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développent autour de la sphère vitelline ou de la cavité intestinale primaire , en sorte que nous voyons cette sphère vitelline elle-même devenir le nouvel animal par l'effet de diverses métamorphoses. Au contraire , une séparation complète a lieu entre les organes de la vie animale et ceux de la vie végétative dans les classes plus élevées, où l'embryon se sépare bien d'abord de la sphère vitelline , mais finit par l'attirer dans son propre corps , ce qui a lieu chez les Céphalopodes, les Poissons, les Reptiles et les Oiseaux. Enfin, chez les Mammifères et chez l'homme , il se sépare totalement de cette sphère vitelline , et la repousse plus tard comme organe inutile d'évolution (1).
1 2" Une troisième opposition , dans l'évolution de l'embryon, est celle qui s'établit entre ce dernier et son enveloppe particulière , l'amnios. Elle n'a lieu que quand celle entre l'embryon et le jaune s'est déjà prononcée. Du reste , on doit la considérer comme une répétition parfaite de la première (loi 10) (2).
13° D'autres oppositions encore se manifestent alors dans les divers systèmes organiques de l'embryon lui-même. Telles sont celles entre la susception et l'éjection de substance , ou entre la digestion , la sécrétion et la respiration , celle entre les systèmes nerveux et vasculaire , celle entre le système musculaire et les organes sensoriels , celle entre les parties molles en général et les diverses parties dures isolantes ou les divers squelettes. De ces quatre oppositions , les deux premières surtout sont importantes pour les formes propres et diverses de l'évolution embryonique dans l'œuf.
1 4° Quant à la première , c'est-à-dire à celle
(1) Il esl caractéristique mcîme , dans ce sens , que , chez aucun Mammifère, l'embryon ne se sépare aussi complètement qu'il fait chez l'homme, du lieu de sa formation primitive , c'est-à-dire du jaune, appelé ici vésicule ombilicale. C'est dans l'homme, en effet, que l'orfjane qui dessine cette opposition, c'est-à-dire le cordon ombilical, acquiert la plus grande longueur proportionnelle.
(2) Les animaux chez lesquels le jauneenlier se convertit en embryon , par conséquent tous ceux qui sont l)rivés de moelle épinière et de cerveau, à l'exception des Céphalopodes et peut-être aussi desBiphores, ne peuvent pointavoird'amnios. Cette membranemanque également cliez les Poissons et les Reptiles inférieurs, tandis qu'on la trouve partout chez les Oiseaux et les Mammifères.
entre les organes digestifs et sécrétoires , ce qui la rend remarquable encore dans l'histoire de l'évolution de l'œuf , c'est qu'elle est fréquemment exprimée par des organes particuliers placés hors du propre corps de l'embryon. En effet, les organes digestifs commencent toujours par la cavité de la sphère vitelline contenant la substance de l'œuf, cavité qui, dans les classes supérieures , constitue un organe externe d'évolution , et entre peu à peu dans le corps de l'embryon , tandis que les organes essentiellement excrétoires , c'est-à-dire ceux de la respu^ation , ont également coutume de se manifester sous la forme d'organes externes d'évolution , c'està-dire de branchies ou de vésicules respiratoires , et d'apparaître alors comme des pousses ou des rejetons du corps de l'embryon (3 ). 1 5° A l'égard de la seconde opposition des systèmes organiques dans l'embryon , celle entre le système nerveux et le système vasculaire, elle exerce une influence puissante sur la forme de Tensemble du corps. C'est une chose remarquable , en elïet , que le côté du corps de l'animal où se trouvent les organes centraux du système nerveux se forme et complète son évolution le premier. Voilà pourquoi , chez les animaux articulés (Vers , Crustacés , Insectes ) , où la chaîne ganglionnaire occupe le côté du ventre de l'animal , la surface ventrale est aussi la première partie qui se ferme et dans laquelle la segmentation se prononce , tandis que le dos reste en quelque sorte ouvert pendant plus longtemps , et laisse apercevoir la sphère vitelline à découvert. L'inverse a lieu dans les Céphalozoaires
(3) A cette dernière classe d'organes appartiennent les branchies de beaucoup de larves aquatiques d'Insectes , les branchies pendantes au dehors de certains fœtus de Squales , les branchies des Salamandres et des Grenouilles à l'état de têtard , l'allantoïde de l'œuf des Reptiles supérieurs, des Oiseaux et de la plupart des Mammifères. Au reste, l'évolution de l'embryon humain prouve combien cette opposition avec l'appareil digestif BiSt suivie à la rigueur; ici, en effet, la vésicule vitelline s'oblitère dès la première période de l'existence, et même la vésicule respiratoire se soustrait de si bonne heure à l'observation, qu'il n'a point manqué d'anatomistes qui ont refusé les deux organes à l'embryon humain. Cequi attesteencore la remarquable opposition de ces deux organes, c'est que chacun d'eux a ses vaisseaux propres (omphalo-mésentériques et ombilicaux), et que tous ces vaisseaux meurent par les progrès de l'évolution.
