TERRE
Tubercules. . • .
Tiges ligneuses. .
Engrais employé.
kil.
kil.
kil.
kil.
kil.
kil.
kil.
La culture du topinambour présente donc, théoriquement, des avantages considérables, puisque la matière organique de la récolte excède
ART AGIUCOLK.
de beaucoup la matière organique de l'engrais. Toutefois, il faut tenir compte, et même déduire la matière organique des tiges qu'on n'utilise pas toujours dans la pratique; on les laisse souvent sur le champ comme fumure. En suivant cette pratique, on peut obtenir 100 kilogrammes de tubercules par 50 kilogrammes à peu près de fumier d'étable.
Les expériences précédentes prouvent avec évidence que c'est surtout en substances minérales que le topinambour appauvrit le sol. Voici dans quels rapports les acides et les bases alcalines sont enlevés, par hectare, pendant les deux années de la culture.
Les H, 000 kil. de tul>ercules secs contiennent 660 kil. de cendres, dans lesquelles on trouve :
Acide phosphorique 71,2
Acide suirurique U,(i
Chlore 10,6
Chaux.. 45,2
Magnésie H, 8
rotasse 293,6
Soude traces
Silice 85,8
Ker et alumine 34,4
Comme on le voit, les topinambours ont surtout la propriété de puiser avec énergie les phosphates et les sels de potasse dans le sol et les engrais, et ils peuvent, dans des circonstances déterminées, absorber ou retenir une très-grande quantité de ces sels. Il y a donc nécessité de leur donner des engrais riches en ces matières minérales, et l'on conçoit de suite très-bien que les tourteaux, les chiffons, les engrais animaux, les urines et le purin, puis les charrées, soient de tous les engrais ceux qui produisent les résultats les plus avantageux.
Culture. — Préparation du sol. On prépare le sol de la même manière que pour les pommes de terre.
Plantation. On peut commencer à planter les tubercules dès la fin de l'hiver, aussitôt que le temps et les travaux le permettent. Cette opération doit être terminée au plus tard à la mi-avril, si Ton ne veut que leur végétation, très-précoce, en souffre. Comme ils ne craignent pas la gelée, on peut aussi les mettre en terre avant ou pendant l'hiver. Ce procédé doit même être préféré dans les terrains où l'on n'a pas à redouter l'humidité. On diminue ainsi la somme des travaux toujours trop nombreux au printemps, et les plantes n'en sont que plus vigoureuses.
On plante, avec le même succès, des tuberctiles de toutes grosseurs. On peut même se servir do tubercules fanés, pourvu qu'on les fasse tremper dans l'eau deux jours avant de les planter. Les expériences de Kade démontrent que la mise en terre de morceaux de tubercules n'a pas le même succès (pie pour la pomme de terre.
Le mode de plantation des topinambours est semblable à celui de la pomme de terre; seulement on les place à une profondeur moins considérable d un tiers. Si I on emploie de petits tubercules, on en met deux ou trois à la même place. L'espace à réserver entre chaque tubercule doit être aussi plus considérable que pour la pomme de terre, parce que la plante prend plus d'espace. En Alsace, on réserve i mètre entre les lignes de plantes et 0m60 entre les plantes sur les lignes. On emploie pour ce mode de plantation environ 1200 kilogr. de tubercules.
Soins d entretien. Comme toutes les plantes largement espacées, le topinambour demande certaines façons d'entretien, destinées à maintenir le sol en bon état et à favoriser la végétation. Un premier binage est donné aussitôt que la terre commence à se salir de mauvaises herbes, et l'on répète cette opération aussi souvent que l'état de la terre et les bras dont on dispose peuvent le permettre. Ces façons sont pratiquées avec la boue à cheval; mais c'est à la condition de replanter à neuf tous les ans. Lorsqu'au contraire on se contente, à chaque récolte, de laisser dans le sol un certain nombre de tubercules pour servir à la production de Tannée suivante, la régularité de la plantation disparait et l'on est alors obligé de donner ces binages à bras d'homme. Il faut, dans ce cas, supprimer en même temps les tiges trop rapprochées, afin que les plantes ne s'affament pas réciproquement. Un ou. deux buttages sont aussi nécessaires pour favoriser la multiplication des tubercules.
Récolte. — La récolte des tiges et celle des tubercules n'ayant pas lieu au même moment, nous les étudierons séparément.
