CHAP. I. — DU CHALUMEAU
vements donl elle est aaimée, et comme la vitesse du jet d'air est bien supérieure à la vitesse ascensionnelle des gaz de la flamme, celle-ci se dirige à peu près horizontalement en constituant un . dard qui, si on l'examine avec soin, se montre constitué de la manière suivante:
D'abord un jet d'air ou d'oxygène froid, A (fig. 16), puis une zone très chaude B, dans laquelle toutes les matières combustibles sont entièrement brûlées; la chaleur y est très intense, mais la lumière à peu près nulle. Vient ensuite une troisième région C, très lumineuse, contenant beaucoup de charbon solide et incandescent. Mais, d'autre part, l'air insufflé par le chalumeau entraine avec lui une partie des gaz de la flamme, lesquels vienneni brûler dans l'air atmosphérique; aussi l'on trouve au contact de la
couche C une nouvelle zone lumineuse D qui lui est tout à fait analogue, et au delà une enveloppe Ë très peu lumineuse et très chaude, tout y étant brûlé par l'oxygène de l'air. Le dard se compose donc, en quelque sorte, de deux flammes simples superposées, donnant une zone lumineuse CD, à l'intérieuret à l'extérieur de laquelle se rencontrent deux régions peu brillantes, mais de température très élevée, B et E.
i7i. Le dard peut servir à chauffer très fortement les substances que l'on examine, surtout si on les place à ces extrémités B et E des enveloppes chaudes. En B la température est d'ailleurs plus élevée qu'en E, car la couche extérieure perd par rayonnement dans i'air qui l'environne beaucoup de chaleur, alors que la couche intérieure n'en perd que fort peu. La flamme, au voisinage des points G et F, jouit de propriétés oxydantes, car l'oxygène y prédomine, et la température y est très élevée; elle peut donc servir
à produire des phénomènes d'oxydation et porte en ces points le nom de feu oxydant; au contraire, la partie CD, où le charbon est en excès et où la température est encore élevée, sera capable d'opérer des réductions ; aussi cette portion lumineuse CD est-elle qualifiée de feu réducteur,
Mb. Le courant d'air injecté dans la flamme devra avoir une vitesse convenable, car, puisqu'une flamme est une bulle de gaz échaufi'ée, on conçoit qu'en la refroidissant on puisse la détruire ; tandis qu'on active la flamme en y faisant arriver un courant d'air ijiodéré, on l'éteint au contraire si ce courant trop vif est susceptible de la refroidir. L'expérience indique quelle est la vitesse avec laquelle il convient d'injecter l'air avec le chalumeau.
Les corps que Ton veut soumettre à l'action de la flamme y sont maintenus de plusieurs manières. On se sert de supports capables de résister au feu, et dont les principaux sont les suivants :
IIL — Des supports.
476. Charbon. — Le charbon, outie le rôle de support, pourra exercer sur le corps une action réductrice. On se sert de préférence de morceaux de charbon de sapin, taillés à la scie en parallélipipèdes de 10 centimètres de long sur 2 à 3 de large et de haut. De sijnpies morceaux de charbon de bois taillés de manière à présenter une face plane peuvent également servir. On creuse sur une des faces une petite cavité très plate, dans laquelle on place les substances àchaufier ; le charbon tenu de la main gauche doit être un peu incliné dans la flamme, de telle sorte que, si le corps donne naissance à une matière volatile, celle-ci puisse, en se condensant, retomber sur le charbon et v constituer un enduit. Quand on veut faire agir un réactif sur la substance, on le mélange bien avec elle et avec un peu d'eau, puis on introduit une petite quantité de cette pâte dans la cavité creusée sur le charbon.
477. Coupelle». — On emploie quelquefois de petites coupelles en terre de pipe, que l'on obtient en délayant de cette terre
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dans Teau de manière à en l'aire une pâle épaisse dont on étend une couche sur du papier, et, tandis qu'elle est encore humide, on y découpe de petites rondelles de 5 à 6 millimètres de diamètre, que Ton creuse très peu. Une fois sèches, on les calcine dans un creuset ouvert de manière à détruire le papier. Ces coupelles se placent dans le trou creusé sur le charbon ; on peut aussi les tenir avec les pinces et les chauffer directement.
478. Tube». — Quand on veut chauffer les substances en vase clos, ou recueillir les produits de leur oxydation dans un courant d'air, on se sert de petits tubes de verre. Dans le premi^er cas, on fait usage de tubes fermés à un bout, et quelquefois renflés à leur partie fermée ; le diamètre de ces tubes est de 5 millimètres et leur longueur de 60 à 70. Dans le second cas, les tubes ouverts ajax deux extrémités ont 6 à 8 millimètres de diamètre et 15 à 20 centimètres de longueur. La matière bien pulvérisée y est introduite; on la place à 10 ou 15 millimètres d'une extrémité et l'on incline légèrement le tube pour y produire un courant d'air; enfin, on chauffe peu à peu l'endroit où la substance se trouve, de manière à fondre ou à volatiliser les corps sans les oxyder, d'abord avec la flamme simple, ensuite à l'aide du chalumeau.
479. Platine. — On emploie encore comme support soit une petite cuiller de platine, soit une lame mince, soit des fils de ce métal. Les fils, qui doivent avoir environ un demi-millimètre de diamètre, sont repliés à une extrémité de manière à y former une boucle en forme d'O plus ou moins allongé ; cette boucle, chauffée ou mouillée, est plongée dans le réactif pulvérisé qui s'y attache et que Ton fond en une perle avec le dard du chalumeau. Une fois la perle formée, on touche avec elle le corps à examiner, préalablement réduit en poudre, et Ton fond de nouveau, tantôt au feu oxydant, tantôt au feu réducteur, pour obtenir à chaud ou à froid des colorations caractéristiques. Le fil de platine sert encore à maintenir, à l'aide d'une boucle, la substance que Ton étudie pour observer la coloration qu'elle donne à la flamme. On se sert dans
le même but de petites pinces en fer, munies le plus souvent de bouts en platine.
480. flamme. — La flamme dont on fait usage est celle d'une petite lampe à huile, d'une chandelle de suif ou d'une bougie. On prend également celle d'une lampe à alcool, mais alors pour augmenter la région brillante et réductrice de cette flamme on mélange à l'alcool un sixième environ de son volume d'essence de
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térébenthine ou un peu de benzine. On emploie aussi le gaz de l'éclairage sortant par un bec simplement formé d'une fente de i millimètre et demi de largeur sur 8 à 10 de longueur.
L'appareil qui paraît le plus commode quand on a de nombreux essais à faire, est la lampe de Plattner (fig. 17). Le réservoir d'huile est en métal (fer-blanc, laiton ou zinc), il porte une ouverture A fermée par un bouchon avis et destinée à l'introduction du combustible; une seconde ouverture munie d'une douille à vis a, et dont on voit le détail à droite de la figure, donne passage à une