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DE L'OIGNON

plus chaudes de l'Europe. C'est une des plantes alimentaires les plus anciennement cultivées. Ses propriétés stimulantes la rendent plus particulièrement propre au régime alimentaire des populations du Midi, et c'est aussi sous ce climat que sa culture a pris la plus grande extension.

Variété». — L'oignon a produit plusieurs variétés; les suivantes conviennent à la grande culture :

Voignon commun (fig. 955), rouge foncé, rouge pale ou jaune, large, aplati, de saveur forte; c'est une des variétés les plus recherchées; elle se conserve bien.

V oignon d'Espagne (fig. 958), de couleur soufrée, large, à saveur douce, à chair tendre. C'est celui qu'on consomme cru, mais il ne se conserve pas longtemps.

V oignon poire (fig. 959), de forme oblongue, rouge, à saveur forte; c'est celui qui se garde le mieux et qui, pour cette raison, est principalement recherché dans le Midi pour former les provisions d'hiver.

V oignon d'Égyple ou bulbifère ou rovambole. Chacune de* ses lleurs contient un ou plusieurs petits bulbes qui servent à sa reproduction. Sa chair est un peu grossière; il se conserve peu de temps, mais c'est un des plus rustiques dans le Midi.

Composition chimique. — On n'a encore analysé que le bulbe de l'oignon, et encore l'analyse fort ancienne, due à Fourcroy et Vauquelin, laisse-t-elle beaucoup à désirer, au moins sous le rapport agricole. Ces chimistes y ont trouvé :

Une huile volatile acre et odorante contenant du soufre, Une grande quantité de sucre incristallisable, Deaucoup de gomme,

Une matière azotée se rapprochant du gluten des céréales, De la cellulose,

Des acides phosphorique et acétique libres, Du phosphate et du citrate de chaux.

D'après M. Uorsford, l'oignon, à l'état normal, contient 95,78 pour 100 d'eau et 6,22 de matière solide dans laquelle il y a 1,18 d'azote. Dans l'oignon desséché complètement, la projwrtion d'azote s'élève à 7,55 pour 100. Cette plante nécessite par conséquent d'abondants fumiers ou engrais animaux.

Climat et sol. — L'oignon réussit sous tous les climats' de la France; mais c'est dans le Centre, et surtout dans le Midi, qu'il donne ses plus beaux produits. 11 j>erd d'ailleurs, dans les contrées

chaudes, une grande partie «le cette àcreté qui provoque les larmes et rend son goût peu agréable lorsqu'il est mangé cru.

L'oignon aime L s terrains de consistance moyenne. Irais et sul>stantiels. Dans les terres compactes , son produit est moins abondant et il contient une trop forte proportion d'huile essentielle. Dans les sols secs et légers, il exige des arrosements sans lesquels ses bulbes ne prennent qu'un faible développement.

Place dans la rotation. — Il faut à l'oignon une terre propre, bien ameublie et très-riche en vieil engrais. Sa place est donc après les racines fourragères abondamment fumées. Toutes les récoltas peuvent lui succéder ; il peut également se succéder à lui-même pendant un nombre d'années indéfini.

Préparation du toi. — Deux labours sont nécessaires; le premier, profond de 0mt25, avant l'hiver, suivi au printemps d'un hersage énergique, d'un roulage et d'un second hersage; le second labour, superficiel , au moment du semis ou du repiquage et suivi d'un hersage*

Engrais. — L'oignon est une récolte assez épuismte; il absorbe dans le sol environ 150 kilogr. de fumier pour 100 kilogr. d'oignons récoltés. Il redoute les fumures récentes, surtout les engrais peu décomposés; si donc on ne peut le placer à la suite d'une récolte qui ait laissé la terre assez riche, il faudra répandre la fumure avant l'hiver et n'employer que des entrais bien consommés.

L'oignon est reproduit soit par semis à demeure, soit par semis en pépinière et repiquag1.

Semis à demeure.

Pour récolter soi-même la graine d'oignon, on choisit les bulbes les plus beaux, et on les plante dés qu'ils commencent à entrer en végétation, vers la fin de l'hiver, dans un sol bien préparé et anciennement fumé; on les couvre ensuite d'une couche de litière pour les défendre contre les froids tardifs. Lorsque la graine approche de sa maturité, il est bon de soutenir les tiges avçc un tuteur, pour éviter qu'elles ne soient rompues par les vents et que la graine ne soit perdue. Cette graine, laissée dans ses capsules, peut conserver sa faculté germinative pendant trois ans; mais il est bon de ne pas attendre, pour s'en servir, qu'elle ait plus de deux ans.

En janvier, dans le Midi, et en mars, dans le Nord, on partage le sol, bien ameubli et débarrassé des pierres, en planches larges de lm40, séparées par des sentiers de 0m,40; on roule la surface, on y

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