‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 117 sur 197 · IV. — Recherche des poisons métalliques en général · texte numérisé non relu

IV. — Recherche des poisons métalliques en général

362. Lesprocédés qui viennent d'être indiqués pour la recherche du mercure, du plomb et du cuivre sont très analogues les uns aux

autres, et lorsqu'il s'agira de retrouver un poison métallique, on pourra suivre une marche applicable dans les divers cas qui peuvent se présenter. Tout d'abord il faut remarquer que les métaux proprement dits dont les sels sont vénéneux à faible dose, et qui ont donné lieu, plus ou moins souvent, à des empoisonnements accidentels ou prémédités, sont en petit nombre ; il n'y a lieu d'ajouter aux trois, précédemment étudiés, que Tétain, l'antimoine et le zinc. Tous ces métaux, sauf le zinc, appartiennent à la catégorie de ceux dont les sulfures sont insolubles dans les acides étendus.

Si donc il s'agit de rechercher l'un de ces corps, quel qu'il soit, on commencera par détruire les matières organiques en les traitant par le mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate de potasse, après les avoir convenablement divisées; on fait bouillir la liqueur (ittrée pour en chasser l'excès de chlore, et Ton y dirige un courant d'acide sulfhydrique jusqu'à ce qu'elle en soit saturée. On l'enferme alors dans un vase bouché et on l'abandonne ainsi pendant vingt-quatre heures, après lesquelles elle doit sentir très fortement encore Thydrogène sulfuré ; dans le cas contraire, on renouvelle le passage du gaz jusqu'à ce qu'il en reste en excès après vingt-quatre heures de repos. Les métaux autres que le zinc se déposent à l'état de sulfures; on décante la liqueur claire, on fait tomber le précipité sur un petit filtre, et on le lave avec de l'eau chargée d'hydrogène sulfuré. Le cuivre, le plomb et le mercure donnent des sulfures noirs, celui d'élain est jaune, celui d'antimoine orangé. Il faudra, du reste, examiner alors avec le plus grand soin ce précipité de sulfure pour caractériser sans hésitation le métal qui lui a donné naissance.

363. Si l'hydrogène sulfuré n'a pas donné de précipité dans la liqueur où l'on soupçonne la présence d'un poison métallique, il est fort à présumer que ce métal est du zinc. C'est ainsi qu'on le rencontre, par exemple, dans les vins que l'on a conservés quelque temps dans des vases de zinc; le bitartrate de potasse du vin a dissous une certaine quantité de métal. On neutralise la liqueur acide par un léger excès de carbonate de • soude, puis on chauffe : le zinc, s'il y en a, se précipite à l'état

d'hydrocarbonate blanc. Ce précipité, recueilli sur un filtre et lavé, est dissous dans Tacide acétique, et la dissolution additionnée d'hydrogène sulfuré ; si elle renferme du zinc, il se produira un précipité blanc de sulfure tout à fait caractéristique, le zinc étant le seul métal dont le sulfure soit blanc et qui se produise dans ces circonstances.

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