Mollusques
a. Â'god&s.
Les Mollusques de cet ordre et du suivant paraissent être pour la plupart doués de la
(1) Annales du Muséum , tom. XIII, pag. >i47.
(2) Ueber Polypen und Aktinien. Weimar, 1829, in-40, pag. 4b'.
reproduction primaire et n'avoir point de sexes distincts. Aussi n'aperçoit-on ordinairement chez eux qu'au voisinage du foie ou de l'appareil respiratoire , des organes particuliers où les œufs poussent en manière de bourgeons, et sont rejetés au dehors, à des époques déterminées , souvent par le moyen de conduits spéciaux.
Cuvier a déjà trouvé que les ovaires des Biphores formaient deux corps oblongs et frisés, contenus dans la substance du dos , au dessus de la cavité respiratoire générale (pi. n, fig. I , ). Cette remarque a été confi rmée par Meyen, qui a vu l'œuf s'avancer peu à peu vers cette cavité , et enfin y pénétrer après avoir déchiré la .oiembrane qui la revêt. Il est plus difficile d'admettre comme vraie une autre observation de ce dernier naturaliste (3), qui tendrait à établir que les Biphores possèdent un organe mâle ; car une légère ressemblance extérieure avec une verge ne suffit pas pour faire croire à un appareil générateur masculin, qui exigerait avant tout qu'on eût constaté l'existence des testicules.
Les Ascidies ont également un ovaire bien apparent (pi. 11, fig. iv, m) et situé au dessous du foie (pi. n , fig. v , d ) , dont l'oviducte s'ouvre à la face externe du sac branchial (h), vis-à-vis de l'orifice anal du sac musculaire. Dans quelques espèces, on trouve encore, en face de l'ovaire, un organe glanduleux, muni d'une ouverture (pi. n, fig. v, e e) qui pourrait être considéré comme un testicule , à moins qu'on ne lui attribue pour usage de sécréter la substance mucoso-gélatineuse qui enduit les œufs.
b. Pélécypodes.
Les Bivalves ont , dans la masse de leur pied, autour des circonvolutions intestinales, et au dessous du foie, un ovaire très-volumineux, qui ordinairement s'ouvre de chaque côté par une fente étroite, dans l'un des deux conduits (pi. n, fig. xvni, q*) situés au dessus des compartiments des branchies (622). Une circonstance digne de remarque , et particulière à ces animaux, c'est que les ovaires et même les côtés de la masse du pied ont quel-
(3) Nov. act. Leopold., XVI , pag. 398.
ORGANES GENITAUX.
qiiefois une couleur qui tient à celle des œufs eux-mêmes: ainsi ces derniers sont jaunes dans l' Unio pictorum ^ d'un rouge intense dans ïUnio liltoralis, et blancs dans VUniotumida.
Toujours les œufs se développent complètement, à des époques déterminées, dans les ovaires (pi. n, fig. xiv), et alors on en trouve constamment plusieurs qui sont renfermés dans des sacs membraneux (1). Si l'on examine ces derniers en d'autres temps, on n'y aperçoit qu'une sorte de liquide lactescent , une simple substance ponctiforme, et tel était probablement l'état qu'ils offraient lorsque plusieurs observateurs , parmi lesquels figure déjà Baster, les ont considérés comme des organes mâles, comme des testicules.
Outre ce grand ovaire , qui contient des millions de germes d'œufs , et qui se vide supérieurement , au dessus du cœur , par deux tubes courts et fendus (2), dans les canaux dont je viens de donner la description (3) , on doit encore rapporter à l'organe sexuel les compartiments des branchies extérieures {% 622) ; car les œufs y subissent une sorte d'incubation semblable à celle que les œufs de quelques Méduses éprouvent dans des organes externes (S 814), de telle sorte qu'il arrive souvent de les trouver remplis d'embryons, que Jacobson a eu le grand tort de considérer comme des parasites.
Lorsque les embryons parvenus à maturité doivent être rejetés au dehors , les deux oviductes les conduisent dans le tube supérieur du manteau , par lequel l'animal s'en débarrasse.
