Détermination de la nature
DE LA BASE d'UN SEL MINÉRAL UNIQUE DISSOUS DANS L'EAU.
40. La matière est dissoute dans une petite quantité d'eau, comme il vient d'être dit, puis on étend la liqueur pour qu'elle ne soit pas très concentrée ; il se produit parfois alors un précipité dû à une action décomposante de Teau sur le sel considéré. L'apparition de ce précipité indique déjà que Ton est présence d'un sel de bismuth, de mercure, d'étain, d'antimoine ou de plomb ; s'il se produit, on en prend note, et dans tous les cas on ajoute à la liqueur de l'acide chlorhydrique de manière à la rendre franchement acide et à séparer tout de suite les métaux dont les chlorures sont insolubles ou peu solubles dans l'eau. Il peut arriver, en effet, que :
!• L'acide chlorhydrique donne un précipité blanc ; â"" L'acide chlorhydrique ne donne aucun précipité.
41 . L acide chlorhydrique donne un précipité blanc. — C'est du chlorure d'argent, de mercure (Hg*Cl'), de plomb ou de thallium. On met une partie du précipité avec un excès d'eau dans un tube d'essai et Ton chauffe ; s'il se dissout entièrement, c'est du plomb ; s'il ne se dissout pas, on ajoute de l'ammoniaque; le précipité disparaît immédiatement si l'on a affaire à de l'argent; il
noircit s'il est formé de chlorure mercureux, Hg'Cl'; il ne se colore pas si c'est du protochlorure de thallium.
42. L'adde chlorhydrique ne donne aucun précipité, — On a recours dans ce cas, pour distinguer les métaux les uns des autres, à la propriété qu'ont les sulfures mélalliques d'être :
Insolubles dans l'eau ou les acides étendus;
Ou insolubles dans l'eau, mais solubles dans les acides étendus ;
Ou solubles à la fois dans Teau et dans les acides.
Dans la liqueur rendue acide par de l'acide chlorhydrique on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré ; deux cas peuvent se présenter :
Il y a un précipité,
Il n'y a pas de précipité.
A. — U hydrogène sulfuré précipite la liqueur,
43. Le métal est certainement un de ceux dont les sulfures sont insolubles à la fois dans l'eau et les acides étendus (1), c'est-à-dire un des métaux suivants :
Or,
Antimoine,
Cuivre,
Platine,
Étain,
Bismuth,
Arsenic,
Mercure,
Cadmium.
Les sulfures de ces métaux peuvent se comporter de deux manières bien différentes vis-à-vis des sulfures alcalins. Dans certains
(1) Quelquefois les métaux dont les sulfures sont solubles dans les acides étendus, mais insolubles dans l'eau, donnent un précipité par l'acide suifhydrique ; mais ce précipité qui n*est pas un sulfure est facile à reconnaître. D'abord azuré, il devient très rapidement blanc ; chauffé sur une lame de platine, il disparaît en répandant l'odeur d'acide sulfureux : c'est du soufre. Comme tous les sulfures des métaux qui précipitent par l'hydrogène sulfuré dans une liqueur acide sont colorés, le précipité blanc laiteux de soufre est facile à distinguer. Il se produit lorsque le sel dissous jouit de propriétés oxydantes et qu'il oxyde Thydrogcne sulfuré en déposant du soufre. Tel est le cas des sels de peroxyde do fer, ainsi :
Fe«CI« + H'S = 2 FeCI« + 2 HCl + S + UjC^»*.
il en serait de même avec le bichromate de potasse.
cas le sulfure formé est acide, il se dissoudra avec facilité dans les sulfures alcalins pour donner des sulfo-sels généralement solubles dans Teau, et alors le précipité disparaîtra; tel est le cas du sulfure d'antimoine :
SbS3 + 3 Na«S == SbS», 3 Na«S + g^^.
Il est à remarquer que les persulfures alcalins dissolvent ces sulfures métalliques plus facilement que les monosulfures ; or ceci, à première vue, paraît anormal, puisqu'un sulfure alcalin jouit de propriétés basiques d'autant moins accentuées qu'il renferme plus de soufre, et par suite le sulfure métallique devrait se dissoudre avec plus de facilité dans le monosulfure alcalin. Mais voici en réalité ce qui se passe : le persulfure alcalin cède une partie de son soufre au sulfure métallique et le fait passer à l'état de persulfure, il augmente ainsi ses propriétés acides pendant que ses propriétés basiques à lui s'accentuent, ce qui facilite la combinaison. L'expérience prouve que c'est bien là ce qui se passe, car si l'on prend, par exemple, du protosulfure d'étain qui est noir, et qu'on le dissolve dans du persulfure d'ammonium, quand on détruit, à l'aide de l'acide chlorhydrique, la combinaison et le sulfure alcalin, on obtient un précipité jaune de persulfure d'étain.
44. Si le sulfure métallique formé n'est pas un sulfacide, il ne se dissoudra pas dans les sulfures alcalins. De là, le moyen de séparer en deux groupes distincts les métaux dont la dissolution acide précipite par l'hydrogène sulfuré. On introduit dans un tube d'essai une petite quantité du sulfure formé avec un excès d'un sulfure alcalin, ordinairement du sulfbydrate d'ammoniaque ; on chauffe doucement sans dépasser 50 à 60 degrés, car alors on décomposerait partiellement le sulfbydrate d'ammoniaque en produisant un dépôt de soufre qui masquerait plus ou moins la réaction, et alors de deux choses l'une :
Le précipité se dissout entièrement.
On bien le précipité ne se dissent pas.
45. 4** Le sulfure métallique est entièrement soluble dans les sulfures alcalins. — Le métal est l'un des suivants :
Or, Antimoine,
Platine, . . ( Acide arsénieux, As*0^,
Éta' \ l*^^^^^y^®> ^^^ ^*^ * i Acide arsénique, As^O^W.
( Bioxyde, SnO*,
La couleur du précipité donné par l'acide sulfhydrique va nous servir pour distinguer ces divers sulfures.
a. Le précipité est noir; or ou platine. On ajoute à la liqueur primitive, celle qui n'a subi aucune opération que d'être acidulée par l'acide chlorhydrique, du sulfate de protoxyde de fer et l'on chauffe ; ce réactif décompose le sel d'or en mettant le métal en liberté sous la forme d'une poudre violette très divisée; il est sans action sur les sels de platine.