DU 1>AY0T
contre les autres; après quoi ou plie, au-dessous du lien, quelques tiges de chaque poignée du rang extérieur et on les passe sous les tiges des poignées voisines, de façon à en faire une sorte de lien général qui maintient le tout. On jette aussi un peu de terre au pied pour assurer la solidité du tas.
Après dix ou douze jours de beau temps, les pavots ont complété leur maturité, ce qui se reconnaît d'ailleurs à ce que toutes les capsules sont ouvertes. On choisit alors un beau jour, et Ton procède à l'extraction de la graine, en ne commençant qu'après révaporalion de la rosée.
Que Ton recueille la graine dans de petits cuveaux ou sur des draps attachés sur un châssis supporté par quatre pieds, les ouvriers prennent les poignées une à une, les inclinent au-dessus des récipients, engagent la partie inférieure des tiges sous le bras gauche, fixent la main gauche sur le lien, et frappent les poignées de la main droite avec un bâtonnet de 0m40 de long et de 0m03 de diamètre, en ayant soin de les retourner plusieurs fois, jusqu'à ce que les capsules soient vides. Pendant celle opération, il faut veiller avec le plus grand soin à ce que la terre qui se détache des racines ne tombe pas dans les cuveaux ou sur les draps, car il serait ensuite difficile de la séparer des graines, auxquelles elle enlèverait une partie de leur valeur commerciale.
Quand les capsules sont vidées, on réunit huit à dix poignées pour eu faire une botte, que Ton serre avec un lien ordinaire.
C'est dans le champ même qu'on passe la graine au crible pour en séparer les feuilles et les débris de capsules; on rétend ensuite dans des greniers, en couches peu épaisses, mais qu'il faut remuer souvent pendant les premiers temps. Avant d'être livrée au commerce, celle graine doit être passée au tarare, puis dans un crible lin.
Rendement. — Le rendement moyen du pavot est d'environ 22 hectolitres par hectare. Chaque hectolitre pèse Cfi kilogr. On ojbtient en outre 550 bottes de tiges sèches du poids de G kilogr. chacune.
COMPTE DK CULTURE l/u.N HECTARE DE PAVOTS.
In labour profond de 0-25. 2-21. ».
L'n hersage 2 60
Un roulage 2
Un hersage 2 00
lu labour ordinaire 22
lu be» sage 2 00
A reporter o3f.8l>
4*2 AHT AOIUCOLE.
Report 5ôf.80
I n roulage 2 ,,
I n hersage 2 00
In labour ordinaire au printemps» *..... 22 »
I n hersage 2 60
l u roulage 2 »
tn hersage 2 GO
Semence, ik".>00, à 38 cent, le kil. ........ » 05
llépar.dre la semence à la volée. 1 »
I n hersage , 2 «30
lu roulage 2 »
Premier sarclage et binage à la houe à main 40 »
Deuxième binage 20 »
Troisième binage 15 »
Arracher el former les chaînes 20 »
Secouage et nettoyage de la «raine 15 »
4.*i,000 kil. de fumier, à 10 fr les 1000 kil. y compris les Irais de transport et d'épandage, 450 fr.; les trois dixièmes de celte somme à la charge du pavot. . . 135 * Intérêt pendant un an, à 5 pour iOO, du prix de la fumure non absorbée 15 75
Loyer de la terre • 70 »
Irais généraux d'exploitation 20 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des Irais ci-dessus 24 10
Total 461* f. 00
rnuinjiT.
22 hectolitres de graines, a 20 fr. l'hectolitre 572f. »
550 bottes de liges sèches, à 12 fr. le 100 66 »
Tolal 638f. »
uai..\m:e.
î^oduil IÔ8I". *
Dépense . . 169 09
lîénélicc net . lOSf.Ol
Environ 57 pour 100 du capital employé.
Le mode de culture est le même, à cela près que l'on sème en lignes (listantes de 0m50, afin de IVrililer la récolte de l'opium. Hrs (pie la capsule passe du vert au jaune, on pratique, sur la partie ia plus renflée de la capsule, à l'aide d'un couteau à quatre lames, des
Culture du pavot pour l'opium.
