‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 93 sur 167 · I.oticr corniculé · texte numérisé non relu

I.oticr corniculé

Yesce inullillore. . . .

1/20 1/20 . 2/iO 2/20 1/20 2/20 1/20 1/20 1/20 5/20 4/20 1/20

100 kil.

to -

KO lit.

10 kil.

lo - 80 lit.

5 kil.

4 lit.

0 kil. 500 1 ,80 )

4 lit.

Nous ne croyons pas devoir indiquer de mélanges pour toutes les circonstances où Ton peut avoir à créer des prairies; ces circonstances sont si nombreuses et si variables, qu'il nous serait impossible de donner assez de précision à nos exemples pour qu'ils pussent avoir une utilité réelle dans la pratique. Nous ferons seulement observer que, quelque soin que Ton apporte pour approprier ces mélanges au climat, à l'exposition, à la nature du sol, il arrivera bien rarement que les proportions établies entre les diverses espèces se conservent; le plus souvent, certaines espèces envahiront l'espace au dépens de quelques autres qui s'épuiseront et finiront par disparaître. Ainsi, le trèlle rouge, la luzerne, le sainfoin, que Ton fait fréquemment dominer dans ces mélanges, diminuent peu à peu au profit d'autres espèces semées en même temps qu'elles, ou dont les semences existaient primitivement dans le sol. Enfin, ce n'est qu'après un certain nombre d'années que l'équilibre s'établit entre les forces relatives de ces diverses espèces et que la composition de la prairie devient stable.

Époque de l'ensemencement. — Le climat, la nature du sol, la

rusticité plus ou moins grande des plantes qui forment la masse du mélange, sont les principales considérations qui déterminent l'époque de l'ensemencement.

Sous le climat du Midi, où l'on n'a pas à redouter les gelées in-

tenses, et où les premières chaleurs de 1 été sont très-funestes au développement des jeunes plantes semées au printemps, on répand les graines au commencement de septembre, afin que la végétation prenne un certain développement avant l'hiver. H en est de même sous les climats moins chauds, pour les terrains secs, légers; mais Ton ne sème ainsi que les plantes graminées, et Ton attend le printemps pour les légumineuses qui doivent entrer dans le mélange, parce qu'elles pourraient souffrir de l'hiver.

Pour les terrains frais ou humides situés au delà de la limite nord de la région du maïs, il vaut mieux attendre le mois de mars.

Mode d'ensemencement. — En général, il est bon d'associer au semis de la prairie naturelle une autre récolte qui la défende contre l'ardeur du soleil pendant sa jeunesse, et dont le produit paye la rente de la terre pendant cette première année. Nous avons indiqué, en traitant de la culture du trèfle rouge, les diverses récoltes dans lesquelles ces semailles peuvent être faites, et les soins que réclame cette opération.

Si les graines qui composent ce mélange ne présentent pas toutes la même grosseur, on sème d'abord les plus grosses, et on les recouvre par un hersage; on répand ensuite les plus fines, après quoi on donne un hersage très-léger ou seulement un roulage.

Quelquefois on établit la prairie naturelle en deux fois, c'est-à-dire qu'on commence par former une prairie artificielle, composée de trèfle rouge, de trèfle blanc et de ray-grass vivace pour les terrains frais et substantiels, ou de luzerne, de sainfoin et de fléole des prés pour les lerr.iins secs. Lorsqu'une partie des légumineuses a disparu, on fait passer, en automne ou au printemps, une lourde herse en long et en travers, après avoir répandu sur le sol, principalement sur les places vides, un mélnnge de graines choisies. Un engrais liquide versé au printemps, ou une fumure en couverture, appliquée à l'automne, assure le succès de ces semailles complémentaires.

Quel que soit le mode d'ensemencement employé, il faudra choisir, pour le pratiquer, un temps disposé à la pluie, mais calme, afin que la dispersion des graines fines se fasse régulièrement.

