CHAP. III. — DESTRUCTION DES MATIÈRES ORGANIQUES
masse chauffée, que Ton agite de temps en temps avec un fil de platine.
34. Quand la matière minérale est facilement fusible, elle enveloppe le charbon encore non brûlé et rend parfois sa combustion très laborieuse. Le mieux à faire alors est de carboniser d'abord la masse primitive à une faible température, puis de pulvériser finement la matière carbonisée et refroidie, enfin de la brûler dans un courant d'oxygène. On l'introduit pour cela dans une nacelle de platine, placée elle-même dans un tube de verre vert ou de porcelaine, disposé sur une grille à charbon ou à gaz ; le tube est fermé à ses deux extrémités par des bouchons munis de tubes, dont l'un amènera le courant d'oxygène pendant que l'autre donnera issue au gaz en excès. On chauffe le tube au rouge faible et Tony fait passer un courant lent d'oxygène, desséché d'abord dans un flacon laveur à acide sulfurique, qui permet de se rendre compte de la vitesse du courant gazeux, puis dans une éprouvette remplie de chlorure de calcium desséché.
35. Si la matière contient des oxydes métalliques, facilement réductibles par le charbon, et capables de donner un métal qui se combinerait au platine, il faut opérer les calcinations dans des creusets et dans des nacelles de porcelaine, en opérant toutefois à une température aussi basse que possible, pour éviter l'attaque de la porcelaine par la substance minérale que l'on chauffe à son intérieur.
36. Il arrive parfois qu'on peut simplement, à l'aide d'un dissolvant convenable, séparer la matière organique de la substance minérale que l'on veut isoler : ainsi les huiles grasses, les résines pourraient être enlevées par l'éther et l'alcool ; mais il faut pour que l'opération réussisse que la matière minérale ne soit pas soluble dans les dissolvants employés, ou bien qu'elle y soit entièrement soluble et toute seule ; aussi la destruction de la matière organique par la chaleur est-elle la méthode de beaucoup la meilleure, et celle qu'il convient d'employer habituellement.
lY. — Recherche de l'eau et des matières volatiles.
37. Eau. — Quand il n'y a pas de substances organiques dans la matière que Ton eiiamine, on chauffe cette matière dans un tube d'essai pour voir si elle contient de Teau ou d'autres produits volatils. L'eau, quand il y en a, se dégage par l'action de la chaleur et se condense dans lapartie froide du tube, que l'on peut, pour faciliter cette condensation, envelopper d'une bandede pap ier mouillé. Il est bon d'examiner avec le papier de tournesol l'eau qui se condense : si elle est alcaline, on peut conclure, dans certains cas, que la substance à analyser contient de l'ammoniaque, et on en peut reconnaître la présence aux fumées blanches que l'eau condensée dégage, quand on en approche une baguette de verre imprégnée d'acide chlorhydrique.
Si l'eau condensée est acide, cela indique que la matière renferme des acides volatils.
L'eau qui se dégage pouvait être contenue dans la substance à l'état de combinaison, ou simplement d'eau hygrométrique ou d'eau interposée entre des cristaux. Il est facile, diaprés la quantité déposée sur le tube, de se rendre compte que cette eau faisait essentiellement partie de la substance, ou qu'elle n'était là que comme accident.
38. Matières volatiles. — L'action de la chaleur ne détermine pas seulement la séparation de l'eau. Tous les sels ammoniacaux se volatilisent quand on les chauffe : les uns, purement et simplement comme le chlorhydrate d'ammoniaque, vont se déposer en sublimé blanc sur les parois froides du tube ; les autres, en se décomposant partiellement, comme le phosphate d'ammoniaque, dégagent de l'ammoniaque et laissent un résidu fixe ; d'autres enfin se décomposent totalement, comme le nitrate d'ammoniaque.
Outre les sels ammoniacaux, la chaleur détermine la volatilisation de certains sels de mercure, comme les chlorures, iodures, etc.; souvent même le mercure est réduit et se condense