II. FORMES DIVERSES DES ORGANES DE LA RESPIRATION ET DE LA VOIX
La respiration des animaux étant un conflit entre l'individu et l'élément qui l'entoure ( § 596 ) , il y a nécessité , pour qu'elle s'exécute , que l'afflux de celui-ci vers l'organe respiratoire se renouvelle sans cesse. Or , cet élément ambiant , pour l'animal comme pour la Terre , est l'air. 11 faut donc , pour entretenir la respiration de l'animal , que celui-ci hume l'air , soit immédiatement , soit par Fintermédiaire de l'eau qui s'en est pénétrée , qui l'a en quelque sorte respiré elle-même. Mais , afin que l'air ou l'eau , ou , pour être plus exact , l'air seul parvienne à l'organe respiratoire , il est indispensable que ce dernier occupe primitivement la superficie du corps ; la surface cutanée constitue même , en premier lieu , le seul et unique organe respiratoire , et ce n'est que quand le corps animal a pris plus de développement, qu'on commence à voir paraître des appareils spéciaux pour la respiration , des cellules à air ou à eau , des poumons , des trachées , des branchies , appareils qui tous cependant peuvent être considérés comme des prolongements de la peau , ramifiés tantôt en dedans et tantôt en dehors. Du reste , si nous voyons en général un vaste mécanisme locomoteur accompagner la fonction de la respiration , si même il ne serait pas impossible à la zoonomie de démontrer que le mouvement animal primitif et originaire n'est qu'un mouvement respiratoire , nous devons l'attribuer principalement à ce que la respiration joue dans la sphère reproductive un rôle égal à celui du
mouvement dans la sphère animale (S 20) , de sorte que , moins encore les deux vies sont distinctes l'une de l'autre , plus aussi la respiration et la motilité d'une part , l'assimilation et la sensibilité de l'autre, marchent d'un pas égal dans leur développement , puisque , même dans les organisations supérieures , il doit y avoir affinité entre elles sous le point de vue du degré d'évolution auquel elles parviennent. Nous en avons trouvé la preuve dans les Mollusques , qui ont les organes de la digestion et de la sensibilité trèsdéveloppés , dans les Insectes , chez lesquels les organes de la respiration et du mouvement sont arrivés au maximum de perfection. Enfin , nous découvrons aussi dans les organes de la respiration un mouvement particulier , qui n'est , si l'on peut s'exprimer ainsi , que le mouvement oscillatoire primitif porté à une plus haute puissance , qui ne sert qu'à la respiration elle-même , et dont la destination est d'imprimer au milieu respirable , à l'air, et à l'air seul en nature , des ébranlements susceptibles de prendre la forme ou les caractères du son. Les appareils de ce genre sont connus sous le nom d'organes vocaux , et nous ne les voyons se développer que chez les animaux supérieurs.