DES PHALANGES
Les os qui composent les orteils, et que Ton nomme phalanges, sont au nombre de quatorze. Leur disposition est semblable à celle des phalanges des doigts; comme elles, le pouce n'a que deux brisures.
Dans les premières phalanges (phalanges , Ch.) , les parties latérales de la face inférieure donnent attache aux gaines fibreuses des tendons des muscles fléchisseurs, et leurs bords latéraux correspondent aux tendons des muscles in ter-osseux et lombricaux du pied. Dans les secondes phalanges (phalangines, Ch.), la face inférieure donne implantation au tendon du petit fléchisseur commun des orteils, et les bords latéraux aux gai nés fibre uses des tendons des muscles fléchisseurs. Ainsi \ que le pouce, le gros orteil est dépourvu de la seconde pha-
lange. Les dernières phalanges (phalangettes , Ch.) servent à la pulpe des doigts. La face supérieure de leur corps soutient l'ongle, et donne attache au tendon du grand extenseur des orteils; la face inférieure donne insertion au tendon du grand fléchisseur des orteils.
Développement, Leur structure et leur développement ont la plus grande analogie avec ceux du métacarpe.
articulations du pied. ( Voy. Prépar.7 pag. 440
Articulation calcanéo-astragalienne. L'union du calca-
OSTKOI.OG1E ET >ÏND£SM. PHAL. AHTICLI.. Ul' P1EI>. TH)
îiéum et de l'astragale se fait à l'aide de deux facettes séparées par une rainure : elle est fortifiée, i° par un ligament calcanéo-astragalien postérieur, qui va de la partie interne delà face postérieure du corps de l'astragale à la partie postérieure de de la face interne du calcanéum; a" par un ligament calcanéo-astragalien antérieur , étendu depuis 1 extrémité interne de la surface encroûtée de cartilage de l'apophyse antérieure du calcanéum, jusqu'à la face interne Je l'astragale ; 3" par un ligament inter-osscux , né de la rainurc précitée de l'astragale et se portant à celle qui est intermédiaire aux facettes du calcanéum; 4" par une membrane synoviale, déployée sur la surface postérieure du calcanéum, et remontant ensuite sur celle de l'astragale, qu'elle revêt.
Articulation calcanéo-cubqidienne. Le calcanéum -s'unit au cuboïde par des ligameuts supérieurs , externes et inférieurs. Ligament calcanéo-cuboïdien supérieur. Dirigé do la partie' supérieure et antérieure de la grosse apophyse du calcanéum à la partie antérieure du cuboïde. Ligament calcanéo-cuboïdien inférieur. Formé de deux plans , l'un superficiel , fixé eu arrière sur la partie inférieure du calcanéum, au-devant de la tubérosité qui hérisse sa face inférieure, et sur les bonis opposes delà gouttière inférieure du cuboïde; l'autre, profond r inséré sur la tubérosité qui hérisse la partie postérieure et inférieure du calcanéum, et sur la lèvre postérieure de la gouttière du cuboïde, mais ne concourant pas à former lecanalostéo-fibreux. Membrane synoviale. Tapissant les deuxsurfaces cartilagineuses, les deux ligaments précédents , ci coutiguë eu dehors à la gaîne synoviale du long péronnîer.
Articulation calcanéo - scaphoidienne. Cette articulation <*t maintenue par deux ligaments. Ligament calcanco-scaphoïdien inférieur. Fixé d'une part au devant de la petite tul>ëiosité du calcauéum, de l'autre à la partie inférieure da scaphoïde et concourant en haut à compléter l'excavation que le calcauéum et le scaphoïde offrent à la tête de ''astragale. Ligament calcanéo -scaphoïdien externe. Peu pionoucé, allant de la partie antérieure et interne du calcauéum, à la partie externe et inférieure du scaphoïde; comptant en dehors la cavité où est reçue la tète de l'astragale.
Articulation scaphoïdo-astragalienne. ('/est une véritable n.arthrose ; on y voit en effet une cavité formée par \e sca-
?3o AlfATOMIE DESCRIPTIVE.
phoïde et les deux ligaments précédent», dans laquelle est reçue la téte de l'astragale. Les moyens d'union sont : i°Ib Ligament as traça lo-sca plioïd ien supérieur, continu avec le ligament antérieur de l'articulation tibia-tarsienne, et dirigé du scaphoïdeà la partie antérieure de la tète de l'astragale ; a° un ligament inférieur y étendu de la partie inférieure delà tête de l'astragale , à la partie inférieure de la circonférence du scaphoïde; et, 3° une membrane synoviale.
