TERRE ARABLE
279. Les itlalières qu'elle renferme sont très variables, aussi bien par leur nature que par leui'S proportions respectives. On y doit rechercher des chlorures, sulfates, phosphates, silicates, carbonates, azotates, de diffëœntes bases qui sont le plus ordinairement les alcalis, Tammoniaque, la chaux, la magnésie, Talumine, le fer et le manganèse. On y rencontre aussi du sable et des cailloux, puis des matières organiques provenant de la décomposition des débris végétaux et animaux.
La terre arable constitue le sol proprement dit et ne doit pas être confondue avec celle qui forme le sous-sol.
Pour examiner une terre, on en prend un échantillon sur un certain nombre de points, après avoir soigneusement nettoyé la surface du sol pour enlever les détritus de toute nature qui peuvent la recouvrir accidentellement ; on fait en chaque point un trou à parois aussi verticales que possible, de la profondeur des labours en usage dans le pays, puis on enlève par tranches verticales, des couches parallèles pesant de 1 à 5 kilogrammes. On les place sur une toile, et l'on réunit les échantillons pris en différents points; on mélange le tout aussi intimement que possible, puis on en relire un échantillon destiné à l'analyse et qu'on laisse sécher à l'air libre. On opère exactement de même quand il s'agit d'obtenir un échantillon du sous-sol.
280. On prend de 4 à 2 kilogrammes de terre séchée à l'air, el on la chauffe avec de l'eau à 80 degrés environ pendant plusieurs heures, on filtre; l'on lave bien la terre à l'eau bouillante, et on évapore la liqueur filtrée de manière à la ramener à son volume primitif. On a là tous les éléments de la terre, solubles dans l'eau. On divise cette liqueur en deux parties : dans l'une on recherche les bases et l'on y trouve le plus souvent les alcalis, la chaux, la magnésie, l'alumine, enfin les protoxydesde fer et de manganèse;
i76 ANALYSE PAR VOIE HIMIDE.
dans la seconde partie de la liqueur on précipite iefs bases à Taide du carbonate de soude pur à la température de TébuUition, puis on filtre, on neutralise avec de Tacide acétique cl l'on y recherche les acides: ceux qu'on y rencontre le plus souvent sont les acides chlorhydrique, sulfurique, silicique et phosphoriquc.
281 . Cela fait, on retire 50 à 100 grammes du résidu terreux insoluble dans l'eau, on l'introduit dansun petit ballon, et l'on ajoute peu à peu de l'acide chlorhydrique étendu, jusqu'à ce que toute effervescence ait cessé ; on fait bouillir pendant quelques instants en agitant fréquemment, puis on filtre. Afin d'éviter des liqueurs colorées et chargées de matières organiques qui viendraient troubler les réactions, il est bon, quand le sol est riche en matières organiques, de calciner quel([ue temps au contact de l'air le résidu insoluble dans l'eau, avant de le traiter par l'acide chlorhydrique. Celui-ci dissout des carbonates, des phosphates et des silicates. On divise la liqueur en deux portions, et Ton recherche dans l'une d'elles la chaux, la magnésie, l'alumine, le proloxyde de manganèse, les oxydes de fer et les alcalis; dans la seconde on trouvera les acides sulfurique, phosphorique et silicique, après s'être débarrassé des bases par le carbonate de soude et la filtration.
Le résidu insoluble dans les acides étendus est formé d'argile, et de petits fragments de quartz, feldspaths, micas, hornblende, etc., provenant des roches désagrégées. L'examen à la loupe ou au microscope fournit souvent sur leur nature d'utiles renseignements. Si l'on veut les décomposer pour en faire une analyse complète, il faut traiter ce résidu par le carbonate de chaux, comme il a été indiqué pour les silicates.
Un traitement spécial est nécessaire quand il s'agit de déceler dans le sol la présence de l'acide nitrique, celle de l'ammoniaque ou de l'arsenic.
282. 1° Ammoniaque. — On introduit la teire dans un ballon d'un litre fermé par un bon bouchon de liège et portant un tube deux fois recourbé à angle droit; le tube se rend dans un vase contenant 15 à 20 centimètres cubes d'une dissolution étendue d'acide chlor-