‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 40 sur 167 · NOM DU ES · texte numérisé non relu

NOM DU ES

exprimant les valeurs relatives.

Chou-navet rouge. . .* .

— nîitu

— a tête verte. . . . .

— commun de Laponie.

— à tête pourpre. . .

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Chou-navet rouge. . . .

à t£tp verte

— hâtif

— à tôle pourpre. . .

— commun de Laponie.

POHl I.K SOL ARGILEUX.

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les valeurs relatives.

POl'R LE SOL CALCAIRE.

NOMUUES

exDrimant relatives.

Chou-navet rouge.. . .

— à tète verte

— à tête pourpre. . .

— commun de Laponie.

Chou-navet rouge. . .

— à tête pourpre. . .

— commun de Laponie.

Climat et toi. — Climat. Le chou-navet aime, comme la ravi\ un climat humide, un ciel brumeux: c'est ce qui explique le succès de cette culture en Angleterre, dans certaines parties de l'Allemagne, dans les Pays-Bas et l'Ouest de la France, où M. Rieffel a su en tirer un si bon parti sur la terme régionale de Grand-Jouan. Cette racine supporte sans souffrir le froid de nos hivers, ce qui permet d'économiser les frais d'emmagasinage.

Sol. Le chou-navet est" de toutes les plantes à racine fourragère celle qui s'accommode le mieux des sols argileux, compactes, très-humides, imperméables; mais il leur préfère les terrains de consistance moyenne. Il aime aussi, comme la plupart des espèces de la môme famille, la présence d'une certaine proportion de matière calcaire; mais cet élément ne lui est pas indispensable. Il donne surtout de très-beaux produits sur les landes nouvellement défrichées, ainsi que le démontrent les succès de M. Rieflél sur les landes de la Bretagne. La supér iorité des sols argilo-sableux ou argilo-calcaires (pour cette plante est encore démontrée par nos essais. Si, en effet, l'on tient

compte du rendement total en racines et en feuilles de nos cinq variétés dans nos différents sols, on voit que ces terrains doivent être rangés dans Tordre suivant, quant à leur pouvoir productif :

Le sol argileux a produit en racines. 44kil 2G0 en feuilles 16kil.044

Le sol calcaire 43 688 — 17 DOS

Le sable humifére 41 41* — 17 783

Le sable pur d'alluvion 40 976 — 26 400

L'aptitude de ces différentes terres paraît donc être en raison directe de la faculté qu'elles ont de retenir l'humidité.

Culture. — Le chou-navet peut être cultivé de deux manières : 1° semé en lignes et à demeure; 2° semé en pépinière pour être repiqué ensuite. Le premier procédé ne donne presque partout que de chétifs résultats; les racines ne prennent que peu de développement; elles ont, comme le chou, besoin de la transplantation; ou bien le nombre en est considérablement diminué par les ravages de l'ail ise, qu'il est plus difficile de combattre sur une grande surface que sur le petit espace consacré à la pépinière. Nous n'allons donc nous occuper que de la culture par repiquage.

Place dam la rotation. —Le chou-navet demande, comme les autres racines fourragères, un sol profondément ameubli, une fumure abondante, de nombreux binages et buttages; c'est donc au début de la rotation des récoltes qu'on le cultivera. On devra également ne pas oublier que c'est le fourrage qui donne les produits les plus satisfaisants sur les landes nouvellement défrichées, pourvu que le sol conserve un peu d'humidité.

Préparation du toi. — Pour donner au sol le degré d'ameublissement que réclame cette plante, on lui appliquera les façons que nous avons indiquées pour la rave cultivée comme récolte principale.

Engrais et amendements. — On peut également appliquer au chou-navet tout ce qui a été dit des engràis pour les raves et les navets. C'est ordinairement avant le dernier labour, c'est-à-dire avant celui qui précède les plantations, qu'il faut fumer le champ. On enterre immédiatement le fumier après son épandage, et le lendemain on procède à la plantation. Il n'y a rien à craindre en fumant copieusement; plus on met d'engrais, meilleure est la récolte, toutes autres circonstances égales d'ailleurs. Si l'on a à sa disposition assez d'engrais pour fumer deux fois au lieu d une, on fera bien d'enterrer la première fumure par le premier labour; on appliquera la seconde au dernier, et l'engrais se trouvera mêlé à toute la couche arable.

