Mammifères
Les Mammifères se rapprochent aussi des classes précédentes , sous le rapport de l'organe cutané ; car la peau nue , muqueuse et huileuse des Cétacés rappelle celle des Raies et des Squales , la peau écailleuse et cuirassée des Pangolins , des Tatous et des Chlamyphores , dont j'ai parlé en traitant du dermatosquelette (g 315), celle des Reptiles, enfin la peau armée de piquants semblables à la tige d'une plume des Porc-épics et des Hérissons , celle garnie de plumes des Oiseaux.
A l'égard des couches qui la constituent (3) , je ferai remarquer d'abord que le derme proprement dit a partout beaucoup plus d'épaisseur que chez les animaux des classes précédentes, soit sur le dos seulement, soit par
(1) TiEDEMANN , Zoologie . lom. II , pag. i;>b.
(2) Note à la page 274 du G^ volume de V Histoire naturelle des Oiseaux d'Allemagne , par Naumann.
(3) Voyez Belle Chiaje, Osservazioni sulla strutlivra délia epidermide umana, Naples, 1027, in-40; G. Beeschet et Roussel de Vanzeme , Recherches anatomiquas et physiologiques sur la structure de la peau. Paris, 1033 , in-O" , fig.
tout le corps , comme dans les Éléphants , les Rhinocéros et le Buffle.
Il a déjà été parlé ailleurs (§ 359) des muscles peauciers , qui permettent le hérissement des poils et des crinièi"es , ainsi que le froncement de certaines parties de la peau.
Le réseau muqueux , généralement peu coloré , et l'épiderme ne diflférent point de ce qu'ils sont dans les classes précédentes. Seulement le renouvellement de l'épiderme est moins sensible , ce qui avait déjà lieu chez les Oiseaux ; dans ces deux classes , il porte plutôt sur les productions rayonnantes de la peau, ici les poils , et là les plumes.
Le tissu papillaire est principalement développé aux organes du toucher , comme chez l'homme. Il manque tout à fait chez les Cétacés , de même que chez les Poissons.
L'exemple le plus frappant de coloration du réseau muqueux , qu'on trouve dans cette classe , nous est fourni par les caroncules faciales et fessières rouges et bleues de certains Babouins.
L'adhérence de la peau aux muscles sous jacents a lieu surtout au moyen d'un tissu cellulaire dans les mailles duquel s'amasse une quantité extraordinaire de graisse chez les Pinnipèdes , chez les Cochons et , en automne , chez les Mammifères hibernants. Ce tissu cellulaire admet l'air dans quelque Chéiroptères (S 567 ). Cuvier rapporte , d'après Sparmann , que la peau du Daman tient peu aux muscles.
L'appareil glandulaire de la peau paraît ne point exister chez les Cétacés (4) , où cependant il est remplacé par une exsudation de mucus mêlé avec des particules graisseuses. Dans les autres ordres, son organisation est essentiellement la même que chez l'homme , où l'on sait que les glandes sébacées fournissent des sécrétions ditîérentes suivant les diverses régions qu'elles occupent. Cependant , nous trouvons quelquefois ces organes trèsdéveloppés, et alors ils offrent ordinairement des répétitions de formations antérieures. Nous l'avons dit à l'égard des glandes sus-maxillaires des Brebis , des Cerfs , des Chauves-souris ;, etc., et des glandes anales;
(4) Les Pangolins et les Tatous sont sans doute dans le même cas.