Du reste, les œufs ne se développent point ainsi dans les compartiments des branchies chez tous les Pélécypodes; car Jacobson nous apprend que les embryons de la Cycsas cornea , par exemple , parviennent seulement dans une cavité située au dessus de la branchie interne , et il est probable qu'en multi-
(1) Voyez mes Recherches sur le développement de la Moule Quviatile, dans Act, nat. cur., tora. XVI, pi. I , fig. I.
(2) Je les ai représentés («6td.) P. I, pi. n, fig. iv, a. (.'5) Autrefois on se faisait une idée fort inexacte de
la voie par laquelle a lieu cette émission. Moi-même je pensai d'abord , contre l'opinion d'Oken , qui , dés 180G, avait reconnu le véritable état des choses, que les œufs sortent par la bouche , et Treviranus croyait qu'ils sont évacués par le canal intestinal.
pliant les recherches à cet égards on trouvera plusieurs autres variations encore.
c. Gastéropodes.
Au lieu de la production d'œufs sans le concours de sexes, nous trouvons, chez tous les Gastéropodes (4) , des organes génitaux mâles et des organes génitaux femelles. Il nous arrive même , probablement pour la première fois dans la série animale, de voir chez eux ces organes répartis sur des individus différents, ce qui est le cas des espèces pourvues de branchies logées dans des cavités du manteau. D'autres, au contraire, ceux surtout qui respirent par des branchies libres ou par des cavités pulmonaires, reproduisent des formes déjà existantes dans les classes précédentes , par exemple chez les Rotifères , c'est à dire que chaque individu possède les organes des deux sexes , mais ordinairement toutefois avec l'obligation d'un double accouplement avec un autre individu de la même espèce. Je vais donner quelques exemples de ces deux modes d'organisation , et pour les Gastéropodes à sexes séparés , je ferai choix de la Paludinavivipara.
La femelle de ce Mollusque possède, entre la cavité respiratoire et le foie, un ovaire d'où part un oviducte qui se porte derrière le peigne branchial, de même que les oviductes de la Mulette marchent au dessus des lames branchiales (pi. ni, fig. vni, h). Cet oviducte joue en même temps le rôle de matrice ; car les œufs y font un long séjour , et y éclosent même , comme ceux des Moules dans les branchies, ce qui lui fait acquérir des dimensions extraordinaires. Chez le mâle , l'emplacement destiné à l'ovaire de la femelle est occupé par le testicule (fig. vu, «), d'où part un canal déférent contourné (z) , qui va gagner la verge (y), laquelle peut se renverser sur elle-même et sortir par une ouverture de la corne droite.
Dans d'autres Gastéropodes appartenant à la même catégorie , l'oviducte ne sert qu'au
(4) A la vérité Cuvier et Meckel n'ont trouvé qu'un ovaire dans YHaliotis, ce qui a fait croire à Meckel (v. Feider, De haliotidum structura. Halle, 181-}, pag. 9 ) que la fonction génitale de ces Gastéropodes n'est point supérieure a celle des bivalves, mais ce point réclame encore de nouvelles recherches, d'autant mieux que fort souvent, chez les animaux inférieurs, le nombre des femelles surpasse de beaucoup celui des mâles.
passage des œufs, qui se développent hors du corps de la mère. C'est ce qu'on voit , par exemple , dans le Buccinum undatum. Cependant il est digne de remarque qu'ici , comme chez la plupart des Univalves, l'animal pond toujours plusieurs œufs à la fois , enfermés dans des capsules communes (1), qui rappellent celles qu'on trouve dans l'ovaire des Bivalves et d'autres phénomènes analogues offerts par les Phytozoaires. Du reste, les mâles du Buccinum undatum ont une verge extrêmement grosse , que l'animal peut, à volonté, faire sortir du côté droit du cou ou rentrer dans la cavité pulmonaire.
