‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 44 sur 197 · II. — Recherche des matières organiques · texte numérisé non relu

II. — Recherche des matières organiques

Si. La quantité de matière sur laquelle on veut opérer étant déterminée, il faut, avant de commencer l'analyse, rechercher tout d'abord si Ton est en présence seulement de matières inorganiques, ou s'il y a aussi des substances organiques. L'un des moyens de s'en assurer consiste à prendre une petite quantité, un demi-gramme environ, de la substance à analyser et à l'introduire dans un tube de verre fermé par un bout, de 12 millimètres de diamètre environ sur 12 à 15 centimètres de longueur. On chauffe doucement l'extrémité fermée, avec la ûamme d'une lampe à alcool ou d'un petit brûleur de Bunsen, en maintenant le tube légèrement incliné. L'air arrivant difficilement au fond du tube, s'il y a des matières organiques, elles sont incomplètement brûlées et la plupart du temps deviennent noires. Presque toujours la chaleur détermine en même temps la formation d'eau et d'huiles empyreumatiques qui accompagnent habituellement la décomposition par le feu des matières organiques. Souvent aussi, dans le cas d'une substance azotée, on observe en outre la production d'une certaine quantité d'ammoniaque en introduisant dans l'orifice du tube une bande de papier de tournesol rougi et préalablement humecté ; il devient bleu, même lorsque la quantité d'ammoniaque qui prend naissance par suite de la décomposition de la substance organique est faible. Une baguette de verre imprégnée d'acide chlorhydrique donne à l'orifice du tube des fumées blanches, mais seulement dans le cas où la quantité d'ammoniaque qui se dégage est un peu considérable.

S2. Il peut arriver que la matière organique, au lieu d'être en petite quantité, forme la majeure partie de la substance. Si l'on veut rechercher, dans ce cas, s'il entre dans la matière des principes constituants de nature minérale, le moyen le plus simple et le plus sûr consiste à chauffer sur une lame de platine et avec la flamme du chalumeauune petite quantitédecette matière jusqu'à

ce qu'elle se carbonise. On brûle alors complètement la masse carbonisée, en chauffant plus fort la lame de platine sur laquelle la matière minérale reste seule. Il faut cependant opérer avec précaution la combustion du charbon au contact de Tair et à la plus basse température possible, car certaines substances, comme les chlorures alcalins, pourraient se volatiliser en proportion assez considérable. Parfois aussi le charbon ramène à Tétat métallique des oxydes faciles à réduire, comme ceux de plomb, d'étain, etc., et la lame de platine est percée ; on évite cet inconvénient en se servant de petites capsules de porcelaine à fond plat. On peut, de cette manière, reconnaître facilement, même dans des quantités considérables de substances organiques, une petite quantité de matière minérale qui reste comme résidu à Tétat de cendres.

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