NOMS DE* VARIÉTÉS
Patraque blanche premières façons. . .
— jaune premiers Champions. . . .
jaune première Hopson
— jaune grande hâtive américaine.
— jaune première Wellington. . . .
— jaune Shaw
— jaune Mailloche
— rose dite patraque bhtm-he. . .
— rose prime-rouge
violette de Lankman
— jaune d'août
— jaune Sanderson
jaune œil violet ou reinetlr. . .
— rose de Rohan hàlive
— jaune ox-noble
— rose Descroizilles
— rose brugeoise
— rose de Rohan
— rose jaune
Parmentiére rose cornichon français. . . .
— violette précieuse rouge
Vitelotte jaune imbriquée
jaune la l'igry
— rouge longue de l'Indre
tions nous ont convaincus de la réalité de cette influence. Ainsi nous avons constamment remarqué, pour toutes les variétés, une différence de 8 à i 5 jours dans 1 époque de leur maturité, en raison de la nature du sol. Les cinq sortes de terres sur lesquelles nous avons opéré peuvent être classées dans Tordre suivant, eu égard à leur degré de précocité :
Le sable humifère;
Le sol sablo-calcairo-argileux,
Le sable pur d'alluvion;
Le sol argileux;
Le sol calcaire.
Les faits suivants confirment ce que nous avançons. Au 25 août, nous avons trouvé :
Dans la terre sablo-humifére 26 variétés mûre».
— sablo-calcairo-argileuse.. . . 24
— sableuse d'alluvion 20
— argileuse. 10
— calcaire 16
11 est facile de s'expliquer ces différences dans l'époque de maturité des mêmes variétés, suivant la nature du sol, par la faculté qu'a celui-ci de retenir une plus ou moins grande dose d'humidité pendant Tété et de permettre ainsi à la végétation de se prolonger plus ou moins. 11 faut aussi se rappeler combien la faculté d'absorber et de retenir la chaleur solaire est influencée par la couleur de la surface du sol. On sait, en effet, que les surfaces noires absorbent une plus grande somme de rayons calorifiques, et s'échauffent bien plus rapidement que les surfaces blanches; car celles-ci réfléchissent presque tous les rayons solaires qu'elles reçoivent. Il n'est donc pas étonnant que la maturité des tubercules ait été plus prompte dans le sable humifère, qui se dessèche très-rapidement et dont la surface est trèscolorée, que dans la terre calcaire, dont la surface est presque blanche, ou dans la terre argileuse, qui conserve une plus grande dose d'humidité.
Des faits précédents il résulte cet enseignement pour la pratique, qu'il faut choisir des variétés de pommes de terre d'autant plus précoces et les planter d'autant plus tôt que le sol qui doit les recevoir retient plus d'humidité et présente une surface moins colorée.
Arrachage. Quel que soit le moyen qu'on choisisse pour arracher les pommes de terre, on profitera du moment où le sol est le moins humide possible; autrement, les tubercules seraient terreux et d'un emploi plus dispendieux.
La récolte s'effectue de deux manières : soit avec des instruments à main, soit à l aide d'instruments attelés. La première méthode est la plus parfaite, car elle permet de n'oublier que peu de tubercules dans le sol; mais elle offre le grave inconvénient d'être lente et très-coûteuse. Un seul homme ne peut récolter, en moyenne, que 9 hectol. 61 par jour, y compris le ramassage, etc.; ce mode devra donc être réservé pour les petites exploitations, ou pour les localités où les bras sont nombreux et le prix de la main-d'œuvre peu élevé.
Les instruments dont on se sert, dans ce cas, sont la bêche, pour les sols légers, et la fourche pour les terrains compactes ou caillouteux. Thaêr recommande l'emploi d'une sorte de crochet ou meigle (fig. 461 et 462) qui donne un résultat plus prompt que les autres instruments à main. La longueur des dents est proportionnée à la profondeur à laquelle les tubercules sont enterrés. On enfonce ce crochet dans le sol et l'on renverse chaque pied de pomme de terre d'un seul coup.
En général, toutes les fois qu'on arrachera les pommes de terre avec les instruments à main, on tachera de faire cette
récolte un peu avant que les tiges de la plante soient complètement flétries, parce que les tubercules y sont encore attachés el qu'il est plus facile de les amener à la surface du sol.
