‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 72 sur 167 · MOUTARDE BLANCHE · texte numérisé non relu

MOUTARDE BLANCHE

C'est le plus souvent comme récolte intercalaire, avant une récolte principale, qu'on cultive ces plantes. Ainsi, à la fin de l'été, aussitôt après la récolte dune céréale, on enterre les chaumes par un labour, on herse, puis on répand la semence à la volée, et on la recouvre par un léger hersage. Dès la fin de l'automne, si l'ensemencement a été fait de bonne heure, on peut commencer à faire consommer ce fourrage, et Ton continue pendant tout l'hiver jusqu'au printemps au moment où les plantes commencent à fleurir. Ce fourrage peut être pâturé sur place, ou fauché et consommé à J etable. Comme les plantes repoussent après avoir été pâturées une première fois, on peut en obtenir plusieurs coupes successives.

Le colza est la plus productive de ces trois espèces, mais il exige une terre plus riche et plus substantielle. On répand 4 à 5 kilogr. de graines par hectare.

La navette d'hiver est réservée pour les terrains plus légers et moins riches. Quant à la navette d'été, la moins productive des trois, elle est cependant préférée, parfois, à la précédente pour la plus grande précocité de son fourrage; mais elle ne réussit que dans les contrées à hivers doux. On emploie, pour l'une et pour l'autre, 10 à 12 kilogr. de semences par hectare.

Quelquefois on associe à ces plantes d'autres fourrages précoces, tels que le trèfle incarnat, la vesce d'hiver, etc.; il en résulte une excellente nourriture pour les animaux.

Depuis quelques années, on a essayé la culture du Pé-tsaie, ou chou de Chine (brassicasinensis), dont les fanes sont, dit-on, excellentes, soit pour la nourriture des bestiaux, soit comme engrais vert. Ce qui le recommande principalement, c'est sa précocité; les semis faits en mars sont en fleur à Ja fin d'avril. Semé en octobre, il offre, dès le 1 5 mars, plus de 1 mètre de développement et entre en floraison à la fin du même mois, tandis qu'à cette époque la navette et le colza montrent à peine leurs boutons. C'est donc un des fourrages les plus hâtifs et les plus succulents; mais il ne résiste pas toujours aux derniers froids de l'hiver.

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