Intestin des Oiseaux
Le canal intestinal des Oiseaux sort de l'estomac à droite. Il décrit une anse oblongue (6), qui embrasse le pancréas, et dont
(4) Home., Igc. cit., pag. 271.
(a) Voyez mes Tabulœ illustrantes, cah. IV, pi. vi. (6) Je ferai voir plus loin que cette anse tient à ce
la seconde branche revient presque toujours jusque vis-à-vis du pylore ( pi. xv , fig. ix , m). Lui-même est souvent d'une force considérable en cet endroit , surtout chez les jeunes sujets. A partir de là , il décrit de nombreuses circonvolutions (n) , et finit par marcher en ligne droite, le long du sacrum, pour gagner l'anus. Cependant l'anse primitive se répète plusieurs fois dans la Procellaria glaeialis ( 1 ') , et ce n'est qu'ensuite qu'on voit commencer le gros intestin.
Cette seconde portion (z,.s) offre fréquemment un ou deux cœcums, se dilate ensuite un peu, et représente ainsi le gros intestin., dont le volume n'approche cependant pas de celui qu'il a chez îa plupart des Reptiles.
En général , le canal intestinal des Oiseaux se rapproche plus , par sa longueur peu considérable , de celui clés classes inférieures que de celui des Mammifères. On le trouve surtout très-court chez la plupart des Rapaces. Cependant il a une longueur extraordinaire dans VAptenodytes demersa , d'après les observations de Quoy et Gaimard ; l'estomac de cet Oiseau , long d'un pied environ , descend très-bas dans la cavité abdominale , et l'intestin lui-même a vingt-quatre pieds , de sorte que sa longueur est à celle du corps dans la proportion de 1 5 : 1 ,
Les parois musculeuses de l'intestin sont ordinairement fort épaisses , et la plupart du temps la membrane interne est couverte de viiiosités très-longues qui en garnissent toute l'étendue , à l'exception seulement des cœcums.
Chez plusieurs Palmipèdes , l'Oie par exemple, la partie antérieure du canal intestinal est couverte de plis longitudinaux ondulés , qu'on rencontre fréquemment aussi chez les Passereaux , et à la place desquels on voit paraître des villosités dans la partie postérieure, même dans les cœcums.
La struclure réticulée ou celluleuse des Reptiles (S 544) parait être fort rare ici.
A. l'égard de l'intestin grêle en particulier , on a observé chez plusieurs Oiseaux , tels que Bécasse, Héron, Poule (pi. xvi , fig. ix),
que, chez le Poulet, toute celte portion de l'intestin se trouve hors du ventre.
(1) Voyez mes Tabvlœ illustrantes, cali, IV, pi. vi, fig. U.
Oie , etc. , un petit cœcum , qu'on doit évidemment considérer comme un rudiment du conduit qui va du sac vitellin à l'intestin dans le Poulet (ductus vilello-intestinalis) , puisque, suivant Macartney (2) , le sac vitellin lui-même ne s'efface jamais entièrernent chez le Rossignol.
Le gros intestin ou rectum est très-court , excepté dans l'Autruche. On ne connaît que quelques Oiseaux granivores , les Gallinacés par exemple , chez lesquels il soit séparé de l'intestin grêle par une sorte de valvule. Je le trouve d'une ampleur extraordinaire dans le Slrix flammea (pi. xv, fig. vu, b).
Les cœcums qui y aboutissent , et qu'il vaudrait peut-être mieux appeler appendices cœcaux , présentent des différences , dont les suivantes sont à peu près les plus importantes d'après Tiedemann (3). Ils sont très-longs dans les Oiseaux qui vivent de substances végétales , comme les Poules , les Faisans , les Paons , les Pintades , les Oies , les Cygnes ; plus courts dans la Chouette , le Coucou , la Grue , la Bécasse , le Pélican , etc. , plus courts encore dans les Pigeons (pi. xv , fig. ix , r) , les Corbeaux, les Pies -grièches , les Moineaux , etc. ; très-courts enfin dans les Accipitres , les Mésanges , la Cigogne , les Mouettes , etc. Il n'y a qu'un seul cœcum , parfois roulé en spirale , comme celui des Seiches , dans le Héron, le Butor, le Harle. On n'en trouve aucune trace dans les Perroquets , les Pics , la Huppe , le Martin-Pêcheur , le Cormoran , etc.
Ordinairement ces cœcums sont lisses à l'intérieur , un peu rétrécis à leur embouchure dans rintestin, et en grande partie pleins de matières fécales. Cependant, ceux de l'Autruche diffèrent de tous les autres, en ce qu'on y trouve une valvule spirale , semblable à celle qui existe dans l'intestin stomacal des Raies et des Squales , ou dans le gros intestin de l'Esturgeon.
Home ( 4 ) compare ces cœcums aux organes sécrétoires qui se voient dans le voisinage de l'anus , chez beaucoup d'animaux , par exemple à la bourse du noir des Céphalopo-
(2) Philos. Trans. 1811 , çag. 207.
(3) Zoologie, tom.II, pa{j. -iSG.
{■')) Lcclun-s on comparative anatomy. ])vy. -<0i.
des. Oken (1 ) les considère comme des cornes de la vessie ; mais , pom- que ce rapprochement fût, fondé , il faudrait que l'allant^ïde naquît d'eux et non pas du cloaque.
Une particularité remarquable , à l'égard du rectum lui-même , c'est que , dans l'Au- Iruche, suivant Perrault, un faisceau de fibres longitudinales y produit des poches ou boursouflures semblables à celles que cet intestin offre chez l'homme.
Quant à sa terminaison , elle se comporte presque entièrement de la même manière que chez les Reptiles. L'intestin s'ouvre , entouré d'une lèvre charnue (pL xv, fig. vu, c) , dans un cloaque (pi. xv , fig. ix , s , pî. xvi , fig. vn , a) , c'est-à-dire dans une poche de forme très-variée suivant les espèces , mais le plus souvent globuleuse , par laquelle s'évacuent aussi l'urine , la semence et les œufs (2). Ce cloaque est entouré de fortes fibres musculaires , et il communique au dehors par une ouverture transversalement ovale , comme dans les Sauriens.
C'est ici l'endroit le plus convenable pour parler d'un organe sur la signification duquel nous reviendrons plus tard , en faisant connaître les diverses périodes que parcourt le développement de l'Oiseau , mais qui , chez l'animal parfait , se rapproche , par ses fonctions^ d'autres organes sécrétoires glanduleux qu'on rencontre au voisinage de l'anus. On l'appelle bourse de Fabricius. C'est une poche arrondie , parfois aussi oblongue , et à parois épaisses , qui se trouve au-dessus du cloaque , avec lequel elle communique par une ouverture garnie d'uïie valvule (pi. xvi , fig. vi , fig. vii^ g). A l'intérieur, elle est couverte de mucus visqueux. Son volume paraît diminuer avec l'âge de l'Oiseau , observation que Bkimcnbach avait déjà faite . et dont j'ai reconnu la justesse sur les Poules , les- Oies et un jeune Héron.
Le canal intestinal des Oiseaux est maintenu par une mésentère qui n'oiîre rien de particulier. Quant aux parois des sacs aériens de l'abdomen , qui déterminent ici la situation tant du canal que du mésentère , nous en
(1) Zoologie, tom. II, pag. 3S7.
(2) L'Aulruche seule , d'après Cuvier , peut, en raison (le la situation qu'occupe sa verge , se débarrasser séparément de l'urine et c'es matières fécales.
traiterons lorsqu'il sera question des organes
respiratoires.