‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 150 sur 318 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

Le volume considérable du foie chez les Poissons est une circonstance qui rapproche évidemment l'organisation de ces animaux de celle des Mollusques , et qu'on doit considérer aussi comme une suite de la respiration branchiale , attendu que presque toujours le développement de l'organe respiratoire et celui du foie sont en sens inversel'un de l'autre (§7 00). Sous un autre rapport (S 706), il est fort remarquable que , d'après les remarques de Blumenbach (2), le foie de plusieurs Poissons, d'ailleurs presque privés de graisse , comme la Raie et le Cabliau , regorge d'une substance huileuse. Au reste , cet organe renferme déjà chez les Poissons un système particulier de la veine porte, qui sert à la sécrétion de la bile.

Le foie a ordinairement un volume si considérable , qu'il remplit une grande partie de la cavité du ventre, et qu'il enveloppe souvent plusieurs circonvolutions du canal intestinal , absolument de même que chez beaucoup de Mollusques. C'est ce qui a lieu surtout dans les Cyprins.

La forme de cet org-ane varie beaucoup. Ordinairement il est oblong, comme la cavité abdominale, et représente une masse convexe en dessus, concave en dessous (pi. xi, fig, xvi), tantôt simple, comme dans VAmmocœtes branchialis (fig. xvii , 21 ) , les Lamproies,

(2) Handbuch der pago 184.

vergleichenden Anatomie ,

les Saunions et les Brochets , tantôt divisée par des scissures , soit en trois grands lobes, comme dans la Lote et l'Esturgeon (1), soit en un très-grand nombre de lobes , comme dans les Carpes , ou en deux grosses moitiés presque séparées , dont chacune se compose d'un petit lobe et d'un autre grand et oblong, comme dans la Torpille , etc.

La substance du foie est ordinairement d'autant plus molle, que l'organe est plus gros , et d'autant plus ferme que celui-ci est plus petit. Cependant Meckel fait observer qu'il y a des exceptions à cette règle, par exemple dans les Plagiostomes.

Chez les Poissons qu'on pourrait appeler réguliers, les Cyprins par exemple, la plus grande partie du foie est située à droite, comme chez l'homme , et par analogie avec le caractère respiratoire généralement plus prononcé du côté droit du corps. Chez d'autres , au contraire , suivant la remarque de Rathke (2) , on trouve à gauche , tantôt l'organe tout entier , comme dans les Pleuronectes , le Lièvre de mer , le Saumon , la Perche et les Cottes , tantôt au moins son plus grand lobe , comme dans les Chipées et les Gades.

Le foie a ordinairement une couleur jaunâtre, rougeàtre ou brunâtre. Il est d'un jaune orangé dans le Petromyzon Planeri. La teinte verte herbacée qu'il offre dans la Lamproie ordinaire est d'autant plus remarquable que ce Poisson manque de vésicule biliaire (3).

La vésicule biliaire n'existe pas non plus , d'après Cuvier , dans VAmmocœtes branchialis, la Perche du Nil, la Plie, et quelques Sciènes. Du reste, on la rencontre presque partout dans cette classe , et elle ne diffère point essentiellement de celle de l'homme, tant sous le rapport de sa structure, que sous celui de sa situation (pi. xvi, s).

Il y a ordinairement plusieurs conduits biliaires qui, suivant la remarque de Cuvier, s'insèrent pour la plupart sous un angle obtus à la vésicule biliaire ou à son canal excréteur. A la faveur de ces conduits , la bile , généra-

(1) Voyez mes Tabulœ illustrantes, cah. iv, pi. ni.

(2) Meckel' s Archiv , 1826, pag. 134.

(3) La vésicule du fiel est cependant remplacée , chez la Lamproie, par une assez grande dilatation du conduit biliaire.

lement d'un beau vert, passe dans la vésicule , d'où elle est versée dans l'intestin par le canal cystique. Suivant Cuvier (4) , le conduit biliaire du Poisson lune {Orthagoriscus luna) s'insère à l'estomac même. Dans le Turbot , ce conduit offre une dilatation particulière un peu avant son insertion à l'intestin, et dans le Squalus maximus , suivant Home , son orifice fait saillie , en manière de longue papille , dans la dilatation que l'intestin offre auprès du pylore (5).

La rate des Poissons est très-petite, en proportion du foie, et elle a une couleur beaucoup plus claire que chez l'homme. Sa forme est tantôt arrondie , tantôt oblongue (pi. IX, fig. XV, n), parfois anguleuse ou irrégulière. Dans les Squales et quelques autres espèces , par exemple dans la Truite , où , de même que chez l'Esturgeon , elle a un assez grand volume, tandis que le foie est assez petit , on la trouve près du cul-de-sac de l'estomac. Chez d'autres Poissons, elle est plus rapprochée du canal intestinal , et logée entre les feuillets du mésentère : tel est le cas de la Lote et du Saumon.

Un fait digne de remarque , c'est que quand le foie se trouve plus à gauche qu'à droite , la rate est reportée aussi davantage vers le côté droit. Ce cas a lieu, suivant Rathke, dans VAmmodytes tobianus.

Les Lamproies paraissent être entièrement privées de rate (6).

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