nous aurons occasion aussi de citer des glandes analogues en traitant des organes génitaux. P. Savi a décrit une glande conglomérée qui mérite une mention particulière; elle est située à l'occiput du Chameau , et chacun de ses lobes a un conduit excréteur particulier. Enfin , nous trouvons encore de ces glandes sur la ligne latérale du corps , comme chez les Poissons (S 599) , sur le sacrum, où elles rappellent les glandes huileuses des Oiseaux (S 607 ), ou entre les sabots, et cellesci rappellent l'abondante sécrétion qui a lieu aux phalanges de certains Reptiles (g 602). Les premières sont très-prononcées surtout chez les Musaraignes, suivant Geoffroy Saint- Hilaire (1) ; on les aperçoit aussi, mais moins, dans la Taupe et quelques Rongeurs. Chez les Musaraignes, on découvre , sur les côtés du corps, à des distances régulières , les ouvertures de glandes sous-cutanées aplaties, dont la sécrétion , qui se répand sur les poils , a une forte odeur , comme la plupart de celles du même genre. Les glandes sacrées se voient surtout dans le Pécari , où elles atteignent , suivant Daubenton (2) , un volume égal à celui d'un œuf d'oie. Quant à celles des doigts^ on les rencontre particulièrement aux pattes de derrière , chez quelques Bisulces . tels que la Brebis, le Chevrotain et le Renne; leur conduit excréteur s'ouvre entre les sabots.
Il est évident qu'on doit rapporter aussi à cette classe d'organes la glande à venin de rOrnithorhynque, qui, placée beaucoup plus haut, derrière les trochanters , n'appartient qu'aux individus mâles. Au moyen d'un long canal excréteur , elle transmet sa sécrétion venimeuse à l'éperon perforé qui se voit sur le bord interne de la patte de derrière (3).
On sait que la vestiture de la peau consiste
(1) Mémoires du Muséum , vol. I, pag. 301. Geoffroy Saint-Hilaire a voulu aussi, mais à tort, considérer comme un appareil glandulaire de ce genre, la glande mammaire découverte par Meckel dans l'Ornithorhynque.
(2) BvrToy,nist.nat.,\'o\. X.
(3) Voyez Meckel, Ornithor. deser. anat., pi. vi. Dans une Notice lue à la société Linnéenne, .1. Jameson rapporte qu'un liomme qui avait été l)lessé par l'éperon d'un Ornitliorliynque , fut atteint de trismus , et qu'il fut longtemps sans pouvoir se servir de son bras [Lond, mcd. Repositonj , vol. VII , pag. '6).
presque aussi généralement en poils dans cette classe qu'en plumes dans la précédente. Quand elle manque tout-à-fait, comme chez les Cétacés, la peau se rapproche de celle des Poissons et des Reptiles, pour la conformation.
La structure et la couleur des poils offrent un nombre prodigieux de variétés , dont la description appartient en grande partie à la zoologie.
Ceux qui se rattachent le mieux aux plumes sont les piquants du Porc épie , que nous pourrions considérer comme des tuyaux et des tiges de plumes privées de barbes et couvertes d'un épais enduit corné , s'ils n'en différaient parce qu'ils ne renferment pas primitivement de geriTies vasculaires dans leur intérieur, et qu'un tissu corné très-lâche remplit leur cavité entière , à l'exception de la racine , qui n'en contient pas. Les petits piquants du Hérisson et de l'Echidné font le passage de ceux du Porc-épic aux soies raides qu'on rencontre surtout chez les Pachydermes (4).
Les soies du Cochon consistent également en un cylindre corné, dont le milieu est occupé par un tissu cellulaire corné lâche. Etant fendus en plusieurs parties à leur sommet , ils rappellent en quelque sorte par là les faisceaux de poils d'un grand nombre d'animaux des classes inférieures , qui se trouveraient ici soudés à la base en un seul cylindre.
Les écailles des Poissons et les plumes squamiformes des Pingouins nous sont également rappelées par les poils aplatis , parmi les plus remarquables desquels nous citerons : 1° les écailles des Pangolins , qui ne sont autre chose que de larges poils ou piquants cornés , susceptibles de se redresser ; 2" les poils larges^ plats et terminés par une pointe dure des Rats épineux (Loncheres) ; 3° les longs poils plats du grand Tamandua , les poils plats entremêlés avec les piquants des Porc-épics et des Hérissons , ceux qu'on voit à la queue de l'Hippopotame et sur les doigts de l'Ornithorhynque, etc.