Line est le même, à cela près que l'on sème i 0m50, afin de IVrililer la récolte de l'opium. î>t ;e du vert au jaune, on pratique, sur la partie apsule, à l'aide d'un couteau à quatre lames, d< s qui pénètrent jmque dans le sarcoearpe de cet I
capsule. De chacune de ces incisions il s'écoule une goutte de suc blanc opaque, de consistance laiteuse, excessivement acre et qui, exposé à l'air, s'épaissit, prend une coloration jaune de plus en plus foncée, el se recouvre d'une pellicule irisée qui augmente graduellement d'épaisseur. Vingt-quatre heures après l'incision, le suc est transformé en une substance résineuse ayant lous les caractères de l'opium du commerce. On l'enlève alors avec de larges couteaux peu tranchants, et on la réunit en boule.
11 faut choisir pour cette opération un beau temps et les heures les plus chaudes de la journée, afin que la pellicule qui se forme à la surface du suc laiteux ait le temps de se consolider avont la nuit. Sans cette précaution, le suc serait délayé par la rosée et privé de la plus grande partie de son activité.
Ce mode d'opérer a donné, à Alger, 23 kilogr. d'opium par hectare. Le produit de la semence n'est pas aussi élevé que par le semis à la vo!ée décrit plus haut, mais il suffit encore pour payer tous les frais de culture; de sorte que l'opium n'a à supporter que les frais résultant de sa récolte, et qui s'élèvent à 458 fr. Les 23 kilogr. reviennent donc seulement à 19 fr. 91 c. chacun, au lieu de (il) fr., plus bas prix auquel cette substance est cotée dans le commerce.
A Clermont-Ferrand, M. Aul>ergier a fait depuis plusieurs années des cultures de pavot qui lui ont donné des résultats encore plus satisfaisants, puisque les frais de récolte ne dépassent jamais chez lui 7 fr. 50 cent, par kilogr. d'opium Six ouvriers recueillent, dans dix heures de travail, 2 kilog. 750 grammes de suc laiteux, qui, perdant de 70 à 75 pour 100 d'eau, fournissent au minimum 682 grammes d'opium sec. Au lieu de laisser le suc se dessécher sur les capsules, après l'incision, M. Aubergier le fait recueillir immédiatement et il le dessèche dans des vases appropriés.
Il a constaté qu'on obtient d'autant plus d'opium, et que cet opium est d'autant meilleur qu'on l'a récolté sur des capsules plus vertes, et que c'est s'y prendre trop tard que de commencer la récolte du suc au moment où la capsule passe de la couleur verte à la couleur jaune. La variété de pavot à préférer, dans ce cas, est le pavot blanc à tète longue et à graines blanches.
M. Renard, professeur à l'École de médecine d'Amiens, a fait de sou côté depuis 1854 de nombreuses expériences pour prouver que l'extraction de l'opium des capsules de l'œilh tle peut constituer, pour nos départements du Nord, une nouvelle et très-lucrative industrie agricole. Kn effet, d'après une statistique sur la culture des œillettes dans le seul département de la Somme en 1857, il résulte que 12,702 hectares ont été consacrés à cette plante oléagineuse, d'où l'on a
obtenu 140,000 hectolitres de graines d'une valeur de 4,480,000 fr. Or, un hectare d'œillette, contenant environ un million de têtes de pavot, fournirait, d'après M. Bénard, 28 kilogr. 800 grammes de suc
opiacé, se réduisant, après dessiccation, à 13 kilogr. G98 d'opium; mettons 15 kilogr. 500 en nombre rond. Les r% frais payés, l'opium obtenu d'un hec-
W tare procurerait un bénéfice net de
/ 330 fr., à ajouter à la valeur de la graine,
] car il est à noter que les œillettes,.
^F^s/HVn même plusieurs fois incisées, fournis-
sent autant de graines et autant d'huile de même qualité que celles qui n'ont pas subi cette opération. Ce qu'il y a enrore de très-intéressant, c'est que l'opium de l'œillette est un des plus riches en morphine, puisque la proportion de ce principe actif varie entre 15 à 22 pour 100, selon les années et selon les soins apportés à la récolte.
Voici comment on doit s'y prendre quand on veut cultiver l'œillette en vue de sa graine et de son suc opiacé. Nous donnons ici la figure du pavot œillette à fleurs roses et pourpres cultivé en Picnrdie et dans le Nord de la France» (fig. 826).