Création au moyen de la transplantation des gazons. — Ce mode de gazonnemenl, beaucoup moins usité que le précédent, a été imaginé en Angleterre, dans le comté de Norfolk, et a été employé depuis, avec succès, sur le continent, dans quelques circonstances particulières. Ou prépare la surface que I on veut gazonner comme si l'o 1 voulait l'ensemencer, et l'on y trace, avec un 1 ayonneur, des lignes distantes de fim08 les unes des autres; après quoi, on cherche une prairie cou-

verte d'un gazon épais, déjà anciennement formé et composé de plantes de bonne qualité et surlout à racines traçantes. On la découpe par bandes au moyen du tranche-gazm de Rey de Planazu (lïg. 771),

Fig. 771. Tranche-gason de Rey de Plannzu.

dont les lames sont disposées de façon à laisser entre elles un espace de 0m08; seulement on fait passer ensuite, dans la direction de ces bandes, une charrue qui renverse alternativement deux tranches de gazon et en laisse une intacte. Ces bandes étant coupées par fragments de 0ra08 de longueur, on les enlève, puis on répète la même opération, mais dans une direction perpendiculaire à la première; de sorte que ce champ, ainsi partiellement dépouillé, reste couvert de petites plaques de gazon de 0"08 carrés et séparées les unes des autres par un espace vide de 0m16 (lig. 7 7 '2). L'eut rure de la charrue destinée à lever les gazons doit être réglée de manière à conserver à ceux-Ci une épaisseur de 0m05 à 0n,07.

A mesure que les gazons sont détachés, on les transporte sur le champ à gazonner, où on les enterre à moitié, en les disposant comme un échiquier et en laissant entre eux un espace vide deOMG (fig. 775). Les lignes tracées par le rayonneur guident les ouvriers. Immédiatement après, on répand sur toute la surface du champ un demi-ensemencement avec des graines de très-bonnes espèces. Cette semaille hâte le gazonnement des parties qui restent vides entre les plaques de gazon. On termine en faisant passer un rouleau pesant, qui achève d'enfoncer ces plaques jusqu'au niveau du sol. Un hectare de prairie peut servir à gazonner huit hectares de terrain, tout en conservant assez de gazon pour remplacer bientôt celui dont il vient d'être privé. On ne doit détacher de gazons que ce que Ton pourra en placer dans la journée, autrement les racines seraient fatiguées et leur reprise serait plus difficile. Cette opération est pratiquée à l'automne . ou au commencement du printemps, suivant que le sol est plus ou

moins exposé à la sécheresse. La prairie ainsi formée n'exige ensuite que quelques roulages pour forcer l'herbe à taller et l'empêcher de se développer en petites buttes.

Quant à la prairie que Ton a partiellement dépouillée, on y répand

Fig. 772. Surface d'une prairie après Fig. 773. Prairie gasonnèe an moyen C enlèvement partiel du gazon. de la transplantation.

aussi un demi-ensemencement de bonnes graines, et une bonne fumure pour lui faire réparer ses pertes; on y suspend la récolte pendant la première année, et on lui applique plusieurs roulages.

Les avantages de ce mode de création sont les suivants : au moyen d'un hectare de bonne prairie, on en forme huit, sur lesquels le gazon est très-promptement composé des espèces qui peuvent s'associer et donner un bon fourrage. Cette prairie arrive beaucoup plus vite que par l'ensemencement à un état stable et à son plus haut degré de fertilité. Mais les inconvénients ne sont pas moins nombreux; et sans parler de l'hnproduclion de la surface pendant deux ans, les frais de découpage et de transplantation joints à ceux de fumure, roulages, etc., sont tels, qu'il convient de n'employer ce procédé que

pour des circonstances exceptionnell» s, lorsqu'il s'agira, par exemple, de former une prairie irriguée sur une pente rapide ou sur un terrain très-sablonneux ou couvert de galets roulés, où les gazons transplantés seront moins facilement déracinés par l'action des eaux que les jeunes plantes résultant de l'ensemencement.

Quel que soit le mode adopté pour créer la prairie, il faudra lui donner les soins suivants. Si le semis a été fait au printemps, dans une céréale, on répand, en couverture, un engrais pulvérulent un peu actif aussitôt après l'enlèvement de la céréale, à moins que cette fumure complémentaire n'ait été appliquée au moment de l'ensemencement; on pratique ensuite deux roulages avec un rouleau très-pesant. Au printemps suivant, dès que l'herbe commence à repousser, on la fait pâturer par les moutons, qu'on y parque jour et nuit, et l'on continue de les y ramener, pendant tout 1 été, après chaque nouvelle pousse. Lorsque l'ensemencement aura été fait à l'automne, dans une céréale d'hiver, on fera pâturer par les moutons à l'automne suivant, on roulera avant l'hiver, on répandra un engrais pulvérulent au printemps, et l'on recommencera le pâturage par les moutons jusqu'à l'automne.

