‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 57 sur 197 · CHAP. IV. —ANALYSE D'UNE SI BST. SAUNE INSOLUBLE DANS L'EAU · texte numérisé non relu

CHAP. IV. —ANALYSE D'UNE SI BST. SAUNE INSOLUBLE DANS L'EAU

d'un dépôt de soufre précipité. Enfin, certains silicates se dissolvent aussi dans Tacide chlorhydrique, mais le plus souvent en laissant un dépôt de silice insoluble.

H 7. Le résidu insoluble dans l'acide chlorhydrique est bien lavé puis traité par de l'acide azotique ; les oxydes métalliques s'y dissolvent sans rien présenter de remarquable; d'autres matières s'oxydant avant de se dissoudre et décomposant une partie de l'acide azotique pour s'oxyder à ses dépens, on voit apparaître des vapeurs rouges : tel est le cas des métaux dont les oxydes sont des bases et qui produisent des azotates solubles dans l'eau ; tel est encore celui des métaux, comme l'étainet l'antimoine, dont les oxydes qui jouent le rôle d'acides ne se combinent pas à l'acide azotique, mais laissent un dépôt insoluble dans l'eau. Certains sulfures sont oxydés également par l'acide nitrique, et l'on trouve alors un sulfate dans la liqueur.

418. La partie mattaquée par l'acide azotique, c'est-à-dire celle qui ne se dissout pas après être restée quelques heures en contact avec cet acide à une température de 60 à 70 degrés, est soumise à l'action de l'eau régale : l'or, le platine et ses congénères s'y dissolvent en colorant la liqueur ; les sulfures de quelques métaux qui ont résisté à l'action des deux acidefe séparés s'y dissolvent également, et leur soufre est en partie transformé en acide sulfurique que l'on retrouve dans la dissolution. S'il y a une partie inattaquable par l'eau régale, elle ne peut guère renfermer que du bore, du silicium, du carbone, du sulfate de baryte et quelques silicates des plus difficiles à décomposer; un mélange d'acide nitrique et d'acide fluorhydrique attaquerait encore une partie de ce résidu, le bore et le silicium en particulier.

119. On pourrait donc traiter la matière insoluble dans l'eau successivement par différents acides, et obtenir ainsi diverses dissolutions que l'on examinerait séparément ; mais outre l'embarras qui résulte de l'emploi de liqueurs fortement acides, lors-

qu'une matière saline se dissout sans décomposition dans une telle liqueur, les réactifs que Ton fait agir sur cette dissolution pour en précipiter la base peuvent précipiter le sel tout entier et causer de nombreuses erreurs : pour n'en citer qu'un exemple, les phosphate et arséniate de chaux dissous dans un acide donnent par l'ammoniaque un précipité blanc gélatineux, qui n'est autre que le sel lui-même, mais qui peut très facilement être pris pour de l'alumine par les personnes encore peu familiarisées avec les nombreuses précautions que demande toute recherche analytique. Le procédé suivant, qui laisse de côté tous ces dissolvants acides, a l'avantage d'être général, et de ne pas comporter les erreurs possibles dont il vient d'être question; il est fondé sur la propriété que possèdent les carbonates alcalins de décomposer au rouge les substances salines en s'emparant de leurs acides pour former des sels alcalins.

120. La matière insoluble dans l'eau est très tînement pulvérisée, puis on en prend 3 à 4 grammes que l'on mélange intimement avec trois ou quaire fois son poids de carbotiate de potasse ou de soude sec et pur. Le carbonate de soude, qui fond à une température plus élevée, est préférable pour assurer la décomposition totale. On place le tout dans un petit creuset de platine muni de son couvercle, et l'on chauffe, doucement d'abord sur une lampe à gaz, puis plus fortement (au besoin en plaçant le creuset dans le petit four Leclerc et Forquignon, n" 265), de manière à fondre la massei L'acide carbonique est chassé par les matières acides qui prennent sa place en se transformant en sels alcalins, les bases sont isolées si leur carbonate est décomposé par la chaleur rouge, elles sont carbonalées dans le cas contraire, les matières métalliques s'il y en a, restent le plus souvent inattaquées. Après la fusion on soumet la masse à Faction prolongée de l'eau bouillante, et quand le tout s'est convenablement désagrégé, que l'on n'aperçoit plus de morceaux fondus et non encore attaqués par l'eau, on sépare avec le filtre la portion soluble de celle qui ne l'est pas, on lave cette dernière à l'eau bouillante, et l'on évapore la liqueur filtrée si l'on craint d'avoir une dissolution trop étendue.

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