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Oiseaux, a. Vaisseaux sanguins

Le développement du système vasculaire est proportionné , chez les Oiseaux , à l'extension qu a prise la respiration et à la prédominance que le système musculaire a acquise sous tant de rapports. En effet, ces animaux sont les premiers chez lesquels nous trouvions le san{}' chaud. Leurs globules sanguins sont proportionnellement un peu plus petits, puisqu'ils n'ont que 1/200 à 1/125 de ligne de diamètre; mais, du reste, ils conservent une forme elliptique et aplatie. Il y ami cœur pulmonaire et un cœur aortique, distincts l'un de l'autre , mais réunis en un seul organe. Ce n'est plus une partie seulement de la masse des humeurs, comme dans la classe précédente, mais la totaUté de cette masse qui subit l'influence de l'air; celui-ci agit même deux fois sur elle , d'abord dans les poumons , puis dans les sacs aériens du reste du corps. Cependant on ne peut méconnaître une transition sensible des Reptiles, et principalement des Sauriens , aux Oiseaux, sous le point de vue de la forme du cœur et de la distribution des vaisseaux. En effet , si nous avons égard à l'intégrité , déjà existante dans le Crocodile , de la cloison interventriculaire (§776), si nous considérons le tronc aortico-carotido-axillaire qui sort du ventricule aortique comme le seul tronc aortique, entin si, au heu d'une artère pulmonaire et d'une aorte gauche sortant du cœur droit, nous nous représentons ce dernier donnant seulement naissance à l'artère pulmonaire, nous avons une idée exacte de la disposition du cœur des Oiseaux, et nous voyons en outre que ces animaux , du moins dans l'état de développement parfait, sont les premiers chez lesquels on n'observe plus d'anneau vasculaire autour de l'œsophage. Cependant cet anneau existe encore pendant la vie embryonnaire ; car , ainsi que Haller l'avait déjà remarqué , les deux artères pulmonaires se continuent alors avec l'aorte , dont la portion abdominale résulte par conséquent de trois racines, les deux conduits ar-

de l'anus. Il fait remarquer que le système lymphatique des Reptiles n'a point de glandes, mais qu'en revanche on y aperçoit un très-grand nombre de lacis plexiformes.

tériels et l'aorte proprement dite ; ces racines entourent ainsi l'œsophage (pi. xvi, fig. x), et les artères pulmonaires proprement dites n'en sont que de simples ramifications collatérales , à peu près comme celles de la Grenouille sortent du cercle aortique.

Le cœur des Oiseaux , enveloppé par un péricarde , avec lequel il n'a aucune adhérence, est logé dans le milieu de l'espace supérieur de la cavité pectorale, immédiatement au dessus du foie , entre les poumons , derrière le plastron sternal. Suivant Tiedemann, sa pointe est tournée un peu vers la droite, surtout chez les Oiseaux qui ont un estomac fortement musculeux , tandis qu'il occupe précisément le milieu de la poitrine dans les Rapaces et quelques Echassiers, comme aussi , d'après mes propres obsei'vations , dans les Perroquets. Cependant Meckel considère l'exception relative aux Oiseaux à gésier robuste comme une circonstance purement accidentelle , et qui tient à la réplétion de l'estomac. La forme du cœur est conique, et sa couleur d'un rouge foncé. Ses parois musculeuses , celles surtout du ventricule gauche , sont extrêmement robustes. Il se distingue principalement par son volume proportionnel , dont le rapport à celui du corps dépasse tout ce qu'on observe à cet égard dans les autres classes. En effet , d'après les pesées de Tiedemann (1) , son poids est depuis 1/122 jusqu'à 1/49 de celui du corps, et contraste par conséquent beaucoup avec ce qu'on observe chez les Poissons et les Reptiles surtout.

La structure du cœur des Oiseaux se rapproche déjà beaucoup de celle du cœur humain. On trouve des oreillettes séparées, à parois minces , et cependant assez musculeuses , dont la droite a plus de capacité que la gauche. Il y a deux ventricules. L'oreillette du côté gauche reçoit le sang des veines pulmonaires, dont le reflux est rendu impossible par une valvule , et le verse dans le ventricule gauche, qu'on peut considérer en quelque sorte comme le noyau du cœur entier , attendu que le ventricule droit se borne à l'entourer de son côté comme une espèce de coquille. Ici également le reflux du sang dans

(1) Zoologie, tom. II, pag. S2G.

l'oreillette est prévenu, tant par une sorte de muscle sphincter, que par une valvule membraneuse fixée à des cordes tendineuses , et qui correspond à la valvule mitrale du cœur humain (pi. xvi, fig. xiv.) De ce ventricule , qui est vaste et allongé , et dont les parois musculeuses ont une force extrême , le sang coule dans l'aorte , dont la base offre trois valvules semi- circulaires, et qui, aussitôt après sa naissance , se partage en trois branches.

