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CHAPITRE ni

SYSTÈME VASCULAIRE

Nous avons poursuivi, dans la série animale , le développement des organes au moyen desquels les substances étrangères pénètrent dans le corps pour y être assimi-

lées , et la substance organique elle-même est rejetée au-dehors, ou transformée pour servir à des usages particuliers. Ces deux fonctions exigent ordinairement un chaînon intermédiaire , qui est le système vasculaire , de même que le système nerveux est celui des organes sensoriels et locomoteurs.

La partie essentielle de ce système est le sang qui s'y meut, et dont le mouvement appelle à l'existence les formes primordiales particulières de l'organisation. Ce liquide, principalement composé d'albumine, avec plusieurs sels , est tantôt incolore , tantôt bleuâtre, jaunâtre, verdâtre, mais toujours rouge à son plus haut degré de développement. Les organisations qu'il renferme en lui-même sont appelées globules ou granules du sang (1).

Les parois vasculaires sont produites par le courant du sang, que l'on rencontre fréquemment sans elles.

Du reste , le système vasculaire se divise en plusieurs systèmes subordonnés , entre lesquels il y a d'autant plus de dififérence , que leurs points de contact avec d'autres organes sont plus multipliés, en un mot, que l'organisation générale est plus diversifiée et plus perfectionnée. Ainsi , nous trouvons , par exemple dans l'homme , un système particulier pour l'absorption des substances étrangères ou de la masse organique même du corps {système lymphatique) , plus un autre système propre à distribuer uniformément les humeurs pour tout le corps ( système vasculaire sanguin ) , et qui lui-même se divise , soit d'une manière générale en vaisseaux afférents (artères) et efférents (veines) , soit, d'une manière plus spéciale, en système de la grande circulation dans le corps , et système de la petite circulation dans les organes respiratoires. Ces systèmes sont beaucoup moins développés et diversifiés dans les classes inférieures , et l'on remarque surtout que les animaux privés de moelle épinière et de cerveau diffèrent presque autant des autres sous le rapport du système vasculaire et de la masse des humeurs , que sous celui du système nerveux.

(0 Voyez sur les dimensions de ces globules : R.Wagner , Partium elementarium organorum quœ sunt in homine atque animalibus mensiones micrometricce. Leipzick, l834,in-4o.

I. SYSTÈME VASCULAIRE DANS LES ANI- MAUX DÉPOURVUS DE MOELLE ÉPI- NIÈRE ET DE CERVEAU.

Les principales particularités qui caractérisent le système vasculaire des trois classes inférieures du règne animal, sont :

V Sous le rapport de la conformation , que les vaisseaux absorbants ne sont encore séparés nulle part de ceux qui président à la distribution générale des humeurs, et qu'il n'y a point encore de distinction entre la petite circulation et la grande , ou même entre le système vasculaire afférent et l'efférent.

2" Sous le rapport de la masse contenue , qu'en général c'est , ou le liquide au milieu duquel vit l'animal , c'est-à-dire l'eau ellemême , ou du moins une humeur lymphatique , qui , soit en coulant dans les vaisseaux , soit en stagnant dans les cavités du corps, entretient le renouvellement continuel des matériaux organiques.

On estdonc fondé à établir, entre le système vasculaire qui peut être appelé le dernier de tous chez les animaux supérieurs , c'est-à-dire le système lymphatique, analogue, sous tant de rapports , aux vaisseaux séveux des plantes , et le seul qui existe au plus bas degré de l'échelle animale , un parallèle presque semblable à celui auquel se prête le système nerveux ganglionnaire. De même que le système ganglionnaire joue un rôle plus important chez les animaux inférieurs que chez les supérieurs , de même aussi cette forme du système lymphatique est beaucoup plus développée dans les basses classes que dans les classes élevées. En effet, ce n'est pomt assez que déjà dans les organismes les plus inférieurs , où il n'y a qu'une seule sorte de vaisseaux , ceux-ci servent simultanément à l'inhalation et à l'exhalation , tandis que , chez les animaux supérieurs, les lymphatiques ne servent en général qu'au mouvement régressif, lorsque l'organisation intime devient plus parfaite , on voit encore une distinction s'établir entre les vaisseaux efférents et afférents , les vaisseaux qui accomplissent la respiration se partager en plusieurs systèmes subordonnés, des organes centraux , des citernes de la lymphe , des cœurs se développer , et le tout se rapprocher de plus en plus du système vasculaire des animaux supérieurs, dont il

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finit par ne plus différer que parce qu'il exerce en même temps l'absorption, et ne charrie d'ordinaire que des liquides lymphatiques incolores. Nous retrouvons ici la même relation que dans le système nerveux , où les chaînes glanglionnaires des animaux inférieurs se rapprochent de plus en plus de l'appareil spino-cérébral , dont il ne diffère que par sa situation au côté ventral de l'animal et l'absence ou le peu de développement d'un nerf sympathique spécial.

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