Parmi les Gastéropodes hermaphrodites qui ont besoin d'une fécondation réciproque , je choisirai le Limaçon des vignes pour décrire ses organes génitaux. Chaque individu offre, d'après l'interprétation de Cuvier , un ovaire médiocrement volumineux , et situé au dessous de l'extrémité supérieure du foie (pi. in, fig. m, v). De cet ovaire descend un oviducte contourné (x), qui après s'être un peu rétréci, se dilate tout à coup en un large vagin plissé et muqueux (w) , dans l'intérieur duquel les œufs sont enduits d'une matière albumineuse et réunis par paquets. A l'issue de ce vagin s'implantent plusieurs organes sécrétoires, que j'ai indiqués précédemment comme les représentants probables des reins ou de la vessie ; ce sont une paire de poches à nombreuses ramifications (/*/^) et une autre poche portée par un long cou (z). Les organes mâles consistent en un gros testicule (y), un canal déférent , qui , d'abord collé le long du vagin , s'en détache ensuite pour aller gagner la verge ( y, ^ ) , et en une longue verge {>], mobile au moyen d'un muscle (^"), et munie d'un long appendice (v) . La verge et le vagin se terminent enfin dans l'ouverture génitale commune , qui s'ouvre extérieurement au dessous de la grande corne du côté droit ( fig. m, «), et dans l'appendice cœcal de la quelle (fig. ni,^) le dard (fig.v, vi), petitcorps calcaire et pointu, se développe sur une faible élévation.
Lorsque l'accouplement réciproque doit
(1) Les capsules du Buccinum undatum forment des masses de la grosseur du poing , et chacune d'elles contient quelques douzaines d'œufs ponctiformes. Voyez OKEJi, Zoologie, lena, 1816, in-0", tom. I, pag. 271.
avoir lieu , la cavité génitale se renverse par l'ouverture extérieure; la verge elle-même se retourne jusqu'à l'insertion du canal déférent, en se gonflant beaucoup et prenant parfois une forme singulièrement flexueuse (2), et le dard sort aussi de sa poche ; presque toujours il tombe après que les deux Mollusques s'en sont servis pour s'exciter mutuellement; mais il ne manque jamais de se reproduire ensuite.
Les organes génitaux des Mollusques nus sont disposés presque de la même manière ; cependant on ne trouve ici ni poches rameuses, ni le dard.
Une disposition analogue des ces organes s'observe aussi chez la plapart des autres Gastéropodes qui respirent par des branchies libres ou des cavités pulmonaires. Quelques uns seulement , comme les Aplysies et les Onchidies , ont cela de particulier d'après Cuvier, que leur verge se trouve éloignée de l'ouverture génitale commune, et ne communique avec elle qu'à l'aide d'un sillon (pi. m , fig. I, n).
Je dois faire remarquer maintenant que tous les naturalistes modernes n'admettent pas cette interprétation des organes génitaux. Plusieurs , tels que Wohnlich (3), Brandt et Ratzeburg (4), Prévost (5) , et en partie aussi Treviranus (6) , en sont revenus à celle de Swammerdam, c'est-à-dire que l'organe auquel Cuvier donne Je nom d'ovaire est pour eux le testicule , et qu'ils regardent le testicule comme l'ovaire.
Il reste donc encore de nouvelles observations à faire avant que la question puisse être complètement éclaircie. Cependant j'avoue que quand je compare les organes génitaux des Limaçons avec ceux des Lymnées (7), chez lesquels les parties mâles et les parties femelles s'ouvrent sur des points difi^^érents
(2) F. pi. III , fig. XI , les organes ainsi renversés de deux individus. — Voyez aussi les observations de Wolmlich sur l'accouplement des Limaçons, dans VIsis, 1819, pag. llis.
(3) De hélice pomatia. Wurzbourg, 1813.
(4) Medecinische Zoologie, Berlin, 1831, in-4'', tom. II . p. 326.
(s) Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. nat. de Genève. 1832 , tom. V , pag. 120.
(6) TiBDEMA^y's Zeitschrift , tom. I,cah. i.
(7) J'en ai donné la figure dans mon Abhandlung ueber die Lebensbedingungcnderweiss-undkaltbluetigen Thiere, 1824 , in-4o , pi. II , fig. v.
ORGANES GÉNITAUX
du corps , à une assez grande distance l'une de l'autre , l'interprétation de Cuvier est celle qui me paraît la plus vraisemblable et qu'en particulier on ne peut pas voir autre chose qu'une ovaire dans l'organe qui descend en serpentant du foie et qui a des connexions avec l'oviducte dilaté.
Avant de quitter l'histoire des organes génitaux dans les Gastéropodes , il me reste encore à parler de quelques organes sécrétoires qui paraissent avoir des rapports intimes avec la fonction de la génération.
