV, fig, 3.

Se RFS PRÉ-SPINAUX* 161

par un rameau planlaireinterne plus volumineux, et recevant un plus grand nombre de filets dont les uns viennent de la peau dé la moitié interne du pied, des trois orteils internes et de la moitié interne du quatrième orteil ; d’autres filets viennent des muscles des quatre premiers orteils.

Ces deux rameaux plantaires se réunissent sous la région tarsienne, à une petite distance en avant du calcanéum, au côté interne duquel le tronc nerveux passe én se contournant en forme de poulie; puis, remontant le long de la partie postérieure de la jambe, ce tronc prend le nom de nerf poplité interne , où mieux branche ilbio fémorale (1). Elle marche ainsi jusqu’à la moitié de la partie postérieure de la cuisse, en recevant, tout lé long de son trajet , des rameaux musculaires provenant du périt fléchisseur du grand orteil , du tibial, du poplité, du plantaire grêle et du triceps; quelques rameaux dé la partie poslétéricure de l’a'rticuiatioU fémoro-tibiale, et d’autres rameaux eu» tanés venant de la partieexterné ét dorsale du pied et de la partie postérieure de la jambe et de la cuisse.

tJ il faisceau assez considérable vient se joindre à celui-ci sous le nom de nerf poplité externe (i); il provient des muscles tarsiens et de la partie antérieure de la jambe, long extenseur du gros orteil tihial antérieur, long extenseur commun , grand péronier-tibial antérieur, long extenseur, long péronier, biceps» D’autres rameaux de ce faisceau, proviennent de la peau dorsale du pied et antérieure de la jambe; au-dessus de la réunion de ces deux faisceaux , à la partie moyenne postérieure de là cuisse, d’autres rameaux musculaires viennent se joindre au tronc commun : ils proviennent du grand adducteur, des demimembraneux et demi-tendineux, de la partie supérieure du biceps, du grand fessier* du carré de la cuisse, des jumeaux , dé l’obturateur.

Les rameaux pelviens qui concourent à former le plexus sacro ischiatiqne avec le faisceau des nerfs fémoraux, qui vient d’être décrit, proviennent des muscles de l’anus {le sphyncter et le releveur), de la tunique musculeuse du rectum, de la vessie, de l’utérus, du vagin ou dos vésicules séminales et des canaux prostatiques: ces rameaux ont reçu le nom d 'hémorrhoidaux moyens (5) ; ils communiquent spécialement avec les

(1) PL IV, fig. 5, vv.

(L2) Ibid. , ff.

(5) PI. VI, tig. 5, (T (T.

5e 4e sacrés antérieurs, et sont moteurs : un rameau provenant du périnée, du pourtour de l’anus, du scrotum et de l’urètre, a reçu le nom de honteux interne ; il se joint à un rameau du dos de la verge (.1), ou du clitoris ( ces deux rameaux sont sensitifs ), et à un rameau musculaire*, venant de l'obturateur quelques filets piniens, ou vulvaires, pour constituer le nerf honteux ou hénwrrhdidal commun , ou externe (2), qui est spécialement en connexion avec les 5e et 4e sacrés antérieurs. Enfin, tout- à- fait supérieurement, le plexus reçoit des filets musculaires qui proviennent du pyramidal, du grand et petit fessiers. Ces derniers, qui sont moteurs, communiquent spécialement avec les 1er et 2e nerfs sacrés antérieurs. Des filets de l’appareil nerveux ganglionnaire viennent aussi aboutir à ce plexus, le plus considérable de toute l’économie, et nous avons vu que le plexus sacro-ischiatique communique à la moelle au moyen de quatre gros cordons nerveux, constituant les quatre premiers nerfs sacrés antérieurs (5).

Le 5e et le 6e de ces nerfs sacrés antérieurs, ou plutôt les 50e et 51e pré-spinaux, proviennent des muscles ischio-coccygiens, veleveur et sphyncter de l’anus, et par conséquent sont moteurs; le dernier entreclans la cavité vertébrale par l’échancrure latérale et supérieure du coccyx ; ils n’ont rien de commun avec le plexus sacro ischiatique, si ce n’est qu’ils s’anastomosent avec le 4e nerf sacré antérieur , comme ils s’anastomosent entr’eux.

Au reste, tous les nerfs pré-spinaux s’anastomosent entre eux sur toute l’étendue de la colonne vertébrale, au-devant des apophyses transverses, et lient aussi leurs opérations fonctionnelles entr’elles. Les plexus, qui peuvent être considérés comme un renforcement d’anastomoses, pour établir la complexité harmonique des rapports et des connexions nerveuses, sont, en général, disposés de telle sorte que les premières anses anastomotiques en produisent d’autres qui s’anastomosent même plusieurs fois avec les voisins (4); aux points de réunion , soit simples, soit multi-» pies, viennent aboutir des faisceaux composés de rameaux appartenant à plusieurs troncs dont les fonctions sont différentes;

(1) Chez i’ homme, ce rameau est plus considérable que chez la femme, à; eause de la différence de volume de la verge et du clitoris.

(2) P!. IV.fig. 4,

(3) PI. Y, fig. 11.

(4) PI. Y, fig. 10 et 11.

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