DÉVELOPPEMENT DE L'ORGANISME INDIVIDUEL
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(Poissons, Reptiles, Oiseaux et Mammifères) , où les organes nerveux centraux occupent le côté tergal ; ici c'est le coté tergal qui se ferme et se segmente le premier , tandis que le côté ventral reste longtemps ouvert , et n'admet souvent que peu à peu , ou même ne reçoit pas du tout la sphère vitelline. L'antagonisme entre les systèmes nerveux et vasculaire s'exprime par leur position; car, chez les animaux articulés , par exemple , la principale artère se trouve au dos , et le principal cordon nerveux au ventre , le ganglion cérébral à l'extrémité antérieure du corps , et le cœur à l'extrémité postérieure , tandis que , chez les Céphalozoaires , l'opposition des deux principales parties du système sanguin et du système cérébral demeure séparée par la colonne tritovertébrale du rachis.
1 6" De nouvelles oppositions dans un organisme en plein développement se prononcent d'autant plus rapidement , toutes choses égales d'ailleurs quant aux influences du delîors , que cet organisme se rapproche davan tage du moment où son individualité commence à se manifester. Par conséquent si l'on partage l'évolution embryonique d'un organisme en plusieurs périodes , les changements qui surviennent , sous le rapport des dimensions et de la forme , pendant les premières de ces périodes , sont toujours inliniment plus considérables que ceux qui s'opèrent dans les suivantes, de sorte ciu'on pourrait presque dire que la vitesse d'évolution d'un corps qui se développe est en raison inverse par exemple de celle de la chute d'un corps grave (1).
(1) Il est extrêmement remarquable qu'en conformité de cette loi , la vitesse de tout acte quelconque d'évolution , d'abord très-considéralde , va toujours en diminuant de plus en plus , jusqu'à ce qu'enfin elle s'arrête tout-à-fait. Or , ce phénomène a lieu , non seulement dans l'évolution des animaux , mais encore dans tout développement, quel qu'il puisse être, soit d'une plante, soit d'une faculté intellectuelle, d'une maladie, etc. Si l'on essaie de remonter à la cause suprême de ceUe loi , on ne peut la trouver que dans la différence de rapport entre l'idée qui anime et la nature fournissant les matériaux de l'évolution. En effet, une même idée doit agir avec plus de force dans une masse petite et resserrée , que dans une autre plus grande et qui a pris davantage d'extension. Or, toute évolution quelconque ne pouvant avoir lieu que par une association ou une conjonction de l'idée avec la nature , il s'ensuit que l'action de l'idée doit être plus rapide, plus énergique, dans les commencements , et se ralentir à mesure que l'évolution fait des
1 7 L'épocjue à laquelle la vitesse toujours décroissante de cette évolution s'arrête enfin tout à fait , varie beaucoup. Les organes inférieurs sont les seuls où la suspension ait lieu aussitôt après ciue les métamorphoses essentielles se sont opérées. Dans d'autres , le progrès continue pendant une certaine portion de la vie , et dans d'autres encore il dure la vie entière (2).
18° La production d'un multiple procédant de l'unité , que jusqu'ici j'ai principalement considérée sous le rapport de la forme , a lieu de même , pendant la métamorphose organique d'un individu , sous celui cle la sid)stance ou de la composition chimique. Dès que la chimie aiu'a saisi l'idée de se livrer à l'étude vraiment génétique des matières animales , l'histoire de l'évolution animale dans l'œuf nous oiïrira aussi la gradation la plus instructive dans les métamorphoses extrêmement remarquables que la substance de l'albumine subit pour produire le sang , les os , les nerfs , la bile , etc. , avec tous les divers métalloïdes , sels , corps combustibles et autres, qu'on y rencontre.