C'est là le meilleur moyen de hâter la formation des gazons, même pour les prairies qui devront être ( onstamment fauchées. Si l'on fauchait dès la première année, les herbes ne talleraient pas autant, et le gazon s'éclaircirait au lieu de s'épaissir. L'expérience à montré d'ailleurs que les moutons ne mangent que la pointe des jeunes herbes, et ne les déracinent pas. On ne fauche, dès la première année, que dans les terrains humides, car le pâturage y serait nuisible. Les prairies destinées à former des pâturages pour les gros bestiaux ne sont régulièrement soumises à ce mode d'exploitation qu'à parti r,du printemps de leur troisième année. Quant à celles qui doivent être fauchées, il est bon d'y prolonger le pâturage jusqu'au commencement de la quatrième année. Enfin, depuis le moment de leur création jusqu'à celui de leur exploitation régulière, les prairies doivent recevoir un sarclage, chaque année, au printemps.

Nous devons ici étudier séparément l'entretien des pâturages et celui des p-airies proprement dites ou prés. Nous examinerons plus loin les circonstances où il convient d'adopter l'un ou l'autre de ces modes d'exploitation.

Entretien def pâturages. — Si l'on veut que les pâturages attei-

gnent promptement leur plus haut degré de fertilité, et qu'ils s'y maintiennent, il convient de leur donner chaque année quelques soins.

Engrais et amende ment a. — Les excréments que les bestiaux laissent sur les pâturages surlisent le plus ordinairement pour y entretenir la fertilité; mais s'ils sont laissés intacts sur le gazon, ils privent momentanément d'herbe l'espace qu'ils occupent; et, comme une bête à corne peut, en un jour, couvrir de ses fientes un mètre carré de surface, cela ne laisse pas que de diminuer sensiblement le produit du pâturage. Plus tard, ces excréments tournant exclusivement au profit du petit espace qui les environne, et chacun de ces points recevant une dose d'engrais beaucoup trop considérable, l'herbe y pousse avec une telle vigueur, qu elle est aqueuse, peu nourrissante, et que 1rs bestiaux la délaissent. Enfin, les animaux revenant constamment à la même place, soit pour ruminer, pendant la chaleur du jour, soit pour passer la nuit, il en résulte que leurs excréments sont accumulés sur quelques points seulement. Pour éviter tous ces inconvénients, il est utile de faire disperser régulièrement les fientes tous les deux ou trois jours. Sur d'autres points, on réunit, chaque soir, les bestiaux dans une sorte de parc où ils passent la nuit. Ce parc étant mobile, on le change de place après chaque nuit, de façon à l'asseoir successivement sur toute l'étendue du pâturage, et à répartir ainsi également la fiente des animaux sur toute la surface.

Dans quelques localités, où l'entretien des pâturages est mieux entendu encore, on enlève les fientes tous les deux ou trois jours et on les réunit dans un coin du pâturage, où l'on £n forme des couches alternatives avec de la terre. Au moment d'employer ce compost, on en mélange parfaitement les diverses couches. Ce mode est certainement préférable au précédent, en ce que les principes volatils et fertilisants des excréments, qui sont en grande partie répandus dans l'air lorsque ces fientes restent exposées sur le sol, sont, au contraire, absorbés par la terre qu'on y mélange, et sont retenus au profit du pâturage. On j>eut affirmer, sans exagération, que ce procédé a pour effet d'augmenter de moitié la puissance de l'engrais produit par les bestiaux, à tel point que l'on peut, sans inconvénient, en employer une partie sur d'autres terres sans nuire au pâturage. Mais, si les déjections des bestiaux nourris 'sur la pâture suffisent pour lui restituer les principes azotés que ceux-ci lui enlèvent, if n'en est pas de même pour les matières salines dont le sol est privé par la végétation des plantes et que les animaux s'assimilent. 11 est donc nécessaire de les rendre à la terre, en y répandant des engrais minéraux ou salins.