L'oreillette droite reçoit le sang veineux du corps par deux veines caves supérieures , pourvues chacune d'une valvule , et par une veine cave inférieure , qui a deux valvules. Cette oreillette est un peu plus ample que la gauche. Elle s'abouche avec le ventricule droit , dont l'orifice est pourvu d'une large valvule triangulaire , tout-â-fait charnue et attachée à la paroi externe (pi. xvi, fig. xni). Le ventricule lui-même est plus court et plus aplati que le gauche , qu'il entoure concentriquement. Tout-à-fait sur la gauche, il donne naissance à l'artère pulmonaire, protégée par trois valvules semi-lunaires , et qui , sur-lechamp aussi , se partage en deux branches, mais dont le tronc est d'ailleurs moing gros que celui de l'aorte (1) (pi. xvi, fig. xni).

Les artères elles-mêmes ont des parois très - épaisses et une texture fibreuse bien prononcée. Leur distribution ressemble déjà, en général , à celle qu'elles affectent chez l'homme. Je ferai seulement remarquer , à l'égard des trois troncs principaux qui se voient au commencement de l'aorte , que celui du côté droit est l'aorte descendante , que le médian , confondu encore pendant quelque temps avec le précédent, est la sousclavière droite , et que celui du côté gauche est la sous-clavière gauche. L'union del'aorte descendante avec la sous-clavière droite annonce une prédominance de la portion droite du système vasculaire , qui est remarquable, sous le point de vue physiologique , à cause de sa liaison avec celle de la respiration dans le côté droit du corps. La carotide primi-

(1) Tiedemann fait remarquer, contre l'observation de Cuvier, que l'artère pulmonaire injectée lui paraît supérieure en calibre à l'aorte (toc. cit., tom. II, p. sao), ce que confirme aussi Meckel (System der vergleichenden Anatomie , tom. II , pag. 28j ).

tive , qui fournit toujours une forte artère vertébrale , varie beaucoup dans sa manière de se comporter , d'après Meckel (2) , Nitzsch (3) etBarkow (4), à qui nous devons de belles recherches sur le système vasculaire des Oiseaux. Le plus ordinairement , il naît, de chaque côté , une carotide de la sous-clavière (5). Il est rare que les deux carotides il s'unissent ensemble et se séparent ensuite uq " peu plus haut. Ce cas a lieu , suivant Nitzsch et Meckel , dans VArdea stellaris, où cependant Barkow n'a rien vu de semblable. Le plus souvent il n'y a qu'un seul tronc carotidien d'un côté , qui alors naît presque toujours de la sous-clavière gauche , comme on le voit, d'après Bauer (6), dans l'Alouette, le Bruant et l'Hirondelle, selon Meckel dans l'Autruche , et qui , par sa scission , produit les deux carotides. Meckel l'a vu provenir de la sous-clavière droite dans le Flamant.

Les autres artères n'offrent que quelques particularités dignes d'être signalées.

En premier lieu , on est frappé du peu de grosseur de l'aorte descendante , qui tient à ce que le cou , la tête et les ailes forment une grande partie du corps. La première branche un peu forte qu'elle fournit est le tronc cœliaque , pour l'estomac , le foie, etc. On trouve ensuite l'artère mésentérique , destinée à l'intestin , puis les artères crurales, enfin la terminaison de l'aorte , qui correspond à l'artère sacrée moyenne de l'homme, et constitue l'artère caudale.

La physiologie attache surtout un grand intérêt aux plexus artériels ( réseaux admirables) qu'on rencontre sur plusieurs points, et qui se voient pour la première fois dans la classe des Oiseaux , ainsi qu'à la texture éminemment vasculaire de l'organe incubateur de ces animaux, dont nous devons la première description exacte à Barkow.

Quant aux réseaux artériels, on en trouve à la tête, dans le fond de la cavité abdomi-

(2) System der vergleichenden Anatomie , tom. V, pag. 273. — Archiv., 1 828 , pag. 20.

(3) Observ.de aviumarteria communi. Halle, 1829.

(4) Meckel' s Archiv., 1829, pag. 30S.

(ii) C'est ce que Hahn a figuré, d'après le Canard (Commentatio de arteriis anatis. Hanovre, 1830, in-io, fig.)«

(6) Disquisitiones circa nonnuUorum avium sy$tema arteriosum. Berlin , 182!5.

SYSTÈME VASCULAIRE

nale et à la jambe. Halin a figuré le réseau temporal du Canard, Barkow ceux du cloaque de la Poule d'eau et de la Poule domestique, et le réseau tibial du Manchot.

