I. — Phosphore
364. Les empoisonnements par le phosphore sont dus surtout à l'emploi des allumettes chimiques et de la pâte phosphorée dite mort aux rats; comme une quantité excessivement faible de phosphore (quelques centigrammes) peut occasionner la mort, il est important de pouvoir retrouver avec certitude de très petites proportions de ce corps mélangées à de grandes masses de matières organiques. Il faut, du reste, prouver la présence du phosphore à l'état libre^ dans l'estomac, les déjections ou les aliments, car celle de l'acide phosphorique ou des phosphates qui se trouvent dans l'économie animale et dans presque toutes les substances alimentaires, ne prouverait absolument rien.
Le phosphore libre se reconnaît à son odeur caractéristique et à la propriété qu'il communique à toute la masse dans laquelle il est disséminé, de répandre des lueurs plus ou moins vives quand on l'agite dans l'obscurité.
365. EsMiI préalable. — On mélange les matières suspectes avec de l'eau distillée, de manière à obtenir une bouillie claire qu'on introduit dans un ballon. A l'intérieur, et juste au-dessus dn liquide , on suspend à l'aide d'un fil de platine une bande de papier d'acétate de plomb humide ; si au bout de quelque temps ce papier n'a pas bruni, on est assuré de l'absence de l'hydrogène sulfuré; on le remplace alors par un autre papier sensible impré-
216 ANALYSE PAR VOIE HU»ri)E.
gné d'une dissolulion d'azotate d'argent qui, si la liqueur cootienl uae trace de phosphore, et surtout si l'on chaufTe légèremenl, noircit eu douaant du phosphure d'argent; le papier traité par l'eau régale donne une dissolution dans laquelle on peut reconnaître la présence de l'acide phosphorique , par exemple avec le molybdate d'ammoniaque.
366. Procéda de Mltsclicrlich. — Ces réaclions sont peu sensibles. 11 en est tout autrement du procédé de Mitscherlich
basé sur la production des lueurs phosphorescentes et sur l'isolement du métalloïde par la distillation. La matière que l'on soupçonne empoisonnée est additionnée d'un peu d'acide sulfurique, surtout si elle contient des matières féculentes, et au besoin délayée dans de l'eau, puis on l'introduit dans un ballon qu'elle