Suivant M. Boussingault, le rutabaga récolté en 1851 contenait 91 pour 100 d'eau et 0,17 d'azote, ce qui fait 1.8"» d'azote pour 100

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dans la racine complètement desséchée. Celle-ci est donc supérieure a la rave et à la betterave comme aliment. Ses feuilles fraîches contiennent 0,28 pour 100 d'azote.

M. de Gasparin pense que 1 00 kilog. de racines de chou-navet absorbent dans le sol l'équivalent de 67 kilog. de fumier. Le produit moyen de l'hectare étant de 50,000 kilog. déracines et de 16,000 kil. de feuilles, ou en tout de 66.006 kilog., cette récolte enlèverait au sol 55,500 kilôg. de fumier, ou environ 50 pour 100 kil. de racines et de feuilles récoltées.

Pépîmère. — Choix de l'emplacement, — Préparation du sol. -r- Une pépinière de choux-navets exige le terrain le plus riche et le plus frais de l'exploitation; elle doit y occuper environ le dixième de la surface sur laquelle on se propose de repiquer les jeunes plants. Quand le terrain est délimité, on le défonce à O-OO de profondeur. Ce travail ne doit pas être répété annuellement, mais seulement quand la végétation des plantes devient moins vigoureuse. Chaque année, après l'enlèvement du plant, on donne deux labours avec une bonne fumure ; le dernier, pratiqué avant l'hiver, doit avoir 0œ25 de profondeur; puis on laisse le sol dans cet état jusque vers la fin de février. À cette époque, on profite du premier beau jour pour herser et pulvériser la surface du sol, puis on divise l'espace en planches, d'environ un mètre de largeur, séparées par de petits sentiers destinés à faciliter les soins d'entretien.

Choix des semJhces. Le chou-navet dégénère très-facilement; il faut donc prendre beaucoup de soin pour se procurer de bonnes graines. Le meilleur moyen est assurément de planter des porte-graines. On les choisit régulièrement conformées et bien caractérisées, et on les plante, dès le mois de décembre, dans un terrain très-richement fumé et abrité au Nord par un mur ou une levée de fossé. Il est surtout important de les éloigner des autres crucifères qui pourraient fleurir dans le voisinage, et les faire dégénérer en les fécondant.

Semaille. Il y a avantage à faire le plus tôt possible l'ensemencement de la pépinière; car, d une part, le repiquage a lieu de bonne heure, et, d'autre part, la germination s'établissant sous une température peu élevée, les jeunes plantes souffrent moins des ravages de l'allise. Aussitôt donc que le sol a été préparé, vers la fin de février, si la température le permet, on procède à l'ensemencement. On sème la graine à la volée, on la recouvre au râteau et l'on répand sur le sol une petite couche de balles de céréales ou de poussière de sarrasin. Pendant deux mois environ, c'est-à-dire èu mars et en avril, on sème, à divers intervalles, un certain nombre des planches de la pépinière, afin de diviser les travaux d'entretien, et surtout de multiplier

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les chances de succès. On emploie environ 60 grammes de graines pour un are de pépinière.

Soins d'entretien. Comme la rave, le chou-navet est exposé aux attaques de l'altise; celle-ci commence ses ravages aussitôt que les jeunes plantes montrent leurs feuilles séminales; il faut donc lutter sans relâche contre cet insecte, si Ton ne veut pas voir la pépinière entièrement détruite en quelques jours. Outre le moyen que nous avons indiqué pour la rave, on peut encore avoir recours à un procédé conseillé par M. Rieffel : chaque matin, au point du jour, au moment où les feuilles séminales sont couvertes de rosée, on les saupoudre de cendres non lessivées. Ces cendres restent attachées aux feuilles pendant un jour ou deux, et les altises, ne pouvant plus les attaquer, périssent faute de nourriture. Pour la complète réussite de ce procédé, il serait indispensable de répéter cette opération jusqu'au moment où la plante, ayant développé sa quatrième feuille, serait assez forte pour résister à son ennemi.

