COMPTE DE CULTURE DUN HECTARE DE PERS1CAIRE
DÉPENSE
L*n labour avant l'hiver à 0*25 de profondeur 22 f. »
l'n labour au printemps a 0-1C. 22 »
Un hersage 2 50
Un roulage 2 »
Un hersage 2 50
Frais d'établissement et de cifilure de la pépinière. . 15 »
Rayonner le terrain pour repiquer 10 »
Repiquage 20 •
l'n binage a la houe à main 20 »
Un butlage avec le bulloir fi »
LTn binage avec la houe à cheval 6 »
Quatre fauchages des tiges, à C fr. l'un 24 »
L'n buttage après chacune des trois premières coupes. 18 •
Effeuillaison et séchage . 150 »
60,000 kil. de fumier, à 10 fr. les 1000 kil., y compris les Trais de transport et d'épandage, 600 fr.; la moitié de celte somme à la charge de la persicaire.. . . 300 » Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, du prix de la fumure non absorbée. . . 15 »
Loyer de la terre 100 »
Frais généraux d'exploitation 20 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des frais ci-dessus. 40 7,5
Total 855L75
12,000 kil. de feuillesTiaiches donnant environ 90 kil. d'indigo, à 20 fr. le kil., 1800 fr., sur lesquels il faut prélever 5 fr. 89 par kil. pour frais de fabrication; reste 1449 fr 90 c 14VJP.90
UA LANCE
Produit 1449 f.90
Dépense 855 7a
Iténéfice net 594 f. 15
Environ 69,50 pour 100 du capital employé.
MIT AGHÏCOLF..
DC TOCRXESOL.
Le tournesol, maurelle, croton des teinturiers (croton linctorium, L., ou chrozoplwra tincloria, J.) (fig. 891 à 897), est une plante an-
Yig. 895. Flcnr femelle du tournesol
Fig. m Fleur mâle du tournesol.
Kii,'. Ml. Tournesol .
Fig. 897. Fruits du tournena].
nuelle de la famille ôrseuphorbi actes, qui croit spontanément dans midi de la France, en Espagne, en Italie et dans le Levant. 0;i la cultive principalement auGrand-Gallargues (Gard) pour la préparation du tournesol en drapeaux, tournesol de Provence, qu'on expédie dans différentes parties rie l'Europe, et surtout en Holtonde, où cette matière tinctoriale est utilisée pour la coloration ries fromages, ries pâtes, ries conserves et rie diverses liqueurs. Ce n'est pas avec cette matière qu'on prépare le tournesol en pains dont les chimistes font un si grand usage comme réactif.
Le tournesol n'est soumis à la culture que depuis peu ri'années. Avant cela, les habitants riu Grand-Gallargues (Gard), qui exploitent
DU TOUKNfcSOI,
exclusivement celte industrie depuis 1570, parcouraient les basses Cévennes, la Gardonenque, le Houssillon, la Provence et les frontières d'Espagne, et recueillaient le tournesol dans les localités où il croit spontanément. Mais en 1830, cette plante ayant été cultivée avec succès à Carpentras (Vaucluse), les Gallarguois imitèrent celte tentative et, depuis cette époque, la culture régulière s'en est établie cbez eux.
Climat et sol. — Le tournesol exige une température telle que sa., culture n'est plus profitable au delà du 44° de latitude.
Il lui faut des sols légers ou de consistance moyenne; s'il redoute les sols humides, ce n'est pas qu'il ne puisse s'y développer vigoureusement, mais parce que les sucs qu'il contient alors, au lieu de devenir bleus par la préparation qu'on lui fait subir, restent verts.
Composition chimique. — Tout ce qu'on sait sur la composition chimique du tournesol, c'est que, dans l'état de vie, il ne contient aucune matière colorante; ce n'est qu'après la mort du végétal et sous l'influence de l'oxygène atmosphérique et d'une prompte dessiccation, que le liquide incolore, qui a son siège immédiat dans le tissu cellulaire et probablement aussi dans les vaisseaux du latex, prend une belle couleur bleue. Suivant M. Joly, la matière verte des feuilles et des tiges parait susceptible d'éprouver les mêmes changements quand on l'expose aux vapeurs ammoniacales.