Articulation scaphoïdo-cuboidicnnc. Le scaphoïde et le cuboïde sont unis, surtout en arrière, dans toute leur longueur, i° par un ligament inter-osseux , dont les fibres sont obliques, courtes et très serrées; i° par un ligament dorsal T transversal, se portant du bord externe du scaphoïde au milieu de la face supérieure du cuboïde; 3° par un ligament plantaire, étendu du milieu de la face inférieure du scaphoïde, au milieu du bord interne du cuboïde, et transversalement dirigé.
Articulation cunéo-scaphoïdienne. Le scaphoïde, par sa triple facette, s'articule avec les trois cunéiformes. Leurs liens sont : i° trois ligaments dorsaux, qui, d'abord confondus dans leur insertion au scaphoïde, vont, en s'écartant, se fixer aux premier, deuxième et troisième cunéiformes ; 2° trois ligaments plantaires, présentant une disposition semblable aux précédents; 3° une membrane synoviale , qui revêt les trois surfaces articulaires et les ligaments plantaires et dorsaux.
Articulations cunéennes. Exactement semblables entre elles, se correspondant par des facettes, et fortifiées : i°par trois ligaments dorsaux , qui s'étendent du premier cunéiforme au second, et de celui-ci au troisième; 2° par trois ligaments plantaires, qui se portent de la partie postérteuio de la face interne du premier cunéiforme à l'extrémité postérieure du bord inférieur du troisième. Ceux-ci, comme les précédents, sont transversalement dirigés.
Articulation cunéo-cuboïdienne. Le cuboïde se joint au troisième cunéiforme par une surface articulaire, tapissée par une membrane synoviale , et fortifiée par deux ligaments transversalement dirigés : i° Ligament dorsal, lorsqu'il existe, il s'étend du dos du cuboïde à l'extrémité postérieure de oelui du troisième cunéiforme; *° Ligament plantaire, dirigé
OMEOLOC1E ET SYNDKSM. ARTICUL. DU PIED. *3l
de U partie interne du cuboïde à la face plantaire du troisième cunéiforme. t
Pour terminer tout ce qui est relatif aux articulations du pied, il nous reste à parler des articulations ta rso-mtf ta tarsien ne*, métatarsiennes, métatarso-phalangiennes et phalangien nés.
Articulations tarso - métatarsiennes. Elles sont disposées delà manière suivante : le premier métatarsien s'unit avec le premier cunéiforme; le second avec celui-ci et les deux suivants; le troisième avec le dernier cunéiforme; et les deux derniers avec le cuboïde. Les surfaces articulaires sont revêtues de cartilages et maintenues par des ligaments. Ligaments dorsaux. Etendus, l'un d'eux, de la partie supérieure du premier cunéiforme , sur l'extrémité du premier métatarsien ; trois autres, des trois cunéiformes, sur la partie supérieure de l'extrémité du second métatarsien ; un seul , ioséréau troisième cunéiforme, se portant de cet os au troisième métatarsien ; enfin , chaque extrémité du quatrième et du cinquième métatarsiens, en reçoit un qui lui vient de la face supérieure du cuboïde. Ligaments plantaires. Ils ont une disposition analogue aux précédents. Membranes synoviales. Leur disposition n'est pas la même dans toutes les articulations; il eu eiistc une particulière entre l'extrémité antérieure du premier os cunéiforme et l'extrémité postérieure du premier métatarsien. Le plus communément, les trois cunéiformes sont unis au second métatarsien par une capsule synoviale commune. Le troisième métatarsien et le troisième cunéiforme ont une synoviale commune. Enfin, une capsule commune unit le quatrième et le cinquième os du métatarse au cuboïde.
Les articulations métatarsiennes sont ici analogues à celles du métacarpe ; seulement le ligament transverse est étendu sur les cinq os; tandis que, dans le métacarpe, il ne s'étend qu'aux quatre derniers; nouvelle preuve que la main n'est point destinée à la station , comme l'ont prétendu plusieurs .sophistes. Il faut encore faire remarquer, que le premier os du métatarse est en contact avec le second, disposition qui ne s'observe pas à la main entre le premier et le second métacarpiens.
Quant aux articulations metaiarso-phalangiennes et pha-
l3l ANATOM1E DESCRIPTIVE.
iangienncs , elles sont absolument semblables à celles du membre supérieur, et ne doivent point par conséquent être décrites.