M. Rieffel, qui a étudié avec soin les conditions les plus favorables à la culture du chou-navet, repique les jeunes plants dans la pépinière même; lorsque ceux-ci ont atteint 0m0t) à u^OS, on arrache les plus vigoureux, quelquefois les deux tiers de la masse, et on les repique à 0m40 environ les uns des autres sur des planches réservées à cet effet. Par ce procédé, on obtient, en peu de temps, un grand nombre de beaux et bous plants, d'autant plus vigoureux qu'ils ont végété plus isolés les uns des autres. Cet agronome a remarqué, en outre, que les plants qui avaient subi le repiquage dans la pépinière présentaient plus de rusticité lorsqu'on venait à les transplanter à demeure.

Repiquage. — État des plants. Le moment du repiquage est déterminé par l'état de développement des choux-navets. Or, comme il faut que les plants aient environ la grosseur du petit doigt pour résister convenablement aux circonstances moins favorables dans lesquelles ils vont se trouver placés, il s'ensuit que le repiquage doit être fait successivement du 15 mai à la fui de juillet, suivant le moment où l'ensemencement des diverses planches a été pratiqué. On choisit autant que possible, pour repiquer, le moment qui précède la pluie.

Plantation. Quand la fumure a été répandue sur le sol, on donne un dernier labour suivi d'un hersage, et l'on procède immédiatement au repiquage de la même façon que pour la betterave.

Si Ton manquait de la quantité d'engrais nécessaire pour fumer toute la surface, on en placerait seulement sous les lignes de plantes, en disposant le sol comme nous l'avons indiqué pour les raves. Toutefois, on ne coupe pas les feuilles des jeunes plants, comme pour la

betterave, on se borne à retrancher l'extrémité de la racine lorsqu'elle est trop longue pour être placée verticalement dans les trous. On réserve 0m60 entre chaque ligne, et 0*"40 entre les plantes sur les lignes. M. Rieffel conseille aussi de répandre dans chaque trou, avant de le fermer, une pincée de noir animal. Malgré tous les soins que I on apporte dans l'opération du repiquage, il est des années tellement défavorables que la reprise des. plants est longtemps incertaine; il faut alors faire un ou deux arrosages à chaque pied, le lendemain ou le surlendemain de la plantation. Si l'on peut disposer d'un engrais liquide quelconque, on le préférera à 1 eau.

Soins d'entretien. — Aussitôt qu'on remarque que les plants commencent à reprendre, on donne un premier binage entre les lignes avec la houe à cheval, afin d'entretenir la surface dans un parfait état d'anieublissement. Trois semaines après, environ, l'apparition des plantes nuisibles oblige à faire un second binage, et l'on en applique même un troisième, si cela devient nécessaire. Pendant qu'on pratique ces opérations, des femmes, munies chacune d'une petite houe à main, « parcourent les lignes et donnent, entre chaque plant, un binage qui ameublit le sol et détruit les mauvaises herbes qui n'ont pu être atteintes par la houe à cheval.

Lorsque les plantes commencent à couvrir le sol de leur feuillage, qu'elles ont atteint le tiers de leur développement, on leur applique un premier buttage assez énergique, et, trois semaines après, on le répète d'une manière plus complète. Le collet de la racine se trouve ainsi plus enterré et devient moins ligneux.

Récolte. — Époque de maturité. Les choux-navets peuvent, en général, rester en terre jusqu'en février; ils s'y conservent bien et continuent à grossir. Ce n'est même que vers la fin de l'hiver qu'ils paraissent avoir acquis leur complet développement. Néanmoins, comme il serait à craindre qu'on ne fût privé de ce fourrage par la rigueur du froid, qui empêcherait de l'extraire du sol, on fait, en décembre, une récolte précoce, en choisissant les choux-navets les plus avancés, ceux qui ont été repiqués les premiers.

Arrachage. L'arrachage se pratique à l'aide de la charrue employée pour la récolte des betteraves, et l'on sépare immédiatement les feuilles des racines pour les faire consommer par les brstiaux.

Rendement. — Le rendement moyen des choux-navets s'élève, d'après Burger, à 55,000 kilog., et, suivant M. Rieffel, à 48,000 kil. On peut donc porter ce produit à env iron 55,000 kil. de racines par hectare. Quant aux feuilles, leur rendement en poids égale environ les deux tiers de celui des racines. Mais on ne peut compter que sur celles des choux-navels arrachés avant l'hiver; soit, environ 16,000 kilogr.

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