En effet, on est frappé d'abord de ce que, dans les premiers ordres de la classe des Mollusques , il semble y avoir , entre les organes respiratoires d'une part , ceux de la génération et le rectum de l'autre , un rapport presque semblable à celui qui , chez les animaux supérieurs , existe entre l'appareil génital et les organes urinaires , ce gui vient à l'appui de la manière dont je considère l'appareil urinaire comme une répétition de l'organe respiratoire dans le système génital. Mais on trouve encore d'autres organes sécrétoires particuliers. Ainsi, une glande, ou plutôt une crypte muqueuse assez considérable, située au voisinage de la cavité respiratoire (pi. ni, fig. m, h), donne un canal excréteur (fig. x , xi , l , ) , qui descend ordinairement entre le rectum et le vagin ou la verge , et s'ouvre non loin de l'anus. De même, beaucoup d'Univalves marins, comme le Murex strombus , et même les Aplysies , ont sous le bord du manteau un organe glanduleux, qui sécrète la pourpre, si célèbre chez les anciens, et qui paraît également avoir des liaisons avec la fonction génitale. Brandt et Ratzeburg(l) n'hésitent point à considérer le premier de ces organes , dans le Limaçon , comme l'analogue du rein. Cependant le rôle des organes urinaires semble devoir appertenir plutôt aux poches ramifiées (§ 726 ), et alors la glande en question serait comparable aux organes sécrétoires , prostate et autres , qui accompagnent la fonction génitale dans les classes supérieures. Un corps glanduleux qui entoure le canal déférent des Lymnées, paraît surtout correspondre très-bien à la prostate.
(1) Loc. cit., pàg. 333.
d. Ptéropodes et Crépidopodes.
Cuvier a trouvé la plus grande lessemblance entre les Clios et les Limaces. Les organes mâles et femelles s'ouvrent par une vésicule commune (pi. ni , fig. x, q) , et l'ovaire (n) se continue, par un oviducte(o), avec le testicule [k) .
Chez aucun des huit Oscabrions qu'il a disséqués, Cuvier n'a trouvé la moindre trace d'organes mâles. Un long ovaire , étendu le long du dos , au dessous du grand vaisseau dorsal et au dessus du foie, et muni de deux oviductes d'une couleur rouge , allait s'ouvrir à droite et à gauche , probablement à la région du dernier bouclier dorsal. Cette conformation offre , avec celle des Bivalves, dont les deux courts oviductes s'ouvrent sous le cœur, et dont l'ovaire est très-volumineux, une analogie très-remarquable, qui indiquerait un retour vers le mode de génération par production primaire.
e. Cirrîpèdes et Brachîopodes.
Les Cirripèdes semblent se rapprocher des Gastéropodes. Cuvier a trouvé, dans la Lepas anatifera , un ovaire situé au milieu du corps , et d'où l'oviducte naissait par plusieurs branches (pi. iv, fig. n, q). Après s'être dilaté à sa partie moyenne, cet oviducte se continuait , par un canal étroit , avec un organe volumineux , recourbé de dedans en dehors, et tenant lieu de testicule (t), puis il s'ouvrait dans le tube en forme de trompe qui est destiné à l'émission des œufs.
Nous manquons de notions suffisantes sur l'appareil génital des Brachiopodes. Cependant tout porte à croire qu'à cet égard , ils se rapprochent plus des Pélécypodes que des Gastéropodes.
f. Céphalopodes.
Chez ces Mollusques qui , à tant d'égards , ont une organisation plus parfaite que celle des ordres précédents , les sexes se séparent d'une manière de plus en plus tranchée, quoiqu'il n'y ait point encore d'accouplement réel , et que la fécondation semble résulter , comme celle des plantes dioïques , d'une production simultanée d'œufs et de semence.
