Acide chiorhydriqae. — Odeur acide suffocante, fu
mant à l'air. L'eau en dissout environ 700 fois son volume en donnant une dissolution qui précipite en blanc le nitrate d'argent et présente les propriétés des chlorures. Avec les peroxydes, cette dissolution dégage du chlore. Au contact d'une baguette mouillée d'ammoniaque le gaz répand des fumées blanches très épaisses. Absorbé complètement par les liqueurs alcalines, le borax humide et l'anhydride sulfurique.
444. Acide brombjrdriqne. — Gaz fumant à l'air, très analogue au précédent et, comme lui, très soluble dans l'eau; la dissolution donne avec le nitrate d'argent un précipité blanc jaunâtre et présente les propriétés des bromures. Le gaz est décomposé par le chlore, qui met en liberté des vapeurs rouge foncé de brome. Il attaque le mercure faiblement et lentement.
445. Acide iodhydriqae. — Semblable aux précédents et comme eux très soluble dans l'eau, qui précipite alors en jaune le nitrate d'argent et présente les propriétés des iodures.. Le mercure le décompose très rapidement à la température ordinaire en s'emparant de l'iode et mettant l'hydrogène en liberté. Le chlore en précipite de l'iode. La dissolution s'oxyde facilement à l'air, jaunit, puis noircit, l'iode libre se dissolvant dans l'acide iodhydrique encore non décomposé.
446. tlnorare de silicinm. — Gaz incolore ; odeur acide suffocante; très fumant à l'air. Il attaque le verre humide en y déposant une couche de silice qui y adhère fortement, l'eau le décompose en donnant un dépôt de silice gélatineuse et une dissolution d'acide hydroiluosilicique, qui produit dans les sels de potasse un précipité caractéristique. Absorbé par les fluorures secs.
447. fflaornre de liore. — Gaz acide d'odeur suffocante, très fumant à l'air. Il est excessivement avide d'eau, au point de noircir le papier blanc que l'on met en contact avec lui ; l'eau en dissout de grandes quantités en donnant une dissolution d'acide hydrofluoborique qui n'attaque pas le verre à la température
ordinaire, mais qui, lorsqu'on la concentre, dégage deFacide fluorhydrique par qui le verre est attaqué. Soluble dans l'alcool qui, lorsqu'il en est chargé, brûle avec une belle flamme verte caractéristique.
448. Hydrogène phosphore. — Gaz doué d'une odeur caractéristique et persistante très désagréable ; il brûle avec une flamme vive, blanche et brillante. S'il contient des vapeurs de phosphure liquide, il est spontanément inflammable à l'air et donne des couronnes de fumée d'anhydride phosphorique. Il se combine avec les gaz bromhydrique et iodhydrique en donnant de beaux cristaux incolores. Très peu soluble dans l'eau ; absorbé par les dissolutions métalliques de cuivre et d'argent avec un dépôt noir de phosphure métallique.
449. Hydrogène arsénié. — Il brûle avec une flamme livide et production de fumées blanches d'acide arsénieux ; la chaleur le décompose en donnant un dépôt d'arsenic métallique, principe de l'appareil de Marsh. Les sels de cuivre et d'argent l'absorbent en donnant un précipité noir d'arséniure du métal. Absorbé par les dissolutions de mercure et par la benzine.
450. Hydrogène. — Gaz inodore quand il est pur et excessivement léger ; il brûle avec une flamme presque invisible à la lumière du jour, en donnant de l'eau. Cette flamme, très chaude, devient très brillante quand on y introduit un corps solide capable dé devenir incandescent (lumière de Drummond). Il colore en noir le papier imbibé d'une dissolution de nitrate d'argent ammoniacal . Très peu soluble dans l'eau. Absorbé à 70 degrés par le mélange fondu de bioxydes de cuivre et de plomb, en donnant de l'eau.
451. Éthylène. — Gaz doué d'une odeur empyreumatique désagréable quand il est pur; très peu soluble dans l'eau, davantage dans l'alcool, l'éther, les huiles essentielles et les huiles grasses ; il brûle avec une flamme jaune, fuligineuse, très éclairante, et donne un léger dépôt de charbon. Il se combine avec le
chlore à la température ordinaire en donnant de là liqueur des Hollandais, reconnaissable à son odeur caractéristique et aux gouttes huileuses qu'elle dépose sur les parois de Téprouvette dans laquelle on opère. Il est absorbé par l'anhydride sulfurique qui forme avec lui une combinaison cristallisée audessous de zéro ; par Tacide de Nordhausen, et moins facilement par l'acide sulfurique concentré ordinaire.
452. Vormèiie. — Gaz inodore quand il est pur, peu soluble dans Teau; il brûle avec une flamme jaune, bleue sur les bords, peu éclairante et sans déposer de noir de fumée; les produits de la combustion sont de l'eau et de l'acide carbonique. Ce gaz n'est absorbé ni par le brome, ni par l'acide sulfurique fumant ou ordinaire, ni par les hydracides. — Il ne l'est pas davantage par le permanganate de potasse, les métaux alcalins ou les solutions métalliques, propriétés qui le distinguent de l'éthylène, de l'acétylène et des carbures analogues. — L'alcool absolu en dissout la moitié de son volume, et l'eau seulement 1/25 du sien.
