‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 112 sur 197 · IV. — Essais propres a reconnaître si une eau est potable · texte numérisé non relu

IV. — Essais propres a reconnaître si une eau est potable

345. Quand il s'agit seulement de savoir si une eau peut servir à l'alimentation, aux besoins journaliers, et qu'une analyse complète n'est pas nécessaire, quelques réactions fort simples permettent de se renseigner d'une manière assez précise sur les qualités de cette eau.

Une eau potable doit avant tout être limpide, sans odeur et sans saveur, ne pas se troubler par l'ébuUition ou ne se troubler que très faiblement ; elle doit contenir au moins 150 milligrammes de chaux par litre, mais pas plus de 250, car, avec cette quantité, elle est déjà incrustante. Si on la destine aux usages de l'agriculture, elle doit contenir une certaine quantité de silice; enfin, elle doit être à peu près dépourvue de sulfate de chaux.

Les matières à rechercher dans l'eau, sont : le carbonate de

chaux, souvent dissous à la faveur d'un excès d'acide carbonique, le sulfate de chaux, les chlorures et les matières organiques.

Il est très avantageux de faire les essais relatifs à l'eau que l'on examine, comparativement aux mêmes essais faits sur une eau de bonne qualité; pour cela, on dispose sur une table deux séries parallèles de verres à expériences de même taille; on introduit dans ces verres des quantités égales de l'eau à essayer et de celle qui servira de terme de comparaison, puis, dans chacun d'eux, avec une pipette ou un tube, des quantités sensiblement égales des mêmes réactifs.

346. i"" Chlorare». — On verse dans les deux vases quelques gouttes d'acide nitrique, puis du nitrate d'argent, et l'on agite fortement avec une baguette de verre pour rassembler le précipité. Le chlore se dépose au fond des verres à l'état de chlorure d'argent insoluble dans l'acide azotique étendu. Il doit n'être jamais qu'en très petite quantité.

â47. 2" Sulfate de chaax. — Les eaux qui, comme celles des puits de Paris, en contiennent une quantité notable, sont dites séléniteuses. Elles sont impropres au savonnage, car leur chaux se combine avec les acides gras du savon pour former des savons calcaires insolubles, qui se rassemblent en grumeaux et s'attachent au linge, en entraînant toutes les matières qui sont en suspension dans l'eau. Elles sont impropres à la cuisson des légumes, car le sulfate de chaux se combine avec leurs substances azotées pour former des composés durs, insolubles et difficiles à digérer.

Quelques gouttes d'une solution alcoolique de savon (100 grammes de raclures de savon pour 1500 d'alcool à 40 degrés) donnent dans les eaux potables un léger trouble sans formation de grumeaux. Ceux-ci apparaissent dès que le sulfate de chaux se trouve on quantité un peu considérable.

348. S** Carbonate de chaux. — Les eaux qui en renferment sont également impropres au savonnage, et par l'ébuUition, l'acide

Page 1