Dans la Seiche ordinaire , les organes fe-
melles consistent en un gros ovaire , qu'une capsule particulière entoure au fond du sac peritonéal , et qui renferme un grand nombre d'œufs, de grosseur différente, dont la forme est oblongue et un peu pointue. Ces œufs sont évacués par le moyen d'un oviducte situé au côté gauche , de sorte qu'ils passent au-dessous de l'entonnoir, d'où ils peuvent être entraînés par l'eau expirée , de même que ceux des Bivalves sortent par le tube du manteau. Du reste, il paraît que d'autres sécrétions encore se mêlent avec eux , et leur forment un enduit glutineux, qui leur permet de se réunir en manière de grappe de raisin. Parmi les organes chargés d'accomplir ces sécrétions, on distingue (1) surtout deux gros corps plats et ovales, dont la texture rappelle la substance tubuleuse des reins de l'homme, et une petite vésicule rougeàtre que Swammerdam a découverte entre ces corps.
Les Poulpes n'ont également qu'un seul ovaire composé d'œufs en grappe de raisin , et entouré d'une membrane ferme (pi. iv, fig. IX, a). De cette dernière naît un oviducte simple , large et court (d) , qui se partage en deux canaux (f) , dont les parois se renflent beaucoup à une certaine distance et ont intérieurement une structure lamelleuse (g, h) , en vertu de laquelle elles possèdent sans doute la faculté de sécréter le mucus dont les œufs sont enduits. Ces deux canaux s'ouvrent, à la surface du sac peritonéal , dans l'intérieur de l'entonnoir et au-dessous des conduits excréteurs des grandes poches muqueuses, auxquelles aboutissent immédiatement les branches de la veine cave, et qu'on peut comparer à l'organe muqueux du Limaçon (S 820). On voit pi. iv, fjg. iv, enl, le conduit excréteur droit , avec l'organe muqueux, et , en m , l'ouverture de l'oviducte droit.
Cette description est applicable aussi au Loligo sagitlata ; mais le Loligo vulgaris n'a qu'un seul oviducte , comme la Seiche,
Le mâle de la Seiche a , suivant Cuvier ,
(1) Ces organes glanduleux et autres analogues remplacent jusqu'à un certain point, par les sécrétions dont ils enduisent les œufs, la matrice , qui manque aux animaux inférieurs. Sous ce rapport, il est donc digne de remarque que , dans les animaux supérieurs et l'homme lui-même, nous retrouvions, chez l'individu mâle, un rudiment de matrice constituant une glande sécrétoire , la prostate.
un gros testicule mou et glanduleux, au même endroit où se trouve l'ovaire de la femelle. De cet organe naît le canal séminal ou déférent, qui d'abord produit l'épididyme par ses nombreuses circonvolutions , et ensuite s'ouvre à l'extrémité supérieure d'une cavité spacieuse , que Swammerdam (2) a figurée comme étant le testicule proprement dit. Outre des mucosités un peu épaisses, cette cavité renferme une multitude de petits tubes vermiformes élastiques , dont on ne connaît point encore les usages, quoique beaucoup de naturalistes, Needham entre autres , les aient examinés , et que quelquesuns les aient considérés comme des animalcules spermatiques. La bourse elle-même paraît être analogue aux organes glanduleux qui sécrètent la mucosité des œufs chez les femelles , et , sous ce point de vue , on pourrait la comparer à la prostate. L'extrémité du canal déférent , qui fait saillie au-dessus du sac peritonéal et au-dessous de l'entonnoir , se trouve à gauche , près du rectum , et Cuvier lui donne le nom de verge , quoiqu'elle ne remplisse pas l'office d'un organe proprement dit de copulation.
Dans le Poulpe , les organes génitaux mâles sont également simples. Le testicule (pi. iv, fig. x, g) ressemble à l'ovaire, tant par sa structure tubuleuse , que par la membrane qui l'enveloppe (a). De l'ouverture de cette membrane (h) naît un conduit déférent flexueux (b), qui dégénère en un long sac (c), appelé vésicule spermatique par Cuvier, à cause de sa texture plissée. Près de lui se voit l'organe ( d ) que l'on compare à la prostate. On trouve ensuite la cavité (e) qui renferme les petits tubes de Needham , jusqu'à ce qu'enfin la verge , qui fait saillie le long de la branchie gauche , et dont on voit la cavité musculeuse ouverte en f , termine lappareil génital en dehors.
Les mâles paraissent être également bien moins nombreux que les femelles dans l'ordre des Céphalopodes.
R. Owen a trouvé les organes génitaux du Nautile conformés comme ceux de la Seiche.