Les poils ordinaires des Mammifères ressemblent à ceux de l'homme, quant au fond ;
(A) On peut voir dans Eble, loc. cit., tom. I, pi. x, l'anatomie très-détaillée des piquants du Hérisson , et pi. viii, celle des soies du Cochon.
ORGANE CUTANE.
mais leurs poils soyeux se rapprochent souvent du duvet, car ils sont parsemés de nœuds, comme ce dernier (g 605) , et l'on doit même leur attribuer la teinte grisâtre du pelage de certains animaux , par exemple des Souris , attendu qu'au microscope les nœuds paraissaient noirs et leurs interstices blancs (1).
Les poils laineux ont une transparence vitrée , et sont intérieurement divisés en cellules, assez régulières même. C'est ce que je vois, par exemple, dans ceux des Chèvres du Thibet. La laine, celle surtout des Brebis, a cela de remarquable aussi que ses brins sont fléchis en zig-zag dans le sens de leur longueur, avec quelques petits renflements de distance en distance. Le diamètre d'une des plus fines soies de Brebis est de 13/20,000 d'un pouce anglais.
La torsion en spirale de certains poils mérite d'autant plus d'être prise en considération, qu'elle paraît appartenir aussi exclusivement aux Mammifères que celle des dents, par exemple dans le Narwal ( v. S 312, note), et qu'il résulte de là une particularité fort remarquable tant dans le dermatosquelette que dans le splanchnosquelette de ces animaux. C'est surtout à la barbe et aux moustaches qu'on observe ces poils tordus en spirale, par exemple dans les Phoques, ainsi que dans les Chéiroptères et la Chrysochlore, ou, suivant Eble (2), la torsion des poils leur donne le même aspect que si leur tige droite était entourée d'un mince fil tourné en spirale.
L'accroissement des poils se fait comme celui des plumes , c'est-à-dire par la racine , et de même que la membrane vasculaire se développe en branchie dans l'intérieur de la tige de la plume , de même aussi une membrane vasculaire , très-facile à apercevoir dans les gros poils , entoure la racine de ces derniers , qui s'en élèvent ensuite d'une manière parfaitement analogue à celle dont croît la tige des plumes (3).
Une fois que le poil est parfaitement formé, il cesse de se nourrir , comme la plume tout
(1) Voyez Eble , loc. cit. , pi, viii , fig. 77 , représentant un poil de Taupe.
(2) Eble;, loc. cit. . pi. vin, fig. 79, 80.
(3) Eble, loc. cit. , pi. xi, fig. 121 , 122. Les figures représentent les poils des moustaches du Chat.
à fait sèche , et tombe pour faire place à un nouveau.
La coloration des poils , chez les Mammifères, est déjà beaucoup moins forte que celle du plumage des Oiseaux. En efl'et , une plume est un poil arrivé au plus haut degré de développement. Cependant nous pouvons remarquer ici , comme dans la classe précédente , que la surface dorsale a constamment des teintes plus foncées , tandis que le ventre paraît presque toujours blanc. D'ailleurs le climat exerce sur la couleur du pelage des Mammifères la même influence que sur celle du plumage des Oiseaux.
J'ai déjà parlé plus haut de la forte tension électrique dont sont susceptibles les poils de plusieurs Mammifères, des Chats par exemple.
La situation des poils varie même parfois suivant les genres. Ainsi, beaucoup de Mammifères ont les pieds nus ou couverts seulement de poils courts , de même que , chez les Oiseaux, en général, les plumes ne s'étendent point jusqu'aux pieds. Il est des parties aussi où les poils acquièrent un plus grand développement; tels sont le museau, où ils servent comme de barbillons ou de palpes, les yeux, le cou , où ils constituent la crinière qui , dans le Lion par exemple , distingue les mâles des femelles , et la queue , dont les poils diffèrent tant de ceux du reste du corps chez le Cheval. Enfin, il y a des individus chez lesquels on rencontre à la fois plusieurs sortes de poils. Ainsi , le Lama et la Chèvre du Thil3et ont une laine fine au milieu de forts poils qu'on appelle jarre. De même , les piquants du Hérisson et du Porc-épic sont entremêlés de poils mous. Sarrasin prétend même que le Porc-épic du Canada a sept sortes de poils; et , si l'on voulait avoir égard à de légères différences , il ne serait pas difficile d'en compter autant chez les Mammifères que nous connaissons mieux.