Place dans la rotation. — Le tournesol ne peut se succéder longtemps sur le même terrain; l'expérience a démontré qu'après trois récoltes successives il faut un intervalle d'un certain nombre d'années avant qu'il puisse reparaître utilement sur le même champ.
Préparation du •©!.— On ameublit le sol jusqu'à la profondeur de 0" 2r>, soit avec la houe à main, soit à la charrue; dans ce dernier cas, on complète l'o|>ération par des hersages.
Engrais. — Au Grand-Gallargues, on se contente de répandre une fumure qui équivaut à 20,000 kilogr. de fumier par hectare; mais il n'est pas douteux qu'on n'en puisse augmenter le produit avec une fumure plus considérable. L'effet de cet engrais dure deux ans. Chaque récolte en absorbe donc la moitié, ou 10,000 kilogr. pour un pro luit de *>000 kilogr. de plantes fraîches.
Semaille. — Pour recueillir les graines nécessaires à l'ensemencement, on ne peut attendre la maturité complète des plantes, car, à ce moment, la capsule éclate et lance les semences au loin. Il faut cueillir les fruits à mesure qu'ils mûrissent, et les faire sécher au soleil, recouverts d'un canevas qui retient les graines lorsque les capsules éclatent.
On sème le tournesol dès le mois de février, ou même avant l'hi-
ver. Le semis est fait en lignes espacées de 0m35. On emploie environ 4 kilogr. de graines par hectare.
Entretien. — Les jeunes plantes ne commencent à sortir de terre qu'au commencement de juin. Dès qu'elles ont développé Irois ou quatre feuilles, on fait un sarclage à la main, et Ton bine l'intervalle des lignes avec une petite houe. On pratique ensuite deux ou trois autres binages, jusqu'au moment où les plantes couvrent entièrement le sol.
Récolte et préparation. — Le tournesol contient la même proportion de matière colorante, quel que soit son âge; toutefois, on attend, pour faire la récolte, que la plante ait pris son plus grand développement et que les feuilles inférieures commencent à se dessécher. Ce moment arrive dans les premiers jours d'août, et la récolte se prolonge jusque vers le milieu de septembre. Cette opération est pratiquée en fauchant les plantes tout près du sol, par un beau temps.
Le lendemain du jour où on a recueilli la plante, on la soumet, pendant un quart d'heure, à l'action d'une meule verticale de l^TO de diamètre, de 0m36 d'épaisseur et du poids de 3000 kilogrammes. Cette meule est mise en mouvement par un cheval, et tourne dans une auge circulaire à parois évasées. Quand la plante est suffisamment triturée, on la place dans des cabas de joncs tressés qu'on porte au pressoir. Le jus qui s'écoule est d'un vert foncé, presque bleu, et devient très-visqueux par sa concentration à l'air. Le marc qui l'a fourni est retiré du cabas, émietté, mélangé avec une quantité d'urine égale à la moitié du suc présumé qu'il peut encore retenir, et soumis de nouveau à l'action du pressoir.
Immédiatement après avoir obtenu le suc de la première espèce, et quelquefois un quart d'heure après seulement, le maurellier en verse uue certaine quantité dans un baquet rectangulaire, y trempe des lambeaux de toile d'emballage très-grossière, et les imbibe de suc en les froissant comme s'il voulait les imprégner d'eau de savon. Il a soin, préalablement, de s'assurer que ces chiffons ne sont ni huileux ni graisseux. Lorsqu'ils sont bien imprégnés de suc, il les fait sécher le plus promptement possible, dans un endroit exposé au soleil et au vent.
Les chiffons, ainsi préparés, portent le nom de blanquerie. On les expose alors à Yaluminadou, c'est-à-dire à l'action des vapeurs ammoniacales sortant d'un tas de fumier de cheval ou de mulet. On répand sur la couche de fumier, récent et chaud, quelques poignées de paille lraiche hachée, et l'on y étend les chiffons, qu'on recouvre d'un peu de paille et d'une couche légère de fumier, ou simplement