‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 103 sur 318 · I. Apodes. 2. Pélécypodes · texte numérisé non relu

I. Apodes. 2. Pélécypodes

Chez ces animaux aussi j la bouche n'est encore qu'une simple ouverture absorbante , sans mâchoires, langue, ni dents. Cependant, chez les Tarets , quelques pièces coquillières détachées tiennent lieu de dents , et , dans les UniOj de petits feuillets branchiformes à la bouche remplacent les lèvres (pi. n, fig. xn, b), de même que, dans les Balanes, les tentacides qui entourent la bouche , et dans les Huîtres ou autres Bivalves , les plis transversaux du pharynx, font office de langue. Du reste l'organisation de l'appareil digestif est extrêmement diversifiée ici.

Dans la classe des Apodes , cette organisation est fort simple encore chez les Biphores (pl. n , fig. i) ; car l'ouverture buccale, placée à l'extrémité antérieure de la cavité générale du corps conduit à un petit estomac en culde-sac , allongé et tourné en avant (fig. i, c) , ainsi qu'à un large intestin droit et dirigé en arrière , qui s'ouvre extérieurement à l'extrémité postérieure (t).

Dans les Ascidies , le court tube de la bouche dégénère , au moyen d'une ouverture valvulaire , en un large sac à parois minces (pi. n, fig. IV, e, f, V, k) , qui semble être en partie une sorte de jabot , et en partie surtout une cavité respiratoire. Au fond de ce sac s'ouvre l'œsophage, qui se contimie avec un estomac un peu ample , auquel succède l'intestin. Les circonvolutions de ces

organes sont situées entre le sac branchial et le sac musculaire général ( § 321 ) , soit libres , soit plongées au milieu de la substance du foie, comme c'était le cas dans une grande espèce que j'ai disséquée (1). Le rectum se termine vis-à-vis de la seconde ouverture du corps, qui est ordinairement placée sur le côté.

A l'égard des Pélécijpodes , il est à remarquer que le canal intestinal des Tarets offre de grandes particularités, d'après Home (2). En effet , de la bouche part un œsophage étroit , qui n'est pas très-long , et qui descend dans le corps vermif orme. Cet œsophage se dilate en un estomac cylindrique, d'une longueur considérable, qu'une cloison perpendiculaire divise en deux cavités communiquant ensemble par le bas, et qui, d'après les recherches de Hatchett, contient des débris très-minces de bois chez les individus logés dans le bois (par conséquent une nourriture végétale). Cet estomac est suivi d'un long et étroit intestin , qui descend d'abord , puis remonte , passe supérieurement au dessus du muscle digastrique des coquilles térébrantes , pour parcourir ensuite le corps , le long des organes respiratoires, et s'ouvrir, à sa partie postérieure, dans le plus court des deux tubes qui s'y trouvent.

Dans les Bivalves , par exemple la Moule des peintres ( JJmo pictorum) , l'œsophage est très-court, mais assez large; l'estomac et les circonvolutions intestinales (fig. xix , t) se trouvent dans la masse de ce qu'on appelle le pied. L'estomac, presque comme chez les Méduses (§ 492) , est à peine formé par une membrane particulière , mais plutôt creusé dans la substance du foie , et l'on y aperçoit plusieurs orifices assez larges de conduits biliaires. L'intestin décrit ensuite cinq tours dans la substance du pied , entre elle et l'ovaire , et marche enfin au dos de l'animal , d'avant en arrière, au dessous de la charnière ' et au dessus de l'organe respiratoire , en passant à travers le cœur. Il s'ouvre au dessus du muscle postérieur de la coquille et au dessous du petit tube du manteau (fig. xvni , s ; fig. xni).

Cette description s'applique , en général ,

(1) Voyez Meckel's Archiv. , tora. Il, cali. IV.

(2) Philos. Trans. 1806, pag. 203.

à la plupart des Bivalves. Cependant chez l'Huître , dont l'estomac et l'intestin sont représentés (pi. n, lig. vni) , le rectum ne traverse point le cœur; et chez beaucoup de ces mollusques, par exemple les Pholades, lesTellines et les Cœurs , d'après Poli , on aperçoit , au commencement du canal intestinal , sur sa surface extérieure , un stylet ou dard cartilagineux ( sfy^us cnjstaUinus ) , dont la pointe perce une cloison particulière et la paroi de l'intestin ( fîg.xi) , et dont il a déjà été parlé en traitant du splanchnosquelette (S 147).

Il est digne de remarque encore que les circonvolutions intestinales des Bivalves sont parfois en quelque sorte entrelacées dans les nombreux faisceaux musculaires tendus en travers du pied. C'est ce qui a lieu particulièrement dans leSolenstrigilatus (fig. xx,lF), et en partie aussi dans la Venus chione (fig. x), où la perforation du cœur par le rectum se retrouve à un degré bien marqué.

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