Quant aux productions cornées enveloppantes et squelettiformes de la classe des Mammifères, nous en avons déjà parlé eu décrivant le dermatosquelette de ces animaux. Le test des Tatous peut assez bien être comparé à celui des Chéloniens , car on ne doit voir en lui que des ossifications du réseau muqueux, accolées les unes aux autres et
TRAITE D'ANATOMÏE COMPARÉE.
recouvertes par l'épiderme. Les écailles caudales des Mammifères ont déjà été comparées avec raison par Cuvier à celles des pattes des Oiseaux ; cependant , chez les animaux d'une petite taille , elles sont très-délicates , et font ainsi le passage à l'épiderme régulièrement sillonné qui tapisse les pieds de tant de Mammifères et même la main de l'homme.
A l'égard des ongles , ils ressemblent parfaitement aux poils , sous le rapport de leur composition chimique et de leur mode d'accroissement. Chez les Carnivores , les Rongeurs et les Chéiroptères (1) , ils ont la même disposition que dans les Oiseaux ou les Sauriens, c'est-à-dire qu'ils forment des gaines cornées , pointues et tranchantes , qui revêtent l'extrémité de la phalange onguéale. Les ongles larges et émoussés qui enveloppent entièrement cette phalange , portent le nom de sabots. On remarque que les ongles et les sabots sont d'autant plus grands qu'il y a moins de doigts ; je citerai pour exemple les Solipèdes et le Fourmilier didactyle , dont les ongles des pattes de devant sont proportionnellement énormes. Du reste , c'est dans les sabots qu'on reconnaît le plus distinctement la structure pileuse.
Il nous reste encore à dire quelque chose de la structure des cornes, dont on trouve trois sortes chez les Mammifères.
Aux tissus dont il vient d'être question se rattachent très-bien les cornes du Rhinocéros, dans lesquelles on peut d'autant moins méconnaître qu'elles sont dues à la coalescence d'une multitude de poils raides , que quelques uns de ces poils , plus courts que les autres à la vérité , se voient encore libres à la racine de l'excroissance , et que d'ailleurs une coupe transversale de celle-ci ne laisse aucun doute à cet égard (2).
Des cornes d'un autre genre sont formées par des broches osseuses qui croissent sur le frontal après la naissance (S 315) , et soulèvent la peau ; celle-ci devient calleuse, et finit par constituer une gaîne cornée , dans le tissu de laquelle on distingue encore fort bien les poils dont la soudure lui a donné naissance.
(1) Ici, comme chez les Oiseaux, les membres aliformes ne portent d'ongles qu'aux pouces.
(2) Voyez-en la figure, d'après Daubenton, dans Bdffon, Hist. natur , vol. XI, pi. viii.
Telles sont les cornes des Brebis , des Chèvres et des Bœufs.
Le troisième genre de cornes comprend les bois; j'ai déjà parlé du mélange intime de la substance cornée avec la substance osseuse dans leur intérieur , et de la sympathie remarquable qui les unit avec les organes génitaux mâles (§ 259).
Enfin , les petites cornes de la Girafe pourraient être considérées comme constituant encore un quatrième genre; car la peau velue qui les revêt en tout temps par dessus une substance semblable au bois des Cerfs , forme une transition bien marquée entre ces productions et le pelage général.
