UNE CÉRÉALE DE PRINTEMPS
Us frais de culture sont les mêmes que pour la récolte des .semences (t. I, p. 757 ' 2l0f.21
•iOOO kilogr. de fourrage sec, ,\ 71 fr.50 c. les 1000 kil. . 3V7f.M)
BALANCE
Produit 3:,7r.50
Dépense 210 21
Bénéfice net M t.*.*
Environ 70 pour ÎOO du capital employé.
Le pois cultivé (fig. 590), qui n'est admis dans la culture que pour la production de ses graines, exclusivement employées à la nourriture de l'homme, donne une paille qui, consommée en vert ou séchée promptement, forme un fourrage de qualité supérieure et qui convient aux chevaux presque autant que le foin. Cela s'explique par les analyses de M. Boussingault, qui a trouvé 1,95 pour 100 d'azote dans la paille de pois, tandis que le foin n'en contient que \ ,50. Pour les bêtes à laine, cet aliment est si précieux, que, dans quelques fermes anglaises, on en sème uniquement pour elles.
Fig. 590. Pois cultivé
. — Plusieurs espèces de gesses donnent aussi de très-bons
fourrages, surtout pour les moutons; telles sont les deux espèces suivantes :
La gesse chiche, jarousse, jarosse, gessetle, petit pois chiche (lathy-
rns cicera) (fig. 591 à 593). Cette plante réussit sur les terres calcaires les plus pauvres, et supporte plus facilement les froids rigoureux que la vesce d'hiver. Son fourrage, substantiel, est très - échauffant, surtout lorsqu'on le récolte un peu tardivement. Sa graine est un aliment dangereux pour l'homme et pour le cheval.
La gesse commune, lentille d'Espagne, pois carré, pois breton, pois de brebis, lentille suisse (lathyrus sativus) (fig. 594). Cette es-
fi
Fig. 591. Gesse chiche.
Fig. 592. Fleur de la gesse chiche.
Fie. 593.
Fruit de la ge se chiche.
pèce, plus développée que la précédente, redoute moins la sécheresse que les vesces; son fourrage passe aussi pour être moins échauffant. Comme ses tiges sont faibles, il est bon d'y joindre un peu d'avoine, de seigle ou quelques autres graminées à tiges un peu fermes, comme le bromus praUnsis, le dactylis glomerata, qui végètent bien aussi dans les terrains un peu secs. On la coupe parfois pour la faire manger en vert à l'époque de la floraison, ou bien on attend que les premières gousses commencent à mûrir, si Ton veut la dessécher pour fourrage d'hiver.
Les soins que réclament ces plantes sont les mêmes que pour les vesces; leur compte de culture est aussi le même.
Lentilles (fig. 595). — Le fourrage produit par les lentilles est moins abondant que celui des pois et des vesces; mais il est tellement substantiel qu'on ne doit le donner aux bestiaux qu'en petite quantité.
PIED-D'OISEÀU. 245
La graine répandue dans la proportion de 4 hectol. 20 par hectare pour la lentille commune, et de 4 hectol. pour la lentille uniflore, est semée à la volée. On les associe aussi à une certaine quantité d'avoine
Fig. 594. Gesse commune. Fig. 595. Lentille commune.
ou de seigle qui soutiennent leurs tiges. Nous avons indiqué, en traitant de la production des semences de cette plante, les autres soins de culture qu'elle réclame.
pied-d'oiseau.
Le jpied-éC oiseau ou seradelle (omithopus perpusillus, L.) (fig. 596 à 600) croit spontanément en France dans tous les terrains secs et siliceux. C'est en Portugal que I on a commencé à soumettre cette plante à la culture, et c'est depuis une douzaine d'années seulement que l'on a essayé de l'introduire dans nos exploitations. Sous l'influence de la culture, la tige de cette plante, qui, dans son état sauvage, ne dépasse guère 0œc20, atteint de 0"40 à 0"90 de longueur. Cette tige , grêle et dépourvue de ces vrilles qui aident les vesces et les pois à se soutenir, a une tendance à se coucher sur le sol.
Le pied-d'oiseau s'accommode des divers climats de la France; il
réussit dans tous les terrains siliceux, mais surtout dans ceux qui
sont profonds et un peu frais. 11 est très-convenable, surtout dans le Midi, pour convertir les sols arides en bons pâturages.
Cette plante est annuelle, et supporte, sans souffrir, le froid de nos hivers. On peut donc la semer à l'automne, de façon qu'elle puisse être consommée en été. Un léger labour, suivi d'un hersage, suffît
pour préparer la terre. La graine, répandue à la volée, est assez recouverte par un seul roulage. La quantité de semence à employer pour un hectare parait devoir être de 30 à 40 kilogr.
Fig. 597 Tête de fleurs du piedifoUeatt.
Fig. 598. Fleur grossie du pied-f oiseau.
Fig.[59U. [Groupe de fruits du piedd oiseau.
Fig. 600. Fruit grossi du pieddy oiseau.
Fig. o9C. Pied-d'oiseau.
Les tiges du pied-d'oiseau ayant une tendance marquée à se coucher sur le sol, c'est principalement comme pâturage qu'on devra l'utiliser, et avec d'autant plus de raison qu'il repousse assez promptement sous la dent des animaux, surtout lorsque le sol conserve un peu de fraîcheur pendant l'été. On peut le mélanger aux graminées, qui ne l'empêchent pas de se développer.
Le rendement du pied-d'oiseau paraît équivaloir à la moitié de celui de la vesce.
Quant au compte de culture de celle plante, elle est introduite depuis trop peu de temps chez nous pour qu'on puisse l'établir d'une manière bien précise.