II. — Matières rares
Nous rechercherons dans l'eau sous ce nom, les acides azotique, azoteux, phosphorique, borique, le fluor, l'arsenic, l'iode et le brome, l'ammoniaque et les métaux alcalins, lithium, rubidium, caesium.
â33. Acide nitrique et nitrates. — Pour en déceler des traces le mieux est d'employer laméthode de Nicholson. On évapore à sec dans une petite capsule de porcelaine un centimètre cube de l'eau à examiner; on humecte le résidu avec une ou deux gouttes d'acide sulfurique monohydraté pur, au centre duquel on place un petit fragment de brucine gros comme une tète d'épingle et que l'on broie avec une baguette de verre ; suivant la quantité de nitrates contenus dans l'eau, on obtient une coloration qui varie du rose au rouge sang. Ce procédé permet de reconnaître dans l'eau un dix-millionième d'acide nitrique.
334. Azotites. — Ils se trouvent surtout dans les eaux pluviales. On les recherche en plaçant dans un tube de verre 50 centimètres cubes de l'eau à essayer, 4 centimètre cube d'acide sulfurique étendu de deux fois son volume d'eau, et 1 centimètre cube du réactif de TrommsdorfT. S'il y a des azotites, au bout d'un temps variable de trente secondes à trois minutes, le liquide se colore en bleu qui peut aller jusqu'au noir.
335. [Le réactif de Twmmsdorff esinne combinaison d'iodures d'amidon et de zinc. On le prépare en faisant bouillir pendant plusieurs heures 5 grammes d'amidon ou de fécule avec 20 grammes de
chlorure de zinc et 100 d'eau, que l'on renouvelle à mesure qu'elle s'évapore. L'ébuUition est prolongée jusqu'à dissolution presque complète de l'amidon. On ajoute alors 2 grammes d'iodure de zinc, on étend d'eau jusqu'à un litre et l'on filtre. Cette liqueur doit se conserver dans un flacon bien bouché à l'abri de la lumière.]
Acide pbospbopfqae. — Il peut se trouver à l'état de phosphate de soude, comme dans les eaux de Vichy, ou sous la l'orme de phosphate de chaux dissous à la faveur d'un excès d'acide carbonique, et toujours en très faible quantité. On concentre 2 ou 3 litres d'eau de manière à en réduire le volume à 50 ou 60 centimètres cubes, puis on ajoute du molybdate d'ammoniaque dissous dans l'acide azotique. Au bout de quatre à six heures tout l'acide phosphorique s'est déposé sous la forme de phosphomolybdate d'ammoniaque jaune. Le maintien de la liqueur à une température voisine de 50 degrés facilite beaucoup la formation de ce dépôt.
887. Acide borique et liorates. — On ajoute à un litre d'eau un peu de carbonate de soude pur, puis on évapore doucement à sec; le résidu est examiné avec du bisulfate de potasse, comme on l'a indiqué déjà à propos de la recherche du bore dans les matières silicatées (n° 264).
838. Fluor. — On ne le rencontre que rarement dans les eaux, et à l'état de fluorure de calcium. On évapore à sec 1 ou 2 litres d'eau, et l'on place le résidu dans un petit creuset de platine avec un peu d'acide sulfurique concentré ; on ferme le creuset avec un verre de montre enduit sur sa face convexe de cire sur laquelle on a tracé quelques traits. On chaufl*e doucement après avoir mis de l'eau dans le verre démontre, et au bout de quelque temps celui-ci est enlevé et nettoyé. S'il y a du fluor les traits sont gravés sur le verre, et s'ils ne sont pas immédiatement visibles, en projetant l'haleine sur le verre froid, l'humidité se condense de préférence sur les points attaqués par l'acide fluorhydrique, et les traits deviennent visibles pour peu que l'eau ait renfermé de fluor.