Mouvements, L'astragale joue sur le scaphoïde d'une manière assez étendue, mais c'est surtout avec le calcanéum que sa mobilité est très grande. Les mouvements sont fort obscurs dans les articulations tarso-métatarsiennes. Dans leur articulation postérieure, ils jouissent d'une légère élévation , et d'un abaissement également peu sensible. Ils exécutent aussi une espèce de rotation , dont l'effet est plus marqué dans leurs extrémités antérieures ( Bichat ). Les mouvements des phalanges sout limités, dans les deux dernières, à la flexion et à l'extension, tandisque les premières jouissent de mouvements en tous sens, la rotation exceptée.
V articulation tibio-tarsienne est un ginglyme angulaire parfait. Cette articulation doit donc exécuter des mouvements de flexion et d'extension, mais la nature de ses ligaments très serrés, ne permet point de mouvement de latéralité, et ceux que les auteurs ont considéré comme tels, examinés sans prévention sur un cadavre, ont évidemment lieu dans les os du tarse. Des cartilages, des ligaments et une membrane synoviale, servent à l'affermir : i° Ligament latéral interne. Inséré, d'une part, sur l'eitrémitc inférieure de la malléole iuteme, et de l'autre, sur la partie interne de l'astragale et du calcanéum ; i" Ligament latéral externe. Implanté eu haut, au sommet et au-devant de la malléole du péroné, en bas au côté externe du calcanéum ; 3° Ligaments antérieurs , au nombre de deux, l'un quadrilatère, fixé au-devant de la malléole du péroné et à un enfoncement qu'on remarque à la partie externe de l'astragale; l'autre, interne, se dirigeant de la partie antérieure de l'extrémité inférieure du tibia à la partie antérieure de l'astragale; 4° ligaments postérieurs, également au nombre de deux, l'un externe, étendu de la partie postérieure de la malléole externe , à la partie postérieure de l'astragale, l'autre interne, allant de la malléole externe à l'interne; 5" une membrane synoviale et des cartilages qui ne présentent rien de particulier.
Division générale du pied. On lui reconnaît un face plantaire, un fac e dorsale, deux bords , une extrémité antérieure et une extrémité postérieure.
OsTÉOLOGlE ET 6ÏNDESM. — OS SESAMOÏDES. ^33
Face dorsale. Convexe, servant à des insertions musculeuscs et ligamenteuses. Face plantaire. Concave, surtout en dedans, pour loger les vaisseaux et nerfs, et présentant un grand nombre de ligaments plus denses, plus serres que ceux de la face dorsale. Bord externe. Présentant une saillie considérable à l'extrémité postérieure du cinquième os métatarsien , qui sert de guide dans l'amputation tarso-métalarsienne Bord interne. Offrant deux saillies, une considérable, appartenant au scaphoïde, dont la connaissance est indispensable pour pratiquer l'amputation de Cbopart j une autre saillie moins considérable, formée par l'extrémité postérieure du premier métatarsien , etquiest très utile dans l'amputation tarso-métatarsienne ». Extrémité antérieure. Terminée par les doigts, le premier orteil plus gros, le second plus long. Extrémité postérieure. Continue avec la jambe.
Dans la station debout, le bord externe du pied, ses extrémités antérieure et postérieure appuient sur le sol , la n disque tout le reste ne porte pas, ce qui était d'ailleurs nécessaire, pour que les vaisseaux et nerfs ne fussent pas comprimés. Le bord interne ne se fixant pas sur le sol , doit avoir beaucoup de tendance à se dévier eu dedans, lorsque la malléole du péroné a été fracturée.
OS SÉSAHOÏOES.
Les os sésamoïdes sont de petits os inéguliers, arrondis, très sujets à varier par leur existence et leur nombre ; on les rencontre dans quelques articulations des doigts et des orteils. A la main, il en existe ordinairement deux dans l'articulation métacarpo-pbalangienne du pouce j on eu trouve un on deux à celle de l'index, un à l'articulation pbalaugienne du pouce; au pied, on en voit trois au gros orteil j etc. Ils v développent dans les ligaments antérieurs des articulations pbalangienncs et métacarpo-phalaugicuiics.
• Cette saillie du cinquième os métatarsien est plus postérirure qm» <*lledn premier, mais elle n'en est pas moins sur le milieu du boni «Urroe.
1 M. Blanclin a le premier fait voir qu'elle occupait le milieu du Uni interne du pied.
a34 ascaiomik demikiptive.