On plante deux rangs d'œillfettes, de manière que les liges soient à la distance de 20 centimètres les unes des autres, puis de part et d'autre de ces deux rangs, on laisse un intervalle de 00 centimètres dans le sens de la longueur du champ, afin qu'on puisse aisément circuler dans la plantation et inciser à droite et à gauche les capsules des tiges qui bordent une même allée de passage.
Lorsque le fruit est arrivé à peu près à son développement, après la chute des pétales et pendant tout le temps qu'il reste vert (espace de quinze à vingt jours), on fait sur ce fruit des incisions pen profondes longitudinales ou transversales
Fis. HiO. pavot œillette cultivé en Picnrdie.
mi PAVOT.
iig. 827), avec un instrument en acier * portant à Tune de ses extrémités trois ou quatre pointes recourbées, faisant une saillie d'environ un millimètre et disposées circulairement de manière à présenter à peu près en creux le cinquième de ?a surface convexe d'une capsule de moyenne grosseur
(fig. 828). On corn- ^MMlàL ^/[^ mence les incisions le matin après l'évaporation de la rosée; à peine sont-elles pratiquées, que le suc laiteux apparaît, sous forme de larmes et acquiert de la consistance; il est bon de le recueillir le plus tôt possible pour qu'il ne se dessèche pas surplace.
L'ouvrier qui fait les incisions doit être suivi, à quelques minutes d'intervalle, par doigt, ce qui est très-avantageux, soit avec la lame d'acier qui sert aux
Fig. 827. Capsule* incisées, (Toit s'échappe le suc opiacé. un autre qui enlève le suc opiacé, soit avec le
Fig. 828. Instrument pour inciser les capsules ^œillette.
incisions. L'extrémité de cette lame opposée aux pointes est amincie, flexible et offre une concavité qui permet de recueillir le suc. Le produit est mis dans un petit vase en fer-blanc à bord presque tranchant, que l'ouvrier tient d une main entre le pouce et l'index, ou porte suspendu à la ceinture, afin d'avoir la main libre pour l'opération.
Le suc recueilli et qui peut s'élever de 50 à 100 grammes par journée d'ouvrier, selon son habileté, est placé sur des assiettes qu'on expose à la chaleur du soleil, à l'abri de la poussière et de la pluie;
1 Cet instrument se trouve chez M. Châtelain, coutelier, rue des Verts-Aulnois à Amiens; il ne coûte que 60 centimes.
Fi g. 829. Pain d'opium enveloppé dans une feuille de pavot.
la dessiccation s'opère donc sans frais, et le produit mis en petits pains aplatis et enveloppés dans des feuilles de pavot (fig. 829) est
prêt a être livré au commerce. Deux kilogr. de suc opiacé laiteux donnent environ 1 kilogr. d'opium sec, dont le produit ne sera jamais moindre de 60 fr., et peut s'élever à 80 et même à 100 fr.
M. Renard, cultivateur à Puchevilles (Somme), qui a suivi les conseils de M. Bénard et qui se livre depuis plusieurs années à la récolte de l'opium, n'emploie que des enfants de djx à onze ans, et ne dépense pour 1 kilogr. d'opium recueilli que 23 fr.
92. En n'estimant qu'à 60 fr. le prix du kilogr. de cet opium indigène, et sans tenir compte de sa grande richesse en morphine, le bénéfice net est de 36 francs.
Mais pour arriver à ce résultat, il faut certaines conditions : 1° Œillettes plantées en lignes ou assez espacées, lorsqu'elles sont semées à la volée, pour la facilité du travail; 2° Saison favorable;
3° Ouvriers payés de 75 cent, à 1 fr. la journée. (Les enfants des écoles primaires ou des orphelinats sont très-propres à ce travail); 4° Habileté de l'ouvrier;
5° Petite exploitation, une grande n'étant pas possible, faute du nombre suffisant de travailleurs.
Il en doit être de la récolte dè l'opium comme de celles du safran et de la soie, ces deux conquêtes de nos pères sur le Levant; elle ne peut se faire que par de très-petits cultivateurs qui trouvent facilement à distraire de leur travail dix à quinze journées dans l'année. C'est ainsi, d'ailleurs, ou à peu près, que se pratique la récolte de l'opium dans l' Asie-Mineure.
DU SESAME.
Le sésame {sesamum orientale, L.) (fig. 830 à 832) est une plante annuelle de la famille des sésamées. Originaire de l'Inde, elle est cultivée en Egypte, au Sénégal, en Italie, et dans plusieurs parties des Etats-Unis.