453. Acétylène. — Gaz incolore doué d'une odeur forte, désagréable et caractéristique ; il brûle avec une flamme blanche peu éclairante et donne un dépôt de noir de fumée. Il se combine avec le chlore à la lumière difiuse. L'eau en dissout son volume et l'alcool davantage. Il est absorbé et oxydé par le permanganate de potasse. Absorbé par le chlorure cuivreux ammoniacal avec dépôt rouge d'acétylure de cuivre (oxyde de cuprosacétyle).
454. Oxyde de earbone. — Gaz inodore ; il brûle avec une flamme bleue, pâle, en donnant de l'acide carbonique. Il est très peu soluble dans l'eau. Absorbé par la dissolution ammoniacale de sous-chlorure de cuivre, et aussi par la dissolution de sous-chlorure ou de sous-oxyde de cuivre dans l'acide chlorhydrique, en donnant, dans ce dernier cas, une combinaison cristalline contenant de l'eau de cristallisation. Le chlore se combine avec lui à la lumière solaire et produit de l'acide chloroxycarbonique ou oxychlorure de carbone.
455. Azote. — Gaz incolore, inodore, éteignant immédiatement les corps en combustion. Très peu soluble dans Teau. On le reconnaît surtout à ce qu'il ne présente aucune des propriétés qui caractérisent chacun des autres gaz.
456. Protoxj^de d'azote ou oxyde OEoteax. — Gaz incolore, d'une saveur légèrement sucrée; il la communique à l'eau, qui en dissout une petite quantité. Les corps y brûlent plus vivement que dans l'air, et il rallume ceux qui présentent seulement quelques points chauffés au rouge. Il est sans action sur le bioxyde d'azote et sur l'oxygène. Il est absorbé par l'alcool qui en dissout trois fois son volume, et qui le dégage à la température de son ébuUition.
457. Btoxyde d'azote ou oxyde axotiqne. — Gaz répandant à l'air des vapeurs rutilantes d'hypoazotide. Il est très peu soluble dans l'eau. Il donne un dépôt de soufre dans une dissolution d'hydrogène sulfuré, et d'iode dans une solution d'iodure de potassium; il est absorbé par l'acide nitrique, l'anhydride sulfurique, l'acide sulfurique concentré, et les acides acétique, tartrique et phosphorique. Une dissolution saturée de sulfate de protoxyde de fer peut en absorber plus du double de son volume, en se colorant en brun presque noir; le gaz se dégage par l'ébullition; l'absorption est lente et demande qu'on la facilite par l'agitation. Tous les sels de protoxyde de fer absorbent plus ou moins le bioxyde d'azote, en se colorant en brun noir foncé.
458. Oxygène. — Gaz incolore, très peu soluble dans l'eau, donnant avec le bioxyde d'azote des vapeurs rutilantes. Les corps y brûlent bien plusvivementquedansl'airatmosphérique. Il rallume les matières combustibles ne présentant plus que quelques points incandescents. Il est absorbé lentement à froid par le phosphore, par les hydrates de protoxyde de fer et de manganèse, par les sulfures alcalins. Il en est de même des solutions ammoniacales de sulfite et de chlorure de cuivre. Son absorbant le plus rapide est la dissolution d'acide pyrogallique dans la potasse ; elle se colore
en rouge noir très foncé, et absorbe l*oxygène aussi rapidement que la potasse absorbe Tacide carbonique, et presque en quantité égale; les acides gallique, tannique, dissous dans la potasse, s'y combinent également, mais l'absorption du gaz par ces deux corps est extrêmement lente, et c'est à l'acide pyrogallique que l'on a habituellement recours.
459. Osonc. — Oxygène condensé ; il se reconnaît à son odeur caractéristique, celle qui se développe près des machines électriques en activité ; c'est un oxydant énei^ique ; il transforme l'acide ar^énieux en acide arsénique; le sulfure de plomb noir, en sulfate de plomb blanc ; il change le ferrocyanure de potassium en ferricyanure; oxyde à la température ordinaire le mercure sec et l'argent humide; il détruit les matières colorantes.
L'ozone se reconnaît dans l'air à l'aide de papiers réactifs spéciaux :
l*" Papier de Schœnbeifij imbibé d'iodure de potassium amidonné ; sous l'influence de l'ozone, l'iodure de potassium humide est décomposé, et l'iode mis en liberté bleuit l'amidon; mais ce papier est infidèle, il bleuit sous les influences les plus diverses, par exemple celle des vapeurs nitreuses qui se trouvent dans l'air et qui oxydent le potassium ; celle des essences qui émanent de certaines plantes; et même par l'action d'une vive insolation.
2** Papier de Houzeau. C'est un papier de tourneSol rouge vineux, dont une moitié a été imprégnée d'iodure de potassium ; par l'action de l'ozone, il se forme de la potasse qui ramène au bleu le tournesol rouge; la partie non iodurée doit garder sa teinte normale, ce qui met en garde contre les erreurs qui seraient dues aux substances étrangères contenues dans l'atmosphère. Ce papier ne bleuit pas à la lumière seule, mais il le fait aussi en présence des vapeurs nitreuses que l'air peut renfermer.
3*" Papier de thallium. Ce papier imbibé d'une dissolution de protoxyde de thallium brunit sous Tinfluence de l'ozone, par suite de la formation de peroxyde de thallium.
4"" Le papier imprégné d'une solution alcoolique de gaïac devient bleu dans l'air ozonisé.