Le moment convenable pour répandre ces engrais salins est le commencement ou la fin de l'hiver. On choisit la première époque si la surface du terrain est à peu près horizontale, et la seconde pour les surfaces inclinées ou les terrains inondés en hiver, parce que Ion évite ainsi que ces matières ne soient entraînées par les eaux avant d'avoir pénétré dans le sol.

Irrigations — Les irrigations d'été sont moins applicables aux pâturages qu'aux prés. Elles ont, en effet, pour résultat de ramollir la surface du sol, et de faire que le piétinement des bestiaux fatigue le gazon et détruise les canaux d'irrigation. D'ailleurs, ces arrosements donnent lieu à des fourrages qui, consommés en vert, sont bien moins nourrissants que ceux qui se sont développés sans leur secours. On peut cependant en user dans quelques circonstances particulières, par exemple, sur les terrains légers exposés à la sécheresse dès le commencement de l'été. Dans ce cas, on préférera \" irrigation par infiltration, parce qu'elle offre l'avantage d'humecter suffisamment le sol sans le rendre inabordable aux bestiaux. Quant aux irrigations d'hiver, elles peuvent être employées avec beaucoup d'avantage pour ces sortes de prairies, parce qu'elles sont souvent un moyen de répandre à la surface du sol des matières limoneuses douées d'une grande fertilité. La plupart des pâturages renommés doivent une partie de leur richesse à ces irrigations, qui se font naturellement par le débordement hivernal des cours d'eau qui les avoisinent. Nous renvoyons au chapitre des Irrigations (t. l'r, p. 148) pour tout ce qui se rattache à cette opération.

Destruction des plantes nuisibles. — Malgré tout le soin que l'on aura pu apporter dans le choix des graines employées pour la formation du pâturage, on verra bientôt apparaître un certain nombre d'espèces nuisibles, dont les semences existaient dans le sol, ou qui y sont apportées par les vents et par les eaux. Parmi ces plantes, les unes ont réellement des propriétés délétères; les autres communiquent au lait ou à ses produits une saveur désagréable; quelques-unes enfin sont repoussées par les bestiaux, et occupent inutilement la place des bonnes espèces. Il convient donc de détruire ces plantes. Nous en donnons ici la liste, en les partageant en trois groupes, caractérisés surtout par leur durée et leur mode de végétation.

PMINCIPALKS ESPECES I»E PL VICIES NUISIBLES AUX PAIUKAGES.

1° Plantes vivaces à racines non traçantes.

tconiles (Acouilnm).

Ail (Allium).

Anémone pulsatillc (Anémone puUati'ta, L.).

Armoise (Artemisia vulgaris).

Arnica officinal (Arnica montana, L.).

Ballote noire (Bal/ota nigra, L.).

Belladone (Atropa belladona, L.).

Berles (Sittm).

Bétoine (Belonica officinale, L.).

Bruyères {Erica).

Butôme (Butomus umbellalus, Locataires (Sepeta).

Cerfeuils (Chxropkyllum)..

Ciguë aquatique (Cicuta virosa, LA

Colchique d'automne (Colchicum automnale, L.).

Euphorbes (Euphorbiu).

Gentiane jaune {Genttana lulca, L.).

Globulaire commune (Globularia commuais, L.).

Hellébores {Helleborus, L.).

"2° Plantes vivaces à

Marrube commun (Marrubium vu'

gare, L.).

Mauves (ilalva).

Mélisses (Melissa).

Myrrhis (Cherophyllum).

Orchis (Orchis).

Œnanthes (OEnanlhé).

Patiences (R:,mei).

Plantain d'eau (AUsma plautayo, L.).

Populage des marais (Caltha palus- /rà, L.).

Primevères (Primula, L.).

Rubans d'eou (Sparganium).

Sauges (Sa lui a).

Scrophulaire aquatique (ïcrophularia

aqitatica, L.).

Sisons (Sison).

Valériane officinale (Valeriana officinalh, L.).

racines traçantes.

Aristoloche clématite (Aristolochia cle-

matilis, L.).

Arrête-bœuf (Ononis spinosa, L.).

Aunées (Inula).

Caillelait (Galium).

Carex ou laiches (Carei).

Chardons (Cnicus et Carduus).

Chardon-Roland ( Eryuyium campes-

Ire, L.).

Douce- amére (Solarium dulcamara, L.).

Fougères (Pteris et Poly podium).

