AJONC
Frais, ce pâturage convient aux moutons; sec, il est repoussé par tous les bestiaux.
Si les lupins sont destinés à servir d'engrais vert, on attend qu'ils soient en pleine fleur, ce qui a lieu du milieu à la fin de juin. On emploie, pour les enterrer, les deux procédés suivants. Par le premier on fait arracher le lupin, puis des femmes qui suivent la charrue le couchent dans la raie, à mesure que la charrue avance. Ce mode ne laisse rien à désirer; mais il est assez coûteux; il est préférable d'employer le suivant, qui consiste à faire traîner à la surface du champ, par un attelage, une pièce de bois assez lourde, tirée transversalement de façon à courber sur le sol les tiges de lupins. On pratique ensuite un labour dont les raies suivent la direction dans laquelle les tiges ont été couchées.
Les lupins sont doués, plus encore que lés autres plantes légumineuses, de la faculté d'absorber dans l'atmosphère la plus grande partie de leurs principes nutritifs. Gomme ils offrent, en outre, une masse considérable de feuilles, ils forment l'engrais vert le plus puissant.
Lorsque les lupins sont destinés à la production des semences, on attend, pour faire la récolte, que la tige soit jaune. On les coupe à la faucille, puis, dès que les gousses sont bien sèches, on prépare, de place en place sur le champ, de petites aires sur lesquelles on opère le battage au moyen du fléau. La graine est ensuite vannée et criblée. Quant aux débris des tiges, on les répand sur le champ et on les brûle.
Avant de donner la graine de lupin aux bestiaux, on la débarrasse d'une partie de son amertume en la faisant macérer dans de l'eau, plusieurs fois renouvelée. Si, au contraire, on veut l'employer pour fertiliser la terre, on lui fait perdre sa faculté germinative en la chauffant dans un four. Cet engrais est l'un des plus puissants. Dans le Midi, on l'emploie particulièrement pour les arbres fruitiers.
ajonc.
V ajonc, connu aussi sous les noms de jonc-marin, de genêt épineux, de lande ou landier, de vigneau (ulex europxus, L.) (lig. 608 à 01 0) , est un arbrisseau épineux qui atteint souvent 2 mètres d'élévation et qui croit spontanément sur toute l'étendue de notre territoire dans les lieux secs et stériles. Ses jeunes pousses sont un excellent fourrage vert pour tous les bestiaux.
L'ajonc vit longtemps, donne plusieurs coupes abondantes chaque
Climat et sol. — L'ajonc s'
année, exige peu de dépenses pour sa culture, améliore le sol, et s'accommode de terres médiocres qui ne pourraient produire ni trèfle, ni luzerne. C'est surtout en Bretagne que Ton en fait usage comme plante fourragère.
ccommode de tous les climats de la France; mais c'est particulièrement dans les déparlements de l'Ouest qu'il se développe vigoureusement.
Les terrains qu'il préfère sont les argiles sableuses, profondes; il végète aussi convenablement dans les terrains siliceux, pourvu qu'ils soient un peu frais. Il refuse absolument les sols calcaires.
Fi*. 608. Ajonc.
Fi g
. 609. Fleur de l'ajonc.
Fig. 610. Fruit de t ajonc.
Culture. — La culture de l'ajonc est des plus simples. On répand la semence, au printemps, dans une céréale d'été ou d'hiver, et on la recouvre par un hersage. 11 en faut environ 15 kilogr. par hectare. Lorsque la céréale est récoltée, on éloigne avec soin du champ toute espèce de bétail.
Récotte et emploi du produit. — A l'entrée du deuxième hiver qui suit l'ensemencement, on obtient une première coupe. On peut ensuite faucher tous les ans; mais il est préférable de ne le faire que tous les deux ans. Les plantes sont alors plus vigoureuses et présentent une plus longue durée. Dans le Nord, on retarde cette coupe jusques après l'hiver, dans la crainte que les souches, mises à nu, ne souffrent de l'intensité du froid, surtout lorsqu'elles ne sont pas couvertes de neige. Cette récolte est faite au moyen de la faux ou de la faucille.