CHAP. VI. —ANALYSE D'UNE SUBST. SAUNE INSOLUBLE DANS L'EAU
121. Le précipité bien* lavé est légèrement séché de manière à le séparer facilement du filtre, ou bien on l'en détache après avoir percé le filtre à Taide du jet d'eau distillée que l'on obtient avec une pissette, puis on le traite par l'acide chlorhydrique, en quantité aussi faible que possible, et à chaud ; dans cette liqueur on recherchera les bases qui entraient dans la substance examinée. Les matières métalliques insolubles dans l'acide chlorhydrique, s'il y en a, sont traitées par l'acide azotique ou par Teau régale ; on évapore à sec, on reprend par l'eau acidulée et Ton continue l'analyse de la même façon qu'avec la dissolution chlorhydrique.
122. La liqueur filtrée qui, outre l'excès de carbonate alcalin, renferme les acides de la combinaison à analyser, est traitée par l'acide acétique ; lorsque tout le carbonate est décomposé, ce que l'on reconnaît à ce que l'effervescence d'acide carbonique a cessé, on porte la liqueur à l'ébuUition pour chasser l'acide carbonique dissous, puis on y recherche les acides comme il a été indiqué précédemment.
123. Lorsque dans la matière soumise à l'analyse on soupçonne la présence des sulfates de baryte ou de strontiane, il faut employer une quantité plus considérable de carbonate alcalin, et maintenir plus longtemps la masse en fusion, tant qu'il se produit des bulles d'acide carbonique; d'autre part, quelques phosphates, comme ceux de chaux, de ms^nésie, d'alumine, ne subissent par la fusion avec les carbonates alcalins qu'une décomposition incomplote, de sorte qu'il sera toujours bon de rechercher directement l'acide phosphorique dans le précipité et dans la liqueur, à l'aide de racide.nitrique et du molybdate d'ammoniaque.
124. Si la matière à analyse!* renfermait des oxydes facilement réductibles comme ceux de plomb, de bismuth, d'antimoine, ou des métaux comme l'argent qui se combinent avec le platine, la fusion avec le carbonate de soude ne doit pas s'effectuer dans un creuset de platine qui pourrait être très fortement attaqué et mêmepercé ; on opère alors dans un petit creuset de porcelaine bien
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fabriquée, c'est-à-dire dont la couverte vitreuse soit très diflicilement attaquée parle carbonate alcalin en fusion, afin d'éviter rintroduction d'une certaine quantité de silice et d'alumine provenant de cette couverte, dans la matière à analyser.
125. Enfin, on devra toujours rechercher directement et comme on l'a expliqué plus haut, l'acide carbonique et l'acide nitrique dans la substance primitive, le dernier est en effet décomposé pendant la fusion avec le carbonate de soude, et quant au premier, l'addition de carbonates à la matière explique sufGsamment la nécessité de faire de sa recherche l'objet d'une opération spéciale.
126. La décomposition par fusion avec du carbonate de soude est une méthode d'une application très générale; cependant il est des matières (certains fers chromés, pechblendes, aciers, quelques phosphates, etc.) que ce réactif n'attaque que lentement et d'une manière incomplète. Dans ces cas particuliers il est préférable d'effectuer l'attaque d'une manière différente.
127. 1* En fondant la matière réduite en poudre impalpable avec un mélange de potasse caustique et d'azotate de potasse. Ce mélange est un oxydant énergique capable d'attaquer et d'oxyder facilement, surtout les métaux capables de donner, comme le chrome, un acide qui, en se combinant à l'alcali qui se trouve en présence, donnera un sel soluble dans l'eau. La masse fondue, reprise par l'eau, se dissout en partie, et le résidu, quand il y en a un, est ordinairement soluble dans les acides chlorhydrique ou azotique étendus. On doit opérer dans un creuset d'argent.
128. ^ On peut aussi maintenir la matière réduite en poudre fine, en contact pendant un temps plus ou moins prolongé avec un excès de bisulfate de potasse fondu, dont on peut élever graduellement la température jusqu'au voisinage de son point de décomposition. Le bisulfate de potasse agit par son acide sulfurique qu'il cède avec facilité, et il transforme les éléments de la substance
qu'il attaque en sulfates solubles dans Teau ; il suffira donc, une fois l'attaque terminée, de reprendre par l'eau la masse refroidie^ Le bisulfate de potasse s'obtient en ajoutant à du sulfate de potasse, pur, la moitié de son poids d'acide sulfurique concentré, puis chauffant le mélange dans un vase de platine, jusqu'à ce que, au rouge sombre, il ne se dégage plus de vapeurs d'acide sulfurique. La matière refroidie doit être enfermée dans des flacons bien secs 6t à fermeture hermétique, le sel étant très avide d*eau.
129. Lorsqu'on a à analyser une matière partiellement soluble dans l'eau, on l'épuisé par l'eau chaude, on concentre au besoin les eaux de lavage, et l'analyse se trouve immédiatement divisée en deux parties : d'un côté une substance dissoute, de l'autre un résidu insoluble dans l'eau ; nous avons vu comment il convient de traiter la question dans chacun de ces deux cas.