Si maintenant nous embrassons d'un seul coup d'œil l'histoire entière du développement de la peau , afin d'apercevoir en quoi cet organe diffère , chez les animaux , de ce qu'il est chez l'homme , nous trouvons que , dans les dernières classes du règne animal , la peau extérieure ressemble à la peau intestinale; que les qualités de membrane muqueuse dont elle jouit la rendent peu propre à être le siège d'un toucher délicat; que souvent même elle est en outre enveloppée soit par des coquilles calcaires , soit par des écailles et des cuirasses. Plus tard, au contraire, lorsque la respiration se prononce avec plus d'énergie dans le corps entier , les productions cutanées deviennent prédominantes , et les poils , les soies , les plumes , se développent en telle quantité que cette circonstance , jointe à l'épaisseur des téguments et à celle des dépôts graisseux sous-cutanés , ne permet pas non plus au sens du toucher d'acquérir une grande perfection. Chez l'homme , l'organe cutané tient le milieu entre la mollesse excessive de la surface muqueuse des Mollusques et l'induration de la peau chez les Insectes ; il est plus mince et reçoit plus de nerfs que chez les Mammifères , et il n'est couvert que d'une petite quantité de poils mous , qui ne mettent point obstacle à l'exercice du toucher. Si le sommet de la tête de l'homme porte davantage de poils , on peut l'expliquer par la remarque, si souvent faite dans les paragraphes précédents , que les productions cutanées se développent plus que partout ailleurs sur le côté du corps qui est tourné vers la lumière ; or le haut de la tête étant ce côté
ORGANES RESPIRATOIRES ET VOCAUX
chez l'homme , en raison de la station droite sur les membres pelviens, les poils ou les cheveux doivent y acquérir plus de développement qu'en aucune autre région. La barbe humaine pourrait être considérée comme une répétition des moustaches qui garnissent le museau d'un grand nombre de Mammifères , et sa présence chez le sexe masculin , comme un résultat de l'intensité plus considérable de la respiration et du développement plus grand des membres , qui , chez les animaux aussi , coïncident avec un déploiement plus marqué des poils et des plumes. Quant aux poils du pubis et des aisselles , ils paraissent dépendre de l'abondance des sécrétions glandulaires qui ont lieu sur ces points , et qui déjà , dans les animaux, s'accompagne fréquemment d'un plus grand développement du système pileux.
Les ongles , seuls prolongements cornés de la peau qui restent chez l'homme , sont plutôt comparables à des écailles qu'à des griffes ou à des sabots , et , au lieu d'émousser le sens du toucher , ils contribuent , au contraire , à le rendre plus délicat.
La peau cesse également , chez l'homme , d'être aussi mobile que dans les Mammifères, où sa mobilité rappelait encore celle que détermine le sac musculaire des Mollusques et des Vers. Or , cette circonstance paraît tourner également au profit de la sensibilité de l'organe.
Sous le point de vue de la coloration , nous avons vu qu'elle arrive au maximum dans les deux classes qui se distinguent surtout à l'égard de la respiration et du mouvement , tandis que , dans les autres classes , elle n'avait point atteint jusqu'à ce degré , ou bien elle l'avait abandonné. Ce dernier cas a lieu aussi chez l'homme , où la peau , dans la race la plus noble de toutes, est presque incolore et nuancée seulement de la teinte du sang qui perce à travers son tissu , phénomène dont Gœthe (1) a parfaitement indiqué la cause lorsqu'il dit , en parlant des couleurs qu'offrent les Mammifères : « Si certaines » parties nues du corps des Singes paraissent » ornées de couleurs élémentaires , c'est une » preuve que l'animal lui-même est loin en- » core de la perfection; car on peut dire que
(I) Goethe, Zur Farbenlehre, tom, I. pag. 243-246.
» plus une créature est noble , plus tout ce » qu'elle renferme de matériel a été élaboré, » plus sa superficie tient à son intéi-ieur par » des liens intimes , et moins elle peut offrir » de couleurs élémentaires. En effet , là où » l'ensemble doit former un tout complet , il » est impossible que rien de spécifique se dé. » tache, soit sur un point, soit sur un autre. » L'organe cutané de l'homme se distingue donc par la sensibilité plus exquise dont il jouit ; et, en devenant le miroir des affections morales, par les variations que son coloris est susceptible d'éprouver , il se rapproche du plus noble des organes sensoriels , l'œil.