La récolte des Liges, destinées à servir de fourrage sec, se fait vers la seconde moitié de septembre; plus tôt, elle nuirait à la formation des tubercules, et les feuilles seraient moins nourrissantes; plus tard, l'humidité de la saison ne permettrait pas aux tiges de sécher convenablement. Pour couper les tiges, on se sert d une faucille un peu plus forte que celle employée ordinairement, et on les tranche à 50 centimètres du sol. Sitôt les tiges coupées, on les lie en bottes de 25 à 30 centimètres de diamètre, sans trop les serrer, et on les pose debout, par faisceaux de sept. Après une huitaine de jours, el lorsque les feuilles sont bien sèches à l'extérieur des bottes, on défait
les faisceaux, et on le*s réunit trois par trois, en tas de 21 bottes, dont 14 sont disposées en faisceaux; les sept autres, la coupe en haut et fortement liées vers cette coupe, sont placées par-dessus en forme de toit pointu, Ainsi disposés, le* tas atteignent le plus grand degré possible de siccité sans craindre le temps le plus défavorable.
La récolte des tubercules peut être effectuée, sans inconvénient, de la fin d'octobre au milieu d'avril. Loin d'éprouver aucun dommage, les tubercules restés dans le sol jusqu'à la fin de l'hiver continuent de s'accroître, il y aurait par conséquent tout avantage à les y laisser si Ton ne craignait l'humidité qui les fait pourrir. Ces récoltes longtemps prolongées ne conviennent donc que dans les terrains secs.
Quant à la manièf> de déterrer les tubercules, elle est la même que celle employée pour la pomme de terre; seulement, il faut avoir soin de recueillir avec la plus grande attention tous les tubercules elles racines, car celles qu'on oublierait saliraient les récoltes des autres espèces qu'on ferait succéder à celle-ci, ou nuiraient à la régularité de la plantation suivante, si le sol était destiné à porter cette plante [>endant plusieurs années consécutives. Il n'y a d'exception à cette règle que dans le cas où l'on ne tiendrait pas à conserver une disposition symétrique; les tubercules laissés dans la terre dispenseraient alors d'un nouvel ensemencement.
Rendement. — D'après Schwerz et Kade, le rendement du topinambour s'élève, en moyenne, déduction faite de la partie non mangeable des tiges, à 7500 kil. de fanes sèches par hectare.
Quant aux tubercules, voici le rendement constaté en Alsace, pour la même surface :
Hectol. Kilog. Autorités.
Terres sablonneuses 128 10,240 Schwerz.
Sol de première qualité 319 35,520 Kade.
A Béchelbronn moyenne) 330 26,400 Lebel et Boussingault.
A Béchelbronn (récolte de 1839-40). ... 441 35,272 Id.
Dans le département de l'Indre, en 1847. . 120 9,600 Briaune.
Dans les alluvions du Hhônc 7"i0 00,000 de Gasparin.
Ce qui donne en moyenne 548 hectol., ou en poids, 27,858 kil.
On voit que le produit en tubercules est généralement plus considérable pour le topinambour que pour la pomme de terre, puisque cette dernière né fournit, en moyenne, que 270 hectol. par hectare, ou en poids, 2i,600 kil.
COMPTE DE CULTURE D UN HECTARE DE TOPINAMBOURS RBPLANTÉ* ANNUELLEMENT SDR LE MEME TERRAIN.
DÉPENSE
l' répara lion du sol et plantation comme pour les
pommes de terre 102 f. -c.
Tubercules pour la plantation de 1200 kilogr., à 2 fr.
les 100 kilogr 24 »
Un hersage 2 60
Deux binages à la houe à cheval, à 5 fr. l'un 10
Un buttage avec le bultoir 5 » .
Coupe, bottelage, séchage et transport des tiges. . . 30 » Arrachage des tubercules et transport à la ferme. . . 75 » 50,000 kilogr. de fumier, à 10 fr. les 1000 kilogr., y compris les frais de transport et de répartition, 300 fr.; les deux tiers de cette dépense à la charge
des topinambours 200 •»
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100 du prix de la fumure non absorbée ' 5 »
Loyer de la terre 70 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des frais ci-dessus. 27 18
Total. 570 f. 78 c.
rnoDurr.
28,000 kilogr. de tubercules équivalant a 11,200 kilogr.
de foin sec, à 7 1 fr. 50 les 1000 kilogr 800f. M) c.
7500 kilogr. de fourrage sec équivalant à 1000 kilogr. de
foin sec 71 ,'iO
Tjolal 872 fc 30 c.
BALANCE
Produit , 872 f 30 c
Dépense 570 78
bénéfice net 501 f. 52 c.
Environ 55 pour 100 du capital employé.