L'arrachage au moyen d'instruments attelés est plus prompt; il donne environ 15 hectol. de tubercules par jour et par homme; mais il est moins parfait et laisse dans le sol une plus grande quantité de tubercules. Toutefois, lorsqu'il est fait avec soin, la perte est plus que compensée par l'économie de main-d'œuvre, et par l'état du sol,
Fig. 461. Ctochet allemand pour iequel ce mode équivaut à UU labour
PZteaiïït86 *' P°m' qui profite d'autant à la récolte suivante.
L'instrument le plus convenable pour cette opération est la charrue à double versoir, ou buttoir (fig. 463). Voici comment on le manœuvre. Et d'abord, les pommes de terre auront dû être buttées énergiquement, de manière que le développement des tubercules se soit effectué dans un plan situé au-dessus du fond des raies (fig. 464). S'ils sont ainsi placés, on conçoit qu'il suffit de renverser chaque ados dans les raies latérales, pour qu'ils soient facilement mis à nu; si, au contraire, le buttage a été négligé,
Fig. 4G2. Plan ' du crochel allemand.
uigitizeo Dy
la charrue devra piquer à une grande profondeur, et ne produira qu'un travail défectueux.
Mais admettons que cette condition ait été remplie; on doit encore,
Fig. 4G3. Battoir de Désert.
immédiatement avant l'arrachage, faire couper, avec la faux ou la faucille, toutes les fanes ou tiges, afin qu elles n'embarrassent pas l'instrument. Puis on règle l'entrure de la charrue de façon qu'elle
Fig. 464. l'ommes de terre buttées.
pénètre un peu au-dessous des tubercules les plus profonds. On fait ensuite piquer l'instrument au milieu de Tados, qu'il sépare en deux, en renversant la terre et les pommes de terre de chaque côté. Quand la première ligne est terminée, on passe, non pas à la seconde, mais a la troisième (fig. 464), et ainsi de suite, en laissant toujours alternativement une ligne non arrachée.
A mesure que la charrue chemine, on fait ramasser les tubercules,
sans quoi ils seraient recouverts lorsque la charrue entame les lignes que Ton a abandonnées au premier tour.
Malgré tout le soin que l'on apporte à ce travail, il ne suffit pas pour déterrer tous les tubercules; aussi faut-il le faire suivre d'un hersage en travers, suffisamment énergique, qui ramène à la surface une grande partie des pommes de teiTe que la première opération n'a pas atteintes.
Rentrée des tubercules. A mesure que les pommes de terre sont mises à nu on les ramasse pour les transporter à la ferme. On les laisse le moins longtemps possible exposées à la lumière, car elles verdiraient promptement et acquerraient une saveur acre qui les rend impropres à l'alimentation. Cet effet se produit surtout très-promptement lorsqu'elles sont exposées à la pluie.
Rendement. — La proportion de semence employée ayant, ainsi que nous l'avons vu, une influence très-marquée sur le rendement, et cette proportion n'étant pas la même dans toutes les localités, on n'obtient pas partout un produit égal. Les divers procédés de culture, la nature du sol, etc., viennent encore faire varier le résultat. Voici d'après Schwerz, les rendements moyens obtenus dans un certain nombre de contrées sur une surface d'un hectare.
En Angleterre 311 hectolitre*».
A Contigh (Brabanl) 362
Flandre occidentale 295
Pays de Waes (Belgique) 319
Pays de Tongres (Belgique) 205
Chez Thaër (Prusse) 181
En Palatinat 164
En Alsace 290
Le rendement moyen obtenu par Mathieu de Dombasle était de 299 hectol. On peut donc porter à 270 hectol. par hectare le produit moyen de la pomme de terre, ou, en poids, à 21,600 kil., l'hectolitre pesant environ 80 kilog.
COMPTE DE CULTURE D'UN HECTARE DE POMMES DE TERRE PLACÉES AU COMMENCEMENT DE LA ROTATION DES RECOLTES.
DÉPENSE
fr. c.
