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DU TRÈFLE INCARNAT

fourrage. On peut aussi le faire suivre d'une jachère complète, si le . sol en a besoin pour être préparé convenablement à recevoir une céréale d'hiver.

Un autre avantage du trèfle incarnat, c'est qu'il est possible de le semer à la fin de l'été, au moment où Ton peut apprécier l'état du semis de trèfle rouge fait au printemps précédent. Si ce dernier n'a pas réussi, on le remplace immédiatement par le premier, soit sur toute la surface du champ, soit seulement sur les points où la récolte a manqué.

Préparation du sol. — Ce trèfle redoute un ameublissement profond du sol. Aussi se contente-t-on de donner à la terre, après l'enlèvement de la céréale, un labour superficiel pour retourner les chaumes, puis un hersage; souvent même cette dernière opération est suffisante lorsque la surface du sol n'est pas trop dure. Quoique cette plante soit moins exigeante que le trèfle rouge sous le rapport de la richesse du sol, son rendement sera toujours proportionné au degré de fertilité dans lequel les récoltes précédentes auront laissé la terre.

Choix de la graine. — Fraude qu'elle subit. — L'indice de la qualité de la graine de trèfle incarnat et de sa récente récolte, c'est sa couleur d'un blanc jaunâtre et son aspect lisse et brillant . Lorsqu'elle est gardée en magasin plus d'une année, elle se colore en rouge brun; sous cette nuance, les cultivateurs ne doivent plus Tacheter, parce qu'elle lève moins bien et donne une végétation moins fournie.

Certains marchands, pour se débarrasser des graines vieilles, ont imaginé de les blanchir, c'est-à-dire de les rétablir dans la couleur qu'offrent les graines de première année. L'opération est aussi simple qu'économique, puisqu'elle consiste en une fumigation de soufre. Les graines ainsi blanchies n'ont pas autant de main, en style de commerce, que la graine non apprêtée; elles sont aussi d'un blanc plus mat, et elles ne lèvent plus que très-imparfaitement. 11 faut donc , éviter d'en faire usage pour ne pas manquer sa récolte en fourrage.

La graine de bonne qualité, nouvelle, lève ordinairement dans la proportion de 95 à 98 pour 100, et donne des plantes qui résistent parfaitement aux mauvaises conditions atmosphériques. La graine de deux ans, non apprêtée et plutôt encore lorsqu'elle l'a été, donne à peine 60 pour 100 de plantes levées, qui meurent très- rapidement après leur première pousse, lorsqu'il survient trop de sécheresse.

Malheureusement il est assez difficile de reconnaître la fraude en

question, car la vapeur du soufre produit son effet sans laisser de

traces de son emploi. Ce qu'il y a de mieux à faire pour ne pas être

trompé, c'est de s'adresser à des marchands honnêtes et de payer le prix convenable.

gemaille — C'est depuis îe mois d'août jusqu'au milieu de septembre qu'on fait l'ensemencement. On choisit le moment on la terre a été rafraîchie par une ondée de pluie. Si celle-ci se fait trop attendre, on y supplée, dans le Midi, au moyen de l'irrigation.

La quantité de semence à employer est de 18 à 20 kilogrammes par hectare. Si la graine est semée sans être égrenée, c'est-à-dire si elle est restée dans sa gousse, comme cela se fait souvent, la quantité doit être de 50 à 60 kilogr.; il suflit alors de répandre la semence sur les chaumes, sans aucune préparation du sol, et de terminer par un roulage. Dans le cas, au contraire, où les semences sont nues, on les recouvre au moven d'un hersage.

Dans quelques localités du département de l'Eure, on sème un peu de vesce d'hiver avec le trèfle incarnat (environ 70 litres par hectare), et l'on obtient 'ainsi un fourrage plus épais, de meilleure' qualité, et d'une plus longue durée comme fourrage vert.

Dans les terres sableuses de la Seine-Inférieure, on associe souvent les turneps à ce fourrage. On les sème en août, en même temps que le trèfle, et on les récolte en octobre. La place qu'ils occupaient est bientôt remplie par l'extension que prennent les jeunes plantes de farouche.

Aux environs de Genève," Pictet semait ce trèfle, en juillet et en août, avec du millet qu'il coupait à l'automne pour fourrage, et il récoltait la légumineuse au printemps. On a ainsi deux bonnes ré- . coites de fourrage, dans un intervalle où la terre n'eut rien produit, puisqu'on peut semer ces plantes après une récolte de navette, de colza, de seigle, d'escourgeon, etc., et que le terrain est libre, l'année suivante, assez tôt pour le planter en pommes de terre, en haricots, en betteraves répiquées, ou même pour y semer de l'orge.

Le trèfle incarnat éprouve, comme les autres trèfles,1 d'heureux effets du plâtrage. On plâtre après la sortie des plantes, et l'on recommence au printemps, au renouvellement de la végétation.

Insectes nuisibles. — Cette espèce est exposée, lors de son premier développement, aux ravages des insectes, notamment des limaces que font éclore les pluies de l'automne. Ces insectes l'anéantissent parfois entièrement. L'expérience semble avoir démontré que les champs sur lesquels on a brûlé le chaume des céréales y sont moins exposés que les autres. On peut, du reste, détruire le plus grand nombre de ces insectes en faisant passer sur le champ le rouleau Croskyll dès que l'on commence à s'apercevoir de leurs ravages.

Récolte. — C'est surtout comme fourrage vert qu'on doit faire con-

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