A l'égard de Torgane incubateur, il est formé d'une multitude d'artères fréquemment anastomosées ensemble et flexueuses, avec un nombre correspondant de veines. On le trouve sous la peau du ventre, et il fournit du sang en abondance aux parties qui sont destinées à l'incubation des œufs(l). Barkow en a donné une fort belle figure d'après le Podiceps cristatus.

La distribution des artères pulmonaires n'offre rien de particulier.

Les veines des Oiseaux ne suivent pas toujours une marche parfaitement semblable à celle des artères. Ainsi , par exemple , les carotides sont presque toujours entièrement séparées des veines jugulaires. D'ailleurs ces vaisseaux ont des parois plus fortes que chez d'autres animaux, et il est très-facile d'apercevoir leur texture fibreuse sur les individus de grande taille. Cuvier et Meckel assignent à la veine cave inférieure des Oiseaux plongeurs un calibre considérable , circonstance importante sous le point de vue physiologique ; car elle explique en partie la faculté dont ces animaux jouissent de suspendre assez longtemps leur respiration, et elle rappelle en même temps les réservoirs analogues qui se voient aux principaux troncs veineux des Tortues (S 774).

La veine porte reçoit le sang des organes digestifs , comme à l'ordinaire ; mais les recherches de Nicolaï surtout (2) ont appris qu'il s'y rend aussi une partie du sang revenu des membres pelviens et du bassin , ce qui constitue une analogie frappante avec les

(1) A cet organe incubateur, formé par le système vasculaire, correspondent extérieurement des portions de peau privées de plumes, qui s'appliquent sur les (Eufset leur communiquent immédiatement la chaleur. Nitzsch, qui doit nous donner sous peu une excellente ptérylographie des Oiseaux , distingue les régions de leur peau en rases [apteria) et eraplumées [pterylœ). Il compte huit des premières et neuf des secondes, d'après les parties du corps où elles se trouvent. Le siège des organes incubateurs tantôt appartient aux régions naturellement rases, tantôt est formé ou du moins agrandi par le soin que prend l'Oiseau de s'y arracher les plumes.

(2) Isis, 1826, pag. 414.

Reptiles et un état de choses dû à la persistance de ce qui avait lieu pendant la vie fœtale.

A l'égard des veines rénales , Jacobson croyait en avoir trouvé aussi , chez les Oiseaux, qui amènent le sang aux reins pour prendre part à la sécrétion de l'urine ; mais les recherches auxquelles on s'est livré depuis ne confirment point son opinion , qu'a déjà réfutée Nicolaï, qui l'admet toutefois en ce qui concerne les Reptiles et les Poissons.

Les veines pulmonaires se réunissent de chaque côté en un seul tronc , et même les troncs communs des deux côtés pénètrent ensemble dans l'oreillette gauche.

b. Vaisseaux lymphatiques.

J. Hunter a découvert le premier les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux , auxquels Hevs'son , qui depuis les a étudiés avec plus de soin (3), assigne les particularités suivantes pour caractères: 1° ils contiennent un chyle transparent et incolore, ce qui ne se concilie cependant point avec l'existence fréquente d'un liquide lactescent mêlé avec le sang (4) ; 2° il n'y a ni glandes dans le bas-ventre , ni canal thoracique ; le cou est la seule partie oii l'on trouve quelques glandes , et partout ailleurs elles sont remplacées par des plexus ; 3° ils offrent de nombreuses dilatations variqueuses, qui peut-être néanmoins doivent être attribuées à la domesticité , et considérées comme des états pathologiques.

Au voisinage de l'artère cœliaque, les vaisseaux lymphatiques se réunissent en un grand plexus , qui remplace la citerne de Pecquet, et d'où partent deux canaux thoraciques, qui vont se jeter dans les veines sousclavières.

Suivant Tiedemann, les glandes lymphatiques du cou sont plus développées dans les Echassiers et les Palmipèdes que dans les Oiseaux terrestres.

Les valvules sont encore imparfaites dans cette classe , car les injections passent en grande partie des troncs dans les branches.

(3) Philos. Trans., 1760, pag. 217.— Haller(£'Zem phys., tom. Yll , pag. 198) rapporte bien quelques observations plus anciennes sur les vaisseaux lymphatiques des Poissons, des Reptiles et des Oiseaux ; mais il n'y ajoute pas foi.

(4) TiEDE-UANN , Zoologie , tom. II , pag. !î70.

TRAITE DANATOMIE COMPAREE.

Nous devons àE. Lauth (1) des observations faites avec soin , et accompagnées de bonnes figures , sur les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux. Le résultat de ce travail est que ces vaisseaux marchent moins près de la surface du corps qu'ils ne le font chez l'homme , et qu'indépendamment des deux canaux thoraciques , ils communiquent avec le système veineux par beaucoup d'autres points encore.

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