Un labour de défoncement avant l'hiver, à 0*30 de profondeur. ... 80 »
Un labour ordinaire, pour planter les tubercules 22 »
Tubercules pour la plantation, 23 hectolitres, à 2 fr. l'hectolitre. . . 46 »
Deux hersages, à 2 fr. 60 c. l'un 5 20
Un binage à la houe à cheval 5 •
Un buttage avec le bultoir 5 »
Un binage à la houe à cheval 5 »
A reporter . 168 20
Report 168 20
Arrachage des tubercules GO* »
Transport à la ferme et emmagasinage 20 »
40,000 kil. de fumier, à 10 fr. les 1000 kil., y compris les frais de transport et d'épandage, 400 fr.; la moitié de celte dépense à la charge
des pommes de terre 200 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, du prix de la fumure non absorbée. 10 »
Loyer de la terre 70 »
Frais généraux d'exploitation 20 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des frais ci -dessus 14 55
Total ~562~75
rnonoiT.
fr. c
21,600 kil. de tubercules équivalent à 8 100 kil. de foin sec, à 71 fr. KO c. les 1000 kil 580 »
BALANCE
fr. c .
Produit 580 00
Dépense. . . 562 75
Bénéfice net ~17~~25
3 pour 100 du capital employé.
Ce résultat montre qu'il y a, généralement, peu de profit à cultiver In pomme de terre exclusivement pour la nourriture des bestiaux.
La betterave (beta vulgaris, fig. 465 et 466) parait originaire du midi de l'Europe et notamment des côtes de l'Espagne et du Portugal. Olivier de Serres nous apprend que ce n'est qu*à la fin du seizième siècle que la betterave rouge fut importée d'Italie en France. Longtemps confinée dans les jardins pour la nourriture de l'homme, ce n'est que depuis soixante-dix ans environ que cette plante a été soumise à la culture en plein champ pour alimenter le bétail. Cette récolte fut d'abord peu appréciée par les agriculteurs; mais les rigueurs du système continental firent songer à ses propriétés saccharines, indiquées par Marggraf en 1747. On fit alors de nouvelles recherches sur ses propriétés nutritives, sur sa culture, et elle prit enfin dans nos champs le rang qui lui appartient.
Considérée comme racine alimentaire, la betterave ne le cède en rien aux autres espèces employées à cet usage. Sous le rapport de sa culture, elle offre, sur elles, plusieurs avantages. Elle convient à un plus grand nombre de terrains; les soins qu elle réclame sont simples, peu dispendieux et ses produits sont moins exposés aux influences nuisibles qui viennent souvent diminuer ceux des autres végétaux. Sa racine est aussi d une conservation plus facile que celle de la plupart des autres plantes alimentaires. •
Comme plante industrielle, la betterave a acquis une grande impor-
Fig. Betterave commune. Fig. 466. Fruit delà betterave.
que de 5 kil. 5, par individu, tandis qu'elle est, en Angleterre et en Ecosse, de 10 kil., et qu en outre une partie notable de notre approvisionnement nous vient du dehors, on conçoit que cette nouvelle industrie est appelée à prendre chez nous un grand développement , si elle n'est pas arrêtée par des droits trop onéreux.
La culture de la betterave comme racine saccharifère a fait faire, dans nos départements du Nord, un pas énorme à l'agriculture: c'est un des meilleurs assolements; elle permet au petit comme au grand agriculteur de faire des frais d'engrais que ne pourrait compenser aucune autre récolte. La terre s'améliore pour les années suivantes, le sol est bonilié, et le cultivateur engrange plus d'une mbis-
Dfc LA BETTERAVE.
son que le sucre a payée. De plus, cette culture a jeté dans les campagnes une foule d'hommes instruits qui ont appliqué leurs lumières et leur intelligence au développement des nouvelles méthodes profitables; des instruments plus perfectionnés ont été sagement introduits, sans avoir fait abandonner ceux qu'une longue expérience avait sanctionnés; il y a eu progrès, et progrès rapides et salutaires.
Toutefois, comme plante industrielle, la culture de la betterave ne sera jamais qu'une exception, car il suffirait de rétendue d'un département pour fournir toutes les betteraves nécessaires à la consommation actuelle du sucre en France, en admettant même qu'on ne fît reparaître cette récolte que tous les quatre ans sur le même sol. La culture de la betterave, comme racine fourragère, est, au contraire, générale.
