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DU SAFRAN

oignons et mangent les feuilles qui commencent à poindre. On les détruit au moyen de pièges, m;iis surtout en enfumant leurs gîtes à l'aide d'une manche en tôle remplie de paille humide à laquelle on met le feu ; on chasse ensuite la fumée dans les galeries au moyen d'un soufflet qu'où fait agir à l'extrémité de cette manche.

Les bestiaux, et surtout les lièvres, sont aussi les destructeurs de cette récolte. Il sera donc bon de la protéger par une haie sèche.

Récolte et préparation. — On cueille les fleurs de safran à mesure quelles s'épanouissent; l'époque de cet épanouissement dépend surtout du moment où, après l'été, le terrain est rafraîchi par les pluies; ce qui explique comment les fleurs se montrent plus tôt dans le Nord que dans le Midi. C'est vers le 20 septembre que cette récolte commence dans le Nord, et du milieu à la fin d'octobre dans le Midi.

Les fleurs ne paraissent pas tontes en même temps; la floraison dure de huit à vingt jours, selon que la température est plus ou moins favorable; les six ou huit premiers jours de récolte sont les plus abondants; autant que possible, c'est le matin qu'on doit choisir pour la cueillette des fleurs ; plus tard elles se flétrissent en se fermant.

Après la récolte de chaque jour, on procède immédiatement àl'épluchage, qui consiste à séparer les stigmates du restant de la lieur. Des femmes coupent, avec l'ongle, le tube de la corolle à l'endroit où il commence à s'évaser en limbe, et le style, devenu libre, est facilement extrait de la fleur avec les stigmates qu'il porte.

Aussitôt après, on procède cà la dessiccation : deux méthodes sont suivies : la première, employée à Carpentras et dans le Levant, consiste à exposer le safran à l'action du soleil : elle donne ce qu'on appelle le safran du Comtal; il conserve ainsi de l'humidité, est plus sujet à se moisir, et vaut un tiers de moins que celui qui est desséché • au feu. Ce dernier procédé, adopté dans le (îàtinais, donne ce que l'on nomme le safran d'Orange. Voici comment on opère :

On suspend, à 0ro55 environ au-dessus d'un feu de charbon bien pur, un tamis dont la toile est couverte par une feuille de papier blanc ; c'est sur celle-ci qu'on étend le safran en une couche de 0m02 environ. De temps à autre on le retourne jusqu'à ce qu'il soit sec et friable. On le met alors dans des boites doublées en parchemin. On l'y dépose très-doucement, pour ne pas le réduire en poussière; mais, deux heures après, il redevient flexible, et l'on peut le serrer davantage. On place alternativement une couche de safran et une couche de papier; on ferme ensuite la boîte bien hermétiquement.

Durée de la •afranière. — La durée d'une safranière dépend de la rapidité avec laquelle le safran multiplie ses caïeux dans le sol où il est placé. Si le terrain offre les conditions les plus favorables, il

5Qti mît vr.mcdi i;.

pourra arriver que, dès la troisième année, les caïeux seront si nombreux que les plantes se gêneront mutuellement, et que le produit en sera sensiblement diminué; il conviendra alors de rompre la safraniére après la deuxième récolte, comme on le fait dans le département de Vaucluse. Si, au contraire, les caïeux se forment lentement, on n'arrachera la salranière qu'après avoir obtenu le maximum de récolte, c'est-à-dire après la troisième année. C'est ainsi que Ton agit dans le Câlinais.

En Autriche, on a essayé de prolonger la durée des safranières jusqu'à quatre ans et plus; mais, en France du moins, cette méthode donne lieu aux inconvénients suivants : les caïeux qui naissent des oignons mi res se forment latéralement, et au-dessus de ces derniers; de sorte que les lignes formées par la plantation disparaissent bientôt, et que les travaux de culture et de récolte deviennent plus difficiles. D'un autre côté, ces jeunes oignons, se formant ainsi successivement les uns au-dessus des autres, finissent par être tellement rapprochés de la surface du sol, qu'on ne peut plus donner à la terre que des façons très-superficielles; il en résulte que les plantes nuisibles sont imparfaitement détruites, que le sol se durcit, et ne donne bientôt plus que de chétifs produits. Enfin, l'expérience a démontré que ces oignons atteignent rarement leur quatrième année sans être attaqués par l'une des maladies dont nous avons parlé plus haut.

Rendement. — Le produit du safran est beaucoup moins considérable la première année que les suivantes.

On obtient sur un hectare en safran sec :

. n } 1" année 10 kil.i

0ran*e I 2- année 40 J

1" année 10

A Orange

( Terrains liés- favo-

rables.) Dans le Câlinais.

SOkil.

2* année 90

1" année 11 85

2* année 3* année

SI'» année 2 50

2« année 25 [. . 59 75 3» année

3« année 32 25

Le produit moyen est donc, pour toute la durée de la safranit're, d'environ 68 kilogr. de safran sec par hectare.

On doit aussi tenir compte du produit de la multiplication des oignons. Dans le Midi, on obtient net un nombre double de celui que l'on a planté. Dans le fiatinais, l'augmentation ne dépasse guère un tiers. On peut donc calculer sur un rendement moyen des deux tiers

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