Gcrmandrée (Teucrium scordium, L.).

Iris des marais Iris pseudo-acorus, L.). Joncs (Juncus).

Lierre terrestre (Glecoma hederacca, L.).

Linaigrettes (Eriophortim).

Linaire commune (Linaria vulgaris, L).

Lycope d'Europe (Lycopus Europeus, L.).

Lysimache commune (Ijysimachia rul-

gans,L.).

Menthes (Mentha).

Myosotis des marais (Myosotis painstris, L.).

Ortie dioîque (Urtici dioica, L.).

Prêles (Equisetum).

Renoncules (Ranunculus).

Schœnus (Schœnus).

Scirpcs (Scirpus).

Séneçon des marais (Senecio puludo-

sus, L.).

Souchets (Cyperus). .

Stachis des marais (Stachis palustrls,

Tanaisie commune ( Tanacelum. vul-

gare, L.).

Tussi liages (Tussilago).

5° Plantes annuelles ou bisannuelles.

Alliaire (Erysimum alliaria, LA Centaurée cliaussetrnpe (Centaurea cal-

Bardane (Actium lappa, L.). citrapa, L.).

Bidens (Bidens). Ciguë des jardins (Conium macula- Cardiaque officinale (Leonnrus car- tutu, L.).

diaca.L.). Cocrête (Hhinanthus crista - gain,

Carline commune (Carlina vulgaris, \..). L.).

Cresson des marais {Sisymbrium palustre, L.)

Digitale pourprée (Digitalit purpurea, LA

Euphraise rouge (Euphrasia odontites, L,).

Jusquiames (Htjoiciamm). , Laitue vireuse (Lactuca virosu, l..).

Lobëlie brûlante (Lobelia urw, Molénes (Verbascum).

Morelle noire (Solanum nignim, V.).

Onopordc à feuilles d'acanthe (Onopordium acanthium, L.).

Orobanches (Orobanche).

Pédiculaire des marais (Pedicularis palus tris, L).

I'hellandrium aquatique (Phellandrium oqualicum, \. )~.

Poivre d'eau (Polygonum hydropiper,L.).

Slramoine( Dntura stramonium, L.).

On peut employer, pour la destruction de ces diverses plantes, plusieurs procédés. Pour les espèces qui croissent habituellement dans les endroits très-humides, telles que les mousses, les joncs, les carex, etc., il suffit, parfois, d'assainir, d'égoulter le terrain, puis d'y répandre des engrais salins, tels que cendres de bois, cendres pyriteuses, chaux, plâtre, suie; ces substances, appliquées pendant l'hiver, ont la propriété de faire disparaître l'acidité du terrain, de le rendre impropre à la végétation des espèces dont nous venons de parler, de favoriser, au contraire, le développement des graminées et surtout des légumineuses. On hâte encore ce résultat en chargeant le pâturage d'un plus grand nombre de bestiaux, qui le fument copieusement. Un hersage énergique, donné à la tin de l'hiver, est un complément nécessaire pour les surfaces couvertes de mousses.

Quant aux plantes nuisibles qui résistent à ce mode ou qui croissent dans les pâturages secs ou à peine frais, on emploie les procédés suivants, selon la durée et le mode de végétation de ces espèces. Lorsque ces plantes sont pourvues de racines vivaces non traçantes, on les fait couper entre deux terres, au-dessous du collet de la racine, un peu avant leur floraison, ou on les arrache. Si ces plantes ont des racines vivaces traçantes et profondes, on n'arrive à leur destruction complète qu'en les faisant faucher rez-terre plusieurs fois par an, dès que leur tige a atteint une hauteur de 0B30 environ. Ces coupes successives empêchent les racines de s'allonger de nouveau, et la plante nuisible périt bientôt d'épuisement.

Il arrive parfois cependant que certaines parties des pâturages sont tellement infestées de ces plantes vivaces, que leur destruction devient fort longue et trop dispendieuse; dans ce cas, il est préférable de faire pratiquer un défrichement et d'y former un nouveau gazon, en employant les moyens décrits pour la création des prairies. Ce procédé s'applique aussi bien aux pâturages qu'aux prés.

Pour les espèces annuelles ou bisannuelles, il suffira de les couper un peu avant leur floraison pour les empêcher de répandre leurs se-

Page 1