Variétés. — La betterave commune a donné lieu à un certain nombre de variétés parmi lesquelles on distingue surtout les suivantes :
Betterave longue rose, disette, betterave champêtre^. 467). Racine de longueur moyenne; peau d'un rouge clair; chair variant du blanc au rose; elle sort presque entièrement de terre. C'est une de celles qui acquièrent le plus de volume.
Betterave longue rouge. Sous-variété de la première, à racine plus allongée, un peu moins grosse; chair offrant des zones blanches et rouges. Cette variété nous est venue d'Angleterre.
Betterave longue violette ou rouge de Castelnaudary. Racine allongée, peau et chair violettes.
Betterave globe rouge ^fig. 468). Cette variété, que nous avons également reçue d'Angleterre, offre une racine presque sphérique, à peau rouge clair et à chair blanche; elle se développe à la surface du sol.
Betterave de Bassano (fig. 469). Racine aplatie comme celle d'une rave, peau rouge.
Betterave jaune de Caste Inaudary. Racine allongée; peau jaune clair; chair blanche; elle pousse hors de terre.
Betterave jaune à chair blancfie. Racine allongée, peau d'un jaune clair, chair blanche; diffère peu de la précédente.
Betterave jaune d'Allemagne. Racine peu allongée, peau d'un jaune foncé, chair jaune; elle croit eu terre.
Betterave chatiipftre.
Fig. 470. Betterave globe jaune. Fig. 471. Betterave blanche de Siléiic.
betterave globe jaune (fig. 470). Cette variété, d'origine anglaise, présente presque la même forme que la globe rouge, et, comme elle, elle sort presque complètement de terre; mais plusieurs essais semblent démontrer qu'elle lui est très-supérieure, quant à sa richesse en principes utiles.
Betterave blanche de Silèsie (fig. 471). Racine peu allongée, complètement enterrée; peau et chair blanches, collet verdàtre ou rose.
Betterave blanche à collet vert. M. Chenu, cultivateur à la Charité, a récemment obtenu cette variété, qui parait avoir été produite par la précédente; elle en diffère cependant par son volume plus considérable, par sa forme plus allongée, et par la faculté qu'elle a de développer la moitié de sa racine au-dessus du sol. .Elle passe aussi pour être riche en principes utiles.
Il n'est pas indifférent de choisir l'une ou l'autre de ces variétés pour la culture; car non-seulement elles ne contiennent pas toutes, à poids égal, la même proportion de principes utiles, mais encore elles ne donnent pas la même quantité de racines dans les différents sols, et la proportion de leurs principes utiles diffère, pour la même variété, suivant la nature du terrain. Jusqu'à présent, aucun essai comparatif n'avait été tenté sous ce rapport; aussi avons-nous dû songer à soumettre cette plante à la série d'expériences que nous avions entreprises pour la pomme de terre. Nous avons donc cultivé comparativement la plupart des variétés dont nous venons de parler, dans les divers terrains qui nous avaient servi pour les pommes de terre. Voici le résultat que nous avons obtenu «.
Nous avons pesé exactement les racines de chaque variété pour chaque sorte de terre et nous avons déterminé leur rendement dans ces diverses terres. Le tableau suivant montre Tordre dans lequel elles doivent être rangées, quant à leur pouvoir productif, et sans tenir compte de leur rendement en feuilles; car celles-ci seraient, en général, plus convenablement enterrées comme engrais qu'employées comme fourrages.
On verra, par le même tableau, que la nature du sol influe beaucoup sur le rendement de chaque variété. La betterave globe rouge, par exemple, occupe la troisième place dans le sable d'alluvion; elle est à la cinquième dans la terre tourbeuse, à la sixième dans la terre argileuse, puis elle revient à la deuxième dans la terre calcaire. Il en est de même pour toutes les autres, à l'exception de la blanche de Silésie qui occupe la première place dans toutes les terres.
1 Girardin et Du Breuil. Mémoire sur les plantes sarclées à racines alimentaires. Travaux de la Société centrale d'agriculture de la Seine-lnfirirure; trimestre de janvier 1843.
LISTE DES PRINCIPALES VARIETES DE BETTERAVES RANGÉES DIAPRES LEUR POUVOIR PRODUCTIF POUR LES SOLS SUIVANTS I