I)K LA PERS1CA1KÉ
est cultivée depuis un temps immémorial pour l'indigo qu'elle fournit, c'est seulement en 1835 quelle fut introduite en France parles soins du Gouvernement; depuis cette époque, sa culture a été l'objet de nombreux essais, et ceux-ci ont démontré qu'elle pourrait être avantageuse dans nos provinces méridionales. On peut extraire 1 J- pour 100 de très-bel indigo de ses feuilles vertes, comme l'un de nous Ta démontré en 1840.
Composition chimique —Dans 100 parties de feuilles vertes, MM. Girardin et Preisser ont trouvé les principes suivants :
Eau G0.66
Fibre ligneuse 7,40
Matières organiques azotées et non azotées 17,52
Matières minérales (acétate, inatate, sulfate et phosphate de potasse; chlorures de potassium, de calcium et de magnésium; carbonate de chaux; silice)
1(K),tN)
Climat et sol. — La persicaire redoute les gelées, mais, connue plante annuelle et semée après les froids tardifs du printemps, elle peut se développer convenablement dans tous les climats de la France. Toutefois son produit, comme celui du pastel, sera d'autant plus abondant et d'autant plus riche en indigo que la température sera plus élevée et la lumière plus vive. L'expérience a aussi démontré qu'au nord de la région de la vigne cette plante grène difficilement, de sorte que l'on est obligé de lirer les semences du Midi, où elle en produit abondamment.
Les terres qui conviennent le mieux à la persicaire sont les sols légers ou de consistance moyenne, frais, humides et même marécageux; les terrains irrigables du Midi lui sont très-favorables.
Préparation du »rl. — Le sol doit être parfaitement ameubli; on lui applique un premier labour de 0,n25 de profondeur avant l'hiver, et un second de 0ml(i au printemps, suivi de hersages.
Engrais. — La persicaire est très-avide d'engrais; ses produits sont insignifiants dans les sols qui ne sont pas naturellement riches ou qu'on n'a pas abondamment fumés. Elle parait puiser dans le sol l'équivalent de 250 kilogr. de fumier pour 400 kilogr. de feuilles fraîches récoltées.
Semaille. — On peut semer à demeure, mais le premier développement de la plante est si lent, qu'elle est bientôt envahie par les herbes nuisibles, et qu'elle nécessite de nombreux sarclages à la main, qui augmentent les frais outre mesure. Aussi, a-t-on reconnu
qu'il valait mieux la semer en pépinière pour la transplanter ensuite. 11 y a, par cette méthode, cet autre avantage qu'on peut faire le semis plus tôt, et que la récolte, ainsi hâtée, donne des produits plus abondants.
Dans le midi de la France, le semis en pépinière n'exige aucun abri superficiel; on le fait en plein air, vers la mi-mars, sur une platebande bien exposée. Dans le nord de la France, la pépinière doit être établie dans un terrain abrité, bien ameubli et fumé copieusement.- Vers le mois de mars on y répand les graines en lignes distantes de 0ra13, on les enterre très-légèrement, et on les recouvre d'une petite couche de terreau. Dès que les jeunes plants sort sortis, on les sarcle et on les éclaircit. En avril dans le Midi, et en mai sous le climat de Paris, les plants sont déjà assez développés pour être transplantés.
Un mètre carré de pépinière pent fournir du plant pour environ 150 mètres, soit un are et demi. On emploie 5 kilogrammes de graines pour se procurer les cinq cents plantes nécessaires pour garnir cette surface.
Plantation et entretien. — On ouvre, avec un buttoir, des sillons profonds de 0ra08 environ, placés à 0m65 les uns des autres, et Ton y repique les plants à un intervalle de 0m50 sur les lignes. Huit ou dix jours après, ou donne un premier binage à la houe à main pour ameublir la surface et détruire les plantes nuisibles. Un mois après, un premier buttage est pratiqué avec la houe à cheval, de façon à renverser dans le sillon la terre accumulée entre les lignes. Quinze jours après on donne un nouveau binage, mais avec la houe à cheval; il n'y a plus ensuite qu'à pratiquer un nouveau buttage après chaque récolte des tiges.
Récolte. — La récolte commence dès que les tiges se sont élevées à 0œ30 au-dessus du niveau du sol, et que les feuilles sont bien marbrées de bleu. On fauche les tiges à 0m08 environ au-dessus du sol, afin de réserver un certain nombre de boutons hors de terre, puis on pratique un léger buttage qui couvre seulement 0"04 de la portion des tiges réservées. Un mois après, on fait une seconde récolte, et ainsi de suite de mois en mois. Sous le climat de Paris, on peut obtenir trois coupes successives; sous celui du Midi, le nombre peut en être porté à cinq. L'irrigation, surtout dans le Midi, est un puissant moyen d'activer la végétation et d'augmenter le nombre de ces coupes.
Immédiatement après chaque coupe, on sépare les feuilles des tiges, on les sèche et on les livre aux industriels qui procèdent à l'extraction de l'indigo.
Rendement. — Le rendement moyen de la persicaire s'élève à en-
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viron 12,000 kilogr. de feuilles fraîches par hectare. Les 1000 kilogr. de feuilles fraîches donnent environ 7 kilogr. 50 d'indigo; d'où il suit qu'un hectare produirait